Après Cologne

Il n’y a pas qu’au Québec que les lynchages médiatiques remplacent parfois la justice et le débat ouvert. Est-ce l’effet des médias dits « sociaux », qui ont élevé les propos de taverne au rang d’opinions ? Toujours est-il qu’il n’a jamais été aussi facile de se faire traiter, sans le moindre procès, d’homophobe, de raciste ou d’islamophobe. Tout cela dans la langue des analphabètes d’aujourd’hui, qui dépasse rarement 140 caractères !

La dernière victime de ce genre de procès sommaire se nomme Kamel Daoud. L’écrivain et journaliste algérien avait été couronné en 2015 par le prix Goncourt du premier roman pour Meursault, contre-enquête (Actes Sud). Celui qui signait depuis deux décennies des chroniques dans un pays où ce métier exige souvent de la bravoure vient d’annoncer qu’il jetait l’éponge et abandonnait le journalisme.

Kamel Daoud fut pourtant un des rares à gauche à tenter de réfléchir aux événements qui se sont déroulés à Cologne. La veille du Nouvel An, sur la place de la gare, plusieurs centaines de femmes avaient été agressées par une foule essentiellement composée de migrants d’origine arabo-musulmane. Reprenant de larges extraits d’un texte ancien qui n’avait pas provoqué de tollé, Daoud a cherché comme d’autres avant lui à comprendre. Pour lui, la cause de ces gestes réside dans un islam qui cultive chez ses compatriotes la « misère sexuelle » et un « rapport malade à la femme, au corps et au désir ».

Entre une droite islamophobe prête à jeter les étrangers à la mer et une gauche féministe tétanisée et silencieuse, Daoud osait affirmer que l’étranger n’était ni le barbare que dénonçaient certains ni l’ange que d’autres imaginaient naïvement. Il dévoilait ainsi chez le réfugié d’Allah ce déchirement entre une liberté qu’il désire, mais qu’il n’assume pas totalement. Et ce rapport équivoque à la femme et à ce corps qu’il faut voiler, car il « est le reflet de la vie qu’on ne veut pas admettre ».

 

Dans deux textes publiés par Le Monde et le New York Times, Daoud expliquait qu’à Cologne, ceux qui ont réagi de bonne foi l’ont fait parce qu’on avait touché à ce qui représente l’essence de la liberté en Europe aujourd’hui : la liberté des femmes. Pour Daoud, c’est la misère sexuelle du monde musulman qui fait « du vivant un zombie, ou un kamikaze qui rêve de confondre la mort et l’orgasme ». Quand il ne rêve pas d’« aller en Europe pour échapper, dans l’errance, au piège social de sa lâcheté ». Et Daoud de conclure le plus lucidement du monde que, face à ces migrants, il ne fallait ni fermer les portes ni fermer les yeux.

Mais l’époque ne fait pas dans la dentelle. Il n’en fallait pas plus pour qu’une meute se jette aux trousses de l’écrivain et signe des pétitions. Comme l’écrivain Boualem Sansal et le défunt Abdelwahab Meddeb avant lui, Daoud a été accusé d’« alimenter les fantasmes islamophobes », de faire le jeu de Pegida et du « paternalisme colonial ». Lui qui refusait simplement de dissimuler l’immense malaise qui agite aujourd’hui l’islam partout dans le monde. Une crise comme en a d’ailleurs déjà vécu la chrétienté à d’autres époques.

En faisant taire Kamel Daoud, la gauche bien-pensante aura malheureusement fait taire une des voix les plus prometteuses du monde arabo-musulman. Une voix courageuse qui ne s’est pas réfugiée dans les universités européennes, mais qui vit en Algérie, au coeur de la bête. On comprendra donc le courage qu’il lui a fallu pour affirmer ce qui suit : « Je juge de la santé de l’humanité des peuples à leur rapport aux femmes. Là où elles sont libres et acceptées, les gens auront un rapport sain à l’imaginaire, au désir, au corps. Ce que je jalouse dans l’Occident, la seule avance qu’il a comparé à nous, c’est dans le rapport aux femmes. […] Si on ne libère pas les femmes, on ne se libérera jamais. »

Ce qui arrive à Kamel Daoud devrait nous alerter sur la façon dont se mènent certains débats aujourd’hui. « Nous vivons désormais une époque de sommation », écrit-il dans le Quotidien d’Oran. Il ne croyait pas si bien dire !

 

Car le lynchage médiatique existe aussi chez nous. On me permettra de m’inscrire en faux contre les accusations honteuses et l’acharnement dont est aujourd’hui l’objet ma collègue du Devoir Lise Payette. Face aux appels à la censure et à l’autocritique de type maoïste, il serait lâche de ne pas défendre son droit inaliénable de témoigner du Claude Jutra qu’elle a connu lorsqu’elle était jeune fille sans se faire accuser, à l’encontre de toute réalité, de faire des « amalgames », d’être « homophobe » ou de passer sous silence une réalité qu’elle n’a pas connue et dont elle ne saurait témoigner.

Prendre de la distance, ne pas obtempérer aux « sommations » de la foule, refuser de participer à l’hystérie collective qui s’autorise dorénavant au Québec à vandaliser des oeuvres d’art sans que personne, ni ministres ni maire, ne dise un mot, voilà qui honore les chroniqueurs qui, pour reprendre les mots de Kamel Daoud, cherchent à « creuser et non à déclamer ». Je suis fier d’écrire dans le même journal que Lise Payette.

58 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 26 février 2016 02 h 48

    Une boite de pandore

    Déja les anciens grecs posaient exactement la meme question, ce qui avait pour effet de désespérer nos feministes contemporaines , qui nous disaient que notre difficulté était notre culture banqualle, peut être, bien ,que les réponses toutes faites a lesquelles nous adhérons n'en sont que passagères, bon, ceci dit, je me tais, de toute les facons les modes n'ont-elles pas toujours que quelques années d'existence

  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 26 février 2016 05 h 20

    Lynchage médiatique et fatwa ne s'équivalent pas

    J'ai été surprise par ce raccourci, cette comparaison impossible. Lorsque j'ai appris que Kamel Daoud avait pris la décision de cesser d'écrire en raison des menaces de mort (fatwa) prononcées contre lui, j'ai senti une colère immense m'envahir, voyant que "ces lâches" avaient gagné une fois de plus. Puis, j'ai pensé à tous les autres écrivains et caricaturistes qui ont été condamnés de la même manière, comme Raïf Badawi et Salman Rushdie, mais aussi à Emmanuel Ratier, Eric Zemmour, Boualem Sansal, et tant d'autres qui, à leur manière, ont tous consacré leurs vies à dire la vérité et à éveiller les esprits, à poser les questions "qui tuent", dans l'espoir d'un sursaut civilisationnel, dont dépend actuellement notre survie. J'ai été fascinée de lire l'article de Kamel Daoud, "Colognisation", publié dans un journal algérien en janvier. Quelle audace!, pensais-je, dans un pays ou le fondamentalisme est revenu au grand galop. En fait, c'était de la naïveté, a-t-il admis plus tard, avec l'annonce de son retrait du journalisme. Car il croyait ses compatriotes capables d'introspection, d'autocritique. Il oubliait la chape de plomb qui pèse sur leurs esprits : le dogme religieux (pour ne pas la nommer, en ces temps de censure et de totalitarisme idéologique). Cependant, une chose échappe à plusieurs. Ce n’est pas seulement à cause de sa critique des mœurs musulmanes au sujet du rapport des hommes avec le sexe et les femmes qui l’ont condamné, mais aussi parce qu’il a osé dire du bien de « l’Occident », sur le même sujet. Or, la haine de l’Occident est si absolue et répandue même jusqu’en son sein. Car ce sont ses compatriotes expatriés en France, réfugiés dans leur tour d’ivoire universitaire, qui l’ont vertement et lâchement critiqué, lui qui par amour pour son pays et l’espoir (fou) qu’il investissait en lui, était demeuré en Algérie, là où il pouvait vraiment agir.

    • Michèle Lévesque - Abonnée 26 février 2016 10 h 14

      Merci beaucoup pour ce commentaire lucide et si bien exprimé. Je vois souvent votre nom parmi les abonné(e)s et je vous lis toujours avec plaisir

      Ce qui est en cause avec la crucifixion de Daoud par le Collectif d’intellectuels, en majorité historien(ne)s et critiques culturels, ce sont certes ses idées, ainsi que sa manière parfois trop virulente de les exposer, dans un style qui manie l'ironie et la dénonciation effective, mais surtout la lourdeur de l'establishment des idées en Occident et l'interdit implicite que fait peser cette "communauté pensante" sur le droit de penser et surtout de dire.

      Ce qui confronte Daoud et cherche à le déprécier, c’est une intelligentsia tellement remplie de certitudes que, au nom du progrès des idées et de l'humanité, elle n'est plus capable de faire place à ce qui la remet en question. Alors elle tente de détruire le messager et ce qu'il ou elle dit par la censure et l’indignation vertueuse.

      Nous sommes en plein dans le Ti-Jean de Félix Leclerc.

    • Jacques Lamarche - Abonné 26 février 2016 10 h 29

      Le lien, en creusant, tiendrait au climat de peur intauré pour museler et abattre ceux qui ne rentrent pas dans le rang! En Algérie, Il en va de la vie! Ici, le discrédit médiatique suffit!

      Madame, vos deux textes sont d'une grande pertinence et j'espère avoir encore le plaisir de vous lire.

    • Lise Bélanger - Abonnée 26 février 2016 11 h 27

      Heureuse de lire votre commentaire, enfin: les deux côtés de la médaille.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 26 février 2016 12 h 32

      Merci, monsieur Lamarche. Mon seul souhait est que nos enfants connaissent la liberté et qu'ils la chérissent et ne cessent jamais de lutter pour elle. Mais que faisons-nous pour les y préparer? Que leur transmet-on comme héritage? Que leur enseigne-on sur nos traditions et notre histoire? Quels exemples de courage et de leadership leur offre-t-on? Leur transmet-on l'image d'un peuple fier et qui se tient debout jusqu'au bout, prêt à défendre son droit d'exister?

    • Sébastien Tanguay - Abonné 26 février 2016 13 h 30

      Bonjour Mme Lapierre,
      Je m'étonne de voir Eric Zemmour figurer aux côtés de Raïf Badawi, Salman Rushdie et Kamel Daoud dans votre commentaire, car s'il y en a un qui a fait de la malhonnêteté intellectuelle son pain et son beurre, c'est bien lui. Il croit lire dans l'histoire contemporaine de la France la répétition du déclin de l'empire romain - les ''barbares'' modernes étant, puisque c'est si commode et si en phase avec l'air du temps, les musulmans. Comme si l'histoire ne faisait qu'hoqueter les mêmes cycles, siècles après siècles. Un raccourci naïf et ridicule, si vous voulez mon avis, sorti des mêmes eaux que le fantasme qu'État islamique agite pour justifier l'injustifiable. Zemmour gagne sa vie et son importante dans la controverse. Ses propos sont homophobes, xénophobes, arriérés et indignes de la notoriété qui est la sienne. D'élever cet insignifiant au rang de défenseur de la liberté, c'est faire injure à tous ceux qui, réellement, risquent leur vie pour promouvoir la dignité humaine et la liberté de conscience. Zemmour, lui, se contente de débiter des formules-choc, d'agiter le spectre du ''clash des civilisations'' à tout vent comme un hochet devant des auditeurs en mal de certitudes, d'encaisser son chèque et de regarder sans broncher le petit monde qu'il prétend défendre faire la file pour une soupe populaire. Veuillez biffer ce petit esprit de votre liste : il gâte tous ceux qui, vraiment, tentent courageusement d'élever les consciences.

    • - Inscrit 26 février 2016 13 h 45

      Et que dire du lynchage public de Djemila Benhabib par Pierre Bruneau à une heure de grande écoute pendant la campagne électorale de 2012 ? Pourtant, ce présentateur de nouvelles et médiocre journaliste a eu depuis droit à toutes les récompenses people (trophées Artis…) et aux médailles des pouvoirs en place !

      Il y a un sérieux examen de conscience à faire dans nos médias. Les personnes à qui les réseaux donnent la parole sont-elles les plus compétentes compte tenu l’influence démesurée qu’elles ont dans le façonnement de l’opinion publique ?

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 26 février 2016 15 h 13

      M. Tanguay, d'innombrables noms peuvent être ajoutés à ceux que j'ai énumérés, pensons au cinéaste Theo van Gogh qui a été assassiné, pour ne nommer que des personnalités connues.Ce qu'ils ont tous en commun est qu'ils ont reçu des menaces, ont été traînés en cour, emprisonnés ou tués pour avoir tenté de dire la vérité sur l'islam(isme). Je connais des tas de gens anonymes qui ont été victimes du régime théocratique d'Iran. Mais aujourd'hui, on pourchasse et brime la liberté d'expression de citoyens même en Occident, c'est dire combien cette islamisation est bien réelle.

    • Robert Lauzon - Abonné 27 février 2016 07 h 59

      Vous lire, lire Christian Rioux et Lise Payette, entre autres, me permet d'ouvrir et de développer mon esprit critique face aux médias et à l'information en général. Mais aussi, bien plus de devenir aussi critique de mes propres opinions et des conséquences qu'elles peuvent avoir sur moi bien sûr, mais aussi sur mes proches et sur tous les autres.

      Bref vous donnez de la graine de sagesse. Je ne vous apprécie que davantage.
      Merci

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 27 février 2016 13 h 33

      Je suis très touchée par votre message, M. Lauzon. J'adore lire les éditoriaux dans Le Devoir, et je ne manque jamais celui de M. Rioux qui a une manière toute particulière d'aborder les sujets chauds. Il suscite la réflexion et les échanges entre abonnés. Devoir de philo aussi est une excellente rubrique qui fait réfléchir. Il y a beaucoup d'excellents penseurs, écrivains, essayistes, etc., et certains sites de réinformation entièrement financés par des dons du public analysent l'actualité sans compromis et en profondeurs (TVLibertés). L'histoire, la littérature, la philosophie sont les catalyseurs, selon moi, de la pensée critique. Bon week-end, Monsieur.

  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 26 février 2016 05 h 53

    Kamel Daoud et son ambivalence

    Un petit bémol : Kamel Daoud termine tout de même l’article cité dans mon autre message en accusant l’Occident de vouloir fermer ses portes, après les agressions de Cologne. « on y prend prétexte pour fermer les portes, refuser l’accueil et donner de l’argument aux discours de haine. La « Colognisation » c’est cela aussi : une peur qui convoque l’irraisonnable et tue la solidarité et l’humain. » J’avoue que je suis indignée par cette conclusion hâtive et injuste d’un événement si horrible provoqué par des clandestins convertis en agresseurs et envahisseurs en terre européenne, cette même terre qui se proclame hypocritement terre d’asile, alors qu’elle abandonne ses propres peuples, les donnant en pâtures. La seule vraie solidarité et humanité auraient dû se traduire par la dénonciation par les pays d’origine de ces agresseurs de ces actes barbares. Silence radio. On a plutôt mis en garde contre la montée des partis de « l’extrême-droite » et l’augmentation d’actes islamophobes. On croît faire un cauchemar! Or, c’est bien la posture que l’Allemagne et la France ont adoptée, alors que les femmes agressées auraient dû être en droit de s’attendre à ce que justice leur soit rendue… à ce que « leurs » hommes prennent leur défense et crient « Ne touchez pas à nos femmes! » Les peuples occidentaux ont le droit tout à fait légitime de vouloir se protéger contre cette haine et cette violence contre elle, en son sein, surtout qu’ils se sentent abandonnés par leurs gouvernements. Leur peur est bien-fondée.

    • Louise Melançon - Abonnée 26 février 2016 09 h 01

      Tout à fait juste... je me pose la question: dans cette guerre entre l'Islam politique et l'Occident.... qui va gagner? J'en tremble...

    • Michèle Lévesque - Abonnée 26 février 2016 10 h 19

      J'avais aussi apprécié dans l'article sur la Colognisation cette dénonciation de Daoud de la fermeture du coeur et de la perte de solidarité. Cela seul montre que cet auteur a une pensée puissante et très profonde, pleine de nuances sous ses dehors iconoclastes - ce qu'il est aussi.

      Merci encore madame Lapierre de nous partager vos réflexions. Je ne dis pas que je suis d'accord avec tout ce que vous dites, mais vous interrogez et vous suggérez des voies pour lever les embâcles en plus d'exprimer vos émotions - dit ici très positivement. C'est très important.

    • Clermont Domingue - Abonné 26 février 2016 11 h 43

      Madame, j'apprécie beaucoup vos deux textes pleins de clarté et d'émotion.Sachez que la crainte que vous éprouvez me touche.Cependant. après avoir vécu et voyagé pendant cinquante ans dans le monde et particulièrement en Afrique, je vous avoue que je comprends la haine de ces peuples pour l'Occident.Depuis longtemps, j'ai vu venir la période troublée et inquiétante que nous vivons et je n'en verrai pas la fin.
      Madame,Kamel Daoud a toute mon admiration et je souhaite que d'autres continuent à creuser pour nous aider à cerner les causes lointaines et profondes des comportements qui nous effraient.
      La conduite des jeunes frustrés de Cologne est impardonnable,mais, il ne faut pas nous replier sur nos égoismes et ériger des clotures. Ce serait vain.
      Notre Terre est aujourd'hui toute petite et nous avons à vivre avec les grandes invasions.Renfonçons nos solidarités et acceptons qu'il sera impossible d'éviter certains débordements.Les femmes et les enfants de Syrie paient un tribut plus lourd que le nôtre.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 26 février 2016 12 h 09

      Merci, madame Lévesque... j'essaie d'y voir clair, comme plusieurs d'entre nous, et je m'exprime pendant qu'on est encore en mesure de le faire.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 26 février 2016 12 h 18

      Madame Melançon, selon moi, se les peuples occidentaux survivront ce Grand remplacement (les flux migratoires se sont intensifiés de manière exponentielle), ce sera grâce aux peuples qui entreront en résistance comme du temps de l'occupation nazie... grâce à l'Armée des Ombres.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 26 février 2016 12 h 49

      Madame Lévesque, j crois, au contraire, que les iconoclastes sont des gens capables d'une grande clairvoyance. Des lancers d'alarme souvent ostracisés et persécutés, vers qui l'on se tourne finalement.

      "Le premier qui dit la vérité doit être exécuté", chantait Guy Béart...

    • Sébastien Tanguay - Abonné 26 février 2016 14 h 21

      Il me semble bien injuste de dire que ces femmes agressées n'ont pas eu justice : des enquêtes sont en cours, deux hommes ont déjà été condamnés, d'autres suivront sans doute : l'État de droit applique sa loi, comme il se doit.
      Après, madame, libre à vous de penser que les sociétés européennes sont envahies, comme vous dites, par ces réfugiés qui fuient des guerres et une misère sur lesquelles l'Occident a pendant bien des siècles fermé les yeux, bien au chaud dans son confort. Faut-il s'étonner que notre prospérité et nos libertés, qu'on exhibe avec autant de clinquant et de fierté, finissent par faire l'envie de ceux et celles qui n'y ont jamais eu droit? Voilà 5 ans que la Syrie se déchire, sans que la communauté internationale soit parvenue à y mettre un terme. À défaut de savoir calmer leur guerre, il me semble que nous pouvons au moins leur offrir notre paix.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 26 février 2016 14 h 29

      M. Dominguue, en appuyant ces flux migratoires, nous sommes loin d'appuyer une cause humanitaire. Au contraire, nous appuyons une forme post-moderne d'esclavage, le trafic humain et d'organes, la protitution et la pédophilie (des milliers d'enfants disparus), la déshumanisation et la paupérisation de nos sociétés. Les véritables réfugéiés restent pris dans des camps aux frontières de la Turquie, ou vivent en Turquie, pour la plupart. Les peuples européens non pas à payer pour le plan machiavélique des oligarques qui les ont aussi trahis.

    • Clermont Domingue - Abonné 26 février 2016 16 h 43

      Madame Lapierre,on n'appuie pas les flux migratoires,on les subit et on les subira davantage avec la montée des eaux.Je pense seulement qu'il nous faudra une grande capacité d'adaptation pour traverser ce siècle.
      Les Bush ont ouvert la boite de Pandore. Ils ne sont pas les seuls responsables de ce qu'il y avait dedans; mais ils l'ont ouvert.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 27 février 2016 17 h 10

      M. Domingue, je partage votre vive préoccupation au sujet de ces millions de personnes qui se rendent en Europe, pour la grande majorité, profitant du réseau hautement organisé de passeurs qui passent le relais aux "gardes des frontières européennes. Mais la vaste majorité sont de jeunes hommes, les forces vives de leurs pays (exclavage post-moderne), qui sont en fait des migrants économiques. Très peu sont des réfugiés fuyant la guerre en Syrie et en Irak. J'ai visité un camp de réfugiés en Inde à l'époque de la guerre d'Algrie, et j'ai vécu parmi des réfugiés politiques ayant fui le régime islamique et la guerre Iran-Irak, à l'époque qu'ils arrivaient au Canada, en nombre restreint et "gérable". Ils étaient tout aigris, les yeux avides, les traits tirés, et n'avaient que leurs pantalon et chemise comme bagage. Regardez les milliers de photos et documentaires sur les flux migratoires en Europe. Il s'agit d'un tout autre phénomène... les véritables réfugiés sont oubliés aux frontières turques. Ces flux sont si denses qu'ils ne sont pas gérables. Il serait naïf de croire le contraire. Non seulement les pays "d'accueil" (plutôt envahis) sont désemparés et àa bout de moyens, mais cela a créé une situation potentiellement explosive, car la colèere des citoyens de ces pays montent progressivement (non, ce n'est pas de la xénophobie, mais des inquiétudes bien-fondées), et ces migrants- clandestins ne s'assimilent pas étant donné leur nombre, et donc forment des nations dans la nation hautement malléables, tant par l'oligarche que des forces étrangères. Je suis de ceux et celles qui appréhendent avec des sueurs froides de violents et sanglants affrontements en Europe, car j'ai la forte conviction que les peuples européens finiront par s'affranchir de l'idéologie de repentance perpétuelle et suicidaire, et qu'ils se battront pour leur survie. La froide réalité est que ces oligarques traitent ces gens comme de la marchandise bon marché (main-d'oeuvre, organes, prostitution).

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 27 février 2016 17 h 25

      "les yeux hagards", et non "avides"...

  • Jacques Lamarche - Abonné 26 février 2016 06 h 04

    Le Devoir, source de fierté!

    Et continuez à creuser et à résister aux courants de pensée hostiles à l'égalité et à la laïcité, aux vents soufflés par une propagande de la tolérance illimitée, aux vagues de condamnations bâclées, et surtout à la peur que des campagnes d'hostilité peuvent vite déclencher!

    M. Rioux, vous incarnez les vertus dont votre texte fait l'apologie: humanité, courage et solidarité! Vous forcez l'admiration, tout comme Mme Payette! A une prochaine!

    • Johanne St-Amour - Abonnée 26 février 2016 09 h 23

      La vindicte contre Mme Payette était inacceptable, elle a dû effectivement en souffrir beaucoup cette semaine.

      Mais je persiste à croire que ce n'était pas le moment de parler de cette amitié. Nous étions à comprendre ce qui s'était passé il y a plusieurs années et qui n'avait jamais été mis au grand jour! Difficile pour tout le monde!

    • Jacques Lamarche - Abonné 26 février 2016 10 h 46

      Oui, Lise a forcé la note! Elle n'était pas fausse, mais il fallait la jouer à un autre moment, quand un peu de poussière serait retombée!

  • Daniel Lemieux - Abonné 26 février 2016 06 h 24

    Le témoignage de Lise Payette, amie de Claude Jutra

    Voici enfin venu le point de vue éclairé qui remet dans sa juste perspective le témoignage de l'amie de Jutra, qui s'exprimait en marge des actes immondes et impardonnables commis.

    Victime d'une tolérance zéro exacerbée, devenue maladive, à toute ambiguité qui aurait pu donner l'impression qu'elle en banalisait la gravité ou qu'elle pardonnait ses actes à Claude Jutra, Mme Payette a été blâmée au-delà de toute réaction raisonnable.

    Eut-elle fait l'apologie de la pédophilie, que la réaction vindicative n'aurait pas été si différente. Il a même fallu que Mme Payette précise que la pédophilie lui répugnait, ce dont nous n'avions pourtant pas à douter.

    Merci, monsieur Rioux, d'avoir élevé notre réflexion alors que s'apaisent les débats acérés et peu nuancés.