Restos: La cuisine d'une sainte mère

La «Viateur», comme bon nombre d'habitués l'appellent, attire les amoureux du Plateau mais aussi ceux en quête d'exotisme ou de changement radical. Les intellos et artistes y côtoient les excentriques désemparés, les «ethniques» s'y sentent bien et quelques juifs chapeautés de circonstance agissent sans le vouloir en publicitaires lorsque la pluie vient à tomber. Une foule de petits restos tentent de survivre parmi la horde des «branchés» du boulevard Saint-Laurent ou du Vieux-Montréal. Non loin de la rue de l'Esplanade, un petit resto italien s'affiche dans un style de continuité sans pareille. La mamma est à la cuisine et rien n'a changé de son tour de main depuis son arrivée au Québec. La tomate reste l'essentiel de sa cuisine sans prétention mais dont l'âme rappelle le goût de son Italie natale.

Au mur, toujours les mêmes affiches, les mêmes cartes postales et la même machine à café, qui racontent à elles seules la minestrone ou l'osso buco, cuisinés à merveille ici. Le plancher à l'état brut accueille quelques tables sans artifice qui tanguent parfois au gré du service. La salle à manger sert aussi de cuisine et comporte une douzaine de tables art déco. Seul un muret les sépare et on peut ainsi facilement voir et humer la lasagne ou la soupe de haricots en attendant le service.

Le menu du midi se limite à quelques choix écrits sur un tableau noir accroché au mur. L'autre patronne et associée s'occupe du service, qui peut malgré tout changer selon les bons ou les mauvais jours.

Ce jour-là, une soupe de lentilles délicieusement parfumée laissait apparaître de petits morceaux de lard. Le goût de celle-ci me rappelait la maison, la cuisine où le pain sent bon et où les produits goûtent ce qu'ils sont. Les pâtes étaient à elles seules un hymne à la joie et aux saveurs. Cuites à point, garnies de légumes et de champignons, elles laissaient place au parmigiano, apportant ainsi la touche de perfection que seuls quelques restaurants savent proposer. Le pain y est cuit maison.

On ne vient pas ici pour être vu ni pour le look. La cuisine que l'on y découvre est celle d'une famille qui vous reçoit comme chez elle, avec en récompense l'assurance d'y bien manger. Pour 15 ou 20 $, le foie de veau, les saucisses et les pâtes ravissent les appétits.

Une belle et charmante carte des vins vous permet à prix corrects de consommer un vin au verre, voire un chianti de la maison Masi pour une trentaine de dollars.

Lorsque le soir tombe et que la nuit s'annonce au restaurant Il Piatto Della Nona, la sainte femme et douce mère s'adonne de nouveau à l'art de la pasta et des biscottis. Dans la chaleur de la nuit, l'Italie du Giro, celle d'un petit village d'Ombrie, s'endort avec la conviction du devoir accompli. Demain, de nouveau, dès midi, le restaurant de la « Viateur » brillera de tous ses feux.

Il Piatto Della Nonna

176, rue Saint-Viateur

Montréal (514) 278-6066

Prix payé le midi pour deux repas complets, cafés et deux verres de vin, taxes et service compris : 61 $.
- Plus : la bonne cuisine familiale et les petits prix pratiqués.
- Moins : la qualité du service, qui fonctionne comme le temps.

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Les nappes du mois

Qu'elles soient de récentes découvertes ou des repaires revisités, voici certaines bonnes tables de la métropole, tous budgets et arrondissements confondus, du petit boui-boui sympathique au grand rendez-vous gastronomique.

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M. Ma

1, Place Ville-Marie

Montréal (514) 866-8000

La cuisine de Hongkong à la Place Ville-Marie

Ce restaurant est toujours bondé le midi et il faut éviter la section enfumée du restaurant. Après cela, on peut apprécier le somptueux menu, qui n'en finit plus de finir. À essayer: les fruits de mer, notamment les crevettes sichuanaises ou les pétoncles apprêtés aux épices.

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Lotté

Hôtel Furama, 1115, avenue Clark

Montréal (514) 393-3838

Dim sums impériaux

Certains dimanches, on peut retrouver entre 80 et 100 variétés de dim sums que l'on présente, comme en Chine, sur des tamis de bambou. Sûrement le meilleur endroit au Québec pour déguster les merveilles au porc confit ou les tripes chinoises, préparées comme il se doit.

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Le Lutétia

Hôtel de la Montagne, 1430, rue de la Montagne

Montréal (514) 288-5656

Un hôtel qui se démarque

Éric Gonzalez est un chef qui se démarque des chefs exécutifs gestionnaires des grands hôtels. Sa cuisine inventive et constante est une des meilleures du Grand Montréal. Il faut goûter aux raviolis ou au foie gras tiède, qui peut nous transporter au paradis.

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Sapori Pronto

4894, rue Sherbrooke Ouest

Westmount (514) 487-9666

L'Italie à son meilleur

Avec quelques autres établissements, ce restaurant représente l'Italie telle que je l'aime. Les plats du chef Pepino sont toujours bons. Le décor et la carte des vins nous font rêver et on passe de bons moments en dégustant un des meilleurs risottos ou le veau comme seul Pepino sait le faire.