Le terrorisme nouveau est arrivé

Plus de 600 plaintes. Entre 500 et 1000 agresseurs. Cologne, Stuttgart, Hambourg, Berlin, jusqu’à Helsinki : toutes touchées par un assaut sans précédent. « On nous poursuivait comme si nous étions du bétail », dit l’une des victimes. « Je n’ai jamais vu autant de femmes pleurer », dit une autre. Et quatre jours de silence avant qu’on ait eu vent d’une situation tout aussi alarmante qu’inusitée.

Le viol et l’agression sexuelle sont des choses qui arrivent tous les jours — chaque minute et demie aux États-Unis seulement, en ce qui concerne l’agression sexuelle —, mais jamais n’aura-t-on vu un tel carnaval d’agressions à ciel ouvert, un tel étalage de molestations synchronisées. À tel point que les autorités allemandes, enfin sorties de leur mutisme, parlent d’un nouveau type de délit. « C’est une toute nouvelle dimension du crime organisé », a dit le ministre allemand de la Justice, Heiko Maas.

Avec son sinistre clin d’oeil à la Kristallnacht, la nuit du verre brisé où des malfaiteurs allemands s’en étaient pris aux Juifs et à leurs commerces, c’est un cruel retour du balancier pour le pays d’Angela Merkel. Généreuse à souhait envers les réfugiés syriens (plus d’un million reçus en 2015), cette politique d’ouverture était aussi une façon de racheter le honteux passé nazi. Mais cette terrifiante Saint-Sylvestre risque de changer bien des choses.

Ces attaques coordonnées de jeunes migrants viennent s’ajouter d’ailleurs aux histoires de viols qui commencent à circuler. « Mariages forcés, trafic sexuel, violence conjugale, des femmes migrantes sont fréquemment violentées par des compagnons de voyage, des passeurs, des hommes de leur propre famille, jusqu’aux policiers européens », rapporte le New York Times.

Tous ceux qui croient que d’admettre des milliers de musulmans est une bombe à retardement doivent se taper les cuisses actuellement. Mais encore faut-il situer la bombe au bon endroit. Il ne s’agit pas, à l’instar de ce qu’a fait la police de Cologne, de verser dans la rectitude politique et prétendre que ce sexisme éhonté n’existe pas. L’appropriation des corps des femmes par des hommes en délire, les insultes (« salopes », « sales putes ») et la brutalité des gestes ne sont pas sans rappeler les événements à la place Tahrir lors du printemps arabe en 2011. Mais il n’y a pas que le facteur culturel en cause ici ; il y a aussi la simple démographie. Près de 70 % des demandeurs d’asile à l’heure actuelle sont de jeunes hommes seuls, souvent célibataires, âgés de 15 à 35 ans, précisément l’âge des malfaiteurs du Nouvel An. Et environ 20 % de ces migrants sont des mineurs non accompagnés.

« On sait qu’une société à large prédominance masculine est une société moins stable, plus violente et plus susceptible de maltraiter les femmes », dit une étude publiée dans Politico.com. Or, c’est précisément ce qui se passe actuellement en Europe. Le ratio sexuel des migrants est tellement masculin — 11,3 garçons pour chaque fille — qu’il pourrait changer radicalement l’équilibre entre les sexes pour la cohorte de jeunes adultes d’ici quelques années. La chercheuse Valerie Hudson félicite en passant le Canada d’avoir été le seul pays à se préoccuper de cette disproportion en acceptant des réfugiés sur son sol.

Les tristes événements en Allemagne incitent à garder les yeux ouverts, à peser le pour et le contre. Bien sûr, devant un tel assaut de sexisme, la tentation de n’y voir que du racisme est grande. Mais dans quel cercle vicieux de haine et de ressentiment s’embarque-t-on alors ? Ce ne serait pas un service à rendre à l’ensemble des réfugiés ni aux femmes qui militent depuis longtemps pour montrer que le viol ne connaît aucune frontière. L’agression sexuelle, c’est aussi l’affaire de monsieur Tout-le-Monde.

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39 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 13 janvier 2016 01 h 47

    L'horreur et la jungle

    N'en avions nous pas l'intuition, n'est ce pas une erreur de penser que la misère rend les gens meilleurs, n'ai-je pas écrit déja que lorsque les hongrois ont débarqués les tribuneaux furent assailli par des dizaines de proxénètes, qui trouvaient normals d'asservir les femmes, mais notre premier ministre nous semblait tellement sincère que nous avons oubliés de tenir compte de ces expérience passées., espérons juste que nous sommes capables d'intégrer des gens, qui n'ont connus souvent que l'horreur et la jungle, voila le mot est lâché

    • Johanne St-Amour - Inscrite 13 janvier 2016 09 h 34

      Je ne crois pas qu'il ne soit que question de misère ici M. Paquette.

      Et encore moins principalement qu'une question de nombre élevé d'hommes comme l'indique Francine Pelletier, peut-être pour faire oublier le fait que les agresseurs sont d'origine arabe, africaine, maghrébine.

      On parle de plus en plus d'un modus operandi particulier appelé «taharrush gamea» connu dans les pays arabes : le harcèlement sexuel des femmes dans les foules.

      Et ce phénomène a également eu lieu en Suède, lors d'un festival à Stokholm, ces deux derniers étés. On ne parle pas ici de nombres de migrants plus élevés! Et semblerait-il que cela ressemble aussi à des événements qui se sont produits en Norvège en 2012.

      Banaliser ces faits est aberrant!

    • Johanne St-Amour - Inscrite 13 janvier 2016 09 h 41

      Sur sa page Facebook, Djemila Benhabib mentionne que: « Les agressions contre les femmes et les juifs doivent être décryptées à travers la vulgate islamiste qui a fait du chemin et a gangrené bien des têtes. On en mesure les conséquences, aujourd'hui. Ce n'est pas fini!»

      «Ce que j'écrivais dans Ma vie à contre-Coran en 2009.
      « Elmra (la femme) hachak (sauf votre respect) », dit-on
      pour parler d’elle en arabe dialectal maghrébin. Lihoudi
      (le juif ) hachak », et les chiens, « el-kelb (le chien)
      hachak ». Les femmes, les juifs et les chiens ont le même
      statut dans les têtes infestées par l’ignorance crasse. La
      femme, on la désigne également par des sobriquets : elkhaima
      (la tente), el-dar (la maison) pour éviter d’évoquer
      son prénom en public ou tout simplement de la
      désigner par « ma femme », « mon épouse », « ma compagne
      », « ma moitié », « mon égale ».»

      Elle conclue en disant: «Mon père a toujours appelé ma mère par son prénom: Kety.»

      Si on fait fi du modus operandi, du fait que ces événements se sont passés à d'autres endroits où il n'est pas prouvé qu'il y ait plus d'hommes que de femmes, et qu'en plus on fait fi d'une culture machiste extrême des agresseurs, on n'est pas près de régler le problème!!!

      Vu cette attitude, je retiens la mise en garde de Mme Benhabib: «Et ce n'est pas fini!».

  • Normand Carrier - Inscrit 13 janvier 2016 07 h 14

    Bel effort pour ne pas créer d'amalgame madame Pelletier ....

    Il faut s'occuper correctement de ces réfugiés chassés par une guerre qu'ils ne souhaitent pas et surtout ces femmes qui sont les grandes victimes en Irak et en Syrie ..... Mais force est d'admettre que ce n'est chez les hommes musulmans que ces siutuations se produisent et principalement dans le monde arabe ... Rappellons-nous au Caire et a Alexandrie en Egypte durant leur révolution pour chasser les frères musulmans , ces histoires de taponnages et de viols étaient quotidiennes et même des journalistes étrangères ont passées a la trappe de ces hommes qui perdent l'esprit ....

    Quitte a passer pour un raciste je trouve important de dire la vérité et on doit admettre que ce type de comportement est culturel et se manifeste dans le monde arabo-musulman car ces hommes sont refoulés sexuellement et considèrent les femmes comme des objets sexuels ce qui en fait des machos de première classe ..... Mais encore la , il ne faut généraliser ce comportement pour tous les hommes qui la majorité sont bien élevés et bien éduqués ......

    Comme je suis marié a une femme arabo-musulmane , je suis a l'aise pour en parler et sait que ce point de vue est partagé par les populations arabes .... Je trouve ridicule le comportement de nos féministes qui de peur de passer pour racistes diluent tellement leurs propos q'elle omettent de dire la vérité .....

    • Johanne St-Amour - Inscrite 13 janvier 2016 10 h 11

      En fait, M. Carrier, ce sont certaines féministes, celles, entre autres, qui préconisent aussi la laïcité ouverte.

      J'écoutais hier à Médium Large l'ancienne présidente de la FFQ, Alexa Conradi, qui vit présentement en Allemagne affirmer qu'il fallait parler de viol, de culture du viol, qui sévit dans toute les sociétés. Elle soulignait également, comble de la banalisation, que les événements lors de la St-Sylvestre étaient comparables à l'Oktoberfest où des agressions sont le fait d'hommes qui boivent trop ! Déni de l'origine d'une majorité d'agresseurs, déni d'un modus operandi, et déni que les agressions aient été organisées.

      Espérons que le changement de garde à la FFQ amènera une vision plus réaliste des agressions subies par les femmes et des origines patriarcales des discriminations qu'elles subissent en lien avec la culture et les religions sexistes.

    • Anne Arseneau - Abonné 13 janvier 2016 10 h 36

      Je suis d'accord avec vous.

      S'il est vrai «qu'une société à large prédominance masculine» est néfaste pour les femmes, imaginez quand certains de ces hommes ont culturellement une tendance à être plus machistes..

      Madame Pelletier devrait lire et méditer sur la chronique d'aujourd'hui de Christian Rioux «La victimisation, ça suffit».

      PS M'en fous de me faire traiter de raciste par nos frères et soeurs «solidaires»..

    • Johanne St-Amour - Inscrite 14 janvier 2016 09 h 03

      Sur sa page Facebook, Alexa Conradi a ce commentaire sur la dénonciation de Mathieu Bock-Côté: «On est tellement devant un cas de l'homme blanc qui veut sauver les femmes blanches des hommes racisées. Mathieu Bock-Côté incarne ce point de vue - bien généralisée malheureusement.»

      Aussi: «L'homme occidental, si chéri, est toujours très actif dans la 'prise des femmes'. C'est une longue histoire de domination qui est loin d'être terminée:»

      L'analyse intersectionnelle dont est imbue cette femme est toujours prompte à dénoncer l'homme blanc et même la femme blanche. Mais on comprend que dans ce cas-ci, c'est pour mieux occulter l'origine des agresseurs de plusieurs villes d'Allemagne lors de la St-Sylvestre et leur culture machiste!

    • Raymond Labelle - Abonné 15 janvier 2016 09 h 58

      Le ratio hommes/femmes en Égypte et dans d'autres pays musulmans où ces viols de groupe avec ce modus operandi sont monnaie courante tourne autour de 50%/50%.

  • Guy Lafond - Inscrit 13 janvier 2016 08 h 03

    Choc culturel


    Pour les Européennes, les Nord-Américaines (tout au moins), un "Non" veut vraiment dire "Non!".

    Les valeurs d'équité et d'égalité entre hommes et femmes doivent donc être rappelées et soulignées à des migrants en provenance de pays comme la Syrie...ou l'Arabie saoudite.

    (Un Québécois à pied et à pied d'oeuvre à Ottawa)

  • Clermont Domingue - Abonné 13 janvier 2016 08 h 10

    Avançons en arrière

    Mon père interdisait à ma soeur de dix-sept ans d'exposer ses charmes.Il savait que dans un jeune homme, il y a aussi un animal. Les jeunes Allemandes découvrent que la générosité de Merkel réduit leur liberté.

  • Jean Lacoursière - Abonné 13 janvier 2016 08 h 47

    Démographie et reproduction

    Madame Pelletier écrit: "Le ratio sexuel des migrants est tellement masculin — 11,3 garçons pour chaque fille — qu’il pourrait changer radicalement l’équilibre entre les sexes pour la cohorte de jeunes adultes d’ici quelques années."

    Il me semble que cet équilibre 50-50 est plutôt changé dès maintenant, au moment de l'immigration. En supposant que les immigrants se reproduisent avec des chances égales d'avoir des garçons ou des filles, l'équilibre retendra graduellement vers 50-50 avec le temps.