Votre portefeuille: Coup d'oeil sur Banque de Montréal

Les banques. Ce sont de véritables machines à faire de l'argent. Aussi ne faut-il pas se surprendre du fait qu'elles figurent au rang des quelques entreprises canadiennes affichant le plus long historique de versement d'un dividende. Plus de 100 ans pour les plus grandes d'entre elles.

Tout pays doit compter sur un système bancaire sain. C'est par lui qu'une banque centrale parvient à accroître les liquidités et à les distribuer (avec un effet multiplicateur) aux entreprises et consommateurs.

Les banques sont aussi les principaux récipiendaires de l'épargne des Canadiens. Elles font travailler celle-ci en la mettant à la disposition des entreprises et des consommateurs sous forme de divers prêts (prêts aux entreprises, marges de crédit, prêts à la consommation, prêts automobile, cartes de crédit, hypothèques, etc.).

Les banques sont à l'économie ce qu'est le coeur au corps humain. Comme le fait le coeur pour le flux sanguin, les banques règlent le flux monétaire du pays. Un rôle crucial rendu possible par une seule chose: la confiance des épargnants envers elles. Sans cette confiance, le système bancaire s'écroule et mène le pays tout droit à la dépression.

Le Canada compte à ce titre un système bancaire des plus fiables. Un système qui repose sur cinq grandes banques (la sixième est la Banque Nationale du Canada) dont le bilan est des plus solides. Parmi ces grandes banques, la Banque de Montréal (Tor., BMO) s'avère la plus petite avec un actif de 250 milliards de dollars.

Certes la plus petite des cinq, mais par contre la plus ancienne. En effet, la Banque de Montréal a été fondée en 1817, donc bien avant la création de la Confédération. De 1867 à 1935, elle a même joué le rôle d'une banque centrale en dotant le pays d'une véritable monnaie. Ce rôle est maintenant dévolu à la Banque du Canada.

Quant à la Banque de Montréal, elle est devenue au fil des décennies une institution financière parfaitement intégrée. Outre les services traditionnels d'intermédiation (dépôts à terme et certificats de dépôt dont les sommes sont investies dans les hypothèques et autres formes de prêts), la banque donne dans la gestion privée, vend des fonds communs d'investissement, effectue du financement d'entreprises et offre des services de courtage en valeurs mobilières de plein exercice (BMO Nesbitt) ou restreints (BMO Investor Line).

Ce n'est pas tout. Elle fut la première banque canadienne à prendre un pied solide aux États-Unis en acquérant au début des années 80 Harris Bankcorp, l'une des principales banques de la région de Chicago. À ce moment-là, plusieurs experts ont critiqué l'acquisition, la qualifiant d'onéreuse. Vingt ans plus tard, les autres grandes banques tentent d'en faire autant, à leur façon. Aucune d'entre elles n'a cependant réussi pour le moment à s'implanter dans une région stratégique américaine comme l'a fait la Banque de Montréal. C'est à cause de cela qu'elle est depuis 1998 l'objet de tant de convoitises: la Banque Royale a tenté de l'acquérir en 1998; la Banque Scotia a amorcé des négociations dans ce sens à l'automne 2002. Les deux banques prédatrices se sont cependant heurtées au refus du gouvernement canadien.

Pendant ce temps, la Banque de Montréal a continué d'engranger des profits. Un profit net de 1,8 milliard de dollars pour son dernier exercice complété. Pour l'exercice en cours, les analystes s'attendent à ce que son bénéfice net franchisse le cap des deux milliards de dollars. Pas si mal pour la plus petite des cinq grandes banques.

Magie du dividende

Quant aux actionnaires de la plus petite grande banque, ils ont été particulièrement bien servis par la magie du dividende. En 1985, ils ont pu acheter l'action de la Banque de Montréal autour de 7,70 $ alors qu'elle accordait un dividende annuel de 49 ¢. À la clôture des marchés le vendredi 6 février, l'action s'échangeait à 57,25 $. Quant au dividende, il est maintenant de 1,40 $ l'action. Cela représente un taux de dividende annuel courant de 18,2 % du capital initial investi (rendement d'intérêt annuel équivalent de 23 %). Qui dit mieux?

Pour une information plus complète sur l'entreprise (données et ratios financiers fournis par Stock Guide), rendez-vous sur le site de la classe Internet Pro-Placement (www.proplacement.qc.ca)

Mise en garde: il ne s'agit pas ici d'une recommandation d'achat. Pour bien bâtir son portefeuille, il importe d'accumuler les actions au bon prix et de bien suivre l'évolution de l'entreprise.

cchiasson@proplacement.qc.ca

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