Dissension ou sabotage?

L’ancienne vice-première ministre, Nathalie Normandeau, avait provoqué de grands éclats de rire en déclarant que les représentants des firmes de génie-conseil et d’entreprises de construction qui se bousculaient dans ses cocktails de financement voulaient simplement l’encourager à poursuivre son bon travail.

Si ce n’était pas aussi désolant, on aurait rigolé tout autant à la lecture de la note de dissidence que l’ex-vérificateur général Renaud Lachance a annexée au rapport de la commission Charbonneau. À l’en croire, ce que les firmes d’ingénieurs appellent le « développement des affaires » ne doit pas être confondu avec la recherche de contrats. Sans blague ! Cet homme qu’on croyait sérieux est en réalité un farceur.

Durant les audiences publiques, il était apparu très rapidement qu’il serait très difficile, voire impossible d’établir un lien direct entre le financement des partis provinciaux et l’octroi de contrats publics, comme il avait été facile de le faire au niveau municipal. Les témoignages des dirigeants d’entreprises laissaient cependant peu de doute sur le lien « indirect » que réfute M. Lachance.

Même s’ils auront pour effet de s’annuler l’un l’autre dans l’esprit de la population, les avis divergents des deux commissaires n’ont pas le même poids. La formation et l’expérience de la juge Charbonneau dans l’appréciation de la preuve la rendent beaucoup plus apte à lire entre les lignes des témoignages que la formation comptable de M. Lachance.

On peut facilement imaginer la rage intérieure de Mme Charbonneau au moment de présenter son volumineux rapport sachant très bien qu’on retiendrait essentiellement les trois pages dans lesquelles son collègue exprimait son désaccord. M. Lachance le savait aussi. Dissension ou sabotage ?

Certes, cela n’enlève rien à la crédibilité du rapport en ce qui concerne les municipalités ou les syndicats, qui ont dû procéder à une épuration avant même sa publication, mais le lien entre le financement des partis politiques provinciaux et l’octroi des contrats publics était au coeur du mandat de la commission. À cet égard, quatre ans de travail se terminent en queue de poisson.

 

Le titre dont le Journal de Montréal avait coiffé sa première page de mercredi reflétait parfaitement le triste résultat. Tous ceux qui se sont retrouvés sur la sellette durant les audiences de la commission sont aujourd’hui « morts de rire ». Malgré les nombreux préavis qui avaient été envoyés, personne n’a été blâmé.

Le soulagement des libéraux en voyant ce cadeau tomber du ciel était à la mesure de la fébrilité avec laquelle ils attendaient la publication du rapport. À l’Assemblée nationale, seuls les impératifs du décorum les ont empêchés de tirer la langue à leurs collègues de l’opposition qui avaient réclamé la création de cette commission pendant des années.

En réalité, le gouvernement Couillard risquait peut-être moins qu’on pouvait le croire. Le prix que le PLQ avait à payer pour les années Charest l’a sans doute été dès l’élection de 2012. Et après autant d’allégations, il a été remarquablement modeste. Tout ce qu’on savait déjà sur ses méthodes de financement aurait dû lui mériter une véritable raclée, alors qu’il a simplement reçu une tape sur les doigts. Le retour au pouvoir des libéraux, à peine 18 mois plus tard, a plutôt démontré que la peur de l’indépendance était plus forte que le dégoût inspiré par la corruption. M. Lachance n’en a pas moins droit à toute leur reconnaissance.

 

Même si le premier ministre Couillard faisait lui-même partie de ces ministres qui devaient récolter au moins 100 000 $ par année pour remplir les coffres du PLQ, ceux qui sont égratignés dans le rapport ont disparu du paysage politique. Il y a bien Julie Boulet, mais M. Couillard, dont elle a déjà été la ministre déléguée, a déjà d’autres raisons de la laisser terminer sa carrière sur les banquettes arrière.

L’opposition a raison de reprocher au gouvernement d’avoir refusé la tenue d’un huis clos, qui aurait permis aux journalistes de prendre connaissance du rapport à l’avance et de poser les questions pertinentes. Il n’est pas moins désolant d’en être réduit à ce péché véniel quand on pense à toute la magouille dont on aurait souhaité l’entendre rendre compte. Contrairement à François Legault, dont le parti n’a jamais été en position d’accorder le moindre contrat public, M. Couillard n’a même pas senti le besoin de s’excuser ni de rembourser.

Anticipant plus de dommages, le gouvernement s’était préparé à la publication du rapport. Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, avait déjà évoqué la création d’une Autorité des marchés publics, comme le recommande la commission. En d’autres circonstances, Renaud Lachance aurait certainement été un candidat de choix. Aujourd’hui, le retour d’ascenseur serait malheureusement un peu trop flagrant.

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57 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 26 novembre 2015 03 h 33

    Une critique inappropriée

    Le commissaire Renaud Lachance avait droit à son opinion quant à la preuve soumise. Les procès d'intention de favoritisme ou d'incompétence à son égard ne sont pas de mise. À moins de penser que l'opinion d'une émission de télé comme "Enquête" a plus de poids, de véracité, qu'un commissaire d'une commission d'enquête. Dans un Québec déboussolé, plus d'uns hélas le pensent. Troublant et désolant!


    Michel Lebel

    • François Dugal - Inscrit 26 novembre 2015 08 h 25

      S'il n'y a que l'émission "Enquête" qui révèle les maux de la politique, c'est que la justice est silencieuse et inopérante : ne trouvez-vous pas ça désolant, monsieur Lebel?

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 26 novembre 2015 08 h 57

      Donc les liberaux de Jean Charest sont blancs comme neige evidemment,c est ca qui est déboussolant.La peur de l'indépendance est plus forte que le dégout inspiré par la corruption.Un peuple soumis est constitué de citoyens sans éducation comme le veulent Couillard, Blais ministre de l.éducation,le président de la CIBC,meme la ministre Weil.ancienne étoile d'Alliance-Quebec.Nous maintiendront le cap sur l'honneteté et le pays. J-PGrisé

    • Bernard Dupuis - Abonné 26 novembre 2015 09 h 02

      Pour trouver le juste milieu entre la juge et le commissaire, ne faudrait-il pas une autre commission d'enquête sur la commission d'enquête? Il me semble que oui, sinon la réputation de l'institution des commissions d'enquête est ternie à jamais.

    • Gilles Delisle - Abonné 26 novembre 2015 09 h 04

      Malgré votre grand désarroi de juriste, M. Lebel, dans l'opinion publique, l'émission "Enquête" a plus de poids et de crédibilité qu'un commissaire d'une Commission d'enquête! Surtout après le dévoilement de ce rapport Charbonneau! Mais cette émission "Enquête" n'est pas une émission d'opinions comme vous le prétendez, mais une émission très sérieuse où les thèmes et surtout les enquêtes y sont rarement contestés par quiquonque.

    • Jean-François Trottier - Abonné 26 novembre 2015 09 h 49

      M. Lachance avait droit à son opinion et il l'a dite.
      Chaque personne a le droit par la suite de le croire ou pas. Pour ma part, je suis persuadé que sa position frôle le copinage ou pire.

      Je ne suis en rien déboussolé.
      Simplement, je connais l'histoire du Québec, le Parti Libéral, son immense réseau, et je vois chaque jour comment Couillard ment à tour de bras et sans la moindre honte.
      En ceci il n'est que le très digne héritier de Charest, et l'équipe actuelle est, si c'est possible, pire que celle du prédécesseur.
      Je n'ai pas attendu la Commission pour être persuadé que la pourriture est endémique chez les Libéraux.

      Poue le présent, il suffit d'écouter n'importe quel ministre, n'importe quel jour et sur n'importe quel sujet pour constater qu'il répète des lignes apprises par coeur. Ça, c'est le début de la malhonnêteté intellectuelle, qui ne reste jamais seule longtemps.

      Au départ, ces gens détestent l'État. Ce sont des démissionnaires en poste. Comment être honnête dans une telle position ?

      Je souhaite bonne chance à M. Lachance dans ses nouvelles tâches. Aucun doute qu'il a maintenant beaucoup d'amis.

    • Jean-Marc Simard - Abonné 26 novembre 2015 10 h 54

      «À moins de penser que l'opinion d'une émission de télé comme "Enquête" a plus de poids, de véracité, qu'un commissaire d'une commission d'enquête. »

      Sans le vouloir Monsieur Lebel, vous venez justement d'affirmer une grande vérité...Le travail de journalistes chevronnés comme ceux de l'émission enquête qui dénoncent des situations suspectes est plus crédible que celui réalisé par des avocats et des commissiaires lors des audiances publiques...Ceci pour une simple raison...Ils connaissent la vérité sur lesquelles ils ont enquêtées, mais, contrairement aux journalistes, ne la dise pas pour préserver leurs arrières politiques...Ils ont peur des corrupteurs...Les terroristes ne sont pas tous islamiques...Il y en a aussi au sein de nos soi-disant bon gouvernement...Les cours de justice sont là pour condamner les petits criminels, mais non ceux qui tirent les ficelles...Dire que la justice est égale pour tous ou que personne n'est au-dessus des lois est complètement faux... Il y a une justice pour les pauvres et pas de justice pour les riches...C'est malheureusement la réalité où notre condition humaine est trop souvent le reflet de manigances, de magouilles et de manipulations de nombreux politiciens qui se laissent corrompre par le pouvoir et l'argent...Connaissez-vous des politiciens qui demeurent vertueux une fois le pouvoir conquis ? Moi non...

    • Marc Tremblay - Abonné 26 novembre 2015 14 h 16

      Michel Lebel est un spécialiste des "avocasseries". Il défend toujours l'indéfendable, soir la roublardise du PLQ.

      On a jetté 45M$ aux poubelles et il ne semble pas s'en formaliser.

    • Michel Lebel - Abonné 26 novembre 2015 14 h 27

      @François Dugal,

      Une société qui perd confiance dans ses institutions, dont les tribunaux, les commissions d'enquête et ses représentants politiques, n'a pas un avenir bien rose devant elle. Le Québec connaît un crise morale bien profonde. Quand la perte de confiance et le cynisme règnent, oui! la crise est bien là.

      Michel Lebel

    • François Dugal - Inscrit 26 novembre 2015 16 h 02

      @Michel Lebel
      Vous avez raison, monsieur Lebel, "la crise est bien là".
      Et si elle est "là", qui l'a amené "là"?

    • Lucien Cimon - Inscrit 26 novembre 2015 20 h 09

      Le poids du plus simple bon sens, quoique vous disiez pour justifier cette aberration, aura toujours plus de poids que les tractations d'un commissaire à la pensée téléguidé par on sait qui.

    • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 26 novembre 2015 23 h 10

      Je vous lis tous en portant attention aux "likes" et j'hallucine! Ou suis-je?!?

      Faut-il soi-même manquer rudement d'Intégrité pour s'imaginer n'importe qui si facilement en manquer?

      La partie "octroi de contrats" des audiences était super plate, n'étant que succession de témoins harcelés de questions, pour constater au final qu'il n'y a pas eu de magouilles pour cet appel d'offres-la, etc, etc, etc.

      Tant qu'à dépenser vous en vouliez pour votre argent et vous êtes déçus car il n'y a pas assez de têtes libérales a avoir roulé?

      L'époque des jeux de Rome n'est pas si loin, après tout!

      Et il n'y en a pas un de la gang, ni un des "likeux", qui l'a suivi la commission! On se sent plus qualifié pour juger qu'un minable comptable n'ayant pas raté une seule portion de témoignage, en écoutant les "faits saillants" aux nouvelles...

      Je suis choquée! Vous êtes qui, vous? On a vu les tableaux affichant les dons respectifs a chaque parti pour chacune des compagnies qui furent citées. Toutes le même constat. On donne des sacrés magots, peu ou prou le même montant, au PQ et au libéral.

      Et ils n'en ont pas traficoté d'appels d'offres, les ministres libéraux, pendant la période du mandat, même si c'aurait été votre souhait le plus cher. Leur pire péché était le financement sectoriel et le PQ s'en est mis a quelques milliers près autant dans ses coffres, de cet argent anti-démocratique. En faisant croire à tout le peuple que cette grande famille était le fruit d'un rassemblement populaire de citoyens qui donneraient tout pour avoir leur pays et qui le subventionnent par conviction(!!!)

      Tant qu'à moi c'est mme Charbonneau qui manque de compétence pour avoir laissé la porte ouverte à tout ce radotage, alors qu'il n'est même pas justifié.

      Bravo M. Lebel, vous méritez plus que 4 likes, mais comme disent les Meilleurs Observateurs: "la Majorité a toujours tort!"

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 27 novembre 2015 00 h 08

      « On peut facilement imaginer la rage intérieure de Mme Charbonneau au moment de présenter son volumineux rapport sachant très bien qu’on retiendrait essentiellement les trois pages dans lesquelles son collègue exprimait son désaccord. »

      Je ne vois pas vraiment pas en quoi cela devrait l'enrager, à voir partout avec quel entrain on s'est servi de ces trois pages pour discréditer le commissaire Lachance et donner encore plus de poids à la suspicion exprimée par madame la juge. Curieux raisonnement. Quelqu'un peut m'expliquer?

    • Michel Lebel - Abonné 27 novembre 2015 09 h 16

      @ Lucien Cimon,

      Je demeure convaincu que cette commission a été mal administrée et que le travail a été bâclé. Le tout a d'ailleurs fini en queue de poisson. Je m'attendais à nettement mieux.


      M.L.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 26 novembre 2015 03 h 35

    Ce matin

    Ce matin, on est d'accord.

    PL

    • Robert Beauchamp - Abonné 26 novembre 2015 12 h 17

      Et comment donc on est d'accord, et plus. On apprend dans un extrait d'entrevue avec Me Sonia Lebel, qu'elle n'a subi aucune, mais aucune pression de quelque nature que ce soit. Impossible à réaliser quand vous naviguez dans ce genre d'eaux troublex à moins que... et voilà: à moins que vous ne fassiez que ce qu'il faut faire et en ce sens on n'a qu'à se remémorer l'interrogatoire de complaisance lors du passage de Nathalie Normandeau. Ajouté au mot à mot de l'avocat du parti libéral utilisé dans la dissidence de Renaud Lachance on se fait donc une idée qui dépasse le soupçon. Une petite gêne pour un retour d'ascenseur M. David? Au PLQ on connaît pas. Autant le Saint Esprit a éclairé les dirigeants de la Caisse pour nommer de façon subite Michael Sabia, autant la nomination indûment précipitée de Me Galant à titre d'Inspecteur général qui ne l'a pas empêché de dormier au gaz dans l'affaire des tuiles de l'arche du quartier chinois. Je vois très bien Ranaud Lachance vérificateur dans une grosse société d'état et pourquoi pas la future Comisssion des marchés publics. Et Sonia Lebel se ranger à nouveau comme simple procureur? Les post-it existent-ils encore? Comme les Libéraux disent toujours: l 'état ne peut se dispenser de tels talents. À suivre.

  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 26 novembre 2015 03 h 36

    Objecton, votre Honneur!

    M. David, sauf votre respect, vous induisez en erreur vos lecteurs.

    Je constate bien que vous ne vous êtes manifestement pas a mon instar tapé en entier ce drame judiciaire.

    "La formation et l’expérience de la juge Charbonneau dans l’appréciation de la preuve la rendent bp plus apte à lire entre les lignes des témoignages que la formation comptable de M. Lachance".

    Du tout!

    M. Lachance saisissait bp mieux l'État de fait. On le savait à la sagacité de ses interventions. La juge était bp plus naïve, elle ajoutait foi aux doléances des entrepreneurs décus rendant le MTQ coupable de leurs menus revenus. Un tas de papiers et témoins n'ont rien prouvé. Elle a chouchouté au Max Cloutier, justement au "développement des affaires", chez Roche. Il l'a fait, le show, enfin des gros noms! Plus tard, on apprenait que "sa" route a St-Donat était réglo, qu'il fut limogé par Roche faute d'avoir décroché un contrat, et que ce protégé de Me Lebel et de la juge s'est durant son témoignage parjuré plus de 20 fois.

    Ils ont épluché tout contrat suspect un par un, pendant des mois, un paquet de témoins, et tout était réglo.

    Nos ministres ne se font pas truands! Il rode plutôt chez les entrepreneurs la conviction que cotoyer et rincer l'élite fait décrocher plus de contrats... Comme jadis! L'élite profite a l'os de ce Mythe et n'a meme pas à magouiller pour que ces gens soient prodigues. Ils cotisent tous, car les partis envoient un tas d'avis de sollicitation "suggérant" des sommes impressionnantes, et qu'ils craignent cette rumeur de "retour d'ascenseur" que laisse volontiers planer les collecteurs.

    Finalement, votre texte ne blâme que le PLC, alors que les dons allaient tant au PQ qu'au PLQ.

    Après avoir "cancané" un siècle sur les "manœuvres déloyales" du PLC, je ne serais pas fière en tant que "parti des travailleurs" de m'être taillé un empire avec le blé illicite des patrons mués que par l'octroi de contrats et zéro par un Rêve d'un Pays...

    • Marc Davignon - Abonné 26 novembre 2015 10 h 13

      O! Il est dfcl de lr un txt avc des ctrt.

      De plus, M. David n'introduit aucunement les lecteurs en erreur. Si cela est le cas, alors, vous faites la même chose! Alors?

      Monsieur Lachance est bien un comptable de formation dans le domaine du «management» et de la fiscalité (voir sa note biographique), tandis que madame la juge est bien, elle est une juge qui a fait des études ... en droit!

      Que faut-il en conclure? Ce que Monsieur David en conclut : que Madame est plus à même de faire l'analyse des preuves que Monsieur qui lui, est plus habile à décortiquer les «montages» financiers!

      Or que dit Monsieur? Il n'a pas vu de «preuves directes». Ce que Monsieur Lachance aurait probablement désiré était de faire ce que Éliote Ness fit, jadis.

      En fait, Monsieur doit croire que la terre est plate et que le soleil tourne autour de la terre, car, il n'y a pas de preuve comptable directe qui prouve cela, seulement que des recherches scientifiques.

    • Michel Blondin - Abonné 26 novembre 2015 10 h 16

      Il est intéressant de voir ce point de vue, mais il mal fondé.
      En premier, il ne faut pas avoir suivi la commission pour affirmer que "les dons allaient autant au PQ qu'au PLQ". De plus, le montant 7.5 millions de PLQ non remboursés n'a pas de comparable.
      Sur le fond de la position du fiscaliste Lachance, il avait une panoplie de type de preuve à sa disposition dont la prépondérance de faits et d'événements, la probabilité la plus probante, la raisonnabilité des liens directes et mêmes indirectes, les preuves circonstancielles. La preuve indirecte m’apparaissait pertinente.
      Il a choisi la preuve béton qui n'existe que selon la condition du sceptique. C'est aussi celle du spécialiste qui tient mordicus à l'exception pour faciliter le client à se défaire d'une responsabilité, ce qui est le jeu du fiscaliste. Trouver l'erreur est un jeu d'enfant au point que depuis deux millénaires la règle est de suspendre son jugement par motif que le scepticisme a trop de force pour réfuter.
      Le jugement des hommes doit quand même se faire. De là, la prépondérance et la raisonnabilité en civil mais la preuve hors de tout doute au criminel raisonnable.
      Je demande donc à ce commissaire de se commettre, de s'expliquer, de motiver ou de se démettre sur ce positionnement.
      Sinon, avec votre réflexion, plus rien n'est déraisonnable!
      Sauf dans le monde de la tautologie, nous savons tous que la vie intellectuelle est un paradoxe et que notre raison, de croire ou d’affirmer, déraisonne facilement.

    • Marc Davignon - Abonné 26 novembre 2015 11 h 34

      @Michel Blondin

      Attaboy! Bien dit malgré. Bravo, aussi, pour l'utilisation de toutes les lettres dans vos mots, plus faciles à lire!

    • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 26 novembre 2015 13 h 17

      M. Davignon, moi je suis serveuse de formation, et pendant que Me Lebel et la Juge couvaient leur Cloutier, je me disais, "mais c'est d'une évidence manifeste que ce gars est le dernier des bonimenteurs et n'a pas la moindre crédibilité"! Guy Chevrette a du attendre un an pour pouvoir laver sa réputation, cette histoire complètement falsifiée de route perdue à St-Donat a couté des jours d'audience, alors qu'avec mon gros "training" de serveuse, j'aurais gagé ma vie que Cloutier n'était que la mouche qui fait avancer le cocher.

      Et Mme Balaise dans l'analyse de preuves l'a surprotégé contre l'avocate du PQ indignée et l'a traité comme un témoin précieux, alors que le petit comptable qui ne sait forcément que compter, lui, avait l'air bien sceptique...

      Je m'en fout de la formation, la lucidité, c'est inné. Et Lachance est bp plus clairvoyant que Mme Charbonneau.

      Et c'est lui qui a raison, il n'y a pas un seul ministre qui se soit salit dans le traficotage d'appels d'offres, simplement car ils ne risqueront pas leur Réputation et tous leurs acquis pour un forfait absolument vain, comme on a pu voir que toutes les entreprises donnaient grassement chaque année a chaque parti quoi qu'il advienne.

      Croyez-moi pas, mais c'est la vérité! Tous les entrepreneurs sont persuadés que la proximité des ministres et les dons faramineux donnent lieu a plus de contrats, mais la réalité sur le terrain est qu'il n'y a pas eu un seul ministre qui se soit effectivement ingéré dans l'octroi de contrats.

      Il y a juste des petits entrepreneurs convaincus que s'ils recoivent peu de contrats, c'est car ils n'ont pas les moyens de graisser le parti comme les autres, mais même si la populace voulait des ministres éclaboussés, la juge a eu beau s'acharner, elle n'a rien trouvé. Niet!

      Car même si ca fait un plaisir aux cyniques de croire qu'ils sont tous des pourris, les ministres restent simplement des citoyens s'octroyant les privilèges de l'élite. Pas des criminels!

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 27 novembre 2015 08 h 12

      «Je suis serveuse de formation» Et alors ???
      Quand vous avez appris à lire et à écrire et à penser... vous ne l'étiez pas.

      Et, à vous lire, votre métier ne semble pas nuire à votre «raisonnement personnel» qui lui n'est pas engluée dans les phrases toutes apprises par cœur de personnes qui les ont écrites avant. Vous êtes tout sauf un perroquet. Prenez le temps d'écrire les mots, ça vaut la peine; y a du talent là-dedans, y a de l'imagination, y a de l’indépendance d’esprit. Peu importe qu'on n'écrive pas «l'académique», on s'en fout ! On n’a pas de «carcan». C’est ça «la liberté de penser». On n’est pas tous d’accord, et alors !?!

      Les «grands» ne sont devenus grands qu’après avoir été «petits et inconnus» et ils sont devenus «grands» que lorsqu’ils ont décidés de «penser par eux-mêmes» et à l’encontre de ceux qui les entouraient. «Renter dans le rang» est la première condition pour être «oublié» ou «insignifiant». Osons !

      On ne dit pas la même chose et de la même façon que tout le monde ? Et alors !

      «Faire partie de l'élite n'est pas criminel», mais c'est agaçant râre pour ceux qui ne le sont pas. Y a des rois qui se sont fait décapités une fois la patience achevée. Le jour où la fièvre dépassera les bornes, ce ne sera pas joli. Le jour où la pôpulation sera tannée qu'un individu ramasse autant que le PIB d'une nation, ça va pas être beau. Les djihadistes actuels ne sont que la pointe de l'iceberg. L’empire romain a essayé de réagir et nous savons tous ce qui lui est arrivé.

      «Le cynisme est l'état juste avant la révolte.» C'est toujours une grave erreur d'en faire fi ou d’essayer de «l’écraser». Y a un point de ballant où tout bascule. Il y a toujours une goutte qui fait déborder le vase. Elle n'a même pas besoin d'être importante, juste «de trop».

      «L’Histoire est cyclique», toutes les encyclopédies le démontrent.

      PL
      (Menuisier)
      (Je ne suis pas «militant», j'observe et j'espère me tromper)

    • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 27 novembre 2015 18 h 19

      Très Honorable P.L, menuisier, ca ,c'est vraiment vraiment gentil d'avoir pris le temps de composer une réplique aussi profonde et édifiante en réponse à mon commentaire.

      Je fais justement ma maîtrise sur le conformisme et la perception. Je travaille sur des bouquins hyper instructifs pour la partie théorique de mon mémoire, genre:"qu'est-ce qu'un problème social aujourd'hui, repenser la non-conformité" ou "les concepts fondamentaux de la psychologie sociale", etc., et le but est de tenter de comprendre pourquoi l'anticonformisme dérange autant les gens qui pensent comme on leur a montrer à penser.

      Car depuis que j'ai 12ans, je suis persuadée que Brassens a écrit sa chanson "la Mauvaise Réputation" pour moi. Car partout ou je vais sans exception, "j'ai mauvaise réputation, que je me démène ou que je reste coi, je passe pour une je ne sais quoi, je ne fais pourtant de tort à personne, en suivant mon chemin de petit bonhomme, mais les braves gens n'aiment pas que, l'on suive une autre route qu'eux (bis), tout le monde viendra me voir pendue, sauf les aveugles, bien entendu"!

      Heureusement qu'il y a cette race de gens, dont vous êtes M. P.L, qui apprécient ces "libres penseurs" et même les encouragent. Semble-t-il qu'il soit totalement prouvé que les Femmes valorisent au bout le conformisme, alors que les hommes, eux, admirent davantage l'anticonformisme, ça expliquerait pourquoi j'ai toujours préféré l'autorité masculine que féminine. Je sais que mon aveu indignerait Julie Miville-Déchenes, mais elle ne pourrait dire que ce sont des préjugés, ce sont des généralités qui furent démontrées par des "gens de science". Juste pour votre information personnelle...

      En tout cas, merci, vous m'avez encore touchée et je suis réjouie d'enfer de voir que mon sujet de mémoire peut intéresser aussi activement d'autres gens hormis moi-même! A surveiller, disponible sur le net dans 4 ans!

      C.-A. B. ( serveuse rendue candidate à la maîtrise, malade mentale et B.S)

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 28 novembre 2015 10 h 04

      Moi madame, je ne suis qu'un «Rocker» des années 60 qui a lu plus d'encyclopédies que de thèses de «Grands penseurs» depuis l’âge de 7 ans. L’accumulation d’information que j’ai acquise me permet de me concocter ma propre pensée. Je peux être dans le champ ou à côté de la track, mais c’est «mon» champ et «ma» track. Je parle peut-être, des fois, à travers mon chapeau, mais c’est «mon» chapeau et non pas celui d’un autre. Je ne peux me «conformer» car je n’ai pas l’information ni la formation nécessaire «à qui» me conformer. Je ne peux pas me fier à ce que je ne connais pas. Ce qui me donne toute liberté de «penser». Les Universités, j’en ai bâti quelques-unes, mais quand les «profs» arrivaient, j’étais déjà parti. J’ai même bâti quelques hôpitaux, ce qui ne fait pas de moi un docteur, mais j’opère ;)

      J’ai 69 printemps d’alignés où j’ai amoncelé de l’information partout où je pouvais la trouver et je continue; pas des «opinions», de l’information, et maintenant que j’ai le temps, je partage mes conclusions «temporaires» qui progressent tous les jours. Car, il n’y a que la mort qui n’avance plus, ceux qui sont bien assis sur leur position et ceux qui «répètent» ce qu’ils ont lu de ceux qui ont écrit quelque chose «d’original».

      Bonne continuité. Rock n’ Roll. C’est un plaisir de ne pas toujours être d’accord avec vous, ça me tient sur les dents. Ça me fait… Réfléchir. Va falloir qu’ils m’enterrent pour que j’arrête de «Réfléchir», à ce moment-là… «Je saurai». En attendant, je ne suis sûr de «Rien», même les encyclopédies que j’ai lu sont passées date, c’est démontré tous les jours et il y encore «demain». Restons à l’affut.

      PL
      (Menuisier candidat à absolument rien, aucune idée si je suis malade ou pas et à ma retraite. Vive la liberté, je n'ai de comptes à rendre à personne.)

      En passant... Mon p'tit frère était commissionnaire qui transportait «à pied» des valises d'argent d'une grande bâtisse à l'autre; pas de «chèques», M. Lachance.

    • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 28 novembre 2015 16 h 39

      M.. P.L., Malgré tout le respect que je vous dois, l'histoire de votre petit frère ne fait que renforcer ma défense.

      Ce que je plaide, c'est que pendant le mandat couvert, c'est très important, ça, il n'y a pas eu le moindre ministre qui ce soit salit les mains dans le traficotage d'appel d'offres.

      J'explique: jadis, a l'époque où votre petit frère transportait des valises de cash a pied, ce qui vous a avec raison rendu très cynique envers les libéraux, il était monnaie courante de recevoir des pots-de-vin et trafiquer les appels d'offres. Et c'était un immense secret de polichinelle.

      Ce qui a eu pour conséquence que le gouvernement a créé un paquet de mesures pour qu'il soit à peu près impossible pour un ministre de s'ingérer dans les appels d'offres et qu'il soit puni très sévèrement un ministre qui parviendrait à truquer ce processus désormais extrêmement complexe.

      Faire facilement comme la gang, c'est une chose, mais devenir devenir un réel arnaqueur assez expérimenté pour déjouer le nouveau système sans laisser de preuves ni se faire dénoncer par personne, WOW! Une chose est sur, c'est loin d'être la majorité des ministres en tout cas, ce sont quand même que de simples citoyens que la population a élu dans le but qu'ils les représentent.

      On dit l'occasion fait le larron. Quand votre petit frère transportait des valises à pied, il y avait "l'occasion", a l'époque étudiée par le mandat, il ne l'avait plus du tout.

      C'est quelque chose de très gros "devenir un Criminel", je trouve ça mesquin de supposer ça de nos ministres. Normandeau était la plus patibulaire et je ne crois pas du tout qu'elle aurait les compétences et la stupidité pour truquer un appel d'offres.

      Alors, qui est le plus compétent, celui qui respecte son mandat et tient son bout pour que le peuple connaisse la vérité ou celle qui se base pour des ouïes-dires pour laisser tout le monde prendre son les ministres et M. Lachance pour des mécréants, hein, Mme Charbonneau?

  • Roland Dussault - Inscrit 26 novembre 2015 04 h 22

    LE MAILLON MANQUANT? (SUITE ET FIN)

    Ce montant était-il fourni comptant au chef libéral ? Cette question aurait pu être posée à Marc Bibeau s’il avait été convoqué... qui, vers la fin des travaux, était devenu la figure dominant la relation politique avec le monde des affaires. C’est en entendant ce personnage central, homme d’affaires, au réseau d’influence très développé, que la preuve se serait faite. 50,000$ par année – qui sont restés secrets au plan national pendant 10 ans, ont-t-ils conditionné le financement du PLQ ? Oui, c’est évident. Mais il fallait le démontrer… au moment où la Commission devait atterrir.
    Roland DUSSAULT

  • Marie-Claire Mailloux - Abonnée 26 novembre 2015 05 h 22

    Transparence

    Ça ne peut être plus clair!