Comment en sommes-nous arrivés là?

Pleurer sur notre sort et celui de la planète ne donnera rien comme résultat. Il est plus qu’urgent de nous demander comment il se fait que nous en soyons arrivés là et de trouver par quels moyens nous pourrions nous sortir de cette rage qui excelle à faire sauter des bombes avec l’intention de tuer le plus de monde possible et d’y laisser sa propre vie.

Nous venons tous de vivre une semaine d’angoisse. Ce que nous vivons ici, touchés au coeur par ce qui arrive aux autres, comme l’inquiétude ou la méfiance, n’est rien en comparaison de ce qu’ont vécu les Belges ou les Français il n’y a pas si longtemps. Comment allons-nous réagir devant la violence folle qui pourrait nous atteindre un jour ?

Les Européens ont vécu des guerres féroces assez récentes pour que leur mémoire se souvienne encore de ce qui aide à tenir, pendant des années s’il le faut, contre vents et marées et contre la folie humaine qui nourrit trop souvent ces comportements indignes dont les victimes font les frais. D’autres auraient peut-être encore davantage des âmes de collaborateurs, jouant le tout pour le tout, espérant s’en tirer sans trop de dommages.

Ce que cette semaine nous apprend, c’est qu’il est plus que temps d’essayer de comprendre ce qui motive une violence aussi féroce et inutile à la fois que celle qui a déchiré Bruxelles et Paris en faisant de ces villes des cibles de terroristes bien entraînés.

 

Les épreuves se suivent, mais ne se ressemblent pas. Le budget du gouvernement Couillard, son troisième, a été bousillé par l’annonce par l’UPAC de l’arrestation de sept personnes accusées de corruption concernant le financement de partis politiques. Je ne vais pas vous faire la liste des noms, vous les connaissez tous. Ça a été l’orage quelques heures avant le budget du ministre des Finances, M. Leitão.

Monsieur Couillard avait commencé à laisser entendre que c’était fini, l’austérité, et juste ça, ça paraissait une bonne nouvelle. Vous aurez compris depuis que ce n’était pas vraiment sérieux. Plus on va s’approcher de 2018, plus l’austérité va prendre son trou cependant, car il faut bien faire plaisir à son peuple si on veut gagner des élections. Vieux refrain connu.

Celui qui n’a pas hésité à sauter à pieds joints dans l’eau glacée, c’est notre Justin national. Un déficit de 29,4 milliards de dollars, ça vous dit quelque chose ? Il faut bien que le peuple tienne les promesses que M. Trudeau a faites pendant sa campagne électorale parce que lui, personnellement, il n’a pas les moyens d’une telle dette. Il y a beaucoup de petits bonbons dans ces 29 milliards, mais est-ce qu’il y en aura pour tout le monde ? Rien encore pour Bombardier… À suivre. Ce n’est pourtant pas un dossier qui va pouvoir traîner longtemps.

 

Je ne veux pas terminer cette chronique sans attirer votre attention sur les dangers qui nous guettent au sud de notre frontière. J’espère que vous avez parfois la curiosité de suivre les débats des candidats à la présidence des États-Unis, dont le plus excité est certainement le multimillionnaire Donald Trump, qui règne grâce à son manque d’éducation, son manque de courtoisie et de politesse et qui en rajoute une couche chaque fois qu’il prend la parole quelque part.

Cet homme est dangereux. Certains Américains commencent à s’en rendre compte, car Trump entraîne avec lui une foule de partisans pleins de hargne et de violence, qu’il encourage à régler leur compte à ceux qui ne partagent pas ses idées.

Il y aurait de quoi publier un petit livre contenant ses déclarations vulgaires ou dangereuses. Récemment, il a affirmé que quand il sera élu, il n’hésitera pas à autoriser la torture dans les prisons américaines pour obtenir la vérité de la bouche des accusés. Trop d’Américains applaudissent ses très mauvaises blagues, et on frémit à la pensée qu’il pourrait être à la tête de notre voisin du sud après la prochaine élection. Pensez-y deux minutes.

En fait, toute cette chronique pour vous demander de suivre de près les événements qui se passent près ou loin de nous. Nous sommes partie prenante de cette planète. Nous n’avons pas le droit de tout vivre en marge comme si nous n’en faisions pas partie. Ce ne sont pas les idées qui nous manquent, ce sont les lieux où les faire entendre. Un jour, peut-être, pourrons-nous parler de notre propre voix.

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17 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 25 mars 2016 03 h 10

    Merci madame pour votre texte

    Merci madame, vous avez raison, mais je leurs fais confiance, les américains ne sont-ils pas le peuple le plus pragmatique de la terre, en fait, peut etre ont-ils de besoins de ce zigoto pour un certain temps, pour se rendre compte que ca prend plus que ca pour diriger le monde, mais comme je les connais ca ne durera qu'un temps, en fait c'est peut etre triste a dire mais les présidents aux USA n'ont qu'a bien se tenir , car l'histoire nous démontre qu'a la limite ils les tuent, bon peut être que j'exagèreun peu, mais a trois cent millions de personnes ce n'est pas évident, la présidence américaine n'est peut etre qu'un immense labo bon ils nous ont entrainés dans le monde l'argent mais je crois que cette univers s'achève car avec le virtuel il va falloir trouver autre chose , mon opinion est que c'est toute la notion de liberté qui va être bientôt changée

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 25 mars 2016 05 h 23

    … agir ?

    « Comment allons-nous réagir devant la violence folle qui pourrait nous atteindre un jour ? » (Lise Payette, Le Devoir)

    Comment ?

    En protégeant le seuil de nos portes !

    Si, en effet, on laisse entrer n’importe qui dans la maison, on risque de se perdre ou de se faire envahir, et ;

    Si on ne prend pas les mesures nécessaires pour sécuriser ce seuil, on risque de tout faire « foirer » !

    Comment autrement-ailleurs …

    … agir ? - 25 mars 2016 -

    • Jean-François Trottier - Abonné 25 mars 2016 09 h 16

      Désolé, monsieur, mais je suis en profond désaccord avec vous pour plusieurs raisons.

      Historique: dans chaque communauté chez Néanderthal et Cro-Magnon, vivaient des handicapés et vieillards grâce à l'entraide. Ces tribus sont maintenant, dit-on, un village global. Cette histoire de "fight for survival" entre voisins est une invention néolibérale.
      Économique: je sais parfaitement que l'immigration n'est jamais une solution économique, sauf quand on utilise les immigrants comme esclaves. Aussi je me tiendrai loin de la logique tordue de Couillard pour regarder un peu plus loin.
      On dit que notre société en est une de "consommation". Faux. La sur-consommation et l'obsolescence servent seulement à éponger la surproduction. Une autre forme de surconsommation et de création de fausse richesse est le marché des armes, immense, payant.
      Voilà pourquoi l'Afrique est en sang et le Moyen-Orient en flammes.
      Surproduction... et des gens crèvent de faim, même ici, et aux USA, et partout, partout, partout.
      Humain: La réalité est que des gens qui se sentent dépossédés, eux, vous, moi, et placés dans une cage trop serrée, se battent et de débattent entre eux alors que ceux qui détiennent les clés de la cage sont morts de rire parce que chaque jour ils sont plus puissants. Chaque jour.
      Non, l'ennemi n'est pas le fou qui passe nos frontières. C'est celui qui l'a rendu fou. On parle de financiers et banquiers. Pas forcément les riches, seulement les dingues qui croient en l'enrichissement infini et perpétuel.

      Oui, il faut se protéger du fou, mais pour le moment nous encourageons l'autre à continuer, et ce n'est pas en fermant nos portes qu'on règlera quoi que ce soit: c'est ce que les salauds veulent!

      Crier, se révolter ? La violence ne servira pas à rien sauf installer des manipulateurs au pouvoir, c'est archiconnu.

      Il faut un contact direct entre les citoyens et le pouvoir via un vote représentatif, et la coupe drastique des caisses électorales ou autres PACs.

    • Sylvain Auclair - Abonné 25 mars 2016 09 h 55

      Non, en intégrant les membres de nos «communautés culturelles» et en cessant de donner à tous une identité basée sur la religion qu'ils pratiquent ou devraient pratiquer.

    • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 25 mars 2016 12 h 58

      « Oui, il faut se protéger du fou, mais » (Jean François Trottier)

      De quel « fou » notre réaction fait-elle mention lorsqu’on sait que la question de Mme Payette ne ciblait que la « violence folle » ?

      Bien que notre réponse suscite quelques émois, il demeure qu’en protégeant et sécurisant le « seuil de nos portes », on augmente le bien-être de la maison, et par conséquent, de toute la maisonnée !

      Oui, en effet, notre maison est ouverte à tout le monde, sauf, bien entendu ou d’évidence, à toutes ces personnes qui voudraient la vandaliser, la convertir ou encore la « squatter », la violer et l’affoler de violence !

      Bref ! 25 mars 2016 -

  • Hélène Gervais - Abonnée 25 mars 2016 06 h 43

    On peut bien le suivre ....

    ce trump tant qu'on veut de ce côté-ci de la frontière et être en total désaccord avec ce qu'il véhicule, mais franchement on n'y peut rien, nous ne sommes pas américains et on ne vote pas de l'autre côté de la frontière.

  • Clermont Domingue - Abonné 25 mars 2016 08 h 46

    Essayer de comprendre...

    C'est ce que j'ai fait au lendemain du 11 septembre 2001.Et,j'ai compris qu'égoisme, injustice et terrorisme sont les maillons d'une même chaîne.
    De son côté, Georges Bush a dit aux Américains:*Allez magasiner*.

    • Jacinthe Lafrenaye - Inscrite 25 mars 2016 11 h 19

      Oui, Bush a dit "Allez magasiner" et je me souviens que Jean Lapierre (ancien député de Jean Chrétien) a dit être allé s'acheter un parapluie à 20,00$ à New-York.

      Il y a de ces solutions à lesquelles je n'adhère vraiment pas.

  • François Dugal - Inscrit 25 mars 2016 08 h 58

    Comment?

    Les républicains ont le choix entre :
    Monsieur Trump, (très) riche et "gros gens comme devant",
    Monsieur Cruz, un fanatique intégriste religieux.
    Comment en sommes-nous arrivés là? Dans les pages du New York Times, la semaine dernière, monsieur Paul Krugman répondait in extenso à cette question, madame Payette; à lire absolument.