Long-courrier des Fêtes

Le grand marché de Budapest, une véritable halle. Légumes, poissons, fleurs, viandes, épices, tout y est.
Photo: iStock Le grand marché de Budapest, une véritable halle. Légumes, poissons, fleurs, viandes, épices, tout y est.

Cuba : nouvelle donne

Depuis quelque temps, les pays de la Caraïbe sont en émoi. Comment rivaliser avec le nouveau Cuba ? Ce pays, qui a eu des chiffres de plus en plus importants malgré un régime un peu fermé, pourrait bien voir ses entrées de touristes éclater dans les prochains mois. Raison principale : la venue des Américains.

Ils seront combien à vouloir tout visiter ? Tout compris, certainement. L’Américain moyen n’est pas reconnu pour être le plus grand gastronome au monde. Alors, la formule peut leur plaire.

L’association Caribbean Hotel and Tourism Association (CHTA) prévient ses membres que, avec l’arrivée des États-Uniens, le paysage touristique ambiant va être bouleversé. On parle depuis toujours d’un concurrent, mais là, ce serait un concurrent-plus.

The Great Disruption for the Good of the Caribbean est une initiative qui entend contribuer à relever les défis socio-économiques de la région. caribbeanhotelandtourism.com.

Petit détail au passage : Cuba ne fait pas partie de cette association. Et n’oublions pas que Cuba forme un peuple, pas un club.

On demande aux membres d’avoir des idées et des vues marketing qui assassinent le développement cubain. Pas l’assassiner, le mot est trop fort, mais le gêner : la réponse est dans la question.


La queue de vache

Cela se passe à Constanza, dans les hauteurs de la République dominicaine. Pas de plages, pas de langoustes. On y fait du feu l’hiver et la ville est partagée en plusieurs communautés. Il y a l’asiatique, qui s’occupe des orchidées. Il y a l’italienne, qui fait dans les courgettes et les poivrons. Il y a la dominicaine, qui donne dans les petits fruits. Et l’ail. Quand on entre dans Constanza, cela sent l’ail. Quelques hôtels dits de montagne, avec cheminées dans le salon.

Le centre-ville autour d’un zocalo un peu fébrile enregistre divers petits restaurants. La pizza est reine.

Mais les autres ont leurs spécialités pour les locaux. Comme la soupe à la queue de vache. Dans un bol bien arrosé, la queue de vache règne. Sans poils, sans odeurs. Ce sont simplement de petits osselets qu’il faut démembrer doucement. Cela prend plus de 30 minutes pour venir à la fin de la queue du ruminant.

Sauf qu’une fois la soupe finie on a encore un peu un creux. On m’a proposé du museau de vache. J’ai refusé de manger ce ruminant par la gueule. J’ai donc fini à la pizzeria.

On propose aussi de la queue de lézard, ses intestins et le rôti de cochon d’Inde. Les deux ont été des animaux de compagnie dans mon enfance.

La prochaine fois, ce sera du poulet…
 

Budapest : le train des enfants

Budapest est une ville en deux villes. Buda et Pest. Buda l’aristocrate. Pest la laborieuse. Au milieu, le Danube.

Beaucoup de choses à observer : un château, des musées et un fantastique marché couvert, le plus grand en Europe de l’Est. Cela donne, de l’extérieur, un semblant de gare. Autrefois, les trains arrivaient pour apporter des victuailles. Aujourd’hui, c’est une véritable halle. Légumes, poissons, fleurs, viandes, épices, tout y est.

Au dernier étage, des bars et de petits restos. Il y a également des marchands d’artisanat régional. J’y ai acheté des verres en cristal peints par une jeune locale. En parlant ferroviaire, elle m’a conseillé de visiter le train des enfants. Elle s’appelle Marika.

Sur la colline de Buda, on arrive à une petite gare. Derrière le guichet, une jeune fille de 14 ans. C’est l’âge maximum des enfants présents à l’extérieur comme à l’intérieur du train. Âge minimum : 7 ans.

Une fois arrivés sur le quai, des enfants s’occupent du balayage, de la crème glacée et du sourire.

Ces enfants dans le train sont une idée de l’ancien régime socialocommuniste, qui voulait former les jeunes à la discipline et au labeur hebdomadaire. Ceux d’aujourd’hui ont gardé le costume et un sérieux révélateurs.

Le seul adulte est le conducteur du train, généralement accompagné d’un enfant. Ceux à l’intérieur servent de contrôleurs et poinçonnent les tickets. Plusieurs arrêts en forêt au-dessus de Buda. En été, on marche. En hiver, on sort les skis de fond. Le trajet dure environ 45 minutes.

Si vous y allez avec vos enfants, ne vous attendez pas à ce qu’ils reçoivent des conseils ou indications en français.

Quelques mots d’anglais, d’allemand et surtout du hongrois. Prenez un lexique. L’adulte en locomotive, c’est de l’allemand.

Ces enfants sont très fiers. Ils représentent le rail local. C’est même un examen de fin d’année. Au retour, la jeune fille avait fermé sa guérite. Elle attendait dehors ses parents.

J’ai cru reconnaître Marika dans la voiture.

Un conseil pour s’y rendre en transport en commun : tram 61 jusqu’au terminus (Huvosvolgy), prenez les escaliers face à vous et la gare de départ se trouve à 100 mètres à gauche. Ensuite, en faisant la ligne en entier, descendez au terminus (Szechenyi-hegy) et reprenez un train à crémaillères (ligne 60) jusqu’au terminus (Varosmajor). Avec la Budapest Card, la réduction atteint 50 %. Environ 3 $.


Les Fêtes

J’ai toujours aimé les Fêtes. Peut-être à cause de mes parents qui préparaient la maison et mes cadeaux. Ce n’étaient pas des présents achetés dans les magasins, mais des objets qu’ils fabriquaient. De ma chambre, je sentais la colle et la peinture. Ma mère était aux tissus pendant que mon père jouissait du bois et du cuir. Je ne savais jamais ce que j’allais avoir, car je ne faisais pas de commandes…

Je me suis habitué aux travaux de la famille : une ferme, une poste, une gare, une école, un champ de vaches, une voiture à pédales, une volière, une crèche édulcorée, une planète inconnue, un sentier dans la forêt. Tout était collé, arrangé. Seule une bicyclette est venue ternir le rythme.

À table, c’était pour moi encore la fête. Des huîtres, des crabes, des praires, des couteaux, des coques, des oursins, des langoustines, des oeufs de hareng, de la limande grillée, des citrons… Les Fêtes, pour nous, c’était la mer. J’ai connu la dinde dans la vingtaine, en Angleterre.

On accrochait des mandarines et des fruits secs au-dessus du poêle à charbon. Et on se racontait des histoires. Mon père avait trouvé une histoire : les péchés de Mortimer. Mortimer était un mal-aimé. C’est toujours cette histoire qui m’endormait.

On n’allait pas à la messe de minuit. Mon père nous racontait la vraie histoire de Jésus… C’était assez. J’avais une certaine amitié pour Joseph. Peut-être ressemblait-il à mon père.

J’ai perdu petit à petit les Fêtes en France, mais les ai retrouvées en Angleterre, en Norvège, en Suède et au Québec.

Quand ma fille est née, j’ai commencé à lui construire des crèches… pour qu’elle sache que tout peut sortir de nos mains et de notre tête. Quand j’ai vu ses yeux s’écarquiller, je savais que Noël continuait.

Vos suggestionsvos bonnes adresses, souvenirs de voyage : lkiefer@ledevoir.com.

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1 commentaire
  • Yvon Bureau - Abonné 31 décembre 2015 11 h 15

    Réalité questionnante, parlant voyages

    Il y a quelques jours, pendant quelques jours, aux informations continues/tv, on nous présente la Chine, sa pollution+++, ses alertes rouges.

    Et, de nombreuses annonces publicitaires nous invitent+++ à aller visiter la Chine, tout inclus, 2 semaines, 1999,99$.

    Au nom de quoi et pour quels intérêts j'irais polluer davantage ce coin de planète ?

    Cohérence oblige.