L’agroalimentaire, une vache à lait oubliée de la politique

Les questions liées aux enjeux alimentaires et à l’agriculture sont reléguées à l’arrière-plan de la présente campagne électorale.
Photo: Amel Emric Associated Press Les questions liées aux enjeux alimentaires et à l’agriculture sont reléguées à l’arrière-plan de la présente campagne électorale.

L’histoire se répète et, à chaque élection, provinciale ou fédérale, l’agroalimentaire n’intéresse que peu les chefs politiques. Pourtant, on parle de libre-échange, de quotas, de partage alimentaire, mais en réalité, bien peu du stress de tous les instants que vivent nos producteurs agricoles.

Toutes les PME de l’agroalimentaire jouent un rôle fondamental dans notre économie. Les producteurs, autant que les transformateurs et les artisans, se sentent réellement comme les oubliés du système. Les difficultés de percer les marchés étrangers et le manque d’aide concernant les différentes législations des pays concernés freinent d’emblée bon nombre de petites entreprises qui, néanmoins, réussissent fort bien grâce à leur créativité.

Pour ces PME et ces artisans qui se sentent bien seuls devant une mondialisation inévitable, nul doute que les services proposés actuellement ne sont pas adaptés à la réalité des marchés. Ils attribuent souvent cette réalité au fait que les fonctionnaires, tant provinciaux que fédéraux, sont déconnectés de la réalité. De plus, on coupe les liens intermédiaires des délégations du Québec à l’étranger, qui, selon de nombreuses PME, étaient le relais direct entre les clients à l’export et les entreprises.

L’agriculture est pourtant une nécessité. Nourrir la planète devrait être, comme l’environnement, un sujet clé, mais il est très peu abordé lors des différentes présentations des candidats au titre de futur premier ministre du Canada.

Des besoins qui changent

Il est difficile de prévoir l’avenir de l’agroalimentaire dans le monde. La sécheresse bien présente en Californie, par exemple, et le réchauffement climatique planétaire sont des préoccupations de tous les instants pour l’agriculture et ce qui en découle : la transformation alimentaire.

De plus, au fil des années, les besoins des consommateurs ont changé. Certains aliments sont réservés à une élite pouvant se les offrir. Et la diversité alimentaire oblige les fabricants à jouer de créativité pour convaincre les consommateurs.

Les poissons d’élevage remplacent de plus en plus les poissons sauvages dans notre assiette, alors que le boeuf, qui a subi depuis trois ans des hausses de prix successives, atteint des sommets, obligeant certains consommateurs à se rabattre sur d’autres sources de protéines.

L’augmentation du prix des céréales est un facteur important pour la nourriture des animaux, la fabrication des pâtes alimentaires ou simplement son incidence sur le prix du pain.

De nombreuses questions se posent concernant le commerce international et le libre-échange en général, surtout à l’égard de nos voisins américains. Ce que proposent nos fermes à dimensions humaines ne peut rivaliser en équité avec l’ampleur de certaines fermes états-uniennes, tant laitières que bovines ou porcines.

Les efforts que fait le gouvernement américain avec les producteurs acéricoles du Vermont pour acquérir de nouveaux marchés inquiètent à long terme les producteurs de sirop d’érable au Canada. En fait, la question à se poser, et qui nous rattrape souvent, concerne la volonté de s’alimenter en consommant des produits locaux. Est-ce vraiment une priorité chez les consommateurs d’ici ?

La qualité pour la différence?

En tenant compte de la qualité fromagère que l’on produit maintenant, on peut facilement envisager d’exporter ce que bon nombre de gens qualifient de savoir-faire québécois.

Même chose pour nos vins ou cidres de glace, notre sirop d’érable, notre porc ou encore pour certains produits qui affichent, en plus de l’originalité, une qualité d’exception que recherchent les épicuriens. Pour plusieurs, c’est la seule façon de se différencier à l’heure de la mondialisation commerciale de l’agriculture.

On le sait fort bien, des produits comme le parmigiano reggiano, le jambon serrano ou le piment d’Espelette, ou encore le café Blue Mountain, pour ne nommer que ceux-là, ont acquis leurs lettres de noblesse sur la grande table des produits d’exception labellisés.

Les besoins de base pour la consommation humaine sont toujours bien présents, mais hélas ! il faut l’avouer, une partie de la population gaspille les produits dont l’autre partie, plus pauvre, aurait grandement besoin. Mais une prise de conscience pour l’agriculture raisonnée, sans nécessairement être à tout prix biologique, incite une partie des consommateurs à mieux s’alimenter.

Au cours des prochains débats, aucun des leaders politiques ne parlera des enfants, des aînés, des sans-abri ni de ceux qui ne peuvent manger à leur faim tous les jours. Ni non plus du problème des pêcheurs et du manque de ressources dans les océans.

Il est évident que les grands débats des chefs portent davantage sur des thèmes de santé et d’économie et qu’ils oublient que l’agriculture et la pêche font partie de tout cela.

Découvertes

Première Moisson dans les pommes

Innovatrice dans la boulangerie au Québec, Première Moisson propose durant tout l’automne de nombreuses spécialités à partir des pommes du Québec. Carré aux pommes, pain aux pommes et érable et, surtout, à découvrir, une merveilleuse tarte aux pommes et confiture de lait à l’érable d’un équilibre sans égal. Dans toutes les boulangeries Première Moisson.

 

La bibliothèque gourmande

Le Paris des huîtres
Mireille Guiliano
Éditions de l’Homme
Montréal, 2015, 179 pages


L’auteure nous fait découvrir le Paris et la vie des écaillers et des petits cafés qui offrent des huîtres, nous explique où les acheter, où les trouver, comment elles sont répertoriées, etc. Un livre passionnant qui révèle l’histoire d’un mollusque dont Casanova ne pouvait se passer.

Le Paris des huîtres

Mireille Guiliano Éditions de l’Homme Montréal, 2015, 179 pages