Le café remplacera-t-il le thé en Corée du Sud?

En Corée du Sud, on a su heureusement conserver quelques artères propices au commerce de rue et à divers marchés en plein air.
Photo: Philippe Mollé En Corée du Sud, on a su heureusement conserver quelques artères propices au commerce de rue et à divers marchés en plein air.

Dès 7 h du matin à Séoul, sous 26 °C, la vie prend son rythme et on découvre l’efficacité des transports en commun dans la capitale de la Corée du Sud. De quoi nous faire rêver.

Les rues de cette grande ville s’affichent dans un modernisme architectural qui contraste avec les vieilles pierres et les temples anciens. Des immeubles de verre, des murs d’acier et de verdure, ainsi que des accès privilégiés pour les piétons, embellis de fleurs et d’arbres bien entretenus, ajoutent au charme de Séoul. Et on a su heureusement conserver quelques artères propices au commerce de rue et à divers marchés en plein air.

En général, les Coréens consomment du thé, comme dans le reste de l’Asie. Mais depuis quelques années, on observe une prolifération de cafés à Séoul, dont une grande partie assurent la pérennité de la chaîne Starbucks pour plusieurs années.

Une multitude de petits cafés s’y sont établis, avec une musique bien dosée, un choix de cafés composés, du thé en provenance du monde entier, des préparations à partir de crème glacée et des viennoiseries parfois revisitées à la façon coréenne.

Séoul constitue un mélange de ce qui existe de mieux en Asie. On a emprunté aux Japonais la rigueur, on y a ajouté une touche européenne et l’efficacité nord-américaine. On a conservé de grands espaces verts et misé sur des endroits bien établis pour l’art et la culture, le tout bordé de larges trottoirs permettant aisément la marche.

Kimchi et barbecue coréen

La fermentation des légumes n’est pas nouvelle, tant dans les pays de l’Est qu’en Asie, surtout en Corée. Le kimchi, mélange de légumes lactofermentés, est de plus en plus répandu, y compris au Québec. Le piment rouge, introduit en Corée par les Japonais, est ainsi combiné à divers légumes, poissons et fruits de mer pour former un plat. Ce condiment d’accompagnement fait partie intégrante de presque tous les repas en Corée du Sud.

Chou, oignon, ail, tomate et soya vont macérer dans une préparation salée pendant plusieurs semaines, à l’intérieur de grandes jarres de terre cuite, avant d’être consommés. On attribue au kimchi une foule de bienfaits pour la santé et contre le cancer lorsque les recettes sont préparées de façon artisanale.

La restauration coréenne est tout en finesse par rapport aux cuisines japonaise et chinoise. Même les barbecues coréens sont populaires hors du pays.

À la différence des plats japonais, la cuisine coréenne est assez épicée. On y retrouve autant des nouilles que du riz, bien sûr, du boeuf mariné et du porc à faire griller sur un gril installé au centre de la table.

Une autre curiosité qui séduit les visiteurs est le gujeolpan. Il s’agit d’un plateau composé de neuf délices de légumes accompagnant huit mets, avec de petites crêpes fines au centre. Un peu comme chez les Chinois, il faut déposer une crêpe dans son assiette puis y ajouter à l’aide de ses baguettes les divers légumes et condiments qui font partie du plateau. Ensuite, on ajoute une sauce épicée ou à l’ail, ou encore une sauce soya.

L’alimentation joue un rôle important dans la vie des Sud-Coréens. Ils adaptent les plats en fonction des saisons, mais dans tous les cas le type de recettes préparées est composé de légumes, parfois de fruits, souvent de nouilles, d’oeufs, de poulet et de viande, la plupart du temps du porc ou du boeuf mariné cuit au barbecue.

Le repas du matin

Pour avoir séjourné plusieurs fois dans ce pays, j’ai pu constater à quel point les Coréens misent sur le petit-déjeuner pour bien commencer la journée. Dans les familles, le thé et le riz constituent le premier choix pour le matin, accompagnés de légumes, d’oeufs, de poissons cuits ou séchés, le tout servi avec un bouillon ou encore une soupe parfumée et garnie selon le goût de chacun.

Et depuis environ cinq ans, on remarque que la nouvelle génération des jeunes professionnels de 20 à 35 ans consomme du café dans une multitude d’endroits à Séoul, ainsi que des produits plus occidentaux — croissants, beignets et autres préparations sucrées —, avant de se rendre au travail. Et c’est là précisément que le café prend toute son importance, avec un choix de lattés et de cafés fantaisistes auxquels cette clientèle est devenue accro.

Bien que le fast-food soit présent en Corée, la concentration de grandes chaînes y est nettement moins importante qu’en Amérique du Nord.

Les Coréens sont bien différents des autres Asiatiques. Le pays subit lui aussi une crise économique, mais sans que ça paraisse puisqu’on ne cesse de construire des hôtels et d’aménager des parcs, et cela, en respectant un urbanisme qui fait envie.

Les changements dans le comportement alimentaire des Coréens pourraient-ils à long terme compromettre l’identité culinaire de ce peuple ? Pas vraiment. Si l’on cite en exemple la vie et le romantisme de l’Europe, puis la modernité et l’efficacité nord-américaine, il reste que la Corée conserve le culte du kimchi, de la famille et du choix des aliments dans une multitude de petits marchés qui s’imposent dans les rues de Séoul. Parfois, même, on s’y retrouve pour déguster des mets que les restaurants n’offrent pas et que la famille moderne ne prépare plus.

Découverte

Le vignoble Rivière du Chêne

Daniel Lalande est le propriétaire-vigneron du vignoble Rivière du Chêne à Saint-Eustache. Une surprise que d’y découvrir deux vins : le William blanc, un mélange de trois cépages qui s’accorde fort bien avec les crustacés ou une cuisine épicée, puis le rosé Gabrielle, un mélange de cinq cépages qui donne un vin souple, délicat et fruité, autant pour l’apéritif que pour accompagner crevettes et homards.