Un arbre à la fois pour transformer le paysage montréalais

L’équipe du GRAME (Groupe de recherche appliquée en macro écologie) a reçu des arbres pour la campagne Un arbre pour mon quartier.
Photo: SOVERDI L’équipe du GRAME (Groupe de recherche appliquée en macro écologie) a reçu des arbres pour la campagne Un arbre pour mon quartier.

Peu ou pas assez connue, la SOVERDI, ou Société de verdissement du Montréal métropolitain, réalise avec ses partenaires un extraordinaire travail de verdissement. Un arbre à la fois, ils transforment le paysage montréalais en augmentant et diversifiant la forêt urbaine dans le but ultime d’améliorer la santé et la qualité de vie de ses citoyens. Voici comment elle arrive à mener ses nombreux projets et quelques-unes de ses plus importantes réalisations.

Depuis 2012, la SOVERDI fait un retour en force, grâce au mandat que la Ville de Montréal lui a donné pour coordonner la plantation d’arbres sur les domaines privés et institutionnels dans la foulée du plan d’action Canopée. Ce plan réalisé par la Direction des grands parcs et du verdissement de la Ville de Montréal a pour objectif d’augmenter le couvert arborescent de la ville, qui était à 20 % en 2007, à 25 % d’ici 2025. Pourquoi l’augmenter ? Parce qu’il a été prouvé que la santé et la qualité de vie des citadins dépendent directement de cet indice. Pour atteindre cette cible, plusieurs acteurs sont impliqués, dont la SOVERDI qui y joue un rôle majeur, car elle coordonnera 60 % des plantations prévues par le plan. Notamment, entre 2013 et 2016, elle a coordonné la plantation de 40 000 arbres, dont 10 000 en 2015, un record inégalé à ce jour dans l’histoire de la métropole.

Photo: SOVERDI L’équipe du GRAME (Groupe de recherche appliquée en macroécologie) a reçu des arbres pour la campagne Un arbre pour mon quartier.

Comment y est-elle arrivée ? La SOVERDI travaille en étroite collaboration avec plus de 40 partenaires réunis sous l’Alliance forêt urbaine, la plus importante table de concertation montréalaise en faveur de la plantation d’arbres. Ils proviennent autant du domaine de l’éducation que de l’habitation communautaire, de la culture et du patrimoine, de la santé que du monde industriel et commercial. Le financement privé représente de 40 à 80 % des projets, pour un investissement total de 1 million par année. La différence provient de la Ville de Montréal sous forme de subvention pour chaque arbre planté. Il est à noter que tous les arbres sont achetés localement et que la majorité provient de la région de Montréal. Pour favoriser la biodiversité, 92 essences d’arbres sont utilisées. Quant aux entreprises ou institutions qui bénéficient de l’aide de SOVERDI, elles participent en fournissant du personnel et des sommes significatives. En 10 ans, 180 000 arbres seront plantés.

Quelques grands projets

Le plan d’action Forêt urbaine, une autre appellation donnée par la SOVERDI pour le plan d’action Canopée, a jusqu’à maintenant organisé plus de 400 projets de différentes envergures. Parmi les grands se trouvent le verdissement du CSSS Lucille-Teasdale, de l’hôpital Rivière-des-Prairies et de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont… et celui des abords du pont Jacques-Cartier et de l’îlot Pelletier à Montréal-Nord. Toutefois, les deux plus grands projets pilotés actuellement par la Société sont le corridor des cinq écoles de Montréal-Nord et le verdissement du Stade olympique. Le corridor des cinq écoles couvre 16 hectares et est fréquenté par plus de 6000 personnes. Il comprend l’école Carignan, l’école secondaire Lester B. Pearson, l’école Jules-Vernes, l’école secondaire Henri-Bourassa et l’école Gérard-McShane. Il s’intègre dans les démarches de la Ville de Montréal de Revitalisation urbaine intégrée (RUI) afin de lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Malin Anagrius, la sympathique directrice générale de SOVERDI, me mentionnait en entrevue que la volonté de collaboration et de synergie de tous les partis est exceptionnelle dans ce projet. Plus de 3500 arbres seront plantés pour créer un parcours piétonnier, verdir les rues environnantes et réinventer les espaces dans les cours d’école.

Quant au projet du Parc olympique, la priorité ira aux arbres quand c’est possible, car plusieurs zones sont bétonnées ou sont situées au-dessus du métro. Pour le choix des essences, la diversité sera un critère important, ainsi que l’usage des arbres à grand déploiement. Le verdissement des murs à l’aide de vignes se poursuivra autour de l’esplanade, ainsi que la réduction des surfaces imperméabilisées. Notamment, sur ce point, le bon coup de 2015 a été l’engazonnement des deux stationnements de la Clinique de physiothérapie. Par ailleurs, la SOVERDI commence cette année la phase 1 d’un réseau de 18 km de corridors verts qui devrait être terminé pour 2018.

Photo: SOVERDI En 2015, la SOVERDI a réalisé une plantation dans le cadre de la Journée de l’arbre de la santé au CHSLD Éloria-Lepage.

Un arbre pour mon quartier

Pour la quatrième année d’affilée, la SOVERDI et le Regroupement des écoquartiers (REQ) encouragent les citoyens à planter un ou des arbres sur leur terrain avec la campagne Un arbre pour mon quartier. Pour la modique somme de 25 $ pour un arbre ornemental ou 35 $ pour un arbre fruitier, on participe à l’amélioration de la qualité de vie de son quartier. Vous êtes intéressés ? Vous pouvez réserver votre arbre auprès de votre écoquartier ou directement en ligne, à unarbrepourmonquartier.org jusqu’au 7 juin. Si vous n’avez pas le temps ce printemps, une autre campagne aura lieu à l’automne. Cette campagne est un franc succès, car depuis les débuts, le nombre d’arbres plantés double chaque année, de sorte qu’en 2016, ce sont 2000 arbres qui ont été mis en terre. Cette participation citoyenne fantastique contribue à l’effort global de l’augmentation du couvert végétal sur l’île de Montréal.

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Calendrier des semis du Jardin de l’Écoumène

Cet hiver, le Jardin de l’Écoumène a réalisé un calendrier des semis, sous forme de tableau, rempli d’informations pratiques et qui a fière allure. Rapidement, grâce aux nombreux pictogrammes, on trouve quand semer, si on doit semer à l’intérieur ou à l’extérieur, quand repiquer, quand transplanter, quand récolter… on nous indique aussi si nos légumes vont au soleil, à l’ombre ou la mi-ombre, à quelle profondeur les semer, la distance entre les plantes, le nombre de jours pour la récolte et bien plus. J’aime bien aussi qu’on nous dise quelles plantes peuvent être semées toutes les deux semaines, celles qui sont de culture fraîche ou celles qui sont vivaces. Un outil de référence bien pensé qui en plus a été imprimé sur un carton mince et ciré pour lui assurer une longue vie. Il a été réalisé en deux versions, une pour les zones 3 et 4 et l’autre pour les zones 5 et 6. ecoumene.com

Le Québec en plein air

Paul Larue et Pierre Bélec
Québec Amérique
Montréal, 2016, 304 pages

La nature et le plein air font partie de notre patrimoine au Québec, et jusqu’à un certain point, ils nous définissent. Avec ce livre, on part à la découverte de l’histoire du plein air par le biais des organisations impliquées, des individus qui l’ont marqué et des différentes formes avec lesquelles nous l’avons pratiqué : raquette, ski, canot… Il touche également une foule d’autres sujets, mais en particulier, il consacre un chapitre à la nature en ville, un sujet qui me tient à cœur. En outre, on peut y lire quelques paragraphes sur SOVERDI, où d’ailleurs Pierre Bélec est directeur du développement de partenariats.

Au jardin cette semaine

Déjà les annuelles sont arrivées sur le marché et c’est tentant, mais il faut résister tant que le risque des derniers gels ne sont pas passés, exception faite pour les mufliers et les violas qui sont résistants. Pour avoir la moyenne de la date du dernier gel printanier de votre région — mais notez bien, on parle de moyenne, il est donc aussi nécessaire de consulter les prévisions —, vous pouvez aller sur le site Agro-météo

L’application du paillis comme du compost est plus facile à faire avant la présence du feuillage. Pourquoi mettre un paillis ? Parce qu’il diminue les arrosages et réduit la présence des indésirables, puis, en se dégradant, il amende le sol. Très populaires, les paillis de cèdre, de pruche ou d’écorces de pin acidifient toutefois le sol. Sous les conifères, les rhododendrons et autres plantes acidophiles, c’est parfait, mais pour les autres types de végétaux, mieux vaut opter pour un paillis de bois raméal, d’écale de sarrasins ou d’écales de cacao. Néanmoins, il est important de savoir que les deux derniers se dégradent passablement rapidement.