La question qui tue

S’il y a une chose sur laquelle tout le monde au PQ s’entendait au lendemain de l’élection d’avril 2014, c’était bien qu’il ne devait plus jamais se présenter devant l’électorat sans une position claire sur le référendum. Durant toute la campagne, les déclarations confuses de Pauline Marois ont torpillé la campagne péquiste en inquiétant aussi bien les souverainistes que les fédéralistes.

Véronique Hivon ne peut pas être naïve au point de s’être réellement imaginé qu’elle pourrait s’en tenir au pourquoi de la souveraineté en faisant abstraction du comment et du quand. Ses futurs adversaires dans la course à direction ont été les premiers à la sommer de préciser ses intentions.

Parce qu’il était perçu comme un véritable sauveur dont la détermination à faire l’indépendance ne pouvait être mise en doute, M. Péladeau a réussi à traverser la course de l’an dernier sans prendre position. Ceux qui, à l’instar de Bernard Drainville, voulaient le forcer à clarifier ses intentions étaient presque accusés de lèse-majesté. On voit mal comment l’un ou l’autre des simples mortels qui briguent sa succession pourrait bénéficier de la même indulgence.

Le PQ ne peut s’en prendre qu’à lui-même. À force de s’entredéchirer à propos de l’article 1 de son programme, il a lui-même contribué à faire de l’échéancier référendaire l’inévitable piège qu’il est devenu. Si tout n’est pas absolument clair lors du déclenchement de la prochaine élection, les libéraux ne passeront pas une journée sans poser la question qui tue : un gouvernement péquiste tiendrait-il un référendum dans un premier mandat, oui ou non ? Toute tentative de l’éluder fera revivre au prochain chef du PQ le même calvaire qu’en 2014.

« En 2018, il va falloir être très clair », a finalement reconnu Mme Hivon. Surtout que dans son cas, l’ambiguïté est double. Non seulement elle est soupçonnée d’être de ceux qui estiment plus urgent de battre les libéraux que de tenir un référendum, mais elle a également laissé entendre que la « mécanique » pourrait être différente de celle du référendum classique, telle qu’expérimentée en 1980 et en 1995.

 

La députée de Joliette compte développer sa position en fonction des discussions avec les autres partis souverainistes qu’elle avait déjà entreprises à la demande de Pierre Karl Péladeau. À cet égard, la nouvelle course tombe particulièrement mal. Comment sera-t-il possible pour Mme Hivon, ou pour tout autre candidat, de développer une position compatible avec un « plan d’accession à l’indépendance commun » que tout le monde souhaite, mais qui reste à négocier ?

Dans l’actuel climat de méfiance, il faudra sans doute beaucoup de doigté pour convaincre les membres de Québec solidaire de conclure une quelconque alliance, mais la « convergence » ne peut pas servir de prétexte pour entretenir le flou. Surtout qu’il y a une divergence de vues fondamentale sur la composition et le rôle d’une éventuelle assemblée constituante qui serait chargée de rédiger la constitution d’un Québec souverain.

Le programme actuel du PQ propose une assemblée formée de représentants des divers secteurs de la société québécoise, des régions et des Premières Nations. Cette implication de la société civile pourrait créer une certaine effervescence autour du projet souverainiste, comme l’avaient fait les commissions régionales de 1995. Le référendum ne porterait cependant pas sur un projet de constitution, mais sur la souveraineté elle-même.

Dans le cas de QS, l’assemblée constituante serait élue au suffrage universel et le référendum porterait sur le projet de constitution qui en serait issu. La formule soulève de sérieuses questions. Le rejet du projet de constitution signifierait-il le rejet de la souveraineté elle-même ? Qu’arriverait-il si une majorité de fédéralistes étaient élus à l’assemblée constituante ? Et si les électeurs fédéralistes la boycottaient, quelle légitimité aurait-elle ?

 

Les membres de QS se réuniront en congrès à la fin de mai, mais il paraît hautement improbable qu’ils reviennent sur le principe de la constituante élue au suffrage universel. Alexandre Cloutier semble avoir abandonné son projet de tenir un référendum si un million de personnes le réclament, mais serait-il disposé pour autant à le faire porter sur autre chose que la souveraineté ? L’an dernier, Martine Ouellet proposait qu’une assemblée constituante non élue rédige un projet de constitution transitoire d’ici 2018, mais le référendum qu’elle voulait tenir dès le premier mandat portait sur l’indépendance.

Jean-François Lisée a certainement des idées sur le sujet. « Si je décidais d’être candidat, c’est parce que je déciderais avec les gens qui me parlent que j’ai quelque chose à apporter, comme chef du Parti québécois, que les autres n’apportent pas », a-t-il déclaré. Sérieusement, comment M. Lisée pourrait-il penser un seul instant qu’il n’a rien à apporter ?

61 commentaires
  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 12 mai 2016 02 h 36

    Plaisir retardé, plaisir augmenté...

    Précipiter un référendum serait le perdre.

    Commençons par battre Couillard en 2018, montrer que le PQ est capable de diriger, refaire naître et croître le rêve nationaliste ( qui s'érode pour le moment) petit a petit et lorsque nous serons forts, solides, confiants et solidaires, faire le référendum qui fera une Différence au lieu de faire mourir le PQ dans l'indignité.

    Rome ne s'est pas fait en un jour, il n'y a qu'un tiers de la population pour le moment qui voterait oui. Donnons-nous le temps d'en conquérir un autre tiers.

    Pas d'inquiétude, tout non peut se transformer en oui avec un peu de persévérance...

    • Claude Bariteau - Abonné 12 mai 2016 08 h 42

      La question du référendum est, comme la tenue d'un référendum, un piège à cons depuis la loi de clarification de telle sorte que seuls les fédéralistes la brandissent pour faire peur.

      Pourtant, oui, pourtant, il n'y a qu'une réponse possible aux fédéralistes et je ne comprends pas pourquoi aucun candidat et aucune candidate, à l'exception de Lisée qui ne l'est pas encore, ne disent pas qu'il y en aura un si le Québec parvient à s'entendre avec le Canada sur les termes de satenue : question, pourcentage, financement, observateurs de l'ONU, processus post-référendaire de succession des pouvoirs.

      Puis, de façon complémentaire, pourquoi ils n'avancent pas, en cas de mésentente, ce qui est plus que probable, qu'il existe une autre façon plus démocratique, car elle mandate, de procéder : l'élection à double majorité : celle de l'appui des électeurs et des électrices et celle des parlementaires indépendantistes élus.

      C'est simple, clair, engageant et surtout respectueux du peuple québécois.

    • Christian Montmarquette - Abonné 12 mai 2016 09 h 52

      À Catherine-Andrée Bouchard,


      " Commençons par battre Couillard en 2018, montrer que le PQ est capable de diriger.." - Catherine-Andrée Bouchard

      Ce PQ, qui endosse exactement le même dogme de déficit zéro et les mêmes politiques d'austérité que le Parti libéral, n'est pas une alternative crédible au Parti libéral.

      Je ne vois donc pas en quoi remplacer les néolibéraux rouges du Parti libéral par les néolibéraux bleus du Parti québécois nous avancerait à quoi que ce soit.

      Au contraire en augmentant les appuis du PQ, on contribue non seulement au renforcement de la crédibilité des politiques libérales, mais le Québec se prive même d'une véritable opposition, si ce n'est d'une véritable démocratie, puisqu'au point de vue économique autant le gouvernement et l'opposition endossent les mêmes politiques et tiennent le mêmes discours.

      La leçon que Jutin Trudeau vient de servir au NPD ne vous a-elle pas enfin allumé les lumières Mme Bouchard?

      Christian Montmarquette

    • Jean-Pierre Roy - Abonné 12 mai 2016 17 h 38

      Monsieur Bariteau, qu'en est-il si le référendum est perdu par les indépendantistes?

    • Claude Bariteau - Abonné 13 mai 2016 11 h 14

      Monsieur Roy,

      C'est une hypothèse plausible. Il importera de connaître pourquoi.

      Au préalable, je signale que vous faites une autre hypothèse, qui consiste à présumer d'une entente sur tous les points que j'ai énumérés entre le gouvernement du Québec et celui du Canada avant de présumer une défaite éventuelle.

      Personnellement, je doute qu'il y aura une telle entente pour un motif important : une entente minimise l'insécurité post-référendaire, mais, surtout, des caffouillages.

      Les spécialistes en droit international ont tous insisté sur la nécessité d'une entente sur le contenu et les suitess pour procéder par référendum.

      Ils n'ont toutefois pas fait écho à l'insécurité qui diminuerait. Or, c'est préciséement sur ce point que compte le Canada pour empêcher que le résultat soit positif. Aussi m'apparaît-il plus que probable qu'il n'y ait pas d'entente au sens où celle-ci aurait pour effet de diminuer l'insécurité.

      Cela dit, ma suggestion d'une négociation d'une entente vise à clarifier le poège du recours au référendum dans le cadre de la loi de clarification tout simplement parce que cette loi vise à contrôler la tenue d'un référendum selon les visées canadiennes.

      En présence de cette loi, si les promoteurs de l'indépendance ne cherchent pas une entente pour tenir un référendum, il faut renoncer à ce processus consultatif et opter immédiatement pour une élection décisionnelle à double majorité, un processus que j'ai mis de l'avant en 2005 dans « Pour sortir de l'impasse référendaire ».

  • Christian Montmarquette - Abonné 12 mai 2016 03 h 19

    Des fédéralistes à l’Assemblée constituante


    "Qu’arriverait-il si une majorité de fédéralistes étaient élus à l’assemblée constituante?" ..se demande Michel David

    La réponse à cette question, c'est que le mandat des constituants, qui, faut-il le répéter sont élus légitimes et ont obtenus la confiance d'une majorité d'électeurs.trices, n'est pas de se représenter eux-mêmes ou de promouvoir leurs propres positions. Mais de représenter les positions des citoyens.nes après une large consultation publique, afin de rédiger une Constitution qui soit à l'image des citoyens.nes du Québec et qu'elle obtienne les meilleures chances possibles d'obtenir un Oui lors du référendum sur l'adoption d'une constitution pour le Québec.

    Christian Montmarquette

    • Jean-Pierre Roy - Abonné 12 mai 2016 08 h 29

      Monsieur Monmarquelle, comment entendez-vous choisir cesux que auront droit de voter à votre constituante, comment allez-vous organiser cette constituante, quelle sera la forcelégale de cette constituante, qui va financer la tenue de cette constituante, etc, etc,

      Monsieur Montmarquette, vous vous rappelez sans doute qu'il y des élections aux 4 ans au québec où tout ce que vous proposez peut se discuer et faire partie du vote démocratique des électrices et des électeurs.

    • Jacques Patenaude - Abonné 12 mai 2016 08 h 43

      Il me semble que si l'élu à l'assemblée constituante est plutôt fédéraliste il y a bien des chances que la consultation publique aille dans le même sens que lui, non?
      Si le but de la consultation est que le oui obtienne de meilleures chances de l'emporter dans un référendum le camps adverse ne va-t-il pas crier à la triche?

    • Raymond Labelle - Abonné 12 mai 2016 10 h 30

      Par conséquent, si la majorité des Constituants a obtenu un mandat de présenter la position fédéraliste de leurs électeurs, alors la proposition de Constitution reflètera cette composition et proposera également une constitution fédéraliste?

      Ai-je bien compris?

      J'appelle Constituant une personne élue pour représenter ses électeurs à l'assemblée constituante seulement, assemblée dont le seul mandat est d'élaborer la Constitution qui sera présentée au référendum.

    • Jean-François Trottier - Abonné 12 mai 2016 10 h 52

      Ces gens se seront présentés AVEC leurs propres positions... en autant que le sens des responsabilités existe dans cet avenir que vous voyez avec tant de clairvoyance, M. Montmarquette...
      C'est en tant que fédéralistes affichés qu'il auront été élus, et c'est donc leur propre position qu'ils défendront. Faudrait pas tordre le sens des paroles de M. David n'importe comment. J'ai beau douter de la portée de sa supposition, il est évident qu'il faudra la regarder un peu.

      Seriez-vous obnubilé par le faux-semblant des "représentants" chez QS, qui prétendent porter la voix des autres sans être pour autant impliqués personnellement ? C'est que, dans les faits, on élit des gens sur ce qu'ils disent défendre. Ce ne sont pas des panneaux de carton où l'on affiche n'importe quoi. Ceux de QS le savent et pourtant ils en refusent l'importance. Un immense trou dans ce quasi-parti et un contre-exemple pour quiconque pense en fonction de la démocratie.

      On efface votre commentaire et on regarde ailleurs vite vite pour dissiper le malaise.

    • Christian Montmarquette - Abonné 12 mai 2016 13 h 49

      À Jean-Pierre Roy,

      " Comment entendez-vous choisir cesux que auront droit de voter à votre constituante, comment allez-vous organiser cette constituante, quelle sera la forcelégale de cette constituante, qui va financer la tenue de cette constituante, etc, etc," - Jean-Pierre Roy

      1) Ce sont tous les citoyens disposant de la qualité d'élcteurs.trices qui auront le droit de voter pour choisir leurs constituants.tes.

      2) C'est le gouvernement solidaire ou une coalition qui organisera les détails de l'Assemblée constituante.

      3) L'Assemblée constituante de QS sera financée à hauteur de 50 millions d'argent public pour son organistion et d'une durée de 18 mois pour une large consultation publique et la rédaction de la Constitution.

      4) La force légale et la légitimité de l'Assemblée constituante vient à la fois du mandat que le gouvernement donne à la Constituante doublé d'un référendum à 50% +1 pour l'adoption proprement dite de la Constitition.

      Christian Montmarquette

    • Christian Montmarquette - Abonné 12 mai 2016 14 h 32

      À Raymond Labelle

      " Par conséquent, si la majorité des Constituants a obtenu un mandat de présenter la position fédéraliste de leurs électeurs, alors la proposition de Constitution reflètera cette composition et proposera également une constitution fédéraliste?" - Raymond Labelle

      Le prochain Congrès de Québec Solidaire prévu pour la fin du mois de mai aura entre autres objets de clarifier cette position.

      À savoir, si un éventuel gouvernement de Québec Solidaire donnera un mandat "avec" contrainte référendaire ou "sans" contrainte.

      Mais selon plusieurs, dont Paul Cliche, il importe qu'aucun Québécois ne soit exclu du processus, dont même des fédéralistes. Non seulement pour assurer la légitimité et l'indépendance de l'Assemblée constituante, mais les chances mêmes de réussites du projet, afin de convaincre des fédéralistes d'adhérer au projet souverainiste.

      Car c'est bien-là le premier obstacle au projet de pays que de réussir à convaincre les fédéralistes, les craintifs et les indécis d'appuyer l'indépendance du Québec n'est-ce pas?

      Or, si ces gens-là sont en mesure d'exprimer leurs craintes, leurs réserves et leurs aspirations et d'intégrer leurs propres propositions constitutionnelles au projet de constitution, et que lesdites propositions constitutionnelles ne peuvent être mises en application à cause de la suprématie de la Constitution canadienne sur la Constitution du Québec... - Ne seront-ils pas tentés eux aussi d'admettre qu'il est nécessaire de sortir du Canada pour obtenir l'État qu'ils désirent et la Constitution idéale qu'ils auront mis eux-mêmes sur la table?

      Christian Montmarquette

    • Christian Montmarquette - Abonné 12 mai 2016 15 h 23

      À Jean-François Trottier,

      " Seriez-vous obnubilé par le faux-semblant des "représentants" chez QS, qui prétendent porter la voix des autres sans être pour autant impliqués personnellement?" - Jean-François Trottier

      Je vous ferez remarquer M. Trottier, que les députés.es de Québec Solidaire sont tout aussi légitimes que les députés des autres partis politiques. Et quant à moi, peut-être même davantage, puisque Québec Solidaire n'a jamais utilisé d'argent sale pour frauder les élections et se faire élire de manière illégitime comme le Parti québécois, le Parti libéral et la CAQ.

      De plus, le rôles des constituants n'est pas de défendre leurs propres orientations politiques, mais de compiler l'ensemble des propositions des citoyens.nes à la suite d'une large consultation publique afin de rédiger une synthèse représentative des éléments entendus et proposés.

      C'est donc le "caractère public" du processus qui est garant de la probité des constituants.

      Comment un constituant pourrait-il avancer une proposition contraire aux propositions dûment enregistrées et entendues en public ou en inventer qui n'existe pas devant les médias, journalistes et l'ensemble des citoyens eux-mêmes sans se faire immédiatement dénoncer?

      Christian Montmarquette

    • Jean-Pierre Roy - Abonné 12 mai 2016 17 h 57

      Monsieur Montmarquette, pour organiser et procéder à une constituante, ça nécessite un mandat des électrices et des électeurs aux députés de l'assemblée nationale et ensuite une loi de cette assemblée.
      Pourquoi votre constituante alors que l'assemblée nationale à la compétence pour faire le travail et peut le faire?

    • P. Raymond - Inscrit 12 mai 2016 18 h 03

      2) C'est le gouvernement solidaire OU UNE COALITION qui organisera les détails de l'Assemblée constituante. Christian Montmarquette

      Enfin un peu d'ouverture vers une coalition. Un vent de fraîcheur et d'optimisme qu'il fait bon entendre.

    • Christian Montmarquette - Abonné 12 mai 2016 18 h 24

      À Raymond Labelle,

      " Par conséquent, si la majorité des Constituants a obtenu un mandat de présenter la position fédéraliste de leurs électeurs, alors la proposition de Constitution reflètera cette composition et proposera également une constitution fédéraliste?" - Raymond Labelle

      Le prochain Congrès de Québec Solidaire prévu pour la fin du mois de mai aura entre autres objets de clarifier cette position.

      À savoir, si un éventuel gouvernement de Québec Solidaire donnera un mandat "avec" contrainte référendaire ou "sans" contrainte.

      Mais selon plusieurs, dont Paul Cliche, il importe qu'aucun Québécois ne soit exclu du processus, dont même des fédéralistes. Non seulement pour assurer la légitimité et l'indépendance de l'Assemblée constituante, mais les chances mêmes de réussites du projet, afin de convaincre des fédéralistes d'adhérer au projet souverainiste.

      Car c'est bien-là le premier obstacle au projet de pays que de réussir à convaincre les fédéralistes, les craintifs et les indécis d'appuyer l'indépendance du Québec n'est-ce pas?

      Or, si ces gens-là sont en mesure d'exprimer leurs craintes, leurs réserves et leurs aspirations et d'intégrer leurs propres propositions constitutionnelles au projet de constitution, et que lesdites propositions constitutionnelles ne peuvent être mises en application à cause de la suprématie de la Constitution canadienne sur la Constitution du Québec... - Ne seront-ils pas tentés eux aussi d'admettre qu'il est nécessaire de sortir du Canada pour obtenir l'État qu'ils désirent et la Constitution idéale qu'ils auront mis eux-mêmes sur la table?

      Christian Montmarquette

    • Raymond Labelle - Abonné 12 mai 2016 21 h 35

      QS a fait de beaux efforts pour proposer un programme crédible... dans le cadre de notre juridiction actuelle. Programme budgeté et chiffré.

      Ce programme est réalisable, mais ambitieux. D'ailleurs, même si QS n'en réalisait que la moitié ou même le quart dans son premier mandat, beaucoup de choses auraient été faites.

      En somme, un premier gouvernement QS devrait en avoir plein les bras avec la réalisation de ce programme.

      Prendre 18 ou 24 mois (ajoutons 6 mois de préparation aux 18 mois auxquels réfère CM) d'intenses activités constitutionnelles disperse beaucoup d'énergies.

      Je crois que la référendite, en général, de QS, du PQ ou d’ON, contamine notre vie politique.

      De plus, très mauvais timing. La population n'en veut pas.

      Commençons par aller au bout de ce que l'on peut faire d'intéressant dans notre juridiction. Ça serait déjà un énorme progrès.

    • Raymond Labelle - Abonné 12 mai 2016 22 h 17

      Merci de votre réponse M. Montmarquette. Je continue à y réfléchir. Mon autre intervention a été faite avant que votre réponse à ma question n'ait été publiée, mais couvre un autre aspect.

    • Christian Montmarquette - Abonné 13 mai 2016 07 h 32

      À Jean-Pierre Roy,

      Le droit et le pouvoir d'installer une Assemblée constituante vient du fait qu'elle au programme du ou des partis politiques qui se feront élire en conséquence et formeront le gouvernement.

      Et le choix que Québec Solidaire a fait d'installer une Assemblée constituante citoyenne et non partisane plutôt que gouvernementale, vient notamment à cause des point suivants :

      1) La Constitution est la loi des loi et sert aussi à règlementer le fonctionnement du gouvernement et des élus.es. Or il est clair à sa face même qu'autant les députés.es que les partis politiques sont en conflits d'intérêts pour se voter eux-mêmes les règles qui les régissent. Pour prendre un exemple, il est possible que la nouvelle constitution envisage d'abolir les partis politiques. Or on peut se douter que des membres de partis politiques rejettent d'emblée une telle possibilité.

      2) Le projet de Constituante cherche à rassembler les Québecois dans un projet commun et comme le l'ai dit plus haut, une Assemblée constituante présente l'avantage de réunir les craintifs, les indécis, les souverainistes, les immigrants et même les opposants fédéralistes qui pourront amender le projet de manière à le rendre acceptable et même désirable pour tous.

      3) L'Assemblée constituante qui durera un minimum de 18 mois aura aussi un effet mobilisateur de manière à intéresser des citoyens au projet d'indépendance qui normalement ne le sont pas puisqu'exclus du projet.

      4) La thèse de Québec Solidaire, c'est que les citoyens.nes ne se refuseront pas un pays qu'ils auront eux-mêmes défini.

      Il est à noter que dans la procédure actuelle de Québec Solidaire l'Assemblée constituante posera deux questions sur le bulletin référendaire soit:

      - Êtes- vous d'accord pour que le Québec devienne un pays indépendant?

      - Êtes-vous d'accord pour que le Québec soit désormais régi par la nouvelle Constitution du Québec?

      Christian Montmarquette

    • Raymond Labelle - Abonné 13 mai 2016 09 h 32

      Bon, les choses se clarifient M. Montmarquette - merci bien! Donc, une question distincte pour l'indépendance et une autre pour la Constitution.

      Également, vous avez clarifié que le mandat de l'Assemblée Constituante serait nécessairement d'élaborer la Constitution d'un éventuel Québec indépendant. Même si des fédéralistes pourraient peut-être y participer, voire y être majoritaires (en théorie), le mandat de l'Assemblée Constituante demeure l'élaboration de la Constitution d'un éventuel Québec indépendant.

      Vous l'avez déjà écrit, mais le répéter en d'autres termes ne nuit pas - mieux vaut trop de répétition et de clarté en ces domaines que pas assez.

    • Christian Montmarquette - Abonné 13 mai 2016 13 h 51

      À Raymond Labelle,

      " Vous avez clarifié que le mandat de l'Assemblée Constituante serait nécessairement d'élaborer la Constitution d'un éventuel Québec indépendant.." - RL

      Je tiens à être honnête M. Labelle,

      Comme je l'ai dit plus haut, cette question sera mise aux débats lors du Congrès de fin mai de QS, qui devra déterminer si un éventuel gouvernement de Québec Solidaire donnera un mandat "avec" contrainte référendaire ou "sans" contrainte référendaire.

      C'est à dire si cette Constituante sera "forcée" de proposer un référendum sur l'indépendance ou pas.

      Amir le formulait en ces mots :

      Une constitution du Québec sera rédigée, et telle que rédigée faudra-t-il sortir du Canada et faire l'indépendance pour la mettre en application?

      À mon avis, oui, les modifications et exigences seront trop nombreuses pour être applicables dans le cadre canadien.

      Mais comme c'est justement-là un point névralgique pour toutes les raisons que je vous ai données plus haut et il faudra attendre la décision du Congrès pour avoir la réponse toute entière.

      À noter que que le processus des "deux questions" sont dans l'exposé vidéo d'Amir sur Youtube titré :

      " L'Assemblée constituante de Québec solidaire"

      Merci de votre appréciation,

      Christian Montmarquette

    • Raymond Labelle - Abonné 13 mai 2016 15 h 18

      Merci encore M. Montmarquette. On voit que le risque de malentendus est grand en ces matières - ça vaut la peine de reformuler en d'autres termes.

      Il est donc envisagé, parmi les possibilités du Congrès de QS de la fin-mai, que l'Assemblée Constituante ne se fasse pas donner d'avance le mandat de faire une Constitution qui prévoirait nécessairement de se retirer du Canada. QS n'a pas encore pris position officiellement mais, votre avis personnel, et celui que vous (et d'autres) défendrez au Congrès, est que le retrait du Canada devrait être inévitable dans la Constitution proposée par l'Assemblée constituante.

      Je mentionne que, dans le cadre actuel, le Québec ne peut adopter de véritable Constitution - car une Constitution est au-dessus des lois, et qu'un Parlement, en vertu du principe de la souveraineté du Parlement dans le parlementarisme britannique, ne peut s'auto-contraindre.

      La GG d'alors, Mme Jean, et plusieurs "experts" (pas tous) avaient oublié ce principe de la souveraineté du Parlement lors de l'histoire de la prorogation mais ça, c'est une autre histoire...

    • Raymond Labelle - Abonné 13 mai 2016 23 h 30

      Voici le lien menant à la vidéo de M. Khadir expliquant la proposition de QS de démarche vers l'indépendance : https://www.youtube.com/watch?v=cPyCguHA4lw

      À préciser au prochain congrès de QS, si je comprends bien, mais cette vidéo en présente déjà l'ossature.

  • André Nadon - Abonné 12 mai 2016 06 h 28

    Le dada des médias et des chroniqueurs.

    Invariablement, pour éviter toutes réflexions intelligentes sur la nécessité de l'Indépendance, on nous braque dans la face le fameux référendum, nécessaire selon certains, pour officialiser le nouveau statut de l'État du Québec, alors que le projet reste encore à débattre. C'est mettre la charrue devant les boeufs.
    Logiquement, le référendum ne sera qu'à la fin du processus de réflexion et de décision.
    On peut se poser la question sur la nécessité d'un référendum, alors que le Canada n'a jamais entériné l'Acte de l'Amérique du Nord britannique et les modifications de la Constitution en 1982, jugées illégitimes par la Cour Suprême elle-même, par un référendum.
    Faut-il être plus catholique que nos adversaires?
    Cette question mériterait d'être débattue avant d'exiger la tenue de ce fameux référendum qui n'a de toute façon qu'une valeur consultative.
    Nos gouvernements fédéralistes changent les lois régulièrement sans référendum et sans consultations, souvent illégalement ou illégitimement, comme si de rien n'était.
    On s'en offusque, sans plus. Et, si par malheur, on fait appel aux tribunaux, quand la décision est rendue, le mal est fait et la décision est obsolète.

  • André Chevalier - Abonné 12 mai 2016 06 h 33

    Oui à un référendum!

    L'ambiguité au sujet du référendum sur la souveraineté fait bien l'affaire des libéraux qui surfent sur cette incertitude depuis bientôt quarante ans.

    Il devrait y avoir un référendum non pas sur la souveraineté, mais sur l'acceptation de la constitution canadienne. N'est-ce pas le voeu qu'à exprimer monsieur Couillard en campagne électorale, soit d'adhérer à cette constitution? Le parti québécois devrait le prendre au mot et le sommer de consulter le peuple à ce sujet. Devant son refus prévisible, le parti québécois devrait en faire un sur le sujet dès son retour au pouvoir en faisant la promotion du rejet de cette constitution étant, en cela, fidèle aux positions de tous les partis politiques québécois depuis 1982.

    Un «Non» de la population envers la constitution canadienne légitimerait une démarche vers l'indépendance.

  • Normand Carrier - Abonné 12 mai 2016 06 h 49

    Il faut prendre le temps nécessaire .....

    Nul doute de l'importance d'avoir une position claire avant la prochaine élection mais il reste 30 mois pour y parvenir ...... Les candidats a la direction du PQ qui arriveront avec le référendum a tout pris maintenant ne mérite pas le vote des membres du PQ dans l'état actuel des choses ..... Il faut se donner 24 mois pour travailler sur la convergeance et définir une position stratégique claire sur la tenue d'un référendum avant le prochain scutin .....

    A cet égard , il faudra laisser un minimum de latitude au futur chef comme les indépendantistes étaient a le faire pour PKP ....... Cela demandera une grande préparation en ayant a l'esprit qu'un troisième référendum perdu sera la fin pour tous ceux qui travaillent pour obtenir leur pays et qui sont encore prêts a y mettre encore les efforts nécessaires .......