La fin de la récréation

À partir de mardi, nous allons pouvoir passer à autre chose. La durée de la campagne électorale aura envahi notre quotidien pendant si longtemps que nous aurons probablement besoin d’un programme de désintoxication pour nous en sortir. Il y a eu de tout dans cette campagne : de l’exagération, de la manipulation, des mensonges gros comme des montagnes, des promesses absolument intenables et destinées à ne pas être tenues justement. Heureusement qu’il y a eu aussi quelques propositions intéressantes et quelques vérités indéniables qui ramenaient parfois un peu d’équilibre dans l’entreprise électorale qui aura duré 11 semaines. Nous sommes presque à la ligne d’arrivée. Enfin !

Et pourtant, à mon grand étonnement, même aujourd’hui il se trouve encore des citoyens et des citoyennes pour dire qu’ils ne savent toujours pas pour qui voter… On leur en a mis tellement dans les oreilles et les yeux qu’ils ne savent plus vers qui se tourner. Un peu comme si le père Noël avait envoyé son catalogue pour que chacun puisse choisir son cadeau mais qu’il y en a tellement qu’on ne sait plus ce qu’on désire vraiment.

Une amie m’a fait connaître le magnifique poème de Yolande Elebe ma Ndembo, une poète africaine de la République démocratique du Congo, et dont je vous offre des extraits : Je voterai.

Si tout se passe comme prévu 

Je me lèverai aux aurores

J’irai d’un pas décidé

Ma carte d’électeur à la main

Mon coeur battant la chamade 

Prête à remplir mon devoir de citoyen

Au nom du sang versé

Au nom des femmes violées

Au nom des enfants analphabètes

Au nom des victimes innocentes

Je voterai le coeur porté

Par le rêve d’un pays beau et stable

D’un pays grand et fier 

Me disant que ma voix compte

Mon vote est précieux

Je voterai

Pour ceux qui ne peuvent le faire

Comme si ma voix en valait un million

La lecture de ces quelques lignes m’ont convaincue de l’erreur que font ceux et celles qui disent qu’ils ne vont jamais voter ou ceux et celles qui disent trouver que c’est inutile de le faire.

Notre système, dans l’état actuel où il se trouve, est loin d’être parfait. Nous avons pu, à travers le temps, constater les abus, les tactiques sophistiquées que certains partis utilisent pour se placer en bonne position pendant une campagne électorale. Le rôle qu’y joue l’argent pourrait nous dégoûter totalement si nous savions tout. Mais, si nous en avions vraiment la volonté, nous, les simples citoyens, nous arriverions à ramener l’ordre et le respect dans le fonctionnement de la démocratie qui en prend sur la gueule en ce moment.

Cesser d’aller voter ne changerait probablement rien et permettrait à un leader fort de prendre le pouvoir pour lui d’abord et pour sa descendance par la suite, comme ça se fait dans tant de pays à travers le monde. Devant ce danger, nous avons intérêt à rester debout et à exiger de plus en plus de respect envers les électeurs et électrices.

Je voterai froidement sans état d’âme

Comme un soldat au combat

Tenant mon stylo, comme une arme

Visant pour abattre l’injustice

Tirant pour que l’égalité existe

Je voterai


Chez nous, cette fois-ci, tout indique que la participation électorale sera grande. Il y a un appétit pour une autre sorte de politique que celle que nous avons connue au cours de la dernière décennie. Est-ce que ce sera suffisant pour marquer une véritable rupture avec ce qui nous a heurtés pendant tout ce temps ? Rien n’est moins sûr, tellement les méthodes de marketing investies dans l’exercice finissent par tout mêler. Ces méthodes ont même remplacé la vie militante des partis.
 
On ne vote pas pour un candidat comme on peut le faire pour un cheval de course. Ce n’est pas de ça qu’il s’agit. Il ne suffit pas de regarder le cheval, de le trouver élégant ou de belle tenue. Chez l’humain qui prétend à la plus haute fonction, on est en droit d’exiger une feuille de route qui correspond à l’exigence que nous avons de ce qu’on appelle un honnête homme ou une honnête femme. Il y a de ces gens-là dans certaines circonscriptions. Au sommet… je vous laisse le mot de la fin. Vous avez encore le temps de faire le bon choix. Lundi soir, le rideau sera tiré.

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