Fonds d'investissement: Petite, moyenne ou grande capitalisation?

Dans plusieurs chroniques, j'ai insisté, à raison je crois, sur l'importance de la diversification des portefeuilles de placement et de la mise en place d'une répartition efficace élaborée en fonction de vos objectifs personnels. Mais saviez-vous que le «rééquilibrage» est une étape presque tout aussi importante que l'élaboration initiale de votre portefeuille? Je conseille à tous les investisseurs détenteurs de fonds d'effectuer cette opération — qui consiste à ajuster les pondérations — chaque année, question d'éviter les mauvaises surprises...

La première étape pour effectuer un rééquilibrage efficace consiste à comparer le «poids» de chacun de vos fonds par rapport aux objectifs fixés au moment de l'élaboration de votre portefeuille. Un bref aperçu permet aisément de constater que certains fonds prennent moins de place, d'autres davantage, tandis que certains obtiennent à peu près les mêmes pondérations qu'initialement: c'est là où on procède à des ajustements s'il y a lieu.

Parmi les catégories de fonds dont le poids commence à dépasser sérieusement les limites de la «zone de confort» de nombreux portefeuilles, on note les petites capitalisations canadiennes. Il s'agit d'un secteur qui a connu une croissance étonnante au cours de l'année 2003.

L'année dernière, j'avais mentionné trois fonds qu'il me semblait pertinent d'acquérir: Trimark petites capitalisations canadiennes, Clarington petites sociétés canadiennes ainsi que Banque Nationale petites capitalisations. Pour 2003, ces fonds ont obtenu des rendements respectifs de 17,5 %, de 34 % et de 43,6 %. La moyenne des rendements annualisés de ces trois fonds sur cinq ans est de 17,9 % comparativement à 10,6 % pour l'indice BMO Nesbitt Burns petites capitalisations. Chacun de ces produits, grâce à des caractéristiques spécifiques, représente un achat intéressant qui répond à différents types d'investisseurs.

Cependant, malgré les éloges destinés au secteur des petites capitalisations, un ajustement s'avère maintenant nécessaire. Et, la meilleure façon de procéder consiste à faire cet ajustement de façon graduelle, sur une période de trois à six mois.

En s'éloignant des petites capitalisations, les investisseurs qui rééquilibrent leur portefeuille devraient se diriger davantage vers le secteur des moyennes et grandes capitalisations. Et si l'histoire se répète, les secteurs de la moyenne et de la grande capitalisation devraient poursuivre sur leur lancée avec une volatilité moindre que celle des petites capitalisations. Au cours des derniers mois, à dessein, nous avons négligé de faire des recommandations dans ce secteur. Corrigeons cette omission avec trois fonds qui regroupent des titres de moyennes et de grandes capitalisations.

Elliott & Page occasion croissance

Il s'agit du plus volatil des trois fonds que nous présentons. Le gestionnaire, Ted Whitehead, utilise à la fois des méthodes quantitatives (données chiffrées) et fondamentales (secteur d'exploitation, concurrents, produits...) dans son processus de sélection de titres. Il effectue en premier lieu un classement à partir de cinq mesures quantitatives pour, par la suite, s'attarder à une analyse fondamentale.

Il affirme contenir le risque en maintenant la pondération maximale des secteurs à 3 % près de celle de l'indice de référence. De plus, il soutient que sa répartition de l'actif entre près de 80 titres lui permet d'obtenir un bon contrôle du risque. Le rendement annualisé sur cinq ans de ce fonds est de 22,9 %.

Fidelity discipline actions Canada

Robert J. Haber, le gestionnaire à la tête de ce fonds, a prouvé qu'il avait une bonne maîtrise du secteur des actions canadiennes. Sur cinq ans, ce fonds obtient un rendement annualisé premier quartile de 13,4 %. La volatilité de ce fonds devrait continuer à se situer dans la moyenne.

Mackenzie Cundill canadien sécurité

Géré par le réputé Peter Cundill, le fonds Mackenzie Cundill obtient un très respectable rendement annualisé de 12,9 % sur 10 ans. Un exploit étonnant: le gestionnaire a été en mesure de dégager des rendements positifs pour les années 2001 et 2002, deux années boursières extrêmement difficiles. En choisissant ce fonds, vous optez nécessairement pour un style de gestion laissant peu de place à la volatilité.

Vous trouverez plus de renseignements sur ces fonds dans mon tout nouveau guide Les 100 meilleurs fonds 2004, de la collection Affaires Plus aux éditions Transcontinental.

questions@avantages.com

L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et dans la gestion privée.