L’esprit de la Saint-Valentin

Pour ceux qui préfèrent demeurer tranquilles à la maison, le traiteur peut être un bon choix.
Photo: Larry Crowe Associated Press Pour ceux qui préfèrent demeurer tranquilles à la maison, le traiteur peut être un bon choix.

Le pauvre martyr qu’était Valentin doit quand même se retourner dans sa tombe en voyant de quelle façon, en 2016, on célèbre cette fête « dite » pour les amoureux et qui, en fait, est une véritable aubaine tant pour les fleuristes que les chocolatiers et les restaurants, qui en profitent allègrement pour augmenter les prix.

Cette tradition qui remonte à l’Antiquité et qui est d’abord perçue comme une fête chrétienne est devenue une fête laïque commerciale à travers le monde.

Au Japon, par exemple, les boutiques regorgent d’astuces pour attirer les clients et certains dépensent de véritables petites fortunes chez les artisans chocolatiers, au point de faire la file dans les rues de Tokyo pour pouvoir acheter d’un grand chocolatier un ou deux bonbons qu’ils offriront à leur bienfaiteur, ou à leur amoureux.

Pour les chocolatiers au Québec, c’est la deuxième grosse période de vente de chocolats, juste avant Pâques et après Noël. Même si les cadeaux sont de plus en plus diversifiés, c’est un moment où le couple se sent tenu de témoigner à l’âme soeur son amour et qui passe dans bien des cas par un repas au restaurant.

Des restaurants qui, comme pour la fête des Mères, affichent complet bien avant le jour de l’événement et qui, dans certains cas, vont friser le ridicule avec des mélanges de rose ou de rouge bonbon dans les assiettes.

Et que dire des noms de plats qui n’ont plus rien à voir avec le contenu, sans compter l’addition parfois salée d’un restaurateur qui cherche par tous les moyens à justifier son prix, par exemple en offrant une rose au client.

Tant mieux, direz-vous, si cela peut redonner vie à des commerces moribonds dans certaines artères gangrenées par les travaux et la fuite vers des quartiers passagèrement à l’abri, devenus les lieux de rencontres. Mais tous les restaurants ne vont pas tirer profit de la Saint-Valentin, vu leur style ou leur vocation.

Ainsi, pour ceux qui préfèrent demeurer tranquilles à la maison, le traiteur peut être un bon choix, ou encore des produits de qualité disponibles en prêt-à-manger et qui ne coûteront pas une fortune.

Une ambiance à créer

Établissez au départ votre budget Saint-Valentin. Il n’est pas obligatoire de témoigner son amour avec du champagne, mais si les moyens le permettent, on peut s’en procurer à prix raisonnable deux ou trois marques sous les 50 $. Un bon mousseux à 25 $ fera autant l’affaire et vous transportera dans un état d’effervescence des plus agréables.

Voici un menu qui saura vous satisfaire… Saumon fumé, puisque vous aimez le rose, accompagné de trempette aux poivrons rouges rôtis et de pains de fantaisie. Si les huîtres produisent comme pour Casanova un effet sur votre libido, profitez-en, car c’est encore la pleine saison. Aussi, du foie gras de canard accompagné d’un verre givré de ce produit bien d’ici qu’est le cidre de glace est sans doute un plat gagnant.

Mais il est aussi important de créer une ambiance, notamment avec une jolie nappe sur laquelle reposent des bougies qui ne coulent pas, et une petite musique douce pour l’occasion.

Pour ne pas vous compliquer la vie, commandez chez un chef, un traiteur ou un pâtissier de renom un plat apprécié des deux convives. D’excellents produits signature sont désormais disponibles dans bien des supermarchés. Puis le moment est venu de sortir la « bonne bouteille ».

Enfin, au dessert, de grâce oubliez le gâteau éponge en forme de coeur et recouvert de coulis de fraise et de chantilly. Proposez plutôt un pavé au chocolat noir, caramel et fleur de sel, avec un petit verre de la liqueur Mandarine Napoléon.

De cette façon, une chose est certaine : le 15 au matin, votre porte-monnaie pèsera un peu plus lourd. Bonne Saint-Valentin !

Dans la bibliothèque

Saveurs
Chefs des chefs
Gilles Bragard et Christian Roudaut
Éditions du moment
Paris, 2013, 189 pages


Comme le précise Gilles Bragard, ils sont les couturiers des cuisiniers dans l’ombre mais réalisent au sein des palais officiels de véritables prouesses pour satisfaire rois, reines ou présidents qu’ils représentent lors de rencontres des chefs d’État. Dans ce livre, on découvre les embûches, les règles de compromis et une foule d’anecdotes qui vous tiennent en haleine jusqu’à la toute fin.

Découverte

J’ai aimé les nouveaux produits Paysan de Prodal. Il s’agit de prosciutto séché et fumé. Tout comme la longe de porc (lonzo), voilà de bons produits sans excès de sel et bien parfumés. Disponibles aux comptoirs des supermarchés sous la marque Paysan naturel.

Chefs des chefs

Gilles Bragard et Christian Roudaut Éditions du moment Paris, 2013, 189 pages