L’architecture de paysage différemment

Situé sur la rivière Tanghe, à l’extrémité est de la ville de Quinhuangdao, ce parc se démarque par son long et sinueux banc rouge surnommé le «Ruban rouge».
Photo: Turenscape Situé sur la rivière Tanghe, à l’extrémité est de la ville de Quinhuangdao, ce parc se démarque par son long et sinueux banc rouge surnommé le «Ruban rouge».

Au printemps dernier, Stanley Lung, député directeur et associé chez Turenscape, était invité au Congrès des rurbains organisé par l’Association des architectes paysagistes du Québec afin de présenter quelques projets de son entreprise. À la fin de sa conférence, la salle, soufflée par ce qu’elle venait de voir, garda quelques secondes de silence, avant d’applaudir à tout rompre.

Pour comprendre l’approche de cette entreprise, il faut connaître la philosophie novatrice de l’architecture de paysage de son fondateur. Kongjian Yu, docteur en design de l’Université de Harvard et professeur et doyen du Collège d’architecture et d’architecture de paysage de l’Université de Pékin, voit l’architecture du paysage comme un art de la survie. Elle doit être vouée non pas au plaisir ou à l’ornemental, mais à la survie, parce que, selon lui, l’être humain est arrivé à ses limites, en particulier en Chine où les problèmes environnementaux sont énormes et les besoins en matières premières, importants.

Voici trois projets impressionnants réalisés par Turenscape, dont le nom d’ailleurs signifie « harmonie entre l’homme et la terre ».

L’Université de Shenyang Jianzhu (The Rice Campus)

Photo: Turenscape Les aménagements productifs du nouveau campus de l’Université de Shenyang Jianzhu fournissent du riz, du blé et quelques autres grains, mais ils offrent aussi un espace extérieur de vie et d’apprentissage, car les étudiants participent à la gestion des cultures.

Par l’aménagement du nouveau campus de l’Université de Shenyang Jianzhu, Turenscape voulait démontrer comment un paysage agricole peut s’intégrer dans un environnement urbanisé et comment il est possible de développer l’identité culturelle à travers le paysage. Kongjian Yu le souhaitait également productif grâce à ses récoltes, à sa biodiversité et à ses habitats pour les espèces. À ses yeux, la productivité crée une nouvelle valeur esthétique.

Le site pour le nouveau campus de l’université étant à l’origine un champ de riz, il n’y avait qu’à y installer un nouveau système d’irrigation. Pour ce faire, un système de collecte de l’eau de pluie a été réalisé ainsi qu’un étang. Ce dernier, aménagé à l’aide des graminées indigènes, est une attraction agréable. Quant aux aménagements productifs, ils fournissent du riz, du blé et quelques autres grains, mais ils offrent aussi un espace extérieur de vie et d’apprentissage, car les étudiants participent à la gestion des cultures. Ce projet visait aussi à reconnecter les jeunes urbains à la terre et à leur faire prendre conscience de la crise alimentaire. Le riz produit sur le campus est vendu sous le nom de « Golden Rice » aux visiteurs et il est, dit-on, une source de fierté pour les jeunes du campus. L’Université de Shenyang Jianzhu est située dans la banlieue de la ville de Shenyang, dans la province de Liaoning. Le projet couvre une surface de 80 hectares dont trois sont en culture. Il a remporté en 2005 le Design Honor Award de l’American Society of Landscape Architects.

Le parc au Ruban rouge (The Red Ruban Park)

Photo: Turenscape Situé sur la rivière Tanghe, à l’extrémité est de la ville de Quinhuangdao, ce parc se démarque par son long et sinueux banc rouge surnommé le «Ruban rouge».

Le fondateur de Turenscape juge que la plupart des aménagements contemporains coûtent trop cher financièrement et écologiquement, en particulier en Chine. Avec ce parc, il a choisi de démontrer comment un minimum d’intervention peut créer un aménagement urbain fonctionnel, plaisant et socialement vibrant. Situé sur la rivière Tanghe, à l’extrémité est de la ville de Quinhuangdao, dans la province de Hebei, ce parc se démarque par son long et sinueux banc rouge surnommé le « Ruban rouge ». Celui-ci possède différentes fonctions, telles que l’éclairage, l’interprétation de l’environnement et l’orientation. Le site du parc présentait de belles possibilités, mais posait aussi des défis importants. Couvert par une végétation naturelle et luxuriante, il offrait divers habitats pour la faune, mais il n’était pas entretenu, servait de dépotoir et renfermait un bidonville abandonné. Le défi était de préserver les habitats naturels le long de la rivière tout en permettant les activités récréatives et de sensibiliser les gens à l’environnement. Pour y parvenir, cinq pavillons en forme de nuages ont été construits le long du ruban. Ceux-ci offrent une protection contre le soleil, un endroit où se rassembler et des zones d’interprétation. Au final, l’endroit a été urbanisé et modernisé selon les souhaits des résidants, tout en conservant les processus écologiques et les services naturels intacts. Ce parc a remporté en 2007 le Design Honor Award de l’American Society of Landscape Architects et, en 2008, le Condé Nast Traveler d’avril l’a inclus dans les « New Seven Wonders of the World », rien de moins.

Milieux humides urbains nationaux de Qunli (Qunli National Urban Wetland)

Photo: Turenscape Dans la ville de Harbin, Turenscape a transformé 34 hectares de milieux humides en parc. Des sentiers et des plateformes ont été construits et les citoyens ont repris contact avec la nature.

Les inondations causées par l’imperméabilisation des surfaces et les pluies soudaines et abondantes liées ou non aux changements climatiques sont devenues courantes dans les grandes villes du monde. Généralement, on s’adresse aux ingénieurs pour régler ce type de problème, mais, si l’on prend en considération le coût des travaux, les pénuries d’eau et les services écologiques rendus par les aménagements, l’architecture du paysage devient une solution intéressante. Ce qui nous emmène au projet de Qunli réalisé par Turenscape dans la ville de Harbin, située dans la province d’Heilongjiang.

En 2009, l’entreprise est mandatée par la Ville pour transformer 34 hectares de milieux humides déjà protégés en parc. Toutefois, le site était en danger, car il avait été coupé de toutes ses sources d’eau par quatre routes et des développements. Or l’entreprise y voit une occasion pour rediriger les eaux pluviales et réduire les risques d’inondations, déjà régulières dans ce nouveau secteur résidentiel. En bref, voici les stratégies utilisées pour réaliser le projet et les aménagements du parc.

D’abord, l’entreprise a décidé de ne pas toucher au coeur du parc afin de laisser les processus naturels suivre leur cours. Ensuite, elle a conçu, tout autour, une zone tampon formée d’un chapelet de petits étangs et de monticules où est filtrée l’eau de pluie. Cette dernière, qui provient des nouveaux développements, est acheminée par un tuyau qui la redistribue également à travers le parc. Puis, des sentiers et des plateformes ont été construits, ainsi qu’un « skywalk » pour que les citoyens puissent reprendre contact avec la nature. Aujourd’hui, le parc fournit plusieurs services écosystémiques, tels que la collecte et la filtration des eaux de pluie, la recharge des eaux souterraines, des habitats… Deux ans après son ouverture, le parc n’est pas seulement devenu un attrait, il a aussi été reconnu comme « milieu humide urbain national » (« national urban wetland »).

Au jardin cette semaine

Si vous avez eu des problèmes avec les scarabées japonais au cours des dernières années, commencez maintenant à faire du dépistage, car des conseillers du Réseau d’avertissement phytosanitaire en ont vu dans la région de la Mauricie. Pour les éliminer, la méthode la plus efficace demeure la récolte manuelle. Pour les gens qui cultivent de l’ail et des poireaux, la teigne du poireau (ce petit papillon qui vient pondre ses oeufs sur nos plants) en est à sa deuxième génération. Il est recommandé de traiter avec du Bacillus thuriengensis ssp. kurstaki (BTk) autour du 12 juillet dans la région de Montréal si vous avez déjà eu des dommages significatifs auparavant.

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.

Tournée des maisons et jardins de Knowlton

La 25e tournée des maisons et jardins de Knowlton propose la découverte des plus charmants jardins et des plus belles maisons de Lac-Brome. Elle a lieu le 13 juillet prochain et les visites se font entre 10 h et 16 h. Le coût du billet, 60 $, comprend une carte, une boîte à lunch ou un coupon de 10 $ valide dans de nombreux restaurants de la région. Les profits sont versés au Théâtre Lac Brome. On se procure des billets en téléphonant au 450 242-2270 ou sur le site Web du théâtre.

Dans la bibliothèque

Jardiner en terrain sec. Avoir un beau jardin (presque) sans eau
Serge Schall
Larousse
2016, 159 pages

 

Jardiner en terrain sec s’adresse avant tout aux gens qui vivent dans des régions où, une partie de l’année, souvent l’été, il ne pleut presque pas, comme le sud de la France. Néanmoins, parmi les 60 plantes adaptées à la sécheresse décrites dans ce livre, plusieurs peuvent être utilisées dans nos jardins, ce qui est intéressant, car on est toujours à la recherche de plantes qui tolèrent moins d’arrosage. Plusieurs des plantes qui y sont présentées ont une résistance au froid beaucoup plus grande que ce qui est écrit.

Avoir un beau jardin (presque) sans eau