La guerre culturelle, «yes sir»!

Les conservateurs de gauche valorisent une résistance commune dans la lutte contre l’injustice sociale, rejetant ainsi les autres luttes (féministe, étudiante, etc.), jugées secondaires.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Les conservateurs de gauche valorisent une résistance commune dans la lutte contre l’injustice sociale, rejetant ainsi les autres luttes (féministe, étudiante, etc.), jugées secondaires.

Ya-t-il vraiment, au Québec, une guerre culturelle entre les conservateurs et les progressistes ? Les professeurs Francis Dupuis-Déri (UQAM) et Marc-André Éthier (UdeM) le croient. Dans l’introduction de La guerre culturelle des conservateurs québécois, un ouvrage collectif costaud dont ils assurent la direction, ils écrivent qu’une lutte politique bien réelle existe « entre une conception progressiste et une conception conservatrice des enjeux politiques, économiques, sociaux et culturels ».

La guerre en question, ici, se déroule dans le champ intellectuel et est passionnante. Elle oppose, principalement, des penseurs associés au nationalisme conservateur (Mathieu Bock-Côté, Éric Bédard, Jacques Beauchemin, de même que, dans un registre un peu différent, Gilles Labelle et Éric Martin) à des penseurs qui se réclament du progressisme, c’est-à-dire, notamment, les intervenants réunis dans ce livre ainsi que Jean-Marc Piotte et Jean-Pierre Couture, auteurs de l’essai Les nouveaux visages du nationalisme conservateur au Québec (Québec Amérique, 2012).

Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Les conservateurs de gauche valorisent une résistance commune dans la lutte contre l’injustice sociale, rejetant ainsi les autres luttes (féministe, étudiante, etc.), jugées secondaires.

Les conservateurs peuvent être de droite ou de gauche, mais se rejoignent dans leur attachement à l’État-nation québécois et dans leur critique d’une « société des identités », selon la formule de Jacques Beauchemin, en proie à l’éclatement. Les progressistes, quant à eux, revendiquenttous leur appartenance à la gauche et trouvent leur unité dans leur refus du conservatisme de leurs adversaires, accusés d’abandonner les opprimés de toutes sortes.

Histoire nationale ou sociale ?

La conception de l’histoire de chacun des deux camps peut servir à illustrer quelques-uns des principaux enjeux de ce débat. Partisans d’une histoire nationale traditionnelle qui met l’accent sur les grands personnages et sur les grands événements du passé québécois, les conservateurs considèrent que l’enseignement de cette matière fondamentale devrait être axé sur la transmission des faits importants du passé dans une perspective narrative. Cette approche, croient-ils, nourrirait la conscience d’un « nous » national, d’une identité collective estimable aux racines anciennes. Cette conception de l’histoire et de son enseignement relève, pourrait-on dire, du sens commun.

Or, elle ne fait pas l’unanimité. Pour les tenants de l’histoire sociale, une approche qui délaisse les grands personnages et les grands événements pour se préoccuper d’abord des tendances de fond et des acteurs collectifs, l’histoire nationale traditionnelle insiste trop sur la spécificité du Québec, dont l’évolution fut pourtant « normale », et relègue dans les marges de l’histoire des groupes opprimés (femmes, ouvriers, autochtones, immigrants, etc.).

Dans sa contribution à La guerre culturelle des conservateurs québécois, l’historienne Denyse Baillargeon affirme que l’histoire nationale valorisée par les penseurs conservateurs fait « abstraction de la dimension genrée de l’histoire » en négligeant de mettre en lumière la dimension patriarcale du nationalisme québécois et sa responsabilité historique dans l’oppression des femmes. L’historien Martin Petitclerc défend lui aussi « le savoir critique du passé commedu présent » que permet l’histoire sociale, contrairement à une histoire nationale qui fabrique du consensus au mépris des négligés (les prolétaires, par exemple).

Les didacticiens Marc-André Éthier, Jean-François Cardin et David Lefrançois prônent quant à eux un enseignement de l’histoire qui rejette l’approche traditionnelle et valorise le développement de l’esprit critique en initiant à la démarche historienne. Pour eux, une histoire-récit centrée sur le « nous » national oublie les opprimés et relève de la propagande nationaliste conservatrice.

Cohésion ou diversité ?

Ces visions de l’histoire déterminent les convictions politiques des deux groupes quant aux enjeux du présent. Les conservateurs insistent sur l’importance de la cohésion sociale. Pour cette raison, ils souhaitent le raffermissement du « nous » national, qu’ils croient menacé par la fragmentation identitaire (c’est-à-dire la multiplication des « nous » sociologiques : les femmes, les groupes ethniques, les jeunes, les homosexuels, etc.).

Quand ils sont de gauche, comme Éric Martin surtout, ces conservateurs mettent en avant la nécessité de valoriser, dans la lutte contre l’injustice sociale, les institutions à même de permettre une résistance commune, c’est-à-dire, entre autres, la nation, l’État et l’école. Pour eux, les autres luttes (féministe, homosexuelle, écologiste, étudiante, etc.) sont secondaires et mènent souvent à un individualisme qui favorise le néolibéralisme.

La lutte pour l’indépendance, par exemple, concerne tous les Québécois. Si on lui impose d’être du même souffle féministe, écologiste (ou de gauche, diront les conservateurs de droite), on multiplie les occasions de frictions et on court à l’échec. On n’obtient ainsi ni l’indépendance ni le reste.

Partisan d’une gauche de tendance anarchiste, Francis Dupuis-Déri se reconnaît dans l’anticapitalisme des conservateurs de gauche (Freitag, Martin), alors qu’il rejette en bloc le conservatisme de droite (position qu’il attribue à Bock-Côté, notamment), mais il n’adhère pas à leur souci cardinal de la cohésion sociale, qui les mène, croient-ils, à négliger d’autres causes essentielles, dont le féminisme.

« La diversité, écrit Dupuis-Déri, n’est pas une faiblesse par effet de fragmentation, mais au contraire une force en raison des possibilités de coalition. » Force est de constater, cependant, que la situation du Québec actuel semble plutôt donner raison aux conservateurs.

Dupuis-Déri et Éthier n’ont certes pas tort de constater qu’il y a bien, au Québec, une guerre culturelle entre les intellectuels conservateurs et leurs opposants progressistes. Le problème, c’est que ce sont les fédéralistes affairistes et les néolibéraux de tous poils qui la gagnent sans se battre.

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« Ce débat qui a cours dans les médias et dans la sphère intellectuelle et universitaire s’est envenimé depuis quelques années, alors qu’il est de plus en plus important du côté progressiste d’épingler le conservatisme intellectuel, devenu de plus en plus arrogant au fil des ans. Quant aux conservateurs, voilà bien des années qu’ils attaquent les progressistes et autres pluralistes. » Francis Dupuis-Déri et Marc-André Éthier

La guerre culturelle des conservateurs québécois

Sous la direction de Francis Dupuis-Déri et Marc-André Éthier, M éditeur, Saint-Joseph-du-Lac, 2016, 224 pages

21 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 9 avril 2016 05 h 40

    Des tas

    Moi j'ai de la difficulté avec des gens qui analysent des «groupes» en les mettant en «tas». Un p'tit tas ici, un autre là, un comme ci, un autre comme ça. J'ai hâte qu'on considère le monde comme des «personnes». Quand ce jour apparaitra, ces «personnes» se sentiront peut être respectées et s'impliqueront «personnellement».

    «Nous ne sommes pas des abeilles».

    Bonne journée.

    PL

    • Jean Richard - Abonné 9 avril 2016 09 h 03

      Une famille n'est pas une simple addition d'enfants et de parents.
      Un village n'est pas une simple addition de familles, d'un maire et d'un curé.
      Une ville n'est pas une simple addition de paroisses (jadis) ou d'arrondissements.
      Une société n'est pas une simple addition de villes, de villages, de familles et d'individus.
      Ainsi, l'analyse du comportement d'une société implique une démarche très différente de celle liée à l'individu (ou de la personne).
      Désolé de vous contredire, mais le monde n'est pas que des personnes. Une telle approche risque de mener qu'à l'individualisme et l'individualisme a malheureusement tendance à nier la société.

    • Michel Sarra-Bournet - Abonné 9 avril 2016 09 h 49

      Désolé de vous contredire à mon tour, mais le personnalisme n'est pas l'individualisme. Il s'agit d'un mouvement de pensée qui voit la personne inscrite dans la société. Quant à lui, l'individualisme voit la société comme une simple collection d'individus. Le personnalisme est compatible avec le nationalisme en ce qu'il permet la solidarité au-delà les clivages sociaux.
      L'ouvrage dont il est question ici alimente les clivages en posant les femmes contre les hommes, les riches contre les pauvres, les handicapés contre les bien-portants, etc. Il fait des relations entre ces binômes des contradictions irréductibles, alors qu'à mon sens, le nationalisme, qui vise la cohésion sociale, encourage la solidarité au delà de ces clivages, afin que la diversité ne soit pas une source de tensions.
      Or les auteurs voient dans cette posture une négation de la diversité. Dans le prolongement de cette attitude, ils alimentent la division (plutôt que la diversité des idées) en mettant en contradiction les "conservateurs" contre les "progressistes". D'aileurs, il se placent en contradiction en distinguant les "conservateurs de gauche" et les "progressistes".
      Enfin, toute cette opération de discrédit rappelle l'affaire Delisle. Dans les années 1990, Esther Delisle et Mordecai Richler s'étaient livré au même type d'amalgame en attribuant par association les travers de certains, à l'ensemble des nationalistes québécois. C'est désolant.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 9 avril 2016 12 h 22

      Une famille, un village, une ville ne sont «personne en particulier» et tant que nous penserons en «groupe», personne ne se sentira «personnellement impliqué». Tout ce que nous obtiendrons sera «pointer l'autre du doigt» ! La réponse au jugement envers les autres est : Prendre ses responsabilités. «Je suis responsable de ce qui arrive à ma société».
      Ce n'est pas moi qui appartiens à la société, c'est elle qui m'appartient.

      Bonne journée.

      PL

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 9 avril 2016 16 h 29

      Je vous cite: ...Ce n'est pas moi qui appartiens à la société, c'est elle qui m'appartient...ouf c'est fort en vinaigre

      J'ai crû pour un moment que vous étiez le maire de...Québec!

    • Richard Lupien - Abonné 10 avril 2016 14 h 47

      Madame Nicole D. Sévigny,

      " J'ai crû pour un moment que vous étiez le maire de...Québec! " il faudrait faire une distinction entre un maire, petit empereur, et le simple citoyen.

      Quand la société " appartient " à un citoyen anonyme, celui-ci se sent responsable du bien être de l'ensemble.

      En s'alliant à ses voisins, il peut faire le vivre ensemble devenir porteur de progrès.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 11 avril 2016 06 h 39

      Chaque individu n'a droit qu'à un seul vote. Mon attitude d'en être le «maitre» me fait aussi me rendre compte de la responsabilité que je porte et du poids sur mes épaules. Dans l'isoloir, avec mon crayon, je suis aussi «puissant» que n'importe quel maire.
      Le «petit empereur de Québec» ne serait «empereur» de rien si personne ne votait pour lui.

      Bonne journée.

      PL

  • Ginette Cartier - Abonnée 9 avril 2016 08 h 46

    L’histoire n’est pas nationale, sociale, économique, intellectuelle, religieuse, culturelle, de gauche, de droite, conservatrice, progressiste, féministe, écologiste... ELLE EST. Ces querelles de chapelle peuvent être stimulantes pour certains universitaires cantonnés dans leur spécialité. En réalité, elles sont bien stériles et tournent à vide.
    Tout phénomène historique à l’étude est comme un diamant aux multiples facettes. Il oblige l'enseignant à jeter sur celui-ci différents angles d’analyse pour bien le comprendre. Aucun de ces angles n’exclut l’autre! L’histoire n’a pas à être ceci ou cela. Et s’il faut vraiment la qualifier, et bien qu’elle soit compréhensive.

    • Jean-Pierre Audet - Abonné 9 avril 2016 09 h 45

      Mme Cartier, je partage votre point de vue dont j'exprimerais un peu différemment la fin : «eh bien, qu'elle soit compréhensive.»

    • Christian Montmarquette - Abonné 9 avril 2016 11 h 05

      "L’histoire n’a pas à être ceci ou cela." - Ginette Cartier

      Mais d'où vient donc la lutte nationale au Québec, si elle ne prend pas son histoire et ses origines mêmes dans une lutte de classe et donc une lutte de gauche des pauvres Canadiens français contre l'oppression des riches Canadiens anglais?

      Neutraliser de la sorte la lutte nationale comme le font sans cesse les nationalistes droite, a complètement vidée cette lutte de son sens et de ses motivations profondes, et à un point tel, que les appuis à l'indépendendance stagnent à 40% depuis 50 ans.

      On ne change pas de pays pour le plaisir de changer de pays. Mais dans l'objectif bien légitime d'améliorer son sort.

      Sans quoi, non seulement le jeu n'en vaut pas la chandelle, mais cette lutte sera perdue.

      Christian Montmarquette

  • Sylvain Lévesque - Abonné 9 avril 2016 09 h 37

    Réflexion éclairante sur les positionnements intellectuels et politiques de notre société et de notre temps.
    Il me semble que ça revient à expliquer, avec beaucoup plus de substance, la formule consacrée : les néolibéraux s'arrangent pour remporter le pouvoir et le conserver (ce qu'ils réussissent fort bien depuis plus de 15 ans), les progressistes se satisfont d'avoir raison.
    Il faudrait aux progressistes de notre époque un peu plus de sens pratique et d'instinct "guerrier", s'ils aspirent réellement à transformer la société. Ça commence à presser.

    • Luc Normandin - Abonné 10 avril 2016 08 h 30

      Les néolibéraux ont des moyens que les progressistes n'ont pas.

  • Christian Montmarquette - Abonné 9 avril 2016 09 h 48

    Les nationalistes de droite sont amnésiques

    Au Québec, dont la devise pourtant «Je me souviens », les nationalistes de droite se révèlent être chaque jour de plus qui passe d’incorrigibles amnésiques, incapables de se souvenir d’où ils viennent, et que la lutte nationale est fondamentalement, intrinsèquement et historiquement une lutte de gauche et donc une lutte de classe. Puisqu’elle prend ses origines dans la lutte des pauvres canadiens français (et même des Irlandais) contre l'oppression des riches canadiens anglais. 






    Une dite lutte de classe que non seulement ils ont abandonné au beau milieu du chemin de la Révolution tranquille une fois que le Québec Inc. fût mis en place et qu’une classe néo-bourgeois francophones ont fini reprendre. Mais en opprimant leurs propres semblables du peuple Québécois, flanqué d’une véritable obsession de détruire les acquis de la Révolution tranquille et de la social-démocratie.

    Pire encore, les nationalistes de droite en se coupant de la sorte de leurs propre histoire afin de maintenir les privilèges des nouvelles élites économiques canadiennes françaises sur les classes moyenne, pauvre et populaire dont ils faisaient eux-mêmes jadis partie, se sont eux-mêmes tirés dans le pied et privés d’arguments de fonds et des motifs mêmes qui avaient mené à la lutte pour l’indépendance. 





    Car on ne change pas de pays pour le plaisir de changer de pays. Mais dans l’objectif bien légitime d’améliorer sont sort.

    



Or, la lutte nationale ainsi réduite à une petite lutte identitaire
    complètement déconnectée de ses origines et des luttes sociales pour une société égalitaire. Il n’est pas étonnant d'avoir vu les appuis à l’indépendance stagner à «40%» durant 50 ans et d’avoir perdu sans cesse l’appui des immigrants.tes, et de ne parvenir au bout du compte, qu’à convaincre que des cons vaincus. 





    Christian Montmarquette 



    .

    • Nicolas Bouchard - Abonné 9 avril 2016 12 h 21

      M. Montmarquette,

      Vous faites de l'histoire à reculons comme diraient mes professeurs et vous tentez simplement d'appliquer votre sempiternel cadre de référence, le marxisme (terme académique et 100% neutre) à une autre époque et autre société.

      Ce que vous décrivez « la lutte des pauvres canadiens français (et même des Irlandais) contre l'oppression des riches canadiens anglais. », ce ne sont pas des classes, malgré votre addition des termes pauvres et riches, mais bien des peuples et des nations, voir des empires, qui étaient en lutte, et ce partout sur la planète.

      La lutte des classes implique l’existence d’une société commune ce que les envahisseurs et oppresseurs britanniques n’ont jamais voulu. Ils ont constitué le Canada en s’assurant que le pouvoir, même démocratique, ne serait jamais dans les mains des canadiens-français pourtant la majorité pendant près de 100 ans. The Globe And Mail a même dédié un article au texte du Professeur Charles Calomiris, de l’Université de Columbia, à ce sujet.
      http://www.theglobeandmail.com/report-on-business/

      Votre analyse est incorrecte et votre conclusion est donc fausse car c’est parce que le peuple canadien-français a été conquis et mis en position de soumission par la puissance britannique (avec l’Église leur allié) que cette situation d’infériorité économique et sociale aussi généralisée a existé.

      C’est donc vous qui réduisez à une de ses composantes, les classes, la lutte nationale que nous menons depuis 1760 et qui ratatinez le tout et mettez l’exercice en péril. Le fait que la Révolution Tranquille soit associée au Québec francophone devraient vous ouvrir les yeux que ce n’est pas une petite guerre Gauche/Droite mais bien une lutte nationale.

      Comme le dit le proverbe, « il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir ».

      Au plaisir,
      Nic B.

      P.S. Vous ne vous honorez pas en insultant

    • Christian Montmarquette - Abonné 9 avril 2016 16 h 44

      À Nicolas Bouchard

      " C’est donc vous qui réduisez à une de ses composantes, les classes, la lutte nationale que nous menons depuis 1760 et qui ratatinez le tout et mettez l’exercice en péril." - Nicolas Bouchard

      - Mais que croyez-vous donc être l'oppression de la nation anglaise sur le nation canadienne française, si ce n'est une lutte de classe?

      Vous devriez réécouter avec attention le Manifeste du FLQ qui remet les pendules à l'heure en ce qui concerne les motifs profonds et les objectifs de la lutte pour l'indépendance qui n'est rien de moins qu'une lutte pour une véritable libération du peuple et non une lutte du statu quo économoque comme celle du PQ qui ne fera au bout du compte que remplacer ces oppresseurs du peuple canadien par des oppresseurs du peuple Québécois?


      Christian Montmarquette

      Référence :

      Manifeste du FLQ intégral

      https://www.youtube.com/watch?v=j0rXQp8EjWg

    • Nicolas Bouchard - Abonné 10 avril 2016 13 h 11

      Bonjour M. Montmarquette,

      « - Mais que croyez-vous donc être l'oppression de la nation anglaise sur le [sic] nation canadienne française, si ce n'est une lutte de classe ? »

      Comme vous le dites si bien, c'est une lutte entre deux nations, une lutte nationale. Vous appliquez à qui mieux mieux le terme « classes » dès que vous y voyez une différence de revenus ou de niveaux de vie.

      Les classes ne sont qu’une des constituantes des luttes nationales. Sinon, vous allez commencer à prétendre (en ayant tout faux encore une fois) que les luttes nationales en Afrique dans les années 50-60 étaient des luttes de classes entre les PAUVRES Africains et les RICHES européens. Si vous arrivez à comprendre que c’étaient des luttes nationales, à cause de la couleur de la peau des protagonistes mais pas la nôtre alors, c’est que vous avez une bien bizarre vision du monde.

      Tant et aussi longtemps que le Québec sera à l’intérieur du Canada, une social-démocratie à la Scandinavie sera impossible. Le Canada se fait tirer de plus en plus à droite par les États-Unis et le reste du monde anglo-saxon. Je ne sais pas si c’est vous ou si QS au complet qui est empêtré dans ce vieux vestige mais cessez de voir le monde à travers les guerres de classe. Les jeunes de ce monde ne voient plus le monde ainsi. C’est vous avec votre obsession des classes, et non le PQ avec l’identité, qui allez faire recul le mouvement national (bien qu’il faut avouer que le PQ s’y prend très mal aussi).

      La social-démocratie et l’identité (langue, culture, histoire, religion, loi, etc.) sont les deux faces d’une même pièce qui nous mènera à l’indépendance. Les gens qui réclament une au détriment de l’autre ne comprennent tout simplement pas ce qu’ils font. Tout voir à travers l’unique lorgnette de la guerre des classes n’apportera ni l’une ni l’autre et le projet échouera au total, comme c’est le cas présentement.

      Au plaisir,
      NB
      P.S. Un petit bonjour en commençant ne vous fera pas de mal

    • Christian Montmarquette - Abonné 10 avril 2016 14 h 07

      "Je ne sais pas si c’est vous ou si QS au complet qui est empêtré dans ce vieux vestige mais cessez de voir le monde à travers les guerres de classe." - Nicolas Bouchard

      - Hahaha!!!

      C'est vraiment être déconnecté de la réalité et complètement ignorer les problèmes de ce monde! 



      Quand on sait que 80% des richesses mondiales sont détenues par 15% de la population! Et qui plus est, que les grands capitalistes, détruisent l'environnement; que des nations entières crèvent de famines et que ce sont les grands capitalistes qui ont créé la plupart des guerres depuis des décennies pour vendre leurs armes et dépouiller les nations de leurs richesses!

      Vous pouvez aller vous rhabiller avec vos théories à la gomme déconnectées du monde réel. Le mal du siècle comme celui de l’histoire du monde.. de l’esclave, en passant par la monarchie jusqu’au nouveaux oligarques du néolibéralisme d’aujourd’hui, a toujours été l'abus des riches sur les pauvres réactualisé dans la mobilisation des 99% des citoyens contre le 1% des petites élites économiques dont Pierre Karl Péladeau est le digne représentant!



      En conséquences, apprenez M. Bouchard, que le véritable ennemi du peuple n'est pas le fédéralisme, c'est le capitalisme! Se faire exploiter dans un pays ou dans une province ne changera que la couleur du drapeau!

      - Que pensez - vous donc qu’il adviendrait du Québec, des citoyens et des services publics avec un Jean Charest premier ministre d'un Québec indépendant? Ce serait peut-être même pire qu’aujourd'hui!

      Le pays n'est qu'un contenant, c'est le programme social et la gouvernance qui est le contenu. Le pays en soit n’est garant de rien.

      Nombre de nouveaux pays sont apparus sur la carte du monde et sont devenus des républiques de bananes.

      Comme le disait si bien Léon Trotsky..

      En politique, tout est affaire de direction.. 



      Bienvenue dans la réalité, M. Bouchard. 



      Christian Montmarquette


      .

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 avril 2016 08 h 16

      À Nicolas Bouchard,

      Et si vous ne me croyez pas moi, quand je vous dis que "La lutte nationale prend ses origines dans la lutte des pauvres canadiens français contre l'oppression des riches canadiens anglais. 


"

      Lisez ce texte de Gérad Bouchard dans Le Devoir d'aujourd'hui et dont voici un extrait:

      "Chicoutimi, un test pour le nationalisme québécois " - Le Devoir

      " Ce nationalisme trouve surtout ses racines dans une expérience historique singulière, à l’école de la misère et de la survie." - Gérad Bouchard

      http://www.ledevoir.com/politique/quebec/467788/el

      .

    • Nicolas Bouchard - Abonné 11 avril 2016 21 h 32

      Bonjour M. Montmarquette,

      Comprenez ce que vous voulez de mes propos, si vous pensez que les jeunes de nos jours se soucient de votre guerre des classes, c'est vous qui êtes dans le néant intellectuel. Pas besoin de prêcher Marx pour comprendre que la concentration des richesses dans les mains de quelques individus est une aberration et un chemin sûr vers la révolution, même Otto Von Bismarck l'avait compris.

      Les gens ne voient plus le monde selon le marxisme, tant pis pour vous si vous êtes incapable d'accepter la réalité. S'opposer à la concentration des ressources par des ultra riches et prêcher la guerre des classes sont deux choses complètement différentes. Cessez de voir le monde de façon manichéenne, avec les bons marxistes d’un côté et les méchants néolibéralistes de l’autre.

      Personne n'a jamais dit que la pauvreté généralisée des canadiens-français n'avait eu aucun impact sur leur désir d'indépendance. Cependant, tant que les politiques fédérales auront force de loi au Québec alors nous resterons une province pauvre. La géographie devrait nous rendre riches mais les politiques du gouvernement central nous appauvrissent. Pour vous, mieux vaut rester dans un Canada à gauche qu'un Québec à droite, même si cela a généralisé la pauvreté chez nous pendant des générations. C’est nourrir la bête que l’on veut combattre. Nietzche sort de ce corps !

      Lors le directeur du bureau parlementaire estime que le fédéral aura éliminé sa dette autour de 2040 alors que les provinces seront en faillite car ce premier transfère de moins en moins d’argent aux dernières pour la : santé, éducation, aide sociale, etc., il faut être aveugle pour vouloir rester dans ce pays. Cessez de rêver, le NPD et QS ne prendrons jamais le pouvoir en même temps et même à cela, ce n’est pas un Mulcair qui aurait fait une grande différence. Il a été bien meilleur pour se battre contre le français.
      http://www.pbo-dpb.gc.ca/web/default/files/files/f

      Au plais

  • Jean-François Trottier - Abonné 9 avril 2016 11 h 22

    De la supidité de certaines analyses "sociales de société"...

    La vraie force des conservateurs est de diviser les forces progressistes en vecteurs d'opinion ou en secteurs de pensée à la manière des spécialistes en marketing.

    Et, tout comme les marketeux, ils montent en pointe les moindres paroles pour en faire des fiefs de pensée.
    Enfin, les marketeux, ne l'oublions pas, travaillent en général pour des groupes de manipulation des masses, eux-même au service de gens très puissants au sens moral plutôt élastique.

    Un exemple: le féminisme est un mouvement bien enclenché partout en Occident, qui a d'excellentes raisons d'être et une vie propre au Québec comme ailleurs. Tout en sachant qu'il a sa place dans le débat sur l'indépendance, il n'a rien de spécifique à l'indépendance. Le besoin de donner toutes les possibilités possibles aux femmes reste vrai partout et en toute occasion.
    Vouloir opposer ce mouvement à la nécessité de l'indépendance est hautement ridicule. En fait j'ai envie de poser une question : est-ce que le féminisme est progressiste ou conservateur ? Hé! Il existe depuis 100 ans, et régulièrement de prétendu intellos le prétendent fini, comme nos deux zigues.
    En effet, le féminisme est clairement progressiste.

    Ce livre est surtout la preuve du conservatisme primaire de ses deux auteurs. Tout comme l'indépendance est nécessaire pour aider les plus faibles de notre société (les riches se débrouillent toujours), les autres mouvements progressistes promeuvent des idées qui aideront le développement économique, social et culturel de groupes et d'individus dans un monde infesté de requins et de profiteurs, dont ceux qui réduisent ces groupes à des "courants" ou à des modes.
    À force de découper, les bouchers aussi peuvent se croire analystes s'ils le veulent. Eux au moins ont la décence de ne pas l'asséner à tous.