Nommer l’ennemi

L’attentat de Nice, le troisième d’importance en France depuis 18 mois, a provoqué des réactions dans le monde entier. La plupart des chefs d’État se sont contentés de présenter aux Français leurs condoléances et de réitérer leur détermination à combattre le terrorisme. En un moment aussi dramatique, qu’y avait-il de plus à dire ?

Parmi ces réactions, la moins subtile aura pourtant été celle de Philippe Couillard. Les larmes de notre premier ministre n’étaient pas encore sèches qu’il s’est aussitôt permis de faire la leçon aux Français à mots à peine couverts et imbu d’une sorte de supériorité morale, dont on se demande bien d’où elle pourrait provenir.

Notre premier ministre a étrangement repris les termes exacts de Justin Trudeau et qualifié le geste de Mohamed Lahouaiej Bouhlel d’« insensé ». Si les mots ont un sens, cela signifiait que, contrairement à ce que disait le gouvernement français, qui parlait clairement d’un attentat terroriste islamiste, il ne servait à rien de perdre un temps précieux à tenter de comprendre ce qui pouvait motiver son auteur, quelle idéologie l’inspirait et d’où il prenait ses ordres. Un acte insensé, évidemment, ne saurait être un attentat islamiste.

Le premier ministre québécois s’est ensuite empressé de faire la leçon aux Français. À mots couverts, bien sûr, mais sur un ton qui ne laissait planer aucun doute. « Nous devons continuer de fonctionner de façon ouverte, répondre à l’horreur par une ouverture constante et un désir de tisser des liens », a insisté le premier ministre. Pour lutter contre les terroristes, il suffirait donc de « davantage d’accueil », « davantage d’intégration » et « davantage de célébrations de la citoyenneté partagée ».

Cette réaction aux accents évangéliques vaut la peine qu’on s’y arrête, car elle illustre la plupart des préjugés que l’on colporte dans le monde anglo-saxon sur la France et le combat qu’elle mène contre l’islamisme. Il n’était pas besoin d’être un expert pour comprendre que, sans même attendre qu’elle enterre ses morts, Philippe Couillard se permettait de laisser entendre que la France était au fond le premier responsable de cet attentat par son manque d’« ouverture ». Même Justin Trudeau n’a pas eu cette impolitesse.

Faut-il rappeler que ce qui menace la France, ces jours-ci, ce n’est pas le « manque d’ouverture », mais bien une forme d’islamo-fascisme qui se répand dans les banlieues françaises ?

N’en déplaise au dieu « Ouverture », que bénissent aussi bien Justin Trudeau que Philippe Couillard, le terrorisme islamiste ne disparaîtra pas à coups de génuflexion et d’eau bénite multiculturelle. Si les Français ont quelque chose à reprocher à leur gouvernement, c’est justement de ne pas l’avoir compris suffisamment tôt et d’avoir hésité à nommer l’ennemi.

 

Cet ennemi, quel est-il ? C’est l’islamisme rampant qui gangrène aussi bien le monde arabo-musulman que les pays occidentaux. Couillard et Trudeau font mine d’oublier que, si cet islamisme ne doit évidemment pas être confondu avec l’islam, il demeure le terreau sur lequel se développe le terrorisme. Certes, les djihadistes sont parfois des êtres fragiles, comme le sont souvent les adeptes des sectes et des idéologies extrémistes. Cela ne veut pas dire que ces sectes et ces idéologies n’existent pas et que leurs protagonistes ne doivent pas être combattus pour ce qu’ils sont. Au contraire.

Comment ne pas voir la progression fulgurante de cet islamisme qui, sans être majoritaire, impose par ses méthodes mafieuses son hégémonie dans nombre de banlieues françaises ? D’aucuns préféreront détourner le regard en faisant mine de défendre les libertés individuelles. Pourtant, ce qui menace la France aujourd’hui, ce n’est pas tant le tout sécuritaire que l’aveuglement de ceux qui refusent de nommer l’ennemi.

On se demande souvent pourquoi la France a été visée à trois reprises depuis 18 mois. Parce que, malgré toutes ses turpitudes, elle demeure l’un des rares pays où l’on n’hésite pas à parler franc et à défendre la laïcité. L’un des rares qui refusent de fermer les yeux et de s’« accommoder », comme on dit si bien chez nous, avec l’intégrisme.

En faisant ainsi la leçon à la France, Philippe Couillard est loin de servir les intérêts du Québec. À la veille de la visite du premier ministre Manuel Valls cet automne, cette attitude hautaine n’améliorera pas une relation déjà mise à mal par l’absence remarquée du premier ministre lors de la manifestation historique du 11 janvier 2015 et l’augmentation des droits de scolarité des étudiants français.

D’ici là, le premier ministre québécois ferait bien de méditer cette phrase de Thomas Mann écrite en 1935, quatre ans avant le cataclysme : « Tout humanisme comporte un élément de faiblesse, qui tient à son mépris du fanatisme, à sa tolérance et à son penchant pour le doute, bref, à sa bonté naturelle et peut, dans certains cas, lui être fatal. Ce qu’il faudrait aujourd’hui, c’est un humanisme militant, un humanisme qui découvrirait sa virilité et se convaincrait que le principe de liberté, de tolérance et de doute ne doit pas se laisser exploiter et renverser par un fanatisme dépourvu de vergogne et de scepticisme. »

89 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 22 juillet 2016 04 h 53

    ...

    "En faisant la leçon à la France, Philippe Couillard est loin de servir les intérêts du Québec. À la veille de la visite du premier ministre Valls cet automne, cette attitude hautaine n’améliorera pas une relation déjà mise à mal...", écrit ici Monsieur Rioux de manière tout à fait appropriée selon moi.
    Et de cela, deux remarques si vous me les permettez.
    La première, Monsieur Couillard et son gouvernement, ouvertement, n'ont rien à faire des "intérêts du Québec" puisqu'ils s'évertuent depuis leur élection à déconstruire et détruire volontairement un à un, hypocritement et sans mandat pour cela, tous les filets sociaux de sécurité sociale, de santé, de protection linguistique et culturelle que nous nous sommes donnés depuis cinquante ans au Québec. Clairement, ils roulent pour un Canada qui rêve de l'anéantissement politique définitif des Québécois.
    La deuxième, qu'ils peuvent le faire (jusque-là...) sans craindre que le Président français et son gouvernement n'y voient de problème, tellement ils sont aveuglés des illusions économiques que fait reluire le Canada pour leur pays.
    Je ne reviendrai pas sur les commentaires que j'ai maintes fois soumis dans "mon journal" depuis la venue de Monsieur Hollande à la présidence, en commençant par les quelques mots modestement échangés avec lui de manière improvisée lors d'un certain 14 juillet au sujet de "l'oeuvre" accompli de Monsieur Sarkozy au Québec, mais je n'ai cessé d'y déplorer le manque complet de vision, et même d'absence évidente de connaissances véritables des conseillers successifs de l'Etat en matière de politiques canadienne et québécoise (à l'Elysée et au ministère des Affaires étrangères, desolé Monsieur Fabius...).
    Il y en a probablement d'autres qui en sont capables, mais les seules socialistes de premier plan m'ayant à ce jour montrés une compréhension acceptable des choses auront été Mesdames Royal et Taubira, Messieurs Delors et Harif.
    Malheureusement, aux yeux du socialiste que je suis pourtant..

  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 22 juillet 2016 05 h 06

    "cet islamisme ne doit évidemment pas être confondu avec l’islam"
    M. Rioux, l'islamisme tire sa source de l'islam. Le terrorisme n'est qu'un des moyens pour arriver à l'objectif final : détruire, soumettre et conquérir. Le terrorisme islamique n'a pour but que de détruire tout ce qui est représentatif du monde mécréant, tout peuple qui n'est pas soumis à l'Islam conquérant. On n'a si peur de nommer l'ennemi que l'on s'empresse toujours d'ajouter "l'Islam ce n'est pas cela", de dire que les premières victimes du terrorisme sont les musulmans, de dénoncer la soi-disante islamophobie de ceux qui font le lien avec l'Islam et les versets du Coran qui parlent clairement de détruire les mécréants et de faire des reportages sur l'état d'esprit dans lequel se trouvent les musulmans après chaque attentat, sans jamais daigner en faire autant pour les Chrétiens, Juifs, et autres non-musulmans. Nous sommes toujours à la case de départ. Pendant ce temps, la terreur progresse sur notre sol, mais l'on préfère la oisiveté et se faire croire que ce ne sont que des actes isolés de fous d'Allah.... Les fous de Jésus sont devenus des martyrs, et se sont laissés tués sans jamais tuer et surtout pas en son nom. Mais continuons dans la peur de voir la réalité en face.

    • Yves Côté - Abonné 22 juillet 2016 08 h 10

      Madame Lapierre, je pense que vous oublier les Croisades et ses massacres répétés en pays étrangers pour dire "Les fous de Jésus sont devenus des martyrs, et se sont laissés tués sans jamais tuer et surtout pas en son nom"...
      Désolé, mais en plus, c'est un croyant qui vous le dit.

      Sans racune, je l'espère.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 22 juillet 2016 10 h 18

      M. Côté, je vous invite à vous informer sur l'histoire des Croisades et pourquoi elle a été créée. Tout comme le mythe entourant l'Inquisition (de savoir que la chasse aux sorcières a été lancée du temps de l'Inquisition, au Moyen-Àge, alors qu'elle s'est déroulée à la Renaissance), les Croisades ont fait l'objet d'une véritable désinformation.

      M. Côté, je suis également chrétienne et croit à la véritable Église, qui n'a rien à voir avec celle d'aujourd'hui. D'abord, comparons les événements d'une même époque : les Chrétiens ne tuent pas au nom de Jésus.

    • Raymond Saint-Arnaud - Inscrit 22 juillet 2016 10 h 49

      Quand retirera-t-on les appels à la violence (tuer les mécréants, lapider les femmes adultères, égorger les agneaux à vif et devant les enfants, etc) véhiculés par une partie de l'enseignement musulman?

    • André Labelle - Abonné 22 juillet 2016 12 h 46

      Je viens de lire les trois commentaires (10h49; 10h18; et 8h10).
      Il en ressort que les religions sont des cancers pour l'humanité. Certains plus virulents que d'autres; d'autres, absolument mortels.

      Mais quoi qu'on fasse il faut apprendre à les combattre (les religions) afin de se préserver le plus possible de leurs effets dévastateurs. Les temps changent et leurs cancers également. Mais l'Histoire montre que leur présence est constante car l'humanité a besoin de ces soupapes pour comprendre ce qui lui est encore incompréhensible. Lorsque certains humains arrivent sur le bord du gouffre de leur ignorance, ils s'en remettent aux religions pour les soutenir, pour ne pas sombrer dans la folie.
      Aujourd'hui, au XXIe siècle, avec raison c'est au tour de l'Islam d'être au banc des accusés car l'Islam est incapable, ou ne veut pas, se réformer afin d'éradiquer les sources rendant justifiable pour les intégristes tous gestes barbares, violents et meurtriers que l'on subit.
      Tant que la société musulmane ne prendra pas elle-même des mesures autoritaires et drastiques pour faire disparaître ces gestes meurtriers et barbares en son sein, il y aura toujours des fous de Dieu pour les perpétrer.
      Alors, comment pouvons-nous, les non musulmans, inciter fortement le monde musulman à réformer lui-même cette religion d'où origine la terreur ? Sans doute, comme toujours, ce sera le principe de la "carotte et le bâton" qui aura les meilleurs chances de succès.

    • Yves Côté - Abonné 22 juillet 2016 13 h 26

      Monsieur Saint-Arnaud, vous pouvez changer le mot "musulman" par n'importe quel nom de pratiquant religieux ou athé.
      Ainsi, votre question rejoindra celle de tous les gens qui font la part des choses entre la foi, ou l'absence de foi, et la détermination humaine d'abuser des autres pour atteindre ses objectifs. Que ceux-ci soient croyants ou pas ne les départageant en rien...
      Merci de m'avoir lu.

    • Yves Côté - Abonné 22 juillet 2016 13 h 28

      Madame Lapierre, croire n'est pas savoir.
      Croire, c'est même tout le contraire de prétendre savoir...
      L'ennui, c'est que justement lorsqu'on "sait", on se donne le droit d'imposer sous prétexte qu'on détient la vérité.
      Mes salutations, Madame.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 22 juillet 2016 14 h 56

      M. Côté, je n'ai jamais dit que croire c'est savoir, et j'ai dit que j'étais croyante dans le sens spirituel, rien de plus. Émettre une opinion n'est pas l'imposer. Mettre un couteau à la gorge de quelqu'un pour le forcer à accepter votre religion, imposer une loi divine au-dessus de toute autre loi humaine et brimer la liberté d'expression pour interdire toute contradiction ou contariété à l'égard de vos croyances, c'est cela, Monsieur, s'imposer.

    • Raymond Labelle - Abonné 22 juillet 2016 15 h 27

      Même si les Croisades avaient été une erreur ou une faute, ça fait quelques siècles que l’Église a abandonné l’idée de faire la guerre sainte. Juste question de faire une petite mise à jour...

      Et ça n’excuse en rien le meurtre gratuit d’innocents, en Occident ou ailleurs – que rien, absolument rien, ne justifie.

    • Jean-Marc Simard - Inscrit 22 juillet 2016 17 h 24

      Monsieur Côté, les croisades ont eu lieu pour libérer les lieux saints envahis et occupés par les Islamistes...Comme l'histoire se répète n'est-ce pas...Nos islamistes modernes sont-ils en train de forcer les chrétiens à amorcer une nouvelle croisade, cette-fois-ci pour défendre nos valeurs humanisantes inspirées par la doctrine chrétienne, que sont la liberté, l'égalité et la fraternité...Ce pourrait bien être le cas...Jésus n'a jamais levé d'armés ni imposer sa doctrine, Mahomet Oui...Alors qui est le véritable ennemi de l'humanité ?

    • Cyril Dionne - Abonné 22 juillet 2016 19 h 53

      Monsieur Côté, les croisades, c'était il y a plus d'un millénaire. L'Europe vivait alors dans la grande noirceur. Nous avons eu depuis, la Renaissance et le siècle des lumières. Les musulmans, rien. Même pas aucune réforme.

      Pour croire, il faut avoir la foi. Or, qu’est-ce que la foi? Est-ce un acte d’abandon libre à un dieu, une confiance totale en un être divin, une adhésion totale de l’homme à un idéal ou bien tout simplement une croyance ferme en un dogme
      ? Les musulmans, en passant, sont tous créationnistes.

      Ceux qui n'ont pas la foi ne croient pas dans ces sornettes. Ils croient plutôt que "la foi est la capitulation de l’esprit et de la raison. C’est l’abandon de la seule chose qui nous rend différents des autres mammifères" (Richard Dawkins). Que "la foi consiste à transformer la religion en des vérités inébranlables par le pouvoir dogmatique des institutions et le passage du temps. La foi est la grande décrocheuse, la grande séduction pour échapper à la nécessité de penser et d’évaluer les éléments de preuve. La foi est la croyance, en dépit de, peut-être même à cause de l’absence de preuves" (Christopher Hitchens).

      Et ce sont les religieux qui disent qu'ils savent parce qu'ils parlent à leurs amis imaginaires. J'aime bien ce que Carl Sagan disait à ce sujet. Pour lui, l’idée que dieu est un homme de race blanche avec une longue barbe, qui se trouve dans le ciel et qui cause la chute de chaque objet est ridicule. Mais que si par dieu, l’on entend l’ensemble des lois physiques qui gouvernent l’univers, alors il y a clairement un tel dieu. Mais ce dieu est émotionnellement insatisfaisant… car il ne fait pas beaucoup de sens de prier à la loi de la gravité.

      Donc, les monothéistes croient au saint graviton, leur dieu, qui est en fait qu'une conséquence des lois de l'univers qui sont indépendantes des bons vouloirs et de la pensée magique de l'Homme.

    • Yves Côté - Abonné 23 juillet 2016 02 h 50

      Monsieur Labelle, je crois que vous êtes dans l'erreur.
      Les religions ne sont pas des cancers.
      Pas plus que l'athéisme, d'ailleurs.
      Le cancer de l'Homme, c'est la certitude de quelques-uns, de certains, de plusieurs, d'un nombre grandissant jusqu'à l'explosion et les explosions qui le tuent à chaque fois de la même manière, à détenir lui-même la vérité.
      Certitude qui le rend aveugle à son prochain. A son proche. A lui-même des milliards de fois exprimées par la vie humaine elle-même.
      La vérité universelle ne se détient pas, Monsieur, pour peu que la personne soit lucide, elle ne fait que pouvoir être appréhendée par elle et tous autour d'elle.
      L'Homme prétentieux n'est pas celui qui a fait le tour de son jardin. Lui n'est qu'un voyageur curieux.
      L'Homme prétentieux est celui qui croit que non seulement son jardin est le plus significatif de tous les jardins du monde, mais qui n'a même pas perçu l'infinité du jardin dans lequel il lui a été donné de circuler pendant les quelques courtes années de sa vie...
      Qu'il estime que cette vie lui a été donné par Dieu ou pas n'a rien à voir avec une maladie. Mais tout avec une occasion parfaite de fréquenter un peu de la multitude du vivant lui-même.
      Salutations et sincèrement, que la route vous soit bonne et longue Monsieur.

    • Jean-Marc Simard - Inscrit 23 juillet 2016 14 h 45

      « conséquence des lois de l'univers qui sont indépendantes des bons vouloirs et de la pensée magique de l'Homme.»

      Une loi ne s'invente pas tout seule...Voyons donc un peu de logique s.v.p. Certains sont prêts à dire n'importe quoi pour justifier l'inexistence d'une intelligence divine...Savez-vous que l'une des grandes qualités de l' humain est d'être croyant...Quand il ne croit pas en un dieu, il croit à l'argent, au hasard, ou à n'importe quelle théorie scientifique érigée en dogme quasi religieux...Que vous le vouliez ou non l'univers a été créé à partir de rien par une intelligence beaucoup supérieur à la mienne, à la vôtre, ou à n'importe lequel grand génie humain...Vous ne pourrez jamais prouver le contraire...Cet Être supérieur n'est peut-être pas celui professé par les diverses confessions religieuses, mais il existe, ne vous en déplaise...Rien ne se fait tout seul...Tout a une histoire...Tout a un commencement...

    • Cyril Dionne - Abonné 23 juillet 2016 19 h 22

      Monsieur Simard, lorsque vous serez capable de définir l'infini sans avoir recours aux amis imaginaires, peut-être qu'on vous écoutera. Entre-temps, qu'arrivera-t-il à l'homme sur la Terre lorsque notre étoile, le Soleil, deviendra une supernova ? Qu'arrivera-t-il à ses dieux qu'il a créés de toute pièce ?

      Et pourquoi ne pas dire tout simplement qu’on ne sait pas, nous qui ne sommes que des lucioles éphémères issues de la nuit des temps, béquille psychologique oblige.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 23 juillet 2016 22 h 24

      M. Dionne, vous utilisez une pensée réductrice pour aborder un sujet aussi profond que la foi. Avoir foi en rien, et je ne parle pas de la foi en en vieil homme à la barbe et la peau blanche, c'est perdre notre humanité. Non, croire, ce n'est pas savoir. Pour ma part, je crois de tout mon être que l'Europe et tout le monde occidental connaîtra un sursaut et vaincra les forces obscures qui nous ont envahies de l'intérieur. Notre civilisation n'est pas un cheval malade, mais fougueux... il ne suffit qu'un autre coul de fouet pour qu'il jette par terre son bourreau.

    • Yves Côté - Abonné 24 juillet 2016 05 h 40

      Messieurs Labelle, Simard et Dionne, je suis désolé mais j'estime que votre référence au temps qui nous sépare des Croisades n'est en rien recevalable.
      1000 ans ?
      Mais 1000 ans, ce n'est rien.
      Rien en regard de l'âge de l'homo sapiens.
      Rien en comparaison avec l'arrivée sur Terre de l'apparition des mamifères.
      Absolument rien en comparaison avec l'apparition de la vie sur Terre.
      Un pet par rapport à la stabilisation (relative) de cet atmosphère terrestre qui a permi à la vie de s'y installer.
      Un milliardième de seconde de la vie quand on pense à cet événement (probable) qu'on nomme le Big Bang.
      Donc rien de rien...
      D'ailleurs, si demain un Imam improvisé vous disait "Ah ben mon vieux, ne t'en fait pas de tous les morts qui sont aujourd'hui nécessaire à l'insatllation de la vraie foi parce que dans à peine 1000 ans, ça ne comptera plus pour personne !", qu'en conclueriez-vous ?
      Monsieur, dans mille ans, je crois qu'il faudra encore se rappeler de la folie que l'Homme est allé jusqu'à mettre en place pour justifier le mépris de certains groupes d'entre lui, cela ayant débouché il y a à peine 70 ans sur cet Holocauste dont nous n'avons pas le droit, individuellement comme collectivement, de passer à la trappe de la mémoire.
      Alors non, 7 siècles après la commission des dernières, je refuse d'oublier autant les Croisades que les prétextes colonialistes (à l'époque le mot était d'empire...) qui persistent à en être donnés pour les justifier.
      Pardonner n'est pas oublier.
      Pardonner, c'est regarder en face les fautes de ses semblables contre d'autres de ses semblables, en commençant par les siennes propres, tout en acceptant de lutter parce que personne n'est à l'abris de les commettre à nouveau...
      Ensuite, pour le fait de croire ou pas, ce n'est ni dans la science ni dans les astres qu'il faut regarder pour se décider à le faire.
      C'est en soi. Simplement.

      Merci à tous, à Madame Lapierre aussi, de m'avoir donné l'occasion de préciser ici ma pensée sur ce su

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 24 juillet 2016 08 h 21

      Monsieur Simard, vous commettez ici un sophisme fort répandu : le renversement du fardeau de la preuve. N'étant pas en mesure de justifier directement votre croyance un dieu créateur, il vous paraît suffisant que vos contradicteurs soient eux-mêmes incapables de prouver leur dire pour vou donner raison. Pour sortir de ce cercle stérile, l'attitude normale consiste à imputer le fardeau de la preuve à celui dont l'hypothèse s'écarte le plus du consensus, à condition que celui-ci ne soit pas dogmatique. Or dans l'état actuel de nos connaissances, l'hypothèse d'un dieu créateur n'est ni vérifiable ni même nécessaire, quelque réconfort qu'elle puisse subjectivement nous apporter. Ceci dit, cela ne signifie pas non plus que l'affirmation qu'il n'y a pas de dieu créateur soit rationnellement justifiée. L'athéisme militant n'est qu'une figure inversée de l'acte de foi.

      Tout a un commencement n'est vrai, en passant, que dans la mesure où le temps lui-même aurait un commencement, un milieu, une fin objectifs. Ce que nous ne sommes pas en mesure d'établir, même si cela s'accorde à notre expérience subjective de la durée.

    • Raymond Labelle - Abonné 24 juillet 2016 08 h 48

      "Tout a un commencement n'est vrai, en passant, que dans la mesure où le temps lui-même aurait un commencement, un milieu, une fin objectifs. Ce que nous ne sommes pas en mesure d'établir." RMD

      Dans l'état actuel de nos connaissances, on suppose que l'univers a commencé avec le Big Bang, et qu'ainsi le temps a commencé d'exister, avec sa flèche dirigée vers l'avenir. L"avant" du Big Bang ne serait pas à envisager car "alors" (à défaut de meilleur mot) le temps n'existait pas.

    • Cyril Dionne - Abonné 24 juillet 2016 19 h 14

      Madame Lapierre,

      Je ne veux pas juste croire, mais aussi comprendre. L'univers n'a qu'à faire de l'humanité. L'histoire de l'univers se déroule comme elle se doit. Point à la ligne.

      Il faut toujours tenir compte de l'aspect temporel lorsqu'on parle de l'univers. Selon les scientifiques, les premiers hominidés (hommes) sont apparus il y a plus de six millions d’années. En suivant la même pensée scientifique, notre étoile, le soleil, date de plus 4,6 milliards d’années et il devrait briller durant encore cinq milliards d’années. Et on estime l’âge de notre univers à quelque 13,8 milliards d’années. Alors, si la conscience spirituelle de l’humain n’est pas plus vieille que de 5 000 ans (et nous en avons pour peut-être un autre 1 000 ans), datant de l’époque où il se regroupe en société, l’homme pourrait nous apparaître comme une étincelle, une luciole d’un soir d’été dans la nuit des temps. En extrapolant 5 000 de 15 000 000 000 années (l’âge de notre univers), ceci représente un rapport de la présence de l’homme conscient de lui-même (Cogito ergo sum – René Descartes) dans l’univers environ d’une pour trois millions d’unités de temps. Ceci cadre bien la race humaine dans la limite temporelle de l’univers. Nous ne sommes même pas une virgule dans la ligne du temps.

      Et pour rajouter, selon les dernières théories de physique quantique, le temps, qui est une invention humaine, n'existe pas. Ce qui c'est passé il y a 13,8 milliards d'années et aujourd'hui évolue sur le même échiquier géo-spatiale. En fait, la ligne du temps est un arbitraire humain. Et le supposé "Big Bang" n'est que la création de l'espace qui augmente de façon exponentielle à parti d'un nombre infini de possibilités, ou bien de dimensions. Franchement, il n'y a plus de place pour les dieux humains.

      Tout ceci pour dire, on n'a plus le temps pour les amis imaginaires. Vivre et laisser vivre.

    • Jean-Marc Simard - Inscrit 24 juillet 2016 19 h 43

      Monsieur Dionne l'infini est déjà identifié par l'expansion de l'univers...Si l'infini n'existait pas l'univers ne pourrait s'expansionner...Tout dans l'univers est fini certes, mais l'enveloppe qui contient tout ce que cet univers contient construit sa propre infinitude...Alors ?

      Quant à l'existence possible d'un Être divin elle est démontrée par le fait que la vie existe...Vous-même vous existez, n'est-ce pas ? Qui vous a fait ? Le hasard ? La nécessité ? les lois cosmiques d'Hawkins ? Pas du tout ...Vous êtes le fruit d'un acte d'amour réalisé par vos propres parents...Tout commence par une graine, même vous, même l'univers...Tout ce qui existe commence par une graine...En ce qui concerne l'univers les Scientifiques parlent d'une singularité initiale...Est-ce que cela ne ressemble pas à une graine cosmique...Quand les grands mystiques disent que Dieu est Amour, ils ont raison...L'Amour qui est Dieu, n'est pas un attribut de Dieu...DIEU EST AMOUR...Quant à moi tout ce qui existe est une oeuvre d'Amour...Reprenez l'histoire du Big Bang et remplacé le mot explosion par le mot éclosion, et vous commencerez à comprendre ce qui s'est passé...Cherchez sur internet la fleur de vie et écoutez l'explication qu'en donne Nassim Haramein...Pour moi l'image qui représente le plus ce qu'est cet Intelligence divine à l'origine de tout est le tore...La représentation graphique du yin et du yang chinois n'est pas très loin de la vérité non plus...Maintenant si vous voulez vraiment comprendre ce qu'est l'AMOUR...Prenez les trois grandes forces que sont la gravitation, le nucléaire et l'électromagnétisme et mettez les ensemble et vous commencerez à avoir une idée de ce qu'est l'AMOUR...Comme vous le voyez il y a plusieurs façons de donner des réponses aux diverses interrogations que questionnent le monde scientifique...Quant aux scientifiques, certains inventent toute sortes de théories plus ou moins crédibles, comme celle du multivers...Chacun ses croyances, n'est-ce pas...To

  • Hélène Gervais - Abonnée 22 juillet 2016 05 h 53

    à entendre couillard ....

    pour une ouverture d'esprit bien large, il faudra accueillir ici les membres de daesh quand ce dernier ne pourra rien faire là-bas; laisser aller des imans à dénigrer tout ce qui les dérange dans notre façon de vivre, etc....

  • Jean Lapointe - Abonné 22 juillet 2016 06 h 43

    Une explication très bienvenue de la part de Rioux.

    «Un acte insensé, évidemment, ne saurait être un attentat islamiste.» (Christian Rioux)

    Je trouve que Christian Rioux fait bien de préciser le sens du terme "insensé" parce que je doute fort qu' il y ait beaucoup de gens qui aient compris qu'en utilisant ce terme on implique qu'il n'est pas nécessaire de chercher à comprendre ce qui pouvait motiver l'acte posé par son auteur.

    C'est que beaucoup de gens je pense sont d'avis que lorsqu'on cherche à comprendre on cherche à déculpabiliser et qu'il ne faut donc pas essayer de comprendre mais de punir. (Comme le pense Donald Trump probablement).

    Pourtant essayer de mieux comprendre peut permettre de mieux savoir ce qui peut être fait pour que de tels actes ne se reproduisent autant que possible.

    Et essayer de mieux comprendre pourquoi de tels actes sont commis, cela ne veut pas dire nécessairement pardonner à leurs auteurs.

    Alors qu' utiliser le terme "insensé" veut dire qu'il n'y a rien à comprendre et que par conséquent il n'y a rien à faire pour tenter d'améliorer une situation.

    C'est là il me semble un enseignement dont nous pouvons tirer profit dans notre vie de tous les jours.

    • Nicole-Patricia Roy - Abonnée 22 juillet 2016 11 h 18

      Totalement d'accord avec votre commentaire. Christian Rioux, dans ses chroniques, nous aide à mieux comprendre les raisons des attentats terroristes parce qu'ayant son affectation de travail en France, il analyse les évènements à partir de l'observation de la société française. Il n'a pas peur de soulever les pierres pour voir ce qui se cache en-dessous, il essaie de trouver le sens à des actions incompréhensibles à notre société, même si cela déplait à bien des esprits.

    • Martin Dumas - Inscrit 22 juillet 2016 13 h 35

      Chercher à découvrir ce qui ce dissimule derrière un acte dit insensé, c'est louable. Chercher à restreindre les motifs qui alimenteraient l'acte insensé à une forme pure d'islamisme radical tient de la propagande idéologique. Ce n'est pas la première fois qu'unjournaliste posté à Paris nous offre une vision charcutée de la réalité francaise...

  • Eric Lessard - Abonné 22 juillet 2016 07 h 09

    Ce que vous ne dites pas

    Ce que vous ne dites pas, c'est que les deux derniers attentats majeurs en Occident (Orlando et Nice) ont tous deux été executés par deux indivudus qui vivaient très mal leur orientation sexuelle.

    Il y a deux ou trois ans, quand des millions de Français manifestaient contre le mariage gay, on parlait même de "printemps français" et vous trouviez qu'il s'agissait d'un grand exercice démocratique...

    L'éditorial du dernier numéro The Advocate est très intéressant sur les vrais causes de la tuerie d'Orlando. Il ne blâme pas tant les islamistes qui n'ont fournit que les moyens, mais plutôt un climat homophobe délétère qui fait que plusieurs se sentent exclus de la société. Quand depuis 30 ans, évangélistes et animateurs de radios s'en prennent constament à la communauté gay, on peut en voir les résultats concrets.

    Le tireur de Nice avait un mode de vie qui était aux antipodes de l'islam. Par contre, être un homosexuel refoulé en France et s'appeler Mahamed, disons que ça prédispose à des fragilités que n'aura pas un Français de souche bourgeois et hétéro.

    Il ne suffit pas de s'en prendre aux moyens (le terrorisme islamique), il faudrait aussi comprendre les motivations des candidats qui commettent le crime, et l'on trouverait des causes psychologiques et sociologiques. En ce qui concerne les deux derniers attentats, l'homophobie y a joué un rôle primordial.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 22 juillet 2016 07 h 28

      D'abord, vous confondez terrorisme et acte criminelle. Le terrorisme est l'un des moyens pour détruire, soumettre et vaincre sur le plan politico-idéologique, et oui, les personnes recrutées sont toutes extrêmement fragiles, voire déséquibrées qui sont manipulées pour servir aux fins ultimes qui les dépassent complètement. Tout le contraire que vous dites, il faut s'attaquer aux sources de ce mal, et non, ce n'est pas des soi-disant "groupuscules identitaires" ni les problèmes psychologiques des terroristes. Mais bien sûr, les médias ont fait ub excellent travail pour nous faire regarder vers où le doigt pointe plutôt que vers celui qui pointe le doigt. Et on nous a servi de succulents articles arrosés de padamalgame et de culpabilisation.

    • Serge Morin - Inscrit 22 juillet 2016 08 h 18

      Pour devier du sujet, rien ne vaut la psycho-pop de dépanneur.

    • David Cormier - Inscrit 22 juillet 2016 08 h 46

      D'où tirez-vous que le terroriste de Nice était un homosexuel qui vivait mal son orientation? Faudrait pas charrier et essayer de se servir de tels drames pour essayer de les insérer dans le cadre d'autres luttes qui, même si elles sont importantes, n'ont rien à voir avec les attentats de Nice.

    • Raymond Saint-Arnaud - Inscrit 22 juillet 2016 10 h 50

      Ils font ces carnages de mécréants pour se mériter le paradis d'Allah.

    • Eric Lessard - Abonné 22 juillet 2016 11 h 06

      M. Cormier, pour votre gouverne, voici d'oùu vient l'information:
      http://tetu.com/2016/07/20/terrorisme-homosexualit

      On y apprend que trois tueurs dans les attentats récents, avaient une tendence homosexelle ou bisexuelle.

      Par ailleurs, vu la flambée de commentaires hostiles qu'a provoqué mon commantaire, je suppose que j'ai touché à un point sensible.

      Je crois aussi qu'il est très facile d'accuser des étrangers et des minorités tout en refusant de voir le rôle qu'a jouer l'Occident dans les guerres d'Irak. C'est ce que s'acharne à faire entre entre Mathieu Bock Côté et M Rioux...

      Il est pour moi évident que le terreau le plus fertile pour ce genre de problèmes, c'est justement quand la société ne veut pas se donner la peine de comprendre.

      Quand des gens sont baffoués régulièrement, aussi bien sur le plan identitaire qu'économique, il peut s'en suivre ce genre de révolte extrême. Les questions d'identité, de sexe, et de religion peuvent devenir très sensibles quand s'ajoute des problèmes de pauvreté ou de maladies.

      Il faut savoir la violence qui existe dans certains mileux pour comprendre le phénomène.

    • David Cormier - Inscrit 22 juillet 2016 11 h 19

      L'article bidon que vous nous sortez ne prouve rien de ce que vous tentez d'avancer. Vous faites des suppositions et vous voulez récupérer un événement tragique pour une cause qui n'a rien à voir avec celui-ci et ensuite vous avancez que la "flambée de commentaires hostiles" (franchement!) prouve que vous touchez un point sensible. Vous ne touchez aucun point sensible, vous dites simplement n'importe quoi!

    • Yvan Harnois - Inscrit 22 juillet 2016 11 h 37

      M.Lessard , vous devriez lire et relire le dernier paragaphe du texte de M. Rioux.La citation de Thomas Mann explique comment des groupes extrémistes parviennent à s'infiltrer dans une société qui prône la liberté d'expression et la démocratie.La bonté et l'ouverture ne doivent pas conduire à la faiblesse et à la soumission devant la barbarie et le fanatisme.

    • Gilles Théberge - Abonné 22 juillet 2016 11 h 39

      Deux choses ;

      La première c'est l'information voulant que le gars de Nice avait des complices, cinq selon les nouvelles, et qu'il préparait son attentat depuis des mois.

      La deuxième vous concerne. J'ai rarement vu quelqu'un d'aussi mauvaise foi que vous monsieur Lessard. Je vous dit ça en tout respect!

    • Raymond Labelle - Abonné 22 juillet 2016 12 h 06

      Une certaine interprétation de l’Islam fait en sorte que le pécheur est absous de ses péchés s’il meurt en martyr. C’est ce qu’exploitent les terroristes islamistes pour recruter. Les recrues qui se sentent pécheresses, sont psychologiquement fragiles, craignent l’enfer et n’ont pas une connaissance profonde de l’Islam y seraient sensibles.

      Des recrues pourraient se sentir pécheresses parce qu'homosexuelles. D'autres, pour d'autres raisons. Le problème, c'est cette interprétation de l'Islam.

    • Pierre Robineault - Abonné 22 juillet 2016 12 h 27

      Vous auriez dû, monsieur Lessard, commencer par lire l'article de Martine Nouaille de l'Agence Franc-Presse intitulé Le tueur avait des complices et se préparait depuis des mois. Bien sûr que les musulmans et en particulier les islamistes sont officillement avoués homophobes, mais ce n'est pas une bonne raison pour réagir en paranoïaque!

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 24 juillet 2016 08 h 25

      Monsieur Théberge, vous m'avez manifestement oublié. Comptez-moi avec Éric Lessard parmi les champions de mauvaise foi.