La créativité retrouvée

Ameublement Trica est une entreprise fondée en 1988 à Saint-Jérôme.
Photo: Trica Ameublement Trica est une entreprise fondée en 1988 à Saint-Jérôme.

Le congrès de l’Association des fabricants de meubles du Québec (AFMQ), qui s’est déroulé dans la capitale du 19 au 21 novembre, a mis en lumière la renaissance et la créativité retrouvées des collections de meubles conçues et réalisées au Québec.

Cette vitalité perceptible chez nos manufacturiers témoigne de leur nouvelle stratégie novatrice qui mise aujourd’hui sur le design, la qualité de la fabrication, la personnalisation, un branding distinct et une mise en marché audacieuse.

Répondre à la demande ne suffit plus, il faut désormais la créer, ce qui semble être devenu le leitmotiv des leaders de cette industrie en pleine mutation. Attaqués et fragilisés au cours de la dernière décennie par l’arrivée massive de produits de fabrication asiatique à bas prix, notamment, à l’instar de l’industrie du textile, les fabricants, qui ont survécu à cette crise et vécu les faillites et les fermetures de plusieurs de leurs concurrents nationaux, ont su relever le défi avec maestria.

Une passion contagieuse

L’AFMQ est dirigée depuis moins de deux ans par un p.-d.g. à la passion contagieuse, Pierre Richard. Il a su mobiliser ses membres autour d’un noyau catalyseur et porteur d’une démarche créative hors du commun, qui fait de plus en plus rayonner le mobilier québécois, ici comme à l’étranger.

L’association a joué un rôle déterminant de guide, d’influenceur et d’initiateur de changement à l’heure du grand virage. M. Richard a également motivé sa garde rapprochée et son équipe, avec, comme résultat, un congrès qui a largement dépassé les attentes des participants. L’événement a été inauguré par le ministre Jean-Denis Girard, délégué aux Petites et moyennes entreprises, à l’Allégement réglementaire et au Développement économique régional.

Plusieurs personnalités et conférenciers de haut vol sont venus renseigner et inspirer l’assistance. Dès les premières heures de l’événement, les entrepreneurs et les designers furent en mesure de s’ouvrir à un monde de découvertes en faisant la visite guidée des laboratoires de FPInnovations, un des plus grands centres privés de recherche scientifique au monde, visant le soutien de la compétitivité du secteur forestier canadien.

Avec ses 525 employés à l’échelle canadienne, il est devenu un carrefour de recherche, d’innovation et de création de solutions d’avant-garde. Frédéric Dion, le jeune aventurier québécois qui a traversé l’Antarctique à ski, en solo, est venu donner tout son sens à la poursuite du rêve et du but ultime contre vents et marées qui hante tous les entrepreneurs.

Les problématiques

Pour cette industrie à la croisée des chemins, plusieurs ateliers ont abordé les véritables problématiques qui préoccupent ses acteurs, comme le transfert d’entreprise, un enjeu fort complexe qui se doit d’être structuré pour réussir. Le sujet de la relève, avec ses côtés humains et émotifs qui se déploient bien au-delà des considérations financières, fut exposé de façon rigoureuse, révélant ses aspects cruciaux trop souvent négligés.

Le conseiller Louis J. Duhamel, qui cumule plus de 25 années d’expérience en accompagnement stratégique et qui a dirigé une grande étude sur l’avenir du secteur manufacturier au Québec, a dévoilé la compétitivité des entreprises industrielles québécoises.

Sa conférence a notamment traité des transformations majeures observées dans le milieu, partout en Amérique du Nord, et des possibilités afférentes, ainsi que de l’importance d’accroître les investissements en automatisation. Les conclusions de ces statistiques pas toujours très reluisantes pour le Québec pourraient se résumer par cette phrase : « Le temps est venu de penser autrement et de faire différemment. Changer ou être condamné à disparaître, voilà la réalité. »

À coups d’humour

Le très coloré et charismatique Sylvain Guimond, psychologue des Canadiens de Montréal, a séduit tout le monde à coups d’humour et de gros bon sens en valorisant l’effort, l’attitude positive et le plaisir, un sentiment qu’il ne faut jamais négliger.

Enfin, on ne saurait passer sous silence l’apport du célèbre économiste et professeur à HEC Jacques Nantel à la réussite de ce congrès. Le spécialiste du marketing a révélé tout son savoir dans deux conférences qui ont décrypté très clairement les tendances actuelles et à venir.

La première s’est attardée aux éléments qui affectent aujourd’hui les comportements de plus en plus complexes des consommateurs, particulièrement ceux des générations X et Y, pour qui la recherche de la transparence, de l’équité et surtout la démonstration de la valeur réelle de l’offre s’inscrivent en tête de liste des priorités.

La seconde dressait un portrait des grands bouleversements qui touchent le commerce de détail en général, tout en proposant des solutions et des gestes concrets afin de savoir quand et comment s’adapter ou provoquer ces métamorphoses.

Le m-commerce

Nous vivons une véritable révolution qui n’a pas fini de nous forcer à être inventifs et à nous remettre continuellement en question avec les nouvelles technologies. Le Web, bien entendu, mais aussi le m-commerce (commerce mobile), la personnalisation des produits, le design thinking, la mouvance écoresponsable, le développement durable, l’engouement pour les produits recyclés et l’achat local… Tout cela va changer inévitablement la relation client-détaillant.

L’avenir devrait ainsi appartenir de plus en plus aux créatifs et aux audacieux qui sauront faire vivre une vraie expérience à leurs acheteurs avides d’être uniques. À l’heure du changement, les leaders de l’industrie du meuble, appuyés par la détermination de leur association, semblent prêts à relever les défis de demain.

Le carnet

On craque pour Haut + Fort

La dernière édition de l’événement Haut + Fort, le collectif regroupant plus d’une quarantaine de créateurs du design et de l’architecture, qui s’est tenu les 21 et 22 novembre à l’Université Concordia, a séduit les visiteurs de toutes les générations. Haut + Fort a su s’imposer, après seulement quatre éditions, comme un événement incontournable qui suscite l’intérêt et la fierté envers le design québécois.

Cette vitrine éphémère s’est dotée d’une très belle mission : rapprocher le public des designers en commercialisant leur production dans un environnement accessible et convivial. Chacun des produits exposés, qu’il s’agisse d’objets-cadeaux, de mobilier ou d’accessoires maison, possède une identité propre et reflète les tendances esthétiques actuelles.

Parmi les magnifiques collections proposées, tout le monde semble avoir craqué pour les cintres très stylés d’Anne Thomas, de Toma Objects, et pour les adorables cahiers de Diane Parenteau, de Couple d’idées. Ces deux créatrices et pasionarias sont à l’origine de ce marché design qui n’a rien de banal. Il ne faut pas hésiter à se procurer ces petites merveilles comme cadeaux de Noël. On peut également suivre le collectif sur Facebook.

Céragrès, 25 ans d’innovation

Guy Gervais, le président-fondateur de Céragrès, se démarque une fois de plus en misant sur le design, l’expertise et l’innovation. C’est le regard tourné vers l’avenir que Céragrès, le chef de file de l’industrie de la céramique au Québec, célèbre ses 25 ans, point marquant dans l’histoire de l’entreprise qui poursuit son plan de croissance en diversifiant l’éventail de ses produits. Dans un premier temps, l’espace de 4400 pieds carrés sur le boulevard Saint-Laurent doublera en superficie et deviendra le Centre de design, où toute la gamme de produits sera présentée.

Après la création d’un atelier de pierre, l’ouverture de la nouvelle salle d’exposition du Quartier Dix30, la revitalisation du réseau de distribution et l’acquisition de Montréal-Les-Bains, parmi d’autres réalisations, l’importateur et distributeur québécois n’en finit plus de faire des vagues et d’assurer son leadership. Comme l’exprime si clairement son p.-d.g. : « Chez Céragrès, le risque fait partie de notre ADN. Il est stimulant et inhérent à notre innovation. »

Deux nouveaux écrins pour les métiers d’art

La nouvelle boutique des métiers d’art de Montréal vient d’être inaugurée au 20, rue Saint-Paul Ouest, dans le Vieux-Montréal, alors que celle de Québec vient de rouvrir à la place Royale, après avoir été entièrement repensée et rénovée. Ces deux espaces invitants, aérés et lumineux, qui servent de superbes écrins aux oeuvres de nos créateurs québécois, ont été conçus et revisités par le designer Patrick Leblanc.

Les boutiques du Conseil des métiers d’art du Québec (CMAQ) sont des vitrines exceptionnelles pour ses membres, mais surtout, elles représentent des lieux de vente inégalés pour toutes les personnes à la recherche d’un produit unique et original fait au Québec.

Comme en témoigne Martin Thivierge, l’ardent directeur général du CMAQ : « Les boutiques métiers d’art du Québec sont des lieux ancrés dans la modernité, à l’image contemporaine qui met en avant la créativité sans limites et le travail de nos artisans de la façon la plus éclatante qui soit. »

Rappelons que le 60e Salon des métiers d’art de Montréal, en version réinventée, réunira près de 450 exposants en mode, design, gastronomie et art de vivre, du 10 au 20 décembre prochain à la Place Bonaventure. Ce rendez-vous propose cette année une foule de nouveautés, de découvertes irrésistibles ainsi que des conférences passionnantes, une édition tout feu tout flamme. Information: metiersdart.ca