La liberté est indivisible

Depuis que des femmes ont été aperçues en burkini sur les bords de la Méditerranée, « la laïcité, l’hygiène et les bonnes moeurs » sont menacées, nous dit-on. Les bonnes moeurs, il y a longtemps qu’on ne l’avait pas entendue, celle-là. C’est en leur nom que les femmes avaient l’obligation jadis de se couvrir de la tête aux pieds, de tenir maison, d’être sages et à leur place. Bref, d’être invisibles autant que possible. Aujourd’hui, il faudrait s’étaler le plus possible, être bien offertes et bien palpables pour satisfaire aux « standards acceptables » des baignades maritimes.

Mais qui s’est mis en tête qu’une femme un peu trop habillée (pour la plage) est plus offensante qu’une « fente » de derrière ou qu’une bédaine de bière soulignées d’un minuscule caleçon ? À quelles règles supérieures d’hygiène cet étalage-là répond-il ? Au nom de quels principes veut-on nous faire avaler ce nouveau contrôle du corps féminin ? L’émancipation féminine ? Comme le dit la blogueuse Céline Hequet, « nous serons réellement libres le jour où nous irons à la plage avec le maillot qui nous chante ». Les femmes ont conquis leur liberté en réclamant le droit de disposer de leur corps comme elles l’entendent. De tenir pour acquis que ces musulmanes sont de simples pantins, de pauvres imbéciles, c’est de sombrer dans le même vieux mépris à l’égard du « sexe faible ».

Bon, d’accord, le terrorisme. C’est inquiétant, j’en conviens. Mais inquiétons-nous aussi de la démonisation de toute une communauté au nom d’une illusoire sécurité. Pense-t-on vraiment qu’on puisse dissimuler une bombe dans un burkini ? Autant s’inquiéter des longs maillots étrennés, entre autres par des nageurs musulmans, lors des derniers Jeux.

Inquiétons-nous plutôt de faire le jeu des djihadistes qui cherchent à mousser l’ostracisation musulmane pour alimenter la colère dans ses rangs. Inquiétons-nous du fait que le burkini se vend davantage, plutôt que le contraire, depuis qu’il a été interdit.

Inquiétons-nous aussi de tordre le cou à la laïcité. Comme le rappelle Patrice Spinosi de la Ligue française des droits de l’homme, la laïcité ne veut pas dire interdire le religieux. Dans un État laïque, c’est le visage du gouvernement qui doit être neutre, mais « les individus, eux, ont le droit d’exercer librement leur religion, y compris dans l’espace public ».

Inquiétons-nous, puisque nous y sommes, de l'ex-maire de Nice, Christian Estrosi, qui, en plus d’interdire le burkini, a aussi interdit les drapeaux étrangers lors de la Coupe du monde en 2014. Inquiétons-nous de ces nouveaux curés qui aiment bien distinguer entre « nous » et « eux », entre les bons et les méchants, entre ce qui est édifiant pour « nos valeurs » et ce qui ne l’est pas. À ce titre, le journaliste français Edwy Plenel rappelle qu’au moment de voter la loi sur la laïcité en France, en 1905, des voix conservatrices avaient voulu interdire le port de la soutane, vu comme un « habit de soumission » portant atteinte (c’est une robe, après tout) à la « dignité masculine ». On les rabroua. Une loi visant à « instaurer un régime de liberté » ne pouvait obliger les prêtres à sacrifier leurs jupes.

Inquiétons-nous, surtout, de ce que nous nous faisons à nous-mêmes et au sujet de ce que nous avons de plus précieux : une démocratie fondée sur la primauté des droits individuels, une société vraiment libre qui refuse l’autoritarisme et l’arbitraire. Censurer la tenue vestimentaire de certaines femmes, c’est ouvrir « la voie à ces morales d’État qui ont toujours accompagné les régimes autoritaires, quels qu’ils soient », explique Plenel. On croit s’aider, on croit se porter vaillamment à la défense de ce que nous avons conquis de haute lutte, mais, en arrachant le voile aux femmes musulmanes, nous fragilisons au contraire les droits acquis.

« La liberté n’est pas divisible », comme le dit si bien le directeur de Mediapart. « Elle est donc aussi celle de ceux dont nous ne partageons pas les idées ou les préjugés. À condition, évidemment, qu’ils ne cherchent pas, à leur tour, à nous les imposer autoritairement, et ce n’est certes pas le cas de ces femmes musulmanes qui vont vêtues à la plage en compagnie d’amies aussi dévêtues qu’on peut l’être, affichant ainsi la diversité et la pluralité qui animent les musulmans de France. »

Derrière la plus belle devise jamais conçue — Liberté, Égalité, Fraternité —, il y a cette règle bien simple et, pourtant, si souvent oubliée : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’il te soit fait. »

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91 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 24 août 2016 03 h 19

    Rejet raciste...

    Il est vrai que " La liberté n’est pas divisible".
    Mais il y a deux exceptions qui servent à confirmer cette règle.
    L'une qui trouve son expression contrainte par la descence, ses normes étant déterminées exclusivement par la société qui fabrique les lois qu'elle applique à ses constituantes donc évolutive et l'autre, trouvant son expression contrainte par la conformation officielle de celle-ci avec les Droits de l'Homme et le respect de la démocratie.
    Donc, imperméable à la progression vers une plus grande tolérance.
    Pourquoi ?
    Simplement parce que pour cette dern!re, il s'agit de la promotion publique des symboles de haine et de racisme; exactement de ce qu'il s'agit pour le "burkini"...
    Que tout humain soit libre de se vêtir ou de se dévétir comme il le veut, ansi que Madame Pelletier le propose est une évidence démocratique. Décider de se promener à peu près nu à -30 degrés ou de se baigner en habit de ski-doo à 40 n'appartient à personne d'autre qu'à l'adulte, majeur et vacciné, et donc responsable des conséquences de son comportement sur lui-même.
    Ce qui n'est pas vrai avec les enfants, à qui des adultes peuvent parfois imposer des comportements dangereux et nuisibles pour eux..
    Mais que la tenue vestimentaire d'un adulte vise à faire la promotion directe ou indirecte du fascisme et de la haine, elle qui accompagne toujours celui-ci, alors c'est autre chose. Et bien autre chose...
    Le port du burkini correspond clairement à rien d'autre qu'un rejet raciste ouvert de l'égalité en droits d'abord des femmes et ensuite, par extension de cette négation de droits, de toute personne qui refuse d'être de la mouvance pseudo-religieuse et mafieuse qui auto-proclame être exclusivement de la "vraie foi (musulmane)".
    Et cela, quoi qu'en dise les jovialistes Premiers ministres et ministres canadiens qui n'y voient que du feu.
    Malheureusement, exactement comme le fait aveuglément aujourd'hui Madame Pelletier dans sa prise de position...
    Merci de votre lecture.

    • Jean-Sébastien Garceau - Inscrit 24 août 2016 09 h 03

      Je ne suis pas sûr de vous saisir.
      "Des vêtements font la promotion directes ou indirectes du fascisme et de la haine." Comment vous le savez ? Juridiquement, peut-on classer certains vêtements comme "fascistes et haineux" avec toute l'objectivité nécessaire?
      Et après encore "Le port du burkini correspond clairement à rien d'autre qu'un rejet raciste ouvert de l'égalité en droits d'abord des femmes ..."
      "clairement" ? Vous voyez quelque chose que je ne vois pas. Ce n'est donc sûrement pas dans la chose mais bien dans votre vision pleine de souvenirs et d'associations.
      Ces souvenirs et associations, n'est-ce pas le lieu des différentes conceptions, idées et positions qui doivent être libres de manière indivisible ?
      Vous n'avez donc pas le droit de m'imposer, à moi et à ceux et celles qui le voit différemment cette vision particulière. C'est tout le contraire de cette tolérance essentielle à un climat démocratique, même si vous n'aimez pas ce vêtement. Si on est pour légiférer, il faudra de l'objectivité et il n'y a pas d'objectivité dans ce que vous avancez.
      Je trouve l'argument du symboble falacieux et contradictoire : il sert surtout à justifier les préjugés. Si on était le moindrement systématique avec cet argument, boire une bouteille de coke sera clairement plus fasciste et contre les droits à l'autodétermination des peuples, car c'est ça aussi coke.

    • Johanne St-Amour - Inscrite 24 août 2016 09 h 20

      «Un acte politique» dit Saïda Keller-Messahli.

      Il faut parfois creuser les choses, Monsieur Côté, pour mieux comprendre une problématique. Mme Pelletier utilisent des arguments qui ne visent aucunement le véritable «diagnostic» de ce problème: le symbolisme du burkini, un vêtement exploité par des intégristes salafistes.

      Ses arguments visent à éteindre le feu dans la «vallée» alors qu'il embrase la «montagne». D'autant plus qu'il y a des petites filles dans cette «montagne» qu'on dissimule sous le burkini, à preuve une entreprise française en vend sur Internet. C'est leur choix vraiment? À elles et celles qu'on dissimule sous le voile?

      Saïda Keller-Messahli, présidente-fondatrice du Forum pour un Islam progressiste en Suisse affirme que le burkini, «est un acte politique».

      Il s'agit, explique-t-elle, de faire disparaître la femme musulmane de l'espace public. Elle insiste d'ailleurs sur «la notion d'espace public qui est une notion politique».

      Elle ajoute que pour le burkini, «il ne s'agit pas seulement d'un morceau de tissu, mais de toute une idéologie derrière cela, de couvrir la tête - d'ailleurs qui n'existe pas dans le Coran. D'abord, on couvre la tête des petites filles, ensuite on veut que la femme se couvre totalement et tout cela renvoie à une idée que la femme n'a pas de place dans l'espace public et surtout qu'elle n'a pas le droit à l'autodétermination.»

      Elle insiste aussi pour dire qu'il ne faut pas ignorer cet enjeu actuel parce qu'eux (ceux qui l'imposent) «ne nous ignorent pas» dit-elle. «Ils sont très actifs, je dirais même agressifs avec ces revendications qui n'ont aucune base religieuse... Il ne faut pas oublier qu'il y a eu dans ces pays (musulmans) dans les années 50-60 des mouvements féministes et ils se sont aussi battus pour cette liberté du corps et aussi le droit de se montrer dans l'espace public»

    • Danielle Dufresne - Abonnée 24 août 2016 10 h 10

      Bonjour, à mon avis, vous avez raison. Mais, il y a beaucoup de style de vêtements qui portent un message. Les skin head ou les gothiques, ou les khrisna, ou les pitounes, ou les rockers, les gens d'affaires, les anciens hippies. Bref, les vêtements sont porteurs de signes et de positions. Je suis dérangée personnellement par les personnes qui ont des percing partout dans le visage, je suis dérangée par les filles qui sont hyper sexy dès 12 ans, mais j'ai un petit faible pour les hommes qui ont l'air des hommes de caverne. Le burkini me dérange, je n'aime pas ce vêtement prison mais je suis mal à l'aise aussi quand je vois des femmes nues sur la plage qui se tournent sur elles-mêmes pour qu'on ne rate pas qu'elles ont de beaux seins. Parait-il aussi que le burkini déplairait aux intégristes musulmans parce qu'ils n'acceptent pas que les femmes se baignent habillées ou pas. Peut-être qu'on devrait lâcher prise un peu? Merci!

    • Yves Côté - Abonné 24 août 2016 13 h 35

      Merci à mes contradicteurs de me donner ici l'occasion d'éclairer ma prise de position.
      Je le ferai par une question simple à leur endroit.
      Que diriez-vous si des individus décidaient demain qu'un uniforme nazi, stylisé et accompagné d'une croix gammée, est idéal pour montrer à tous sans le dire que le combat contre "la juiverie internationale" n'est non-seulement pas terminée, malgré ce qu'on espérait comme la destruction de ce fascisme en 1945, mais qu'ils y participent aujourd'hui fièrement ?
      Et bien, le burkini n'est rien de moins comme propagande délibérée et ouverte contre les femmes et les "impis", ceci dit en version intégriste moderne et auto-promue comme musulmane.
      A l'opposé de ce qu'il en est avec d'autres vêtements de culture arabe ou autres, comme cette tenue n'est de tradition dans aucun des pays où la foi musulmane est historique, puisqu'elle est née (sans doute en Australie) il y a une dizaine d'années, il devient évident que de s'en vêtir est pour la personne et/ou son ordonateur d'une portée symbolique outrancière immédiate et sans échapatoire possible pour les promoteurs de la tolérance (dont je suis, mes textes ici même et ailleurs le montrent depuis plus de quarante ans...).
      Evident, sauf selon moi pour qui acceptent de se faire entourlouper par quelques beaux-parleurs qui ont tous, je dis bien tous, intérêt à faire croire que le burkini n'est rien d'autre qu'un bout de tissus sans signification de rejet indiscutable des sociétés qui proposent la liberté de moeurs et de croyance, de religion ou d'athéisme, comme celle que nous voulons pour nous, Québécois.
      Je le répète, je me moque éperduement qu'une personne aille à la plage en habit de ski-doo par 40 degrés au soleil. Si la chose lui permet d'être en paixx avec son corps et/ou ses convictions religieuses ou autres, c'est son affaire et pas la mienne.
      Mais de cet uniforme-symbole d'une "certaine mode" qu'est le burkini, je n'en veux sous aucun prétexte sur les plages du Québec.
      Non mer

    • Jean Jacques Roy - Abonné 24 août 2016 20 h 58

      @Danielle Dufresne.
      Comme vous avez raison
      "peut-être qu'on devrait lâcher prise un peu"!

      ... et laisser les français et les françaises se baigner comme ils et elles l'entendent! Nous avons déjà d'autres problèmes à affronter sans importer ceux de la France!

      De plus le burkini ne sera même plus une question de débat, bientôt ce sera l'hiver, plus de plages au Québec... mais beaucoup de froid, des foulards, des mitaines! À moins que les nostalgiques de ce débat stérile aillent se promener cet automne et cet hiver sur les plages de La Floride, de Cuba, du Mexique, et des autres plages du Sud pour ostraciser les femmes qui se baignent habillées ( s'ils ou elles en voient quelques exceptions).

    • Jean-Sébastien Garceau - Inscrit 25 août 2016 08 h 54

      @ Yves Côté
      D'accord, prenons les nazis, mais avant qu'ils gagnent la guerre. Dirais-t-on qu'ils ont réussi à avoir une influence sur l'Europe grâce à des vêtements où l'on voyait une croix gammé stylisé ? Je pense plutôt que c'est à cause de la guerre qu'ils ont transformé les États libres en pays d'occupation où l'on chasse le juïf. Si c'est comme cela pour les nazis, elle est où, cette armée religieuse qui viendra nous enlever nos droits et libertés et nous obliger à penser comme elle ? Car c'est ça l'idée : en permettant le burkini, subtilement, on avance vers un régime totalitaire. Avec même pas 5% de la population du Canada définie comme musulman, je vois vraiment mal comment cette minorité pourrait prendre le contrôle du reste. À moins d'une invasion, l'homme blanc occidental restera le dominant il me semble. Et au grand jamais les États-Unis resteront passifs si on se fait envahir !
      Donc, tout cela c'est pour les calendes grecques et c'est juste un bout de tissu déplaisant, avec un symbole qui semble attirer les plus vaines prophécies.

  • Marc Tremblay - Abonné 24 août 2016 04 h 45

    Porter ce qu'on veut

    Il n'empêche que ces musulmanes en burkini ne le portent pas par choix mais en raison des pressionns de leur communauté.

    Dans certaines régions, il arrivera un jour qu'il y aura plus de personnes en burkinis sur un plage que de personnes en bikini. Ce sont ces dernières qui seront ostraciséeset peut-être agressées verbalement ou pire.

    • Johanne St-Amour - Inscrite 24 août 2016 09 h 50

      C'est une régression, en fait.

      J'aime bien le commentaire de Caroline Fourest en réaction du texte d'Edwyn Plenel justement:

      «Dans tous les cas, qu'on soit pour ou contre l'interdiction, rien ne justifie de sombrer dans l'excès consistant à faciliter cette propagande -- en se solidarisant avec ces signes régressifs et sexistes, comme s'il s'agissait d'objets sacrés ou de piliers de l'Islam. Edwy Plenel a battu tous les records d'indécence en publiant sur Mediapart un article sur le Burkini intitulé "un vêtement comme les autres", et en tweetant une photos de nageuses en costume de petits baigneurs datant de la Belle époque, il y a plus d'un siècle, avec cette légende : "Bains de mer habillés en France (sans musulmanes). Liberté des corps = liberté des vêtures." Ce qui revient à mettre un mouchoir sur un siècle de libération, Mai 68 et le MLF compris, pour défendre la réaction... Car il s'est passé un micro-détail depuis le début du vingtième siècle : la libération des femmes et des corps justement. Soutenir le fait de couvrir les corps des femmes comme s'il s'agissait d'une "liberté" et non d'un retour en arrière témoigne d'un esprit profondément réactionnaire, qu'aucun progressiste ne peut soutenir sans trahir son profond machisme orientaliste.»

    • Jean-Sébastien Garceau - Inscrit 24 août 2016 11 h 16

      À Madame Saint-Amour : Je vous avoue bien honnêtement que les générations qui me précèdent me frustent lorsqu'il est question de liberté : comme si elles avaient tout dit et que nous, on devrait faire comme eux. Mais ce n'est pas cela être libre, heureusement. Si la liberté, c'est de faire comme vous, alors la liberté, c'est drôlement amer et étrangement vieux-jeu ... Vive l'oubli qui rend neuf !

    • Johanne St-Amour - Inscrite 24 août 2016 15 h 40

      Vous faites de l'âgisme?

      En plus, vous ne savez même pas quel âge j'ai? Bizarre!

    • Jean-Sébastien Garceau - Inscrit 25 août 2016 09 h 11

      Non, ce n'est pas de l'âgisme ... c'est une sorte de passéisme. Chaque génération se distingue de la précédente, y compris lorsqu'il est question de liberté. C'est normal et c'est heureux, car une société qui est incapable de se renouveller et passer à autre chose est bien triste à y vivre, nonobstant ce qu'il y a d'intéressant et d'éducatif dans le passé. Je reprend le passage :
      "Soutenir le fait de couvrir les corps des femmes comme s'il s'agissait d'une "liberté" et non d'un retour en arrière témoigne d'un esprit profondément réactionnaire, qu'aucun progressiste ne peut soutenir sans trahir son profond machisme orientaliste."
      Ce n'est donc pas possible d'être pudique librement comme expression d'une manière de penser libre et authentique? Voilà le passé nous hanter et nous empêcher de faire quelque chose d'autre si cela nous tente profondément. Liberté = corps non découvert. Non-Liberté = corps couvert. Aussi automatique et sans équivoque que cela ?

  • Jean Jacques Roy - Abonné 24 août 2016 05 h 32

    La voix de la raison.

    Il est rafraîchissant Madame Pelletier d'entendre la voix de la raison.

    Et il était important que cette voix celle d'une femme féministe qui en maintes occasions a démontré que ses positions ne se basent pas sur un parti pris idéologique ou d'intéręts partisans.

    Merci

    • Johanne St-Amour - Inscrite 24 août 2016 12 h 29

      «Des filles en série» forgées par le salafisme?

      En fait l'idéologie de Mme Pelletier se base sur du relativisme culturel. Deux poids, deux mesures pour les femmes musulmanes. Une idéologie qui suppose que les femmes revêtent certains vêtements par «choix».

      Lydia Guirous, écrivaine et ex-secrétaire Nationale aux Valeurs de la République et à la Laïcité insiste sur cette illusion de choix dans une lettre à Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des Femmes:

      «Vous me direz que ces femmes ont «choisi» de porter le voile ou la burqa librement… Le croyez-vous? Sincèrement? Peut-on parler de choix libre et éclairé lorsque celui-ci résulte de pressions continues, quotidiennes, de la communauté et des religieux qui sont de plus en plus présents dans les quartiers oubliés de la République? Croyez-vous comme Esther Benbassa que les «femmes mettent le voile pour être tranquilles dans leur cité» ont vraiment fait un choix?»

      «Le voile ou les insultes, le voile ou les agressions...jusqu'à ce qu'elles cèdent… Il ne s'agit pas de choix, il s'agit de renoncement et de peurs...Et tout cela se passe chez nous en France!»

      Se basant sur l'analyse de Martine Delvaux des «Filles en série», je me suis demandée si ces vêtements d'intégristes salafistes ne forgeaient pas, eux aussi, des «filles en série». Des petites filles même!

    • Odette Bernier - Abonnée 24 août 2016 12 h 33

      La position de Madame Pelletier est politique, position libérale (comprendre du partie libéral) qui défend bec et ongles le multiculturalisme. De plus, cette idéologie leur sert bien, votes. La GRC pourra porter le voile maintenant. A ce jour, je n'ai jamais vu une employé de banque porté le voile ou un employé avec le kirpan. Est-ce que le Coran ou les diverses religions musulmanes interdit à ce beau monde de manipuler des sous ou est ce qu'ils se plient aux exigences de l'employeur? Quant à moi tous les signes ostentatoires religieux ou autres ne font qu'exacerber plusieurs de nos compatriotes et avec raison, à moins que ce soit le but rechercher. Si on exprime nos opinions contre, l'accusation de "racisme" ou xénophobie nous guette au détour.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 24 août 2016 12 h 47

      «Le burkini n’est pas une mode. C’est la traduction d’un projet politique fondé sur l’asservissement de la femme», soutient le premier ministre français, Manuel Valls.

    • Jacques Lamarche - Inscrit 24 août 2016 18 h 36

      La laîcité. elle ausi, est capable de dérapage. Le maire de Nice, un homme qui aime la manière forte, a carrément erré, au nom de l'égalité. Mme Pelletier, qui milite pour le laisser-aller à la ¨canadian¨, n'a pas manqué de sauter sur une si belle occasion.

      Toutefois, sur le fond, il y a lieu de s'interroger sur le niveau de ¨liberté¨ dont jouissent les femmes qui se baignent habillées jusqu'au cou!!!

  • Lise Bélanger - Abonnée 24 août 2016 06 h 22

    La question est vraiment mal posée.

    La libération vestimentaire de la femme correspond également à son émancipation, à son droit d'être une citoyenne à part entière. Cela ne fait pas si longtemps que la emme a acquis la capacité juridique etc...

    Qu'une femme veuille se couvrir pour se baigner à la plage, soit: si cela vient de sa propre volonté.

    Le burkini est imposé à la femme par une religion avilissante pour la femme, et n'est aucunement un choix, un acte de liberté.

    Il est là le problème, et pas dans le morceau de tissus. Les mères de ces femmes portaient des maillots de bain ordinaires il y a quarante ans.

    Le burkini exprime très bien le recul de la femme dans son droit à être respectée en tant qu'être égale à l'homme qui s'exprime dans toute société démocratique évoluée.

    Il est là le problème, pas dans le tissus, si rand ouu si petit soit-il.

    • Jean-Sébastien Garceau - Inscrit 24 août 2016 09 h 12

      Vous ne pensez pas possible pour une femme de faire un choix libre de pratiquer sa religion ?
      Inversons le raisonnement de manière à éviter le double standard :
      "L'athéisme est imposé à la femme par une société avilissante pour la femme, et n'est aucunement un choix, un acte de liberté."
      Comment savoir si facilement ce qu'est un acte libre et ce qui ne l'est pas ? Libre = athée et Pas libre = religion me semble beaucoup trop simpliste. Êtes vous libres ?

    • Emmanuel Rousseau - Inscrit 24 août 2016 09 h 31

      Le problème est culturel. Ce n'est pas à nous de les libérer de leurs moeurs, mais à eux de s'en libérer; ils ont un cheminement à faire. Le burkini est l'expression de l'oppression, soit. Par contre, nous n'aurions pas aimer, il y a 100 ans, qu'une autre culture vienne s'immiscer dans nos coutumes et nous dire quoi faire sur le même sujet.

      Je crois que M. Yves Côté met plutôt le doigt sur le problème. Le burkini est utilisé comme symbole de promotion, de refus culturel. C'est à nous de voir en tant que société si nous sommes prêt à accepter cet affront.

      Disons-nous de notre société qu'elle est mysandre lorsque vient le temps d'interdire les couleurs propre au gangstérisme? Je ne crois pas que Mme. Pelletier traite le sujet de la bonne manière. Je crois que l'interdition du burkini doit être traité non pas comme une atteinte aux libertés fémines, mais plutôt exactement comme une coutume portant atteinte à notre culture. Il est donc acceptable d'interdire certains symboles lorsqu'il s'agit de combattre une idéologie néfaste pour notre société, ici, une forme de radicalisation religieuse exprimée par une tenue vestimentaire. Que l'habit soit porté par la femme ou l'homme, ça n'a pas d'importance.

    • Raymond Labelle - Abonné 24 août 2016 10 h 51

      La question semble bien posée par Mme Pelletier.

      De façon succincte, elle est celle-ci: porter le burkini à la plage ou à la piscine devrait-il faire l'objet d'une sanction?

      Concrètement, cela signifierait une amende payable par la femme qui porte le burkini et son expulsion du lieu, par la force s'il le faut.

      Difficile d'être parfaitement à l'aise avec ça.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 24 août 2016 12 h 30

      " une coutume portant atteinte à notre culture." Emmanuel Rousseau

      Ëtes-vous sérieux? Quels sont donc, dans notre culture, les coutûmes qui seraient "NÔTRES" et propres au Québec par rapport aux plages publiques et les façons de s'y baigner ou d'aller s'y promener?

      Si dans "notre culture" vous faites référence à la façon où nos grand-pères et nos grand-mères s'habillaient, vous serez d'accord avec moi que ce n'est plus maintenant le "standard" promu par les "modes" et stylistes de la beauté occidentale? Et si "notre culture actuelle" est celle de porter bikini ou maillots moulants il faudrait vraiment déformer les "faits" pour avancer que ce serait une "invention" québécoise!

      Comme une foule des vêtements que nous portons, nos maillots de bain nous les achetons à la hauteur de nos moyens soit dans d'élégantes boutiques, soit dans des boutiques de sport, soit dans les grandes surfaces comme Sears, LaBaie, Wallmart etc. parce que ce sont des vêtemnents faits en série, offerts en magasin et parce que tout le monde s'habille esclave de ce qui se vend obligé de suivre la mode...

      Moi j'appelle ça la "culture du prêt à porter" qu'on retrouve dans les 2 Amériques... et j'imagine dans un grand nombre de pays que je n'ai jamais visité et où sont implantés les grands chaînes de vente au détail. Nous n'avons plus de culture propre concernant le port des vêtements, y compris les maillots de bain. Notre culture est celle des vêtements confectionné en série quelque part en Chine, en Inde et que sais-je, là où les coûts de main d'oeuvre sont les moins élevés.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 24 août 2016 13 h 13

      "Le burkini est imposé à la femme par une religion avilissante pour la femme, et n'est aucunement un choix, un acte de liberté." Lise Bélanger

      Madame, parlez-vous du burkini que des femmes du Québec porteraient sur des plages publiques?

      Si c'est le cas,en fréquentant les plages publiques du Québec cet été, en avez-vous vu? Si oui, sur quoi se fonde votre jugement pour affirmer qu'elle porterait le burkini sous le poid de la contrainte religieuse où du mari ou des hommes de son entourage?

      Vous savez aussi bien que moi que tous les citoyens et citoyennes canadiennes au Québec et ailleurs au Canada ont à leur disposition tous les moyens légaux de se soustraire à "la contrainte" et aucune loi ne contraint qui que ce soit de pratiquer une religion.

      Les femmes du Québec, s'il y en a, qui portent le burkini ont la même liberté que vous de le porter ou de ne pas le porter. Laissez donc votre consoeur prendre ses décisions. Et si elle se couvre le corps en raison de ses croyances ou par pudeur! Pourquoi pas. C'est son problème si problème il y a... ni le vôtre, ni le mien qui ne suis pas croyant!

      Votre commentaire met en rapport la tenue vestimentaire à la problématique de l'émancipation des femmes! Peut-être.

      Je crois qu'il faudrait apporter quelques nuances. Pour ma part, je crois plutôt que cette émancipation toujours en cours des femmes repose en premier lieu sur la posibilité qu'elles ont juridiquement et politiquement acquise au Québec le jour ou elle ont pu avoir leur propre compte en banque, à gérer leur argent, à pouvoir voter, à se réapproprier leur nom et une identité, et finalement lorsqu'elles ont pu resprendre possession de leur corps, de leur sexualité et choisir leur maternité.

      Quant à la tenue vestimentaire des femmes, comme expression d'émancipation des femmes. Hum... L'expression est jolie, il faudrait sans doutes la confronter à la réalité!

  • Pierre Grandchamp - Abonné 24 août 2016 07 h 08

    La plus belle manière de se soumettre à l’islam radical, c’est de faire semblant qu’il n’existe pas


    La plus belle manière de se soumettre à l’islam radical, c’est de faire semblant qu’il n’existe pas. Mieux encore, on s’y soumettra fièrement au nom de la tolérance, de la diversité, de l’ouverture.
    .http://www.journaldemontreal.com/2016/08/24/le-bur

    La signification politique et culturelle du burkini est pourtant claire: c’est un symbole de l’islam radical.

    Qu’elle en soit consciente ou non, il transforme celle qui le porte en militante ambulante assurant partout la promotion de l’islamisme.

    Il s’inscrit dans une perspective globale: de la burqa au niqab, en passant par le burkini et les demandes incessantes d’accommodements raisonnables, il s’agit de rendre visible et irréversible la version la plus rigoriste de l’islam au cœur de la cité.
    L’islam radical veut s’imposer chez nous à ses conditions. Il veut nous imposer sa conception de la religion. Il veut nous imposer ses mœurs et non pas s’adapter aux nôtres. Et nous collaborons tristement à cette entreprise.

    • Jean-Sébastien Garceau - Inscrit 24 août 2016 09 h 17

      Une simple association d'idée. Vous le voyez, je ne le vois pas. Pourquoi le burkini serait le seul symbole "politique et culturel" à banir de la place publique ?
      Ceux qui disent que l'islam radical s'en vient jouent au prophète, curieusement.

    • Gilles Théberge - Abonné 24 août 2016 10 h 33

      Cela dépasse clairement la capacité d'analyse de la rédactrice de ce billet!

      Évidemment que pas une seule femme non musulmane, ne songerait à se déguiser ainsi.

      Madame me fait penser à celui qui se rendant à un salon funéraire, insiste pour amorcer le dialogue, avec le défunt...

    • Pierre Grandchamp - Abonné 24 août 2016 12 h 45

      La France, à force de jouer cette carte néfaste du multiculturalisme, en est à son 10e mois d'État d'urgence. Prières dans les rues, il est question d'obliger les entreprises ayant 50 employés et plus à avoir une salle de prières....sans parler des banlieues où la police peine à y entrer et où règne la charia.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 24 août 2016 15 h 19

      @ M. J.S. Garceau

      Ce costume d’Halloween est très loin d’être le seul symbole politique et culturel. La burqa, le niqab, la polygamie, l’enseignement dans des mosquées d’ici en lien avec l’homosexualité et avec la charia, la place de la femme dans les mosquées. La musulmane qui refuse d’enlever son voile alors que nous l’accueillons au serment de citoyenneté.

      En France, des musulmans bloquent des rues pour y faire leurs prières. Il est question d’obliger les entreprises ayant 50 employés et plus à avoir une salle de prières. Il y a des banlieues où la police a peur d’y entrer et où règne la charia. La France est en État d’urgence depuis novembre dernier: ce n’est pas rien!

      Ici, au cégep Maisonneuve, en période d’austérité budgétaire, Québec investit 400 000$ pour neutraliser l’imam et ses jeunes fans . L’Imam Chaoui qui prône que islam et démocratie sont incompatibles. L’Imam de la grande mosquée de Brossard qui enseigne la charia et all où la députée fédérale a invité ses commettants à aller célébrer le Canada Day...

    • Jean-Sébastien Garceau - Inscrit 25 août 2016 09 h 15

      @ M. Grandchamp
      Vous avez uniquement pris les symboles reliées à la religion musulmane.
      Pourquoi pas certains symboles laiques plus ou moins reliés à des dérapes répressives ? Je donnais comme exemple boire du coke. C'est pas un symbole très démocratique en fait et il y a bien des pays où coke agit en tyran très puissant, nonobstant environnement, droit à l'autodétermination, etc. J'avoue ne pas être capable de voir quelqu'un qui boit du coke comme un grand humaniste. D'autres associations d'idées, et pourtant, tout aussi légitimes !
      Il y aurait bien des exemples qu'on pourrait prendre encore de symboles qui sont tout aussi agressants politiquement et culturellement.
      Finalement, j'avoue que la France selon moi a un peu récolté le fruit de son racisme évident. Si les mulsulmans français peuvent se radicaliser, regardez juste leur taux de chômage comparé aux autres ...
      Et nous, on aurait exactement le même travail à faire : http://www.cdpdj.qc.ca/publications/etude_testing_