Technologie - Zappa l'avait prédit

En 1983, Frank Zappa prévoyait déjà la fin de l'industrie du disque.

Le procès opposant la succession du musicien Frank Zappa aux ameublements Tanguay a fait les manchettes la semaine dernière. Cependant, saviez-vous que, dans une étude réalisée en 1983 et publiée dans son autobiographie, le brillant musicien prévoyait déjà la fin de l'industrie du disque?

Dans un document publié en 1983 et intitulé Proposition pour un mécanisme destiné à remplacer la vente de disques, le musicien Frank Zappa prévoyait déjà un monde tout numérique où le disque serait appelé à disparaître et où les consommateurs téléchargeraient de la musique à la carte, tout ceci alors que le disque compact venait à peine de naître, et qu'Internet n'était accessible qu'aux militaires et aux centres de recherche.

Selon Frank Zappa, il s'agissait de tirer profit des aspects positifs d'une menace planant sur l'industrie du disque, à savoir la démocratisation de la cassette audio. Difficile, sinon impossible de ne pas faire de parallèle avec les problèmes que connaît actuellement l'industrie du disque.

En termes clairs, Zappa prévoyait déjà que le grand enjeu de son projet était l'acquisition des droits de reproduction numérique du meilleur de toutes les compagnies de disques, de sauvegarder les fichiers numériques dans un lieu unique et de permettre aux consommateurs de les télécharger par téléphone et par câblodistribution directement sur un appareil numérique tel l'enregistreur numérique du temps, le Sony PCM-F1, un appareil beta Hi-Fi ou encore, un simple cassettophone.

De frais mensuels raisonnables auraient permis aux consommateurs d'avoir un accès illimité à cette base de données musicales.

Un appel

À la fin de son document, Zappa lançait un appel aux éventuels investisseurs ainsi qu'aux bidouilleurs de tout acabit pour permettre la réalisation de ce projet. De dire Zappa, tout le matériel nécessaire à la réalisation de ce projet était disponible. Il ne suffisait que de relier le tout ensemble pour mettre fin à l'industrie du disque (et par le fait même, lancer une nouvelle industrie, celle de la musique).

Permettez-nous de conclure sur ce mot de Zappa, qu'intentionnellement, nous ne traduirons pas, pour ne pas en dénaturer la substance: «They [consummers] are willing to go to some trouble and expense to have high quality portable audio to use as wallpaper for their lifestyle.»

Il y a 30 ans, bien avant tout le monde, Frank Zappa avait tout compris les enjeux du numérique et les dangers auxquels auraient à faire face les industries culturelles.