Fonds d'investissement: Investissement étranger et huard

Dans un contexte de baisse draconienne du dollar américain par rapport à la devise canadienne, il est clair que, pour plusieurs investisseurs, l'investissement international paraît moins attrayant.

Le dollar canadien s'échange en ce moment aux alentours de 75 ¢US. Maxime Tessier, premier vice-président Gestion de devises chez TAL, entrevoit pour sa part un dollar canadien à 80 ¢US pour la fin de 2004. Selon ce dernier, cette année, les tendances à la hausse seront plus fortes que celles à la baisse pour notre huard.

De façon générale, le danger réside dans une exposition trop forte à une seule devise. À ce sujet, M. Tessier souligne que l'impact négatif des devises est diminué pour un portefeuille qui a une bonne diversification géographique. On mise ainsi sur le fait que les différentes devises présentes dans un portefeuille prennent des directions opposées. Un exemple: depuis le début de l'année 2000, le dollar canadien s'est apprécié de 8 % par rapport au dollar américain tandis qu'il s'est déprécié de 15 % par rapport à l'euro. L'effet négatif de la baisse du dollar américain aurait donc pu être compensé jusqu'à un certain point par la hausse de l'euro pour un portefeuille présent dans chacune de ces deux grandes régions économiques.

D'autre part, ignorer complètement notre voisin du Sud par le simple fait du recul de sa devise serait une erreur. La capitalisation boursière de la planète est à plus de 52 % représentée par des entreprises américaines. Pour ne prendre que l'exemple du secteur de la santé, il est impossible de trouver une entreprise canadienne ayant des activités aussi étendues que Pfizer ou Bristol-Myers.

Et malgré toutes les prédictions concernant le huard, l'effet des devises sur un fonds est un élément parmi d'autres à prendre à considération. Il est toujours préférable pour les investisseurs de se concentrer en premier lieu sur les produits offrant des rendements ainsi qu'une volatilité correspondant à leur besoin. L'univers des fonds internationaux est vaste, et les investisseurs ont l'embarras du choix. Voici trois fonds internationaux dignes de mention.

D'abord, un incontournable: le fonds de Mackenzie Cundill Valeur géré par l'excellent gestionnaire Peter Cundill. En ce moment, le fonds possède une répartition géographique plutôt particulière: 40,6 % au Japon, 32,7 % au Canada et 11,6 % aux États-Unis. M. Cundill a délaissé depuis plusieurs années la bourse américaine puisqu'il y trouve peu de titres répondant à ses critères de sélection stricte. Sur cinq ans, le fonds Mackenzie Cundill Valeur obtient un rendement de 15,7 %. Par contre, lorsque la bourse est en forte hausse, les investisseurs perdent patience et tendent à délaisser ce fonds prudent. Dommage, car l'obtention de bons rendements est simplement une question de patience pour ce produit.

Le fonds AGF International, dont la gestion incombe à la firme Harris Associates depuis juin 2002, nous semble également intéressant. Sa répartition d'actif est très différente des fonds gérés par M. Cundill. En effet, ce fonds est bien implanté en Europe et aux États-Unis. En ce qui concerne la répartition géographique du fonds par rapport à celui de l'indice mondial MSCI, indice conçu pour mesurer les rendements boursiers des marchés développés à l'échelle mondiale, le fonds surpondère l'Europe (45,7 % contre 29,1 %), et sous-pondère les États-Unis (45,3 % contre 54,9 %) et le Japon (4 % contre 9 %). Les gestionnaires soulignent que l'Europe continue à offrir des titres aux valorisations plus attrayantes. Pour l'exercice 2003, le fonds AGF International a obtenu un rendement de 11,3 % comparativement à 9,4 % pour l'indice mondial MSCI.

Le fonds Étoile du Nord de la firme Fidelity ne répond pas à mes critères habituels quant à son historique, mais compte tenu de ses gestionnaires, il fait partie de mes recommandations depuis sa création en octobre 2002. Le fonds est géré par Joel Tillinghast et Alan Radlo. M. Tillinghast est surtout connu aux États-Unis à titre de gestionnaire du fonds Fidelity Low Priced Stock Fund. Ce fonds, fermé aux investisseurs américains, obtient sur 10 ans un rendement annualisé de 15,75 % ($US) comparativement à 9,60 % ($US) pour l'indice de référence Russel 2000. Le fonds Fidelity Étoile du Nord se répartit ainsi: 33,9 % aux États-Unis, 47,1 % au Canada, le reste des titres provenant d'Europe, d'Asie et d'Amérique latine. Ce fonds a obtenu un rendement de 19 % en 2003.

Ces trois fonds constituent de bons choix pour la période des REER. Leur présence dans plusieurs pays et leur diversification efficace favorisent leurs détenteurs.

questions@avantages.com

NOUVELLE INFOLETTRE

« Le Courrier des idées »

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront la fin de semaine du 19 janvier 2019.