Fonds d'investissement: Une année en or

Le secteur qui a dominé au chapitre des rendements en 2003, et ce, pour une troisième année consécutive, c'est celui des métaux précieux. Avec un rendement moyen de 40,9 % pendant cette période, les 14 fonds de métaux précieux canadiens ont su récompenser les investisseurs qui ont bien voulu accepter le risque associé à ce genre de placement.

Ce qui étonne relativement à la montée des métaux précieux et, en particulier, pour celle de l'or, c'est qu'elle s'est poursuivie dans un contexte de reprise boursière: habituellement, le contraire se produit avec une telle valeur refuge. En fait, le prix du métal jaune n'a cessé de grimper depuis le début de l'année, atteignant maintenant près de 420 $ l'once. Il s'agit d'une hausse de 20 % par rapport au début de l'année 2002 et de 50 % si l'on se reporte au début de l'année 2000.

Le recul de la devise américaine constitue la principale raison avancée pour expliquer cette situation. Et, en ce qui concerne le recul du billet vert, il provient surtout des importants déficits commerciaux et budgétaires enregistrés par notre voisin du Sud.

Mais peu importent les raisons des fluctuations de la valeur de l'or, une chose est sûre: plus son prix grimpe, plus les investisseurs devraient redoubler de prudence. N'oublions pas que l'or avait déjà atteint plus de 680 $ l'once en 1980 pour, par la suite, s'effondrer à 300 $ en 1985 et, en tout et partout, ne rien faire de bon jusqu'au début de l'année 2000.

D'autres secteurs...

En 2003, un autre secteur a également attiré l'attention: les petites capitalisations canadiennes. Contrairement au secteur aurifère, les progrès de ce secteur ne constituent pas une surprise. En période de reprise, la flexibilité des petites entreprises tend à les avantager. Notons également le fait qu'elles sont moins affectées par les variations du taux de change que les grandes entreprises: le caractère local de leur clientèle les met à l'abri.

Quant aux fonds qui ont obtenu de piètres performances en 2003, on note ceux du marché monétaire. Leur rendement moyen pour l'année dernière est de 1,85 %, un rendement légèrement supérieur à celui des certificats de placement garanti (CPG) d'un an offerts par les différentes banques canadiennes.

En fait, les fonds du marché monétaire sont victimes de leur mandat. Ces produits doivent investir l'ensemble de leur actif dans des liquidités et des titres de créances qui viennent à échéance, au plus tard, dans les 365 jours et qui ont une échéance moyenne maximale de 90 jours. Vous trouverez donc, dans ce genre de fonds, des bons du Trésor, des papiers commerciaux, des certificats de dépôt ainsi que des obligations canadiennes à très court terme. Tous ces produits, à cause de la faiblesse des taux d'intérêt, offrent actuellement de piètres rendements.

Horizon de placement

Sachez que certaines catégories d'actif représentent de meilleures perspectives de rendement si vous avez un horizon de placement supérieur à quelques années. Un exemple: les fonds hypothécaires offrent une grande sécurité tout en permettant l'obtention de rendements supérieurs à ceux du marché monétaire. Ainsi, le fonds Banque Nationale Hypothèque n'a jamais obtenu de rendements négatifs au cours d'une année civile depuis sa création en 1991. Et, le rendement à long terme est tout de même acceptable: 5,7 % sur 10 ans.

Les fonds d'obligations canadiennes ont pour leur part affiché des rendements moyens de 5,1 % pour 2003. Les fonds d'obligations canadiennes à courte échéance, soit ceux dont la sensibilité au taux d'intérêt est moindre, ont obtenu des rendements de 3,2 %. Malgré cette performance, les obligations gardent leur raison d'être par rapport aux fonds d'actions: si l'on croit au principe de la diversification, cette classe d'actif permet à un portefeuille de mieux réagir en période d'incertitude économique.

Encore une fois, et c'est un principe, il importe de rappeler qu'on ne se base pas sur les performances des dernières années pour choisir un fonds. Et ce conseil s'applique davantage aux secteurs qui ont le plus étonné par leur rendement. Les fonds de métaux précieux, avec une augmentation cumulative de près de 250 % sur trois ans, sont un bon exemple de domaine où il est dangereux de s'aventurer. Ajoutons également que les transferts d'avoirs entre les différentes classes d'actif devraient toujours être effectués de façon lente et méthodique, question d'amoindrir le risque de nos décisions.

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L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et dans la gestion privée.