De curieux fruits et légumes

Le pomato Ketchup’n’Fries est une bouture de tomate greffée sur un plant de pomme de terre. On voit sur la photo de gauche la partie végétative de la pomme de terre encore présente. Une fois que le greffon est bien soudé, elle est éliminée.
Photo: Lise Gobeille Le pomato Ketchup’n’Fries est une bouture de tomate greffée sur un plant de pomme de terre. On voit sur la photo de gauche la partie végétative de la pomme de terre encore présente. Une fois que le greffon est bien soudé, elle est éliminée.

La culture des légumes gagne en popularité d’année en année, et producteurs et semenciers diversifient leur offre pour répondre à la demande des jardiniers curieux et de plus en plus urbains. On trouve donc maintenant des légumes adaptés à la culture dans des espaces restreints, des fruits au goût nouveau ou aux formes différentes, ou encore des plantes complètement renversantes.

La « pomate » Ketchup’n’Fries

Qu’est-ce donc que la « pomate » ? Arrivée cette année dans les jardineries, la pomate est un plant de tomates greffé sur un plant de pomme de terre ! L’idée n’est pas nouvelle puisque déjà, en 1828, un jardinier français, M. Fourquet, avait réussi une telle greffe. Un seul plant pourrait produire jusqu’à 500 petites tomates cerises et jusqu’à deux kilos de pomme de terre, selon les informations fournies par la compagnie.

Une bonne productivité qui toutefois devra être démontrée. La greffe se pratique uniquement entre plantes d’une même famille, dans ce cas-ci les solanacées. Et afin d’éviter toute confusion, précisons qu’une plante greffée n’a rien en commun avec les organismes génétiquement modifiés. Plus coûteuse car la greffe doit être faite à la main, la pomate Ketchup’n’Fries ne manquera pas néanmoins d’étonner.

Pour les gens qui cultivent dans un espace restreint, elle a aussi l’avantage d’être un « deux-dans-un » ! Peu disponible au Québec cette année, on la retrouve encore seulement dans quelques endroits, comme à la Jardinerie du Nord à Saint-Félix-de-Valois, aux Jardins André Carbonneau à Louiseville, et peut-être dans quelques autres jardineries.

Photo: Lise Gobeille Pour avoir des fruits, le fraisier à fruits albinos doit toujours être vendu avec un fraisier à fruits rouges pour assurer sa pollinisation.

La fraise albinos

La fraise albinos, une étonnante fraise blanche au léger goût d’ananas, vient d’arriver dans quelques jardineries du Québec. Pour les Nord-Américains en général, une fraise blanche est une fraise qui n’est pas encore mûre ; mais elle est connue des Sud-Américains, car il y en a une espèce dans leur région.

Comme quoi la couleur des fraises dépend de l’endroit où on est né… Fragaria ananassa « Pineberry », vendue sous le nom de fraise albinos, est un hybride entre une fraise rouge (nord-américaine) et une fraise blanche (sud-américaine). Voilà ce qu’on en dit : son fruit, plus petit que la fraise standard, entre 15 et 23 mm, mûr, est complètement blanc avec des graines (akènes) rouge foncé.

Sa chair est d’un blanc pâle allant jusqu’à l’orange et son parfum est prononcé. Le plant produit peu et seulement en jours courts, comme nos anciennes variétés, donc seulement au printemps.

Et, afin d’avoir des fruits, le fraisier à fruits albinos doit toujours être vendu avec un fraisier à fruits rouges pour assurer sa pollinisation. Il est encore peu disponible sur le marché cette année, mais je l’ai vu à la Jardinerie du Nord, à Saint-Félix-de-Valois, de même que les fraises. Aussi, Provigo, Loblaws et Maxi indiquent qu’on y vend les fraises ananas « Pineberry ».

Photo: Lise Gobeille Le concombre lemon

Le concombre jaune

Original, le concombre lemon a la peau jaune, sa forme est ronde et il est un peu plus gros qu’un citron. Sa peau, un peu plus épaisse que celle d’un concombre traditionnel, est couverte de petites rugosités qui s’éliminent facilement en la frottant. Chaque plant produit énormément de fruits et leur chair est délicieuse et croquante s’ils sont récoltés matures, mais jeunes. Un avantage intéressant surtout pour la culture en pot : il est moins gourmand en eau.

Comme les autres concombres, il a tendance à s’étaler ; il est donc préférable de le palisser. Et il est sensible aux maladies, en particulier le mildiou, que l’on peut contrôler avec du purin d’ortie ou de la bouillie bordelaise. Un singulier concombre à cultiver avec les enfants, qui pourront mordre dedans à pleines dents, mais qui saura aussi plaire aux plus grands.

 

Le prix Henry-Teuscher

Cette année, le lauréat du prestigieux prix Henry-Teuscher est remis à Bertrand Dumont, horticulteur, auteur et conférencier reconnu. Toujours décerné lors du Rendez-vous horticole, le prix souligne la contribution exceptionnelle du lauréat à l’avancement de l’horticulture ornementale québécoise.

Formé en France, Bertrand Dumont a consacré la majorité de sa carrière à l’écriture. Il a à son actif plus d’une trentaine d’ouvrages sur l’horticulture écologique, les arbres, les plantes indigènes et l’environnement. Son accomplissement le plus important est sans contredit son passage comme rédacteur en chef, de 1994 à 2003, du magazine Fleurs, plantes et jardins.

À cette époque, la publication rejoignait plus de 800 000 lecteurs chaque mois, un succès inégalé pour ce type de magazine. Bertrand Dumont est aussi un formateur, un chroniqueur et un conférencier apprécié.

Horticulteur, botaniste et architecte paysagiste visionnaire et passionné, Henry Teuscher (1891-1984) fut l’architecte concepteur du Jardin botanique de Montréal.

 

Le Rendez-vous

Le Rendez-vous horticole du Jardin botanique de Montréal a lieu cette fin de semaine et, si vous comptez y aller, vous pouvez ajouter à la liste des beaux jardins à voir en ce moment la collection de lilas et celle des pommetiers, qui seront probablement à leur summum.

Afin d’avoir le temps de visiter les jardins et de faire le tour des kiosques, il faut compter quatre bonnes heures, car il y a beaucoup à voir et d’agréables discussions à faire.

Au jardin cette semaine

Au potager, on sème les cucurbitacées, tels les concombres, les courges et les citrouilles, quand le sol est réchauffé, donc autour du 1er juin en zone 5 et autour du 15 juin en zone 4. On peut également acheter des plants, mais comme leurs racines sont fragiles et que la transplantation ralentit un peu la croissance, c’est souvent aussi rapide de semer.

Les cucurbitacées aiment un bon amendement de compost, une exposition plein soleil et beaucoup d’eau, c’est pourquoi il est préférable de les pailler. On peut les cultiver en pot, mais il est essentiel de choisir de gros formats. Pour gagner de l’espace, on les fait grimper sur un support fabriqué avec de la broche à poule, des tuteurs ou un support à tomates en broche.

Pour les gens qui cultivent de l’ail, le réseau d’avertissements phytosanitaires recommande déjà de faire un traitement pour le contrôle de la teigne du poireau. Le Bacillus thuringiensis ssp. kurstaki (Btk) est efficace et non toxique, mais on peut également couvrir nos plants d’un voile si la surface n’est pas très grande.

La journée de la plante médicinale

La Guilde des herboristes célèbre le samedi 4 juin l’avoine fleurie, une plante aux nombreuses vertus, au Jardin botanique de Montréal de 10 h à 17 h. Saviez-vous qu’elle fortifie le système nerveux, qu’elle est une bonne source de calcium et qu’elle aide à combattre la fatigue et le stress ? Lors de cette journée, visites guidées, vente de plantes et de produits québécois ainsi que conférences et dégustations gratuites sont au menu. info@guildeherboristes.org.

Par la suite, la fête se déplace en région : le 11 juin à la Ferme du Crépuscule, Yamachiche, en Mauricie ; le 12 juin aux Jardins Atsenti Auarata, Pont-Rouge, région de Québec ; le 18 juin au Jardin Herbes de vie, Saint-Basile-le-Grand, Montérégie ; le 3 juillet à la ferme des Arpents roses, Sainte-Mélanie, Lanaudière le 21 août au Jardin botanique du Nouveau-Brunswick, à Edmunston.

Dans la bibliothèque

Jardins
Mon grand-père jardinait comme ça! Tours de main, potions de santé et autres trucs de jardiniers
Serge Schall
Larousse, 2016

C’est un fort joli petit cahier qui donne de nombreux trucs pratiques pour cultiver biologiquement nos légumes au jardin. Sa présentation à l’ancienne lui confère un charme singulier et la mise en pages est excellente, car on y repère rapidement les informations recherchées. Maintes techniques de jardinage du grand-père nous sont expliquées, comme la rotation des cultures, les engrais verts, les purins, etc. Des astuces nous sont transmises pour réussir les tomates, avoir de beaux poireaux ou des melons fort bons… On y trouve également des recettes utiles pour protéger les végétaux des prédateurs et des maladies, telles que la cendre, la bouillie bordelaise, et des insecticides maison, entre autres. Et, dans le dernier chapitre, sont abordés les plantes médicinales, la production de ses propres graines, l’importance des insectes pollinisateurs et comment jardiner avec la lune. À seulement 9 $, on ne s’en passe pas.