Pâques et le renouveau printanier

Pendant des années, Pâques, une des principales fêtes religieuses du calendrier chrétien, était considéré comme le rassemblement familial après l’hiver. Au Québec, la tradition familiale du repas de Pâques penche vers le jambon rôti, souvent servi avec du sirop d’érable, les fèves au lard inspirées du temps des sucres, et, bien sûr, le chocolat.
Photo: Lisa Thornberg Getty Images Pendant des années, Pâques, une des principales fêtes religieuses du calendrier chrétien, était considéré comme le rassemblement familial après l’hiver. Au Québec, la tradition familiale du repas de Pâques penche vers le jambon rôti, souvent servi avec du sirop d’érable, les fèves au lard inspirées du temps des sucres, et, bien sûr, le chocolat.

Chaque année, au printemps, lorsque Pâques arrive, on dirait que les marchés publics reprennent vie et sortent timidement de leur silence hivernal. C’est aussi la mise à l’eau des cages pour le crabe des neiges, dont l’arrivée est prévue pour le début d’avril.

Dans quelques semaines à peine, on retrouvera les premières pousses de laitue, de radis puis d’asperges, tandis que les étals regorgeront de fruits et légumes et que les terrasses deviendront un incontournable rendez-vous. C’est ça aussi, le printemps !

Pendant des années, Pâques, une des principales fêtes religieuses du calendrier chrétien, était considéré comme le rassemblement familial après l’hiver, mais aussi, pour certains, le temps des cabanes à sucre, du jambon à l’érable et des petits oeufs farcis en chocolat, achetés en pharmacie ou chez Laura Secord.

Aujourd’hui, on a conservé la tradition des cabanes à sucre, qui sont pour la plupart devenues très commerciales, on achète encore des oeufs en pharmacie et chez Laura Secord, mais aussi de plus en plus chez les nombreux chocolatiers qui ont fait leur apparition. On consomme maintenant presque autant d’agneau que de jambon, et les lapins de Pâques, tout comme la chasse aux oeufs, continuent d’émouvoir les enfants.

Pour les communautés

Pâques est célébré dans le monde entier, mais de bien différentes façons. Si les oeufs demeurent un symbole, signe du renouveau et de la reproduction, on les consomme de plusieurs façons le jour de la fête : durs, on les éclate à trois doigts dans une soupe aux tripes en Grèce, par exemple, mais c’est en Russie que la tradition des oeufs peints à la main reste bien présente et se perpétue de famille en famille.

Avec Noël, c’est à Pâques que les rassemblements familiaux, pour ce qui concerne l’Occident et une partie de l’Orient, demeurent les plus importants dans l’année. Et comme Noël, la fête de Pâquesest tout autant devenue très commerciale et, depuis plusieurs années, la dépasse largement en quantité de chocolat consommé.

Une manne pour les chocolatiers qui, chaque année, augmentent leur volume de vente et peuvent confectionner divers sujets chocolatés qui ornent les vitrines, tout en les vendant au détail dix fois plus cher que le prix de revient.

Au Portugal, dans les familles c’est le folar et le bolo qui dominent sur la table. Il s’agit de pains briochés aux oeufs souvent garnis de saucisse fumée, de jambon ou de poitrine de porc salé. En France, en Italie, en Espagne et en Belgique, l’agneau demeure le choix des consommateurs, tandis qu’en Angleterre, c’est le jambon qui l’emporte.

Au Québec, la tradition familiale penche vers le jambon rôti, souvent servi avec du sirop d’érable, les fèves au lard inspirées du temps des sucres, et, bien sûr, le chocolat. Si la colombe sous forme de brioche demeure une réalité en Italie, un peu partout, après le carême, c’est le sucre, le chocolat et l’abondance à table qui caractérisent le renouveau saisonnier. Comme si, en 2016, les consommateurs compulsifs que nous sommes attendaient la fête de Pâques et le début du printemps pour consommer abondamment du sucre ou du chocolat.


Découvertes

J’ai aimé : trois produits dans la collection « Trouvailles » du Choix du président… Bialys de Brooklyn est la fusion entre un muffin anglais et un bagel de Pologne. Garni d’oignons, il demeure croustillant et est voué à devenir un produit tendance que l’on peut garnir avec de la crème ou de la confiture.

Collection carte noire : ce sont des raviolis aux oeufs, garnis de fromage burrata frais et de tomates rôties. Un produit vraiment bien fait, avec un bel équilibre de saveurs. Et la trempette à l’aubergine avec muhammara : un mélange d’aubergine rôtie avec jus de grenade, poivrons rouges et noix de Grenoble, le tout relevé avec des épices. Superbe avec un poulet ou un jambon rôti.

Mais aussi un très bon jambon pas trop salé pour le jour de Pâques. Les salaisons Limoges proposent des jambons de très bonne qualité et surtout bien dosés en sel. Vendus dans les boucheries et les supermarchés, ou directement sur les lieux de production.

Dans la bibliothèque

Saveurs
180 °C
Éditions Thermostat 6
Paris, 2016, 191 pages

Il est passionnant de découvrir qu’un directeur financier, un ancien gendarme et une architecte de renom abandonnent le confort de leur profession pour se reconvertir dans des métiers liés à l’alimentation. Ils deviendront apiculteur, productrice de fruits rouges ou spécialiste en ostréiculture. Cette revue culinaire édifiante est garnie de photographies et de témoignages de ces gens peu ordinaires qui deviennent de véritables héros de la gastronomie.

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