La réinsertion sociale par l’horticulture

Les Jardins de Doris, à Matane, sont un lieu touristique dont le but est de venir en aide aux jeunes en difficulté.
Photo: Lise Gobeille Les Jardins de Doris, à Matane, sont un lieu touristique dont le but est de venir en aide aux jeunes en difficulté.

L’horticulture comme moyen de réinsertion sociale, vous y croyez, vous ? Moi, oui, car travailler avec les plantes favorise l’estime de soi, l’optimisme, la camaraderie, la créativité, la satisfaction et la motivation, de même que les aptitudes psychiques et physiques. Je ne suis pas la seule à le penser. Voici des organismes qui y croient aussi et qui font un travail fantastique pour aider des gens à prendre confiance en eux et peut-être à trouver leur place dans la société.

Les Jardins de Doris à Matane

 
Photo: Lise Gobeille Les Jardins de Doris, à Matane, sont un lieu touristique dont le but est de venir en aide aux jeunes en difficulté.

Retraités, Doris Côté et Sylvain Ross achètent en 1998 un vieux dépotoir pour réaliser un rêve à elle : créer un jardin touristique qui viendrait en aide aux jeunes en difficulté. Pour encadrer cette mission, ils ont fondé en 2002 la corporation Les Amis du Jardin de Doris. Son but : soutenir les individus qui entreprennent un processus de réinsertion en organisant des stages et de la formation en horticulture.

Or, depuis son ouverture, ce sont plus de 800 jeunes qui sont venus travailler aux côtés de Sylvain et de bénévoles qui soutiennent le jardin. « Une jeune femme qui est passée par là dans sa jeunesse est venue avec ses enfants nous dire bonjour dernièrement. C’était le plus beau des cadeaux », raconte Sylvain.

Entièrement dévouée à son projet et maintes fois reconnue pour son engagement, Doris venait tout juste de recevoir un nouveau prix lors de notre passage. Celui-ci lui avait été remis par la Compagnie des 100 associés francophones.

Les jardins comprennent une rocaille, une île sous-bois, une tour d’observation, un jardin zoologique, un secteur pour les enfants, un potager, et plus encore. Un bel endroit où s’arrêter lors d’un séjour dans la région et une façon indirecte de soutenir une bonne cause. Les Jardins sont à 10 minutes seulement de la route 132.

Sentier urbain à Montréal

Photo: Sentier urbain Sentier urbain, à Montréal, fait du transfert d’expertise en agriculture urbaine auprès de l’organisme Dans la rue et en horticulture avec Spectre de rue.

Sentier urbain a été fondé par Pierre Denommé, un homme de terrain investi d’une mission sociale. À ses débuts, l’organisme, qui emploie jusqu’à 25 personnes en haute saison, offrait aux jeunes une formation en horticulture pour réintégrer le marché du travail grâce au programme Connexion Compétences de Services Canada.

Mais, en 2013, les conservateurs ont apporté des changements à ce programme et Sentier urbain a dû se réorienter, explique le coordonnateur en insertion socioprofessionnelle François Forcier. Selon lui, ces modifications ont détruit les projets dans ce secteur au Québec et probablement aussi au Canada.

On fait maintenant du transfert d’expertise en agriculture urbaine auprès de l’organisme Dans la rue et en horticulture avec Spectre de rue.

Actuellement, un projet qui tient à coeur aux membres est la mise en place du Quartier nourricier dans le Centre-Sud. Ils ont le mandat d’organiser un plateau de travail pour des jeunes de 16 à 35 ans au parcours différencié.

L’implantation d’une serre de 116 mètres carrés et d’une pépinière d’arbres et arbustes fruitiers permettra aux participants d’apprendre à produire, transformer et mettre en marché des aliments. Ce projet commence cette année, mais il prendra son envol en 2017. Sentier urbain a créé un circuit de jardins réalisés et entretenus par les jeunes.

En outre, le jardin Biodiversité et pollinisateurs a remporté en 2015, lors du gala des prix Novae de l’entreprise citoyenne, le prix Grand Novae et le prix catégorie Relations communautaires et milieux de vie. Vous souhaitez visiter leurs jardins ? Le circuit se trouve sur leur site.

Les jardins Solidaire de la Croisée de Longueuil

 
Photo: La Croisée de Longueuil Les jardins Solidaire de la Croisée de Longueuil. Celui-ci est un organisme à but non lucratif qui propose des services dans plusieurs champs d’activité, dont l’horticulture.

La Croisée de Longueuil est née il y a plus de 30 ans de la générosité de deux dames bénévoles. Tout a commencé par un simple magasin dans le sous-sol d’une église, qui s’est développé en un organisme à but non lucratif offrant des services dans plusieurs champs d’activités, dont l’horticulture. Fondés en 1997, les jardins Solidaire font partie des trois premiers jardins collectifs au Québec.

Créés sur les dernières terres agricoles du Vieux-Longueuil, ils occupent cinq hectares. L’organisme s’est fixé plusieurs objectifs facilitant la réinsertion en milieu de travail par la pratique de l’horticulture. Les accompagnateurs et l’intervenante sociale favorisent la socialisation et le développement de l’individu. Ils fournissent une formation et une expérience en culture maraîchère et ornementale biologique, en plus de soutenir leurs participants dans la recherche d’emploi.

Ces derniers viennent ici volontairement. Cette année, ils sont cinq en réinsertion et 34 avec des problèmes de santé mentale. Pour 2017, le grand projet est de devenir la plateforme agricole sur Longueuil pour la formation en agriculture urbaine, souligne le directeur Denis Rousseau.

Les jardins sont ouverts au public, au 2640, chemin du Tremblay.

Au jardin cette semaine

Au potager, pour les gens qui vivent en zones 5 ou 6, on peut semer dès le début d’août l’arroche et les choux de Bruxelles ; vers la mi-août, les courgettes, la laitue, la mâche et les radis ; et enfin, vers la fin du mois, les épinards et le mesclun. Il ne faut surtout pas négliger l’arrosage et la fertilisation du potager, car beaucoup de plantes portent de gros fruits et beaucoup de feuillage ; elles ont donc besoin de beaucoup d’eau et d’engrais.

Plusieurs jardineries offrent des soldes en ce moment pour leurs arbres fruitiers, leurs plantes aquatiques et leurs vivaces. Profitez-en.

Au jardin, on enlève les fleurs fanées ; c’est toujours plus joli et, dans le cas des annuelles, cela favorise la formation de nouvelles fleurs. On arrose au besoin et on fertilise ; la saison est encore longue et on souhaite que nos fleurs restent belles longtemps. On peut planter des vivaces, des arbres et des arbustes en contenants en tout temps, mais il faut s’assurer d’être présent pour les arroser régulièrement.

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Le Domaine Joly-De Lotbinière

Méconnu, le Domaine Joly-De Lotbinière est un jardin magnifique et pittoresque aménagé sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, à la Pointe-Platon. Il se trouve à 30 minutes à l’ouest du pont de Québec, dans la municipalité de Sainte-Croix. Son histoire est fascinante, la bâtisse principale, fabuleuse, ses jardins, exceptionnels et le site… majestueux. Pour les amateurs d’horticulture, les 13 et 14 août prochains auront lieu les journées Tendances horticoles en fête. Au menu : conférences, visites commentées, présentation des nouveautés, etc.

Les 27 et 28 août suivront Les Secrets du potager… follement savoureux, avec des ateliers de jardinage et de l’animation. Le jardin propose aussi des concerts champêtres, des matinées « photo-oiseaux » et des découvertes du ciel et des étoiles.

Dans la bibliothèque

Le tout petit jardinier
Emily Hughes
Albin Michel Jeunesse
Paris, 2016, 40 pages

Voici un livre aux superbes dessins dont l’histoire est toute simple, mais mignonne comme tout. Pour le minuscule jardinier, son jardin est ce qu’il a de plus cher. Il travaille fort et puise ses forces dans son unique et magnifique fleur pour l’entretenir, mais... il n’y arrive pas.

Un soir, épuisé, il s’endort profondément pour plusieurs jours. Quelqu’un passe par là et voit son incroyable fleur. Touchée par sa beauté, cette personne se met à jardiner. Quand le tout petit jardinier se réveille, son jardin est transformé, plein de vie. À partir de trois ans.
1 commentaire
  • Jacinthe Lafrenaye - Inscrite 31 juillet 2016 06 h 38

    Semer des courgettes?

    Mme Gobeille vous écrivez qu'on peut semer des courgettes à la mi-août, n'y a-t-il pas erreur?