Avoir la personnalité de l’investisseur

La personnalité influence l’acte d’investir. L’on ne place pas son argent de la même façon selon que l’on soit extraverti, aimable, consciencieux, émotionnellement stable ou ouvert à l’expérience.

Ces cinq traits de personnalité ont servi de base à la Commission des valeurs mobilières de la Colombie-Britannique pour identifier cinq profils types à partir d’un échantillon de 2407 Canadiens âgés de 35 ans et plus, soit ceux étant les plus susceptibles d’investir. L’Étude nationale sur l’investisseur avisé de l’organisme de réglementation propose ainsi cinq profils : le confiant, le diligent, le réservé, l’impulsif et le tumultueux. Sur un indice allant de 0 à 100 où la note de 62 situe le Canadien en général, qu’il soit investisseur ou non, les deux premiers vont obtenir un score supérieur à la moyenne lorsqu’ils sont confrontés à leurs objectifs de placement, à l’adéquation entre leurs placements et leur degré d’aversion au risque, à leurs connaissances et à leur confiance.

Et dans l’ensemble, faire affaire avec un conseiller élève la note moyenne à 70.

Plus en détail, le confiant et le diligent seront plus disposés à travailler avec un conseiller. Plus introverti, le diligent lira les rapports consciencieusement, mais ne s’informera pas de la rémunération ou des frais de gestion. Le réservé se veut introverti et moins ouvert à l’expérience mais très consciencieux. L’impulsif n’est pas consciencieux ni stable émotionnellement, mais sera plus agréable que la moyenne. Face à l’investissement, il est plutôt prompt et ne fait pas de recherche préalable.

Le tumultueux

Le tumultueux est à l’opposé du confiant quant aux cinq traits retenus. Face au placement, il est prompt à investir, mais pose des questions et se réfère à un plan. Sauf que, dans l’ensemble, il est moins enclin à investir et sera moins bien placé pour reconnaître les avertissements ou autres signes de malversation. On le retrouve plus souvent que les autres parmi les victimes de fraude.

Parmi les autres constatations dégagées de l’étude :

quoique 30 % des Canadiens de 35 ans et plus investissent avec l’aide d’un conseiller, plus de la moitié ne savent pas exactement ce qu’ils paient, et une proportion inférieure à un sur cinq sait comment leur conseiller est payé ou n’est jamais informée au sujet de la rémunération ;

six Canadiens sur dix (61 %) qui investissent avec l’aide d’un conseiller disent qu’ils lisent toujours les relevés qu’ils reçoivent ;

moins de la moitié (46 %) des Canadiens qui investissent avec l’aide d’un conseiller déclare en avoir vérifié les antécédents avant de commencer à travailler avec lui ;

parmi ceux qui disent avoir vérifié les antécédents, un peu plus de la moitié (53 %) ont vérifié l’inscription de leur conseiller.

Une proportion de 30 % des Canadiens de 35 ans et plus investissent avec l’aide d’un conseiller. Sur les 70 % qui ne recourent pas à un conseiller, 19 % sont des investisseurs autonomes. Par ailleurs, 52 % n’ont aucun placement.

« Les investisseurs reconnaissent que des responsabilités leur incombent. Une question de l’étude leur demandait lesquelles, parmi diverses responsabilités, ils estimaient leur incomber en totalité ou en partie lorsqu’ils faisaient appel à un conseiller. Le pourcentage d’accord le plus élevé qu’ait recueilli une responsabilité s’établissait à 76 % (poser des questions), tandis que seulement 40 % étaient d’accord qu’il leur incombait de conduire des recherches indépendantes », poursuit le document.

Mais au final, 57 % se disaient fortement d’accord ou d’accord avec l’affirmation voulant qu’ils comprenaient leurs investissements et le risque-rendement inhérent. Même pourcentage à l’affirmation voulant qu’il y ait adéquation entre leurs investissements et leur degré de tolérance au risque alors que 58 % se disaient confiants lorsque venait le temps de prendre une décision d’investissement.

Et 47 % affirmaient être fortement d’accord ou d’accord avec l’énoncé évoquant une connaissance des objectifs de placement et la confiance en l’atteinte de la cible.

Épargne retraite

Tout cela est à mettre en parallèle avec les résultats d’un autre sondage, réalisé pour le cabinet Mercer et mené auprès de 1000 employés canadiens. Ainsi, 64 % des répondants de plus de 35 ans disent regretter de ne pas avoir commencé à épargner plus tôt. « Pour beaucoup de travailleurs âgés de 50 ans et plus, les réalités de la retraite semblent sombres : travail à temps partiel, ajustement à un niveau de vie plus modeste et départ à la retraite retardé », indique Mercer.

Chez les 18-34 ans, 82 % considèrent qu’ils ont encore du temps devant eux pour rattraper leur retard dans leur épargne retraite.