Comment peut-on être fédéraliste au Québec?

Comment peut-on continuer à adhérer au projet fédéral canadien après le rapatriement de la Constitution de 1981-1982 sans la signature du Québec, interroge Louis Cornellier.
Photo: Ron Poling La Presse canadienne Comment peut-on continuer à adhérer au projet fédéral canadien après le rapatriement de la Constitution de 1981-1982 sans la signature du Québec, interroge Louis Cornellier.

En tant que souverainiste, j’ai peine à comprendre les motivations de mes compatriotes fédéralistes. Comment, en effet, peut-on continuer à adhérer au projet fédéral canadien après le rapatriement de la Constitution de 1981-1982 sans la signature du Québec, les atteintes à la Charte de la langue française imposées par des décisions de la Cour suprême, les échecs des accords du lac Meech et de Charlottetown, le plan B de Jean Chrétien, le scandale des commandites et les manoeuvres référendaires fédérales de 1995 ? Je dois malgré tout constater, comme le note le politologue Jean-François Caron, « qu’une majorité de Québécois ont encore aujourd’hui un sentiment d’appartenance envers la société politique canadienne ». Ils doivent bien avoir leurs raisons.

Dans Être fédéraliste au Québec, Caron, qui enseigne maintenant au Kazakhstan, essaie justement de les expliquer. Bien que je ne partage pas ses conclusions, je dois préciser que je considère ce politologue fédéraliste comme un essayiste modèle. Soucieux de clarté argumentative et stylistique, Caron cultive la limpidité, va à l’essentiel et fait de fréquents rappels de sa thèse principale dans le but d’unifier son propos. Le lire est une expérience intellectuelle enrichissante, que l’on soit ou non d’accord avec lui.

Dualisme identitaire

D’entrée de jeu, le politologue reconnaît qu’« il y a un certain malaise à se dire fédéraliste au Québec » parce que « cette option politique s’est souvent révélée décevante pour le Québec ». Il marque, de plus, son désaccord avec plusieurs des arguments avancés par les partisans de cette option. On ne devrait pas être fédéraliste, écrit-il, pour garder les Rocheuses ou par crainte de l’avenir économique du Québec. Pourquoi, alors, tant de Québécois le sont-ils ? Serait-ce, comme le soutient une thèse souverainiste, parce qu’ils sont pusillanimes et colonisés ?

Caron rejette cette lecture de la situation et propose plutôt la thèse suivante : si les Québécois demeurent attachés au Canada, c’est « parce que la société politique canadienne leur permet de s’autodéterminer librement, mais aussi parce qu’elle est également en mesure de s’adapter et de répondre de manière satisfaisante à leurs revendications politiques ». Il parle d’un « sentiment d’appartenance à une association politique libre », qu’on retrouve aussi en Suisse, en Belgique et en Espagne.

Dans les pays multinationaux, explique-t-il, le dualisme identitaire est la norme. Les minorités nationales (québécoise, flamande, catalane) y cultivent un patriotisme nationaliste, fondé sur des références historiques et culturelles partagées, et un patriotisme républicain, que Caron définit comme « un amour rationnel des lois d’une association politique ».

Ce second patriotisme a surtout une valeur instrumentale et ne peut entraîner l’adhésion qu’aux deux conditions déjà mentionnées : il doit permettre « l’autonomie communautaire » des groupes nationaux et permettre à ces groupes d’influer sur les normes fédérales. Si ces conditions ne sont pas remplies, la tendance sécessionniste des minorités nationales devient dominante et légitime.

En Suisse, montre Caron, ce sain fédéralisme est respecté, d’où l’absence de mouvements sécessionnistes d’envergure. En Belgique et en Espagne, ce n’est pas le cas, ce qui explique le grandissant désir d’indépendance de la Flandre et de la Catalogne.

Photo: Ron Poling La Presse canadienne Comment peut-on continuer à adhérer au projet fédéral canadien après le rapatriement de la Constitution de 1981-1982 sans la signature du Québec ? interroge Louis Cornellier.

Le Québec est-il libre ?

Qu’en est-il du Québec, selon cet intéressant cadre théorique ? Peut-on affirmer, comme le fait Caron, que « les deux conditions essentielles au développement d’un sentiment d’appartenance à une association politique libre sont réunies dans le cas canadien » ?

Pour toutes les raisons énumérées en ouverture de cette chronique, les souverainistes répondront un non retentissant. Comment Caron peut-il donc soutenir que « le fédéralisme canadien a su se montrer accommodant dans l’élaboration du projet de construction nationale du peuple québécois » ?

Quand le Québec a entrepris de se moderniser, au moment de la Révolution tranquille, en se dotant « d’institutions propres à son affirmation nationale », le gouvernement fédéral, note Caron, ne lui a pas fait obstacle. Certaines décisions de la Cour suprême ont invalidé des dispositions de la Charte de la langue française, mais cela, selon le politologue qui tourne ici les coins ronds, n’a pas empêché la francisation du Québec et des immigrants. Le Québec, ajoute-t-il à raison, aurait d’ailleurs pu faire plus souvent appel à la disposition de dérogation pour préserver son autonomie, comme la Constitution le lui permet.

Pour le reste, plusieurs ententes administratives (sur l’immigration, notamment) ont répondu aux demandes québécoises. Le Canada, bref, n’est pas le goulag et, même si « l’ordre politique canadien pose problème sur le plan symbolique » par son refus de constitutionnaliser l’existence de la nation québécoise, il offre au Québec « une autonomie politique réelle », raison pour laquelle bien des Québécois lui demeurent attachés.

La thèse de Caron est éclairante, mais tendancieuse. Comme l’histoire et l’actualité en témoignent, l’autonomie du Québec est fragile et toujours à défendre. Elle ne relève pas de la normalité, mais du combat. En s’opposant à la pleine reconnaissance constitutionnelle de la nation québécoise, le Canada manifeste sa volonté de la tenir en laisse et son droit de donner et de reprendre à sa guise. Ne pas vivre dans un goulag n’est pas l’équivalent d’être libre. Le Québec mérite mieux qu’une liberté conditionnelle.

« Je chercherai à montrer que, malgré ses défauts, le fédéralisme canadien a su se montrer accommodant dans l’élaboration du projet de construction nationale du peuple québécois. Cette analyse fera en sorte de mieux comprendre les raisons profondes qui expliquent – au grand dam de nombreux souverainistes — pourquoi tant de Québécois manifestent un attachement envers le reste du pays. » Extrait d’«Être fédéraliste au Québec»

Être fédéraliste au Québec. Comprendre les raisons de l’attachement des Québécois au Canada

Jean-François Caron, Presses de l’Université Laval, Québec, 2016, 100 pages

43 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 14 mai 2016 05 h 00

    Le Québec est libre.


    Qu'est-ce que répondraient bien des souverainistes si la nation québécoise était pleinement(?) reconnu au plan constitutionnel? Évidemment, que tout cela ne serait que symbolique! Quand on veut la totale, on ne peut se contenter d'une fraction!

    Quant au Québec, il est libre: il a majoritairement et librement choisi de demeurer, de s'autodéterminer dans la fédération canadienne. Il me semble que ce n'est pas difficile à comprendre! Mais bien difficile à accepter pour certains! En démocratie, on n'a pas toujours ce que l'on veut.

    Quant au Canada, qui n'est pas un goulag mais une terre bénie, des millions d'étrangers voudraient venir y vivre. Mais ceci est bien connu: les gens gâtés ignorent généralement qu'ils sont gâtés.

    Michel Lebel

    • François Dugal - Inscrit 14 mai 2016 11 h 44

      Monsieur Lebel, je ne demande pourquoi vous n'utilisez jamais l'expression consacrée : "plusse meilleur pays du monde".

    • Jean-François Trottier - Abonné 14 mai 2016 12 h 24

      M. Lebel, votre refus quasi pathologique d'analyser le fait qu'il y a à peine 20 ans, une écrasante majorité de francophones ont voté Oui au référendum (le terme "écrasant" commençant normalement autour de 55%...) me semble symptomatique de ce déséquilibre qui règne entre les tenants de l'une et l'autre vision.

      Entre autres, l'appui soviétique que les anglophones fournissent au PLQ n'est pas un signe de santé démocratique, ni de bonne foi. Si ce référendum était comme vous dites gagné (ou perdu) sans rémission, peut-être cesseraient-ils de faire un référendum de chaque élection ? C'est la fragilité de l'identité anglo qui crée le pire problème au Québec.

      Vous dites nettement que le gagnant a toujours raison, Vous pourriez ajouter quelque chose au sujet de la raison du plus fort, à votre gré.
      Mais voilà, il existe dans beaucoup de démocratie des moyens pour que les sans-voix et les moins nantis puissent s'exprimer.
      Dans le cas présent, c'est du pouvoir de décider qui a le droit, ou pas, de voter qu'il s'agit. Dans le cas présent l'appui sans nom qu'Ottawa a fourni via argent et une bonne partie de son appareil à l'une des options a complètement tordu le résultat, et sa loi sur la clarté est encore pire: elle ne peut servir qu'un seul but, celui de justifier l'utilisation de troupes contre le Québec, les anglos servant encore et toujours de prétexte pour une nouvelle loi des mesures de guerre comme certains aiment tant.
      Si l'on est si prêt à utiliser les armes si lourdes soit-elles, c'est qu'on sait parfaitement à Ottawa qu'un peuple existe, qu'il veut et peut se gérer seul et que tout est bon pour le manipuler ou le faire rentrer dans le rang sans ménagement. Le Canada ne survit que grâce à des coups de forces, ce n'est pas nouveau.
      On l'a déjà fait à plusieurs reprises, on est prêt à le faire encore, et toujours au nom d'une ridicule fragilité identitaire qui comment à me taper sur les nerfs de la part de gens qui se disent vainqueurs.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 14 mai 2016 13 h 22

      «des millions d'étrangers voudraient venir y vivre.»
      Et des milliers le font encore. La différence est que pour les Québécois, le Canada n'est pas une terre étrangère, il est le berceau. Que d'autres y soient venu s'y installer et que les limites en furent rétrécies sont des conséquences que plusieurs trouvent acceptables; jusqu'au moment où ce ne sera plus le cas et là... il sera trop tard.

      PL

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 14 mai 2016 16 h 58

      Me lLebel vous etes tellement heureux et béat dans vos certitudes qu il me plait de vous laisser dormir en paix.Chchchut,silence. J-P.Grise

    • Sylvain Auclair - Abonné 14 mai 2016 18 h 16

      Bien sûr. On n'a qu'à voir les foules en délire le premier juillet partout au Québec pour s'en convaincre.

    • Michel Blondin - Abonné 14 mai 2016 20 h 14

      @Monsieur Lebel,
      Avec respect, les arguments factuels manquent à une sérieuse théorie de la satisfaction des francophones dans la fédération.

      La croyance semble dépasser les faits et le vide est complété par des arguments-ficelles irréalistes et rose bonbon, comme le fait J. F. Caron.

      Argumenter la satisfaction et la liberté des francophones est plutôt un non-lieu. A contrario, le Québec bashing depuis 1774 avec des périodes de pointes lorsque la langue française veut prendre sa place; les mesures de guerre; l’espionnage illégal du PQ et les bombes posées par la GRC; le référendum de la tête sur billot; le coup d'État de 1982; la constitution d'enfermement avec la clause Canada; le référendum de la tricherie de 1995 malgré 60 % de votes des francophones; les immoralités et illégalités des fédéralistes des sociétés en commandite; la rancœur actuelle des fédéralistes; ne peuvent s'expliquer que dans une théorie du colonisé pusillanime, d'une politique de soumission illégale, de minorisation et d'assimilation des francophones planifiés.

      Le pan le plus important est l'oublie intentionnel des droits garantis aux « parlants Français » par les traités internationaux lors de la cessation et l'échange de terres en 1763 entre Louis XVI et George III et du" British North American act "de 1774. Le reste suit.

      Ne pas utiliser les dispositions dérogatoires, et l’article 43 de la loi Constitutionnelle font partie des générosités et des naïvetés qui commencent à coûter cher à l’effort pérenne de maintenir la langue française.
      J’ajouterais que le Canada fait les lois, les politiques et les bons coups pour la populeuse Ontario. On ne peut en vouloir à l’Ontario de cette situation. A ce jeu, cependant, comme deuxième on est perdant. C’est à nous de prendre en main nos bagages et de faire nos propres politiques. En étant trompé de mes droits et défavorisé par ce système il faut mettre ses culottes ou subir. J'ai choisi.

    • Steve Boumansour - Abonné 15 mai 2016 05 h 41

      Du simple fait que vous soulignez que nous sommes en démocratie et qu'en démocratie on ne peut tout avoir, vous admettez et cautionnez que le QC est et demeurera une minorité livré au bon vouloir du ROC. L'actionnaire minoritaire en vous préfère donc recevoir son petit chèque de dividende (péréquation) que de participer aux orientations de cette compagnie ? Au-delà des considérations et argumentations fédéralistes/indépendantistes, votre conception de l'apport de la nation québécoise au sein du Canada est un puissant argument pour soutenir l'indépendance. Bravo et merci.

    • André Nadon - Abonné 15 mai 2016 08 h 56

      Chaque fois que je lis votre prose, je me demande en vertu de quels critères, vous êtes devenu professeur de droit constitutionnel.
      Était-ce pour vos allégeances politiques ou vos contacts ou parce qu'il y avait pénurie de bons candidats?
      Une chose est certaine, vous êtes une explication de l'ignorance de beaucoup de québécois sur leur condition de colonisés qui se satisfont d'un régime de locataire.
      La grande majorité de nos élites, du moins nos politiciens qui forment les gouvernements qui nous dirigent, ont fréquenté l'Université et ont dû assimiler les enseignements de leurs professeurs pour obtenir leurs diplômes et mettre en application ce qu'ils ont appris.
      Il semble que faire partie du troupeau de moutons est une condition essentielle pour être fédéraliste.
      Ce commentaire se veut une réponse à l'attachement à ce Canada qui nous appauvrit avec notre argent.

    • Michel Lebel - Abonné 15 mai 2016 10 h 00

      @ Jean-Pierre Grisé,

      Soyez sérieux! En politique, il n'y a jamais de certitude! Pour moi, le guide de mes choix est ce que j'estime être le bien commun. C'est tout.

      M.L.

    • Colette Pagé - Abonnée 15 mai 2016 13 h 07

      L'institution des collaborateurs au service du colonisateur anglais ne date pas d'aujourd'hui.

      Pour gagner les élections, les collaboratistes prêchent tantôt le fédéralisme coopératif, le fédéralisme asymétrique, le fédéralisme d'ouverture, le fédéralisme rentable, la souveraineté culturelle, le statut particulier et tantôt 22 pouvoirs, la fin du pouvoir de dépenser fédéral et tantôt une société distincte accouplée à un droit de veto. La quadrature du cercle. Une situation kafkaénne dont semble s'accommoder Michel Lebel par déni ou aveuglement volontaire. En somme pour le dire autrement c'est la politique facile et confortable du laisser faire. De la soumission !

      Toute réforme constitutionnelle est désormais bloquée en raison du fait que pour certains le fruit n'est pas mûr. Ce qui revient à dire que le fruit est carrément enterré !

      Pourtant certaines personnes comme Monsieur Lebel qui abhorre l'indépendance s'accommode de la situation actuelle en se délectant aveuglement de ses mérites et en l'opposant de façon démagogique au goulag.

      À l'heure actuelle comme l'écrit J. Maurice Arbour dans " Cessons d'être des colonisés !, les colonisés assimilés n'ont plus rien à proposer et sont mêmes à entériner le coup de force constitutionnel de 1981 pour liquider le passé et prendre la route de l'assimilation galopante.

      Selon les certitudes de Monsieur Lebel, à moins que le Canada devienne un goulag, il faut rejeter l'idée de l'indépendance. Aussi bien reporter ce projet aux calendes grecques.

    • Michel Lebel - Abonné 15 mai 2016 16 h 35

      @ Claude Gélinas,

      La coexistence de deux grandes langues et cultures et de plusieurs peuples dans un même et immense pays me semble un fait exceptionnel qu'il faut chérir. Tout n'y est certes pas parfait mais il faut savoir relativiser les conflits inévitables et voir grand et ne pas tomber dans le nombrilisme et ressentiment perpétuel. Chacun fait ses choix politiques et ceux-ci, faut-il le rappeler, ne sont jamais absolus et coulés dans le béton.

      M.L.

    • Bernard McCann - Abonné 15 mai 2016 19 h 29

      Je voudrais répondre à un commentaire. Il y a 36 ans et 21 ans maintenant, une majorité de québécois a refusé deux propositions de souveraineté associées à une association et un partenariat avec le Canada. Je considère que chaque être humain qui habite le territoire du Québec, est un québécois à part entière, peu importe ce qu'il mange dans son assiète ou de la façon dont il s'habille. Et peu importe aussi ses croyances religieuses. Ne s'est-on jamais demandé du côté des élus (ceux qui tiennent mordicus à une souveraineté sans condition), que ce projet souhaité d'un pays à tout prix n'aboutit jamais uniquement parce qu'il n'est pas inclusif ? Se poser la question, c'est-y répondre...

    • Michel Lebel - Abonné 16 mai 2016 20 h 40

      @ André Nadon,

      L'Université de Montréal m'a jadis embauché parce que j'avais un bac ès arts, une licence en droit+ le Barreau, une maîtrise en droit, une maîtrise en science politique et un doctorat en droit. C'est tout.

      M.L.

  • Ronald Sirard - Inscrit 14 mai 2016 05 h 39

    Les québécois veulent vivre et s'épanouir dans un pays qui se nomme le Québec

    Est-ce que tout ceux qui vivent au Québec sont des québécois ? Moi je vis au Canada mais je suis loin de me définir comme canadien. J'ai les mêmes droits que les autres citoyens canadiens, là dessus pas de discussion. Mais la nationalité canadienne je la sens comme un énorme poids qui m'est imposé, comme une identité qui ne m'appartient pas. Je regrette mais la face de la reine je ne suis plus capable. Le drapeau rouge sang étalé partout m'oppresse. Quand je pense que l'an prochain des milliers de supposés québécois vont fêter dans l'allégresse 150 ans de soumission et de confort béant dans un statut de nation dominée et dépendante, mes entrailles se tordent.
    Tous ceux qui vivent au Québec et qui se définissent d'abord comme canadien, soyez conscient que dans les faits, notamment par votre soutient inaliénable au parti libéral du Québec, vous participez au maintient de la nation québécoise dans un état d'aliénation et de domination. Vous pouvez toujours prétendre que c'est pour le bien du Québec que vous faites cela. Que vous croyez sincèrement aux vertus d'un supposé fédéralisme bienveillant. Si vous vous définissez comme canadien d'abord vous devez être conscient que ce Canada, qui constitue la base de votre identité est construit sur la domination d'une nation sur une autre nation. Votre beau Canada, vous pourriez pas l'imaginer et le vivre en nous laissant, à nous aussi, la possibilité de vivre pleinement notre appartenance. Les québécois veulent vivre et s'épanouir dans un pays qui se nomme le Québec. Ce pays regrouperait tous les habitants qui vivent sur son territoire. Ce pays ne serait pas construit sur la domination d'une nation sur une autre. Vous qui vous définissez comme canadien, pourquoi n'essayez vous pas de faire la même chose ? Vous auriez alors un pays qui partage une même langue, une même culture une même identité. Vous seriez, comme le Québec, un pays normal basé sur des prémisses saines. On pourrait alors vivre en paix et heureux côte à côte.

  • Jacques Lamarche - Abonné 14 mai 2016 07 h 04

    D'abord une affaire de coeur!

    Le nationalisme tient à des sentiments. Il n'a rien de rationel! Tous les Chinois sont Chinois par amour, attachement, fierté! Les Italiens aussi!

    Les raisons apportées par M. Caron cachent le lien affectif qui le lie au Canada! Il n'en parle pas!

    Le lien fédéral tient le plus souvent à un malaise, à un sentiment d'insécurité devant les inconnus de la souveraineté. La peur semble être le premier facteur qui conditionne le comportement du coeur des Québécois qui restent des Canadiens!!

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 14 mai 2016 07 h 28

    Le prix du fédéralisme

    Le problème essentiel de l’appartenance au Canada, c’est l’article 23 de la Canadian Constitution. Cet article prescrit le libre choix de la langue d’enseignement. Essentiellement, l’article 23 programme l’extinction inévitable du peuple québécois au fil des décennies.

    Et en raison de son caractère stratégique, c’est le seul article de la constitution canadienne dont on ne peut se soustraire en invoquant la clause dérogatoire.

    On comprend pourquoi.

    • Raymond Labelle - Abonné 14 mai 2016 11 h 54

      L'article 23 étend l'admissibilité à l'école anglaise qui existait dans la loi 101 aux enfants dont les parents avaient fréquenté l'école anglaise au Québec aux enfants dont les parents ont fréquenté l'école anglaise dans l'ensemble du Canada. La clause Canada quoi.

      Si les parents ont reçu leur éducation n'importe où ailleurs qu’au Canada dans le monde, y compris en anglais comme par exemple aux États-Unis ou au Royaume-Uni, leurs enfants qui résident au Québec doivent aller à l'école française - la loi 101 s'applique à eux.

      À moins d'un flux migratoire important du ROC vers le Québec incessant qui dure des décennies, il serait étonnant que cet article ait pour effet, à lui seul, de mener "à l’extinction inévitable du peuple québécois au fil des décennies."

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 14 mai 2016 14 h 01

      Raymond Labelle écrit : "Si les parents ont reçu leur éducation n'importe où ailleurs qu’au Canada dans le monde (…) leurs enfants qui résident au Québec doivent aller à l'école française - la loi 101 s'applique à eux. "

      C’est ce que beaucoup de personnes pensent. Malheureusement cela est inexact.

      Dès qu’il est évident que l’enfant désire s’assimiler à la minorité anglophone, il a droit à l’enseignement à l’école anglaise, lui, ses frères, ses sœurs, tous leurs descendants et même tout le clan familial.

      C’est la conclusion à laquelle on arrive quand on analyse soigneusement les jugements de la Cour suprême du Canada à ce sujet.

      C’est ce que j’ai fait il y a six ans :
      http://jpmartel.quebec/2010/06/24/

      Conséquemment, en prescrivant la liberté de tout citoyen de s’assimiler au groupe linguistique de son choix, la Canadian Constitution programme l’extinction inéluctable du peuple québécois.

  • François Dugal - Inscrit 14 mai 2016 07 h 46

    L'unilinguisme

    Les québécois fédéralistes sont unilingues.
    Les anglophones unilingues voient à leurs affaires,
    Les francophones unilingues ont peur à cause de leur ignorance.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 14 mai 2016 12 h 30

      Pas parce qu'ils sont francophones unilingues...qu'ils sont ignorants...après tout, la langue française est la langue officielle du Québec...et quant aux affaires..!? je n'ai pas besoin de souligner l'apport de nombreux économistes, hommes d'affaires québécois qui valent bien les leurs(anglophones)...et propriétaires de PME florissantes.

      Mais parce que le système québécois d'éducation favorise ...les anglophones...3 universités McGill, Concordia, Bishop...et parfois on dirait que Laval et Montréal le sont aussi! (à un degré moindre mais tout de même) , tout autant d'hôpitaux anglophones , un Montréal devenu largement anglophile sinon anglophone (grâce aux tours de passe-passe des écoles passerelles...entre autres et de l'immmigration qui finit plus souvent qu'autrement dans la sarcelle des CS anglophones)

      La Culture dans la langue française est ...mondialement reconnue et admirée sauf ici....
      Ici au Québec, où les médias (écrits, parlés, chantés...) sont les premiers à dévaloriser, à démoniser la Culture québécoise, et française par ricochet...

      Alors faut pas chercher de midi à quatorze heures pour y voir une conception ignorante de nos racines...de notre langue...de nos réussites commerciales, de tout ce qui fait de nous des francophones...à la base de notre existence comme peuple-nation.