La génération Y au coeur de la campagne REER

Les sondages se succèdent en ce début de saison REER, et la campagne 2016 cible particulièrement la génération Y. Les institutions aiment bien lui rappeler qu’on peut « RAPer » avec l’épargne-retraite.

La TD a donné le ton lundi. « Plusieurs membres de la génération Y passent à côté d’une source de fonds intéressante », titrait le communiqué de l’institution. La banque en ligne Tangerine a suivi avec les conclusions de son sondage : « La génération Y se lance dans l’épargne-retraite. » Le sondage révèle que, « bien qu’ils ne soient qu’au début de leur carrière ou toujours aux études, 62 % des représentants de la génération Y (les 18-34 ans) ont commencé à épargner pour la retraite et près de la moitié (46 %) dit avoir commencé avant l’âge de 25 ans », peut-on lire.

Par comparaison, 81 % de travailleurs canadiens plus âgés (entre 35 et 65 ans) disent épargner présentement pour leur retraite. Mais seulement 18 % affirment avoir commencé avant l’âge de 25 ans.

Il semble que la génération Y rêve d’une retraite plus jeune et plus riche. Ainsi, toujours selon le sondage de l’ex-banque ING Direct, « 40 % d’entre eux évaluent leurs besoins pour la retraite à plus d’un million de dollars. Pour atteindre cet objectif, beaucoup d’entre eux (63 %) s’attendent à prendre leur retraite après l’âge de 60 ans, ce qui est un peu plus optimiste que chez le reste des Canadiens, dont 74 % s’attendent à travailler après l’âge de 60 ans ».

Et ils seraient prêts à tous les sacrifices pour y parvenir. « Il semble que 59 % des représentants de la génération Y limitent leurs sorties avec leurs amis à une seule par semaine », ou encore que « 47 % affirment renoncer aux mets à emporter et cuisiner tous leurs repas pour prendre leur retraite avant l’âge de 65 ans ». Et pourquoi pas une retraite encore plus jeune ? « Plus du quart (28 %) envisage [de] travailler plus de 50 heures par semaine jusqu’à la fin de leur carrière pour pouvoir prendre leur retraite dans la cinquantaine. » Et 43 % iraient jusqu’à renoncer « à toute forme de médias sociaux pour prendre leur retraite avant l’âge de 50 ans » !

La marge d’erreur de ce sondage est de plus ou moins 3,1 %, 19 fois sur 20.

Salaire trop bas

Chez les 38 % de personnes appartenant à la génération Y n’ayant pas commencé à constituer leur épargne-retraite, 62 % évoquent leur salaire trop bas ou un manque d’argent, et 23 % disent économiser en vue d’un gros achat comme une maison, un mariage ou un voyage.

Ici, la TD répond qu’à peine plus de la moitié des jeunes Québécois savent que leur REER peut les aider à devenir propriétaires. Cela vaut également pour l’éducation permanente. Selon le sondage de l’institution, « 55 % des Québécois âgés de 18 à 33 ans savent que l’argent d’un REER peut aider à financer l’achat d’une première propriété et moins du quart (22 %) sait que l’argent d’un REER peut aider à financer des études ou un programme de formation à temps plein pour étudiants adultes ».

« De nombreux jeunes Québécois ont de la difficulté à épargner suffisamment pour une mise de fonds sur une propriété ; or, pouvoir retirer jusqu’à 25 000 $ d’un REER, ou jusqu’à 50 000 $ pour un couple, peut leur faciliter la tâche », souligne Nacim Hamane, planificateur financier principal, Gestion de patrimoine TD. « Bâtir un REER dès la première occasion peut permettre non seulement de payer moins d’impôt dans l’immédiat, mais aussi d’accéder à la propriété plus rapidement et, en fin de compte, de payer des versements hypothécaires mensuels plus bas. »


RAP et REEP

Il parle, ici, du régime d’accession à la propriété (RAP), qui prévoit cependant que les sommes retirées du REER à cette fin soient remboursées sur une base annuelle dans les 15 années qui suivent. S’ajoute le Régime d’encouragement à l’éducation permanente (REEP), qui permet des retraits jusqu’à 20 000 $ sur quatre ans, et qui doit être remboursé dans les 10 années suivantes.

Dans le cas du RAP, il est question d’acheteurs d’une première habitation, qui deviendra la résidence principale au plus tard dans l’année qui suit l’acquisition. Cette résidence peut être une construction neuve ou non. Pour être admissible, l’acheteur ne doit pas avoir possédé ou habité, au cours des cinq dernières années civiles dont l’année courante, une maison qui était sa résidence principale. Il est permis de recourir une seconde fois à un RAP. Il faut, pour ce faire, que le premier emprunt ait été remboursé au REER et que cette règle des cinq ans citée soit respectée.

Rendement composé

Dans le cas d’un REEP, les sommes retirées en franchise d’impôt servent à financer le coût d’études à temps plein d’une durée d’au moins trois mois consécutifs, aux niveaux collégial ou universitaire. Cela vaut pour les études du contribuable ou pour celles de son conjoint.

Certes, de tels retraits admissibles ne fructifient plus au sein du REER, à l’abri de l’impôt, brisant le jeu du rendement composé qui se fait plus important lorsque l’on cotise tôt, dans l’année et dans la vie. Mais si la mise de fonds à l’achat d’une propriété « est autrement insuffisante ou si l’on décide de cotiser à son REER au prix d’un endettement trop lourd, le RAP peut être une solution pertinente », indique la TD.

Si le retrait sert à produire un rendement, à accroître la valeur nette ou à obtenir une meilleure rémunération…