Connaissez-vous Annette?

Elle ne le sait pas encore, mais elle sera ma découverte de l’année 2016. Je ne la connais pas personnellement, mais elle m’a laissée bouche bée et vraiment touchée quand je l’ai vue pour la première fois dans un court reportage à la télévision, un soir de cette semaine si spéciale qui se termine maintenant. Elle était là, devant la caméra, bien vivante et fière de dire qu’elle était féministe. Annette Côté-Savoie a 105 ans. Droite comme un chêne et bien plus lucide que d’autres qui ont fait la fine bouche devant un engagement féministe qu’elles ne voulaient pas assumer.

Madame Côté-Savoie, elle, sans hésiter, a confirmé que « tant que l’égalité homme-femme n’était pas atteinte, être féministe était de mise ». C’était simple, clair et direct. Pas de tataouinage. Moi, je lui en suis reconnaissante, et je tenais à le lui dire publiquement. On peut avoir 105 ans et rester intéressée par ce qui se passe autour de soi. Merci, Madame Annette. Vous serez dans mon coeur pour toujours.

Toutefois, je tiens à dire que je n’en veux pas à celles qui ont préféré dire qu’elles n’étaient pas féministes. Ça ne me fait pas plaisir, mais c’est leur droit. Je continue de ne pas bien comprendre ce qui les motive à se dissocier d’un mouvement mondial qui a permis aux femmes de la planète entière de voir leur sort s’améliorer et qui, tout en réclamant haut et fort l’égalité entre les hommes et les femmes, n’a jamais préconisé la violence contre les hommes ni la réduction de leurs droits. Les femmes réclament leurs droits à elles qu’elles n’ont jamais réussi à faire reconnaître, à l’exception peut-être des pays scandinaves, où les gains ont été plus importants que partout ailleurs. Le Québec est loin d’avoir atteint des objectifs aussi importants. Nous en sommes encore bien loin.

Nous avons toujours su qu’il faudrait bien qu’un jour nos compagnons prennent conscience que notre position de soumission et de dépendance ne serait plus tolérable. Il était évident que nous allions réclamer notre droit de participation aux décisions qui concernent notre vie et celle de nos enfants et que nous allions vouloir partager tous les lieux de décisions sur une base paritaire. Nous sommes 52 % de la population. Il était temps qu’on le reconnaisse.

2015 aura été une bonne année pour la réflexion. Bousculées par un gouvernement très majoritaire, les femmes québécoises ont fait l’objet de coupes dans tous les secteurs où elles avaient réussi à faire reconnaître leurs compétences. La hache n’a rien épargné. Si l’objectif avait été de renvoyer les femmes à la maison sans explication, on n’aurait pas fait mieux. Quand elles ont senti leurs petits gains leur filer entre les doigts, elles ont réagi. Pas question de se laisser faire.

Les syndicats ont entrepris de mener le combat en faveur des femmes et des hommes qui voyaient tout leur avenir remis en question. Des liens solides se sont mis en place. La folle décision de remettre en question les CPE, un fleuron du Québec, aussi important que Bombardier disons, a signé la fin du contrôle libéral sur l’avenir du Québec.

La semaine qui vient d’être consacrée aux femmes, en mars 2016, signe une union des femmes incluant celles qui sont à la retraite comme celles qui attendent leur premier emploi. Cette union qui crée une force que les femmes n’ont jamais connue sera déterminante dans les choix qu’il faudra faire à la prochaine élection.

Trois chefs de partis politiques siégeant à Québec se sont déjà engagés quant aux revendications des femmes rendues publiques depuis une semaine. Il nous reste à suivre ces chefs à la trace pour qu’ils ne puissent pas nous échapper, et nous devrons continuer à leur demander des comptes.

Quant au quatrième, il n’a pas souhaité prendre le temps d’écouter ce que les femmes avaient à dire. C’est son choix. Tout a été fait pour faciliter son passage parmi les femmes réunies. C’est tout juste s’il n’a pas dit qu’il n’avait pas de temps à perdre avec nous… La vie se chargera de lui faire admettre que ce n’était pas sa meilleure décision.

Mars 2016, ce n’est pas le temps de ranger nos bonnes idées. Au contraire. C’est aux femmes de jouer. Il faut rester unies pour représenter une force importante, commencer à préparer des femmes pour la prochaine élection, car les partis politiques vont devoir favoriser la parité. Finies les femmes poteaux qui n’ont jamais aucune chance d’être élues. J’appuie toutes les solutions qui pourraient rendre le vote plus juste et égalitaire.

Merci, Annette. Vous serez mon modèle pour la suite des choses. Vous êtes une inspiration.

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