Insectes bénéfiques à votre service

Le Trichogramma-micro est une micro-guêpe qui parasite les œufs des papillons ravageurs.
Photo: Anatis Le Trichogramma-micro est une micro-guêpe qui parasite les œufs des papillons ravageurs.

Depuis quelques années, le jardinier amateur a accès aux insectes bénéfiques utilisés depuis longtemps en production grâce à Anatis Bioprotection, une entreprise québécoise qui en produit, en distribue et en vend.

Afin de vous recommander les insectes les plus avantageux pour quelqu’un qui jardine sur une petite superficie, deux spécialistes nous renseignent : Mylène St-Onge, Ph. D, directrice de production chez Anatis Bioprotection, et Benoit Champagne, agronome et conseiller à l’Institut québécois du développement de l’horticulture ornementale.

Après nos discussions, mon choix s’est arrêté sur trois insectes, mais deux autres auraient pu être inclus : Cucumeris pour le contrôle des thrips sur l’oignon et Stratiolaelaps pour celui de la mouche du terreau.

Photo: Anatis Le Trichogramma-micro est une micro-guêpe qui parasite les œufs des papillons ravageurs.

Arbres fruitiers et petits fruits

Tricho-Fruits, vendu sous forme de carte, facilite vraiment le contrôle des papillons ravageurs des arbres fruitiers, particulièrement quand on le compare aux vaporisations traditionnelles. Il est simple d’utilisation : on accroche la carte à une branche avant l’apparition des chenilles de papillons. Le traitement dure cinq semaines et on doit mettre une nouvelle carte chaque semaine.

Sur chacune d’elles ont été collées 8000 pupes de Trichogramma minutum, une microguêpe de quelques millimètres qui, pour se reproduire, parasite les oeufs des papillons ravageurs. Pour la conservation des pupes, les cartes doivent être entreposées à une température entre 4 à 10 °C, et ce, pour un maximum de quatre semaines.

Ainsi, lorsque vous achetez des Tricho-Fruits, ceux-ci devraient être rangés au réfrigérateur ; ou si vous commandez sur le Web, ils devraient être expédiés sur de la glace. Le lot de cinq cartes coûte 18 $.

Contrôle des acariens

Les acariens ravageurs sont des araignées microscopiques qui s’attaquent à une vaste panoplie de plantes. Le tétranyque à deux points, bien connu, en fait partie. Souvent, on découvre leur présence seulement quand ils sont déjà nombreux, que les feuilles sont décolorées, presque blanchâtres, et qu’il y a présence de toiles.

C’est pourquoi l’utilisation en prévention de Neoseiulus fallacis sur les plantes sujettes à ces acariens est une bonne idée. Elle permet d’établir une population massive qui dominera les ravageurs. Indigène au Québec, Neoseiulus fallacis a l’avantage d’être résistant au froid et de s’établir là où on l’introduit.

Fallacis Impact est vendu soit sur des feuilles de haricot, soit en bouteille sur de la vermiculite. Pour vous donner une idée, une boîte de 1000 coûte 35 $. Ça peut sembler cher, mais avec cette proportion, on couvre une grande surface, car seulement deux individus sont recommandés par mètre carré pour lutter contre le tétranyque à deux points.

Cela dit, on doit avoir une grande superficie à couvrir. Finalement, un point important à retenir : il faut épandre les Fallacis aussitôt qu’ils ont été reçus, car ils ne se conservent pas.

Photo: Lise Gobeille Au centre de la photo, une feuille de haricot couverte de «Fallacis».

Contrôle de la mouche blanche, ou aleurode

Encarsia formosa est unepetite guêpe de seulement 0,6 millimètre qui est efficace pour régler des problèmes récurrents sur les plantes ornementales, comme on le voit en particulier sur les hibiscus. Pour se reproduire, elle parasite les aleurodes immatures ; en fait, elle pond ses oeufs directement dans l’insecte. On l’utilise l’été lorsqu’on met les plantes à l’extérieur.

Ce n’est pas que l’on craigne que la guêpe s’établisse dans la maison, puisqu’elle meurt lorsqu’elle n’a plus de proie et qu’elle a besoin d’un taux d’humidité important que l’on trouve rarement à l’intérieur. Le minimum que l’on peut commander est de 10 cartes pour 15 $, mais… on devra en commander une deuxième fois car les cartes ne se conservent que deux semaines au réfrigérateur, et le traitement, comme pour les arbres fruitiers, dure cinq semaines.

Chaque carte porte 100 pupes, beaucoup plus que ce dont vous avez besoin pour un hibiscus ; néanmoins, ce n’est pas un problème. C’est aussi simple d’utilisation : on accroche la carte à la base du plant.

Anatis Bioprotection a été fondée en 2005 par Silvia Todorova, Ph. D., qui détient une maîtrise en biologie et un doctorat en environnement. L’entreprise possède deux installations : une à Saint-Jacques-le-Mineur pour la production d’insectes et une autre à Laval pour la production de Beauvaria bassiana, un microchampignon entomopathogène. Celui-ci est d’ailleurs testé actuellement pour lutter contre l’agrile du frêne.

Ce qui n’est pas produit ici est acheté au Canada. Seul fournisseur d’insectes bénéfiques au Québec, le fabricant a l’avantage de rendre ces insectes accessibles et d’éviter qu’ils aient à faire des kilomètres avant de se rendre à destination.

On peut commander en ligne à anatis.ca ; dans ce cas, il ne faut pas oublier que s’ajoute au prix du produit celui du transport. La Ferme Guyon, à Chambly, vend leurs produits depuis cette année, mais je vous recommande de téléphoner avant de vous y rendre pour vérifier ce qu’ils ont en magasin.

Dans la bibliothèque

Arbres du Québec. Guide d’identification
Jean-Marc Lord, André Pelletier
Broquet, «Jeunes explorateurs»
Québec, 2016, 128 pages

Arbres du Québec invite les jeunes détectives en herbe de neuf ans et plus à faire une enquête pour identifier les arbres autour d’eux. En soi, identifier un arbre, le reconnaître par son nom propre et même par son nom d’espèce est un vrai travail de détective ! L’enquête doit être minutieuse et chaque indice a son importance.

C’est dans cet esprit qu’a été publié ce guide amusant. Il permet d’apprendre le nom de plus d’une quarantaine d’espèces d’arbres poussant sur le territoire du Québec, une belle activité d’été pour les enfants, autant en ville qu’à la campagne.

Au jardin cette semaine

Au potager, on n’oublie pas de récolter nos légumes quand ils sont mûrs. Les laitues en fleur, c’est joli, mais elles sont terriblement amères. Si la tige de vos fleurs d’ail ressemble à un cou de cygne, c’est qu’il est temps de la couper pour aromatiser vos plats. Plusieurs fines herbes sont prêtes ou seront prêtes bientôt pour être ramassées et séchées. Ayez-les à l’œil : thym, origan, lavande…

Dès qu’il se met à faire chaud, on ne doit surtout pas négliger l’arrosage, car les plantes sèchent rapidement, autant en sol qu’en pot. Dans les platebandes ou au potager, on recommande le binage pour casser la croûte du sol afin que l’eau puisse bien y pénétrer. Aussi, une bonne façon de se faciliter la vie est de mettre un paillis au potager autant que dans les platebandes. Cela permet de réduire l’évaporation de l’eau et par le fait même le nombre d’arrosages ; cela diminue du même coup le désherbage.

Finalement, on n’oublie pas non plus la fertilisation, car les plantes poussent rapidement actuellement. Mais attention : si vous utilisez des engrais liquides ou solubles dans l’eau, ne fertilisez pas sur un sol sec.

Rassembler les villes par l’agriculture urbaine

Afin de faire d’Agriculture urbaine Montréal la vitrine de l’agriculture urbaine pour la région montréalaise, l’organisme a récemment ouvert sa cartographie participative à la première couronne de la ville. On invite donc les Terrebonniens, les Lavallois, les Longueuillois et tous les autres citoyens des villes ciblées à inscrire en ligne leur initiative de jardins et même de ruchers.

La vitrine est portée par le Laboratoire sur l’agriculture urbaine (AU/LAB), un lieu de réflexion interuniversitaire et international sur l’urbanité et l’alimentation. L’agriculture urbaine est, entre autres choses, une stratégie pour lutter contre l’insécurité alimentaire en rendant accessibles des aliments de qualité, améliorant ainsi l’état de santé des populations vulnérables.