Voile politique

C’est un fait, le niqab dérange, choque même, la majorité des citoyens. Le proscrire en certaines circonstances a beaucoup d’adeptes. Cérémonies d’assermentation des citoyens, exercice du droit de vote, offre de services publics, voilà qui est matière à débat. Mais peut-on le faire sans prendre en otage la poignée de femmes qui portent le voile intégral ?

L’utilisation populiste de cette question par certains chefs et partis dans le seul but de dénigrer leurs adversaires et de glaner des votes est franchement dérangeante. Le Parti conservateur et le Bloc québécois en sont les premiers coupables. Ils se défendent de faire preuve d’opportunisme, mais les publicités bloquistes lancées cet hiver et la semaine dernière pour attaquer le NPD ne cherchaient pas à éclairer les électeurs, mais à les braquer contre les néodémocrates.

Les conservateurs ne sont pas mieux. Quand le ministre de la Justice est gardé dans l’ombre pour permettre à des candidats, dont Denis Lebel, d’annoncer la décision de faire appel, puis celle de demander la suspension du jugement et, quelques jours plus tard, pour nous faire savoir que les documents nécessaires ont été présentés, on est face à une exploitation sans vergogne de l’affaire à des fins purement électorales. Normalement, tous ces gestes sont posés en même temps, et on n’en fait pas un plat.

Le chef libéral Justin Trudeau a utilisé la controverse à sa façon en accusant directement ses adversaires d’alimenter les divisions entre Canadiens. Politiquement coincé, le chef néodémocrate Thomas Mulcair a sorti ses pincettes, patiné un peu, avant d’écarter mardi l’idée d’une loi interdisant le port du voile intégral lors des cérémonies de citoyenneté.

 

Mais tous ces chefs embrouillent le débat en liant constamment la Charte des droits et libertés au jugement de la Cour fédérale (confirmé par la Cour d’appel) sur le port du voile intégral lors des cérémonies d’assermentation. En agissant de la sorte, ils permettent aux conservateurs de ne pas rendre de comptes quant à un abus de pouvoir du ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration.

Car c’est de cela qu’il est question. Dans sa décision sur le niqab, le juge Keith Boswell a pris le soin de préciser qu’il ne répondait pas aux questions constitutionnelles soulevées par la plaignante Zunera Ishaq. Il s’en est tenu au conflit existant entre une directive ministérielle et la Loi sur la citoyenneté. Dans cette directive prononcée en décembre 2011, le ministre de l’époque Jason Kenney ordonnait de ne pas accorder la citoyenneté à une personne refusant de se présenter à visage découvert à une cérémonie d’assermentation. Selon le juge Boswell, cela contredisait la discrétion en la matière que la loi accorde aux juges de citoyenneté.

Si le gouvernement voulait restreindre cette discrétion, il n’avait qu’à changer la loi. Il a plutôt porté la cause en appel. Ce n’est qu’en juin dernier qu’il a présenté un projet d’amendement, sachant très bien qu’il n’aurait pas le temps de le faire adopter.

Les conservateurs font de l’esbroufe, bombent le torse, promettent une loi dans les 100 jours suivant leur réélection. Ce sont les mêmes qui promettaient d’agir au sujet de l’exercice du droit de vote à visage découvert, une question dont certains partis ont fait leurs choux gras en 2011. Leur réforme en profondeur de la Loi électorale de 2014 n’en souffle pas mot.

 

Les conservateurs ont démontré leur incohérence et leur double jeu. Tout dans ce dossier du niqab sent, chez eux, la récupération politique. Seraient-ils prêts à aller jusqu’à invoquer la clause dérogatoire si cela s’avérait nécessaire ? Stephen Harper a esquivé la question mardi.

M. Duceppe, en revanche, a, à bien des égards, le courage de ses convictions. Jugement ou pas, il veut depuis longtemps une loi qui exige le vote et les cérémonies d’assermentation à visage découvert. Il est même prêt à recourir à la clause dérogatoire.

Justin Trudeau en fait depuis le début une affaire de respect des droits fondamentaux, mais il esquive maintenant le débat pour dire qu’il se concentre sur l’économie. Thomas Mulcair en fait aussi une affaire de respect des droits et libertés. Pas question de légiférer, dit-il, mais pour se justifier, il cite le jugement, dont il déforme le sens. « Il faut lire le jugement, disait-il encore mardi. On ne peut le faire, c’est ce qui est écrit. »

Gilles Duceppe se défend en disant qu’« ignorer cela, ce serait ignorer les femmes ». Je veux bien, mais les partis pourraient-ils faire autant de bruit autour d’enjeux qui touchent encore plus de femmes, comme la violence sexuelle, la violence conjugale, les écarts de salaire et ainsi de suite ? Et que dire du millier de femmes autochtones tuées ou disparues ?

Il n’est pas question d’ignorer la montée des intégrismes et leur manifestation dans l’espace public, mais ce n’est pas en transformant quelques femmes en chair à canon électorale qu’on fera avancer les choses. Quand, dans ce genre de débat, des chefs manquent de hauteur de vue et ne cernent pas la juste mesure du problème, ils alimentent, qu’ils le veuillent ou non, les préjugés contre les musulmans et les Arabes, et c’est désolant.

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65 commentaires
  • Christian Montmarquette - Abonné 23 septembre 2015 04 h 57

    Les conservateurs pour le niqab dans la fonction publique

    Les conservateurs auront beau dire n'importe quoi, ils nagent en pleine contradiction, quand ils font opposition au niqab dans les cérémonies d'assermentations, mais qu'ils sont en faveur dans la fonction publique.

    Christian Montmarquette

    Référence :

    «Les conservateurs pour le niqab dans la fonction publique»

    - Dominique La Haye, Canoe 11-03-2015

    • Serge Morin - Inscrit 23 septembre 2015 13 h 33

      Monsieur
      Bravo pas une seule critique sur le PQ ou son chef
      À marquer d'unsignet
      Mais attendons.....

  • Yves C Dubé - Abonné 23 septembre 2015 07 h 11

    Voile et obscurantisme

    Le fait que le ministre ait outrepassé ses pouvoirs n'annulle pas la volonté d'une population démocratique de demander de vivre en société à visage découvert et de ne pas retourner au Moyen Âge.

    • Christian Montmarquette - Abonné 23 septembre 2015 09 h 41

      «Le fait que le ministre ait outrepassé ses pouvoirs n'annulle pas la volonté d'une population démocratique de demander de vivre en société à visage découvert et de ne pas retourner au Moyen Âge.»-Yves C Dubé

      À Yves C Dubé,

      Ce n'est certainement pas 60 femmes au Québec qui vont faire retourner notre société au moyen âge.

      Et tant qu'à parler d’obscurantisme et attaquer les religions moyenâgeuses..

      - Pourquoi n'attaquez-vous pas la religion catholique, dont les sœurs portent aussi le voile; qui refuse la prêtrise aux femmes; décrète que l'épouse doit obéissance à son mari; que la femme ne peut refuser de relations sexuelle à son mari; et n'a pas le droit de se faire avorter même quand elle se fait violer?

      Quand on pointe quelqu'un du doigt, il y a trois doigts qui pointent vers soi.

      Christian Montmarquette

    • Johanne St-Amour - Inscrite 23 septembre 2015 12 h 55

      À partir de combien de personnes portant le niqab, cette situation pose-t-elle problème, si on suit votre jugement? Parce que cette affirmation suppose effectivement qu'il y a problème, mais à partir d'une certaine quantité.

      Dans un article intitulé «Le niqab et l'argument du nombre peu élevé», Rénart Léveillé, souligne que cet argument pourrait également être utilisé pour les signes religieux ostensibles portés par des employés de l'État. Et il souligne: «Est-ce qu’on se pose la question à savoir s’il y a un nombre assez grand de femmes et d’enfants maltraités pour mériter notre indignation? Est-ce qu’on se demande, avant d’être outré, s’il y a assez de victimes et de bourreaux? Est-ce qu’on devrait calculer le nombre des injustices pour savoir si on a le droit de les qualifier ainsi?»

      Et il conclue en affirmant: «Donc, la question n’est pas de savoir s’il y en a trop peu pour s’inquiéter ou déjà trop et qu’il est trop tard. En dehors du laxisme des uns et de l’exagération des autres, je préférerais que l’on se pose plus la question à savoir si ce phénomène est socialement acceptable que s’il est en phase avec la liberté individuelle. Et toutes ces questions, et toutes les réponses et opinions qu’elles suscitent ne devraient se voir amoindries, voire tues sous le poids de la honte, par ce nombre peu élevé.»

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 23 septembre 2015 13 h 08

      M. Montmarquette, contrairement à ce que vous prétendez, toutes les religions ne sont pas égales. Ensuite, il n'y a qu'une religion, en ce début du 21e siècle, qui s'impose dans la sphère publique, revendique des accomodements et exerce une très forte influence sur les politiques et le système judiciaire. Vous n'avez qu'à ouvrir les journaux et visiter quelques écoles, collèges et universités, ainsi que de plus en plus de milieux de travail, pour vous en rendre compte.

      Le débat tourne en rond depuis déjà trop longtemps, justement à cause du déni de la réalité et de l'entêtement de plusieurs à croire que toutes les religions s'équivalent. Il n'y a rien de plus faux.

    • Loraine King - Abonnée 23 septembre 2015 13 h 26

      Que penser de la société civile qui permet à des personnes masquées d'empêcher la libre circulation de tous les citoyens sur la voie publique sous prétexte que la démocratie nous donne la liberté d'expression et de se rassembler.

      Tant qu'à interdire qu'on se cache le visage, interdisons-le à tous, quand il faut plus de -20 degrés celcius. Si c'est soixante femmes sont dangeureuses les manifestants masqués le sont tout autant.

    • Serge Morin - Inscrit 23 septembre 2015 13 h 32

      Et c'est parti

    • Yvon Hachey - Inscrit 23 septembre 2015 14 h 16

      M. Montmarquette, vous faites souvent de bons commentaires et je vous en remercie; toutefois, dans ce débat vous faites fausse route. D'ailleurs, d'où tenez-vous votre chiffre de 60 femmes au Québec, car je demeure à Montréal et j'en vois régulièrement. Comme le précise Mme Lapierre dans son argumentation, il devient nécessaire de baliser les droits strictement individuels contenus dans les Chartes par d'autres droits de nature collective qui viennent les contrebalancer et affirmer notre vouloir vivre collectif au sein de valeurs communes et largement acceptées. Ne rien faire ou nier ces problèmes de «valeurs» ne va que les exacerber et les amplifier, surtout en accueillant davantage d'immigrants de confession musulmane. Soyons clairs sur qui nous sommes et nos valeurs fondamentales, notamment celle de la laïcité et de l'égalité homme-femme. C’est d’ailleurs une responsabilité dont nous ne pouvons nous soustraire, pour nous mêmes, et pour ceux et celles qui veulent s'y établir.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 23 septembre 2015 14 h 48

      Très bien formulé, monsieur Hachey.

    • Christian Montmarquette - Abonné 23 septembre 2015 15 h 41

      «À partir de combien de personnes portant le niqab, cette situation pose-t-elle problème..» -Johanne St-Amour

      Mme St-Amour,

      Ne voyez-vous pas que toute cette controverse alimentée par le Bloc et le PC autour du niqab est clairement instrumentalisée à de strictes fins électorales et qui porte sur une simple directive ministérielle, n'a rien à voir avec un véritable débat sur l'égalité et la situation sociale et générale des des femmes?

      Réduire ce débat à cet unique élément dans une campagne partisane qui ne concerne qu'une infime minorité de femmes dans la situation Québécoise et canadienne est pratiquement une manière d'éviter le sujet et de voiler le véritable et large débat d'ensemble.

      En tous cas, ce n'est certainement pas avec des conservateurs machistes et rétrogrades comme Harper que la cause féministe trouvera des adeptes. Et qui plus est, des conservateurs qui peuvent compter sur la contribution du Bloc pour combattre le NPD et les aider à se faufiler dans une élection de toutes évidence très serrée pour reprendre le pouvoir.

      Merci de votre intérêt.

      Christian Montmarquette

    • Pierre M de Ruelle - Inscrit 24 septembre 2015 08 h 52

      La journaliste faisant la part des choses , e vous devriez tenir compte des ecrits de Mr Montmarquette, qui est est esprit eclaire, tolerant...
      Rappel : 60 personnes dans votre province portent un voile integral donc cesser de vous voiler l'esprit! la Paranoia est une maladie insidieuse et tres communicative pour des esprits faibles et non eclaires..

    • Johanne St-Amour - Inscrite 24 septembre 2015 09 h 08

      M. Montmarquette,

      Vos propos me semblent davantage alimentés par la peur que le NPD ne soit pas élu que par la cause féministe.

      Tous les partis tentent de tirer avantage des questions qui font l'actualité durant la campagne. Le NPD le fait comme les autres.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 24 septembre 2015 12 h 58

      Les esprits faibles et non éclairés (sic), M. de Ruelle, sont ceux qui adhèrent à la Pensée unique et se laissent submerger dans le Mensonge et la Propagande.

  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 23 septembre 2015 07 h 26

    Un choix qui est politique

    Opportunisme électoral ou non, ce débat mérite d'avoir lieu dans un pays aux racines chrétiennes et valeurs occidentales. Oui, la loi devrait être changée d'urgence, car notre État de droit a été a élaboré alors qu'une seule religion prévalait et que les citoyens provenaient pour la vaste majorité de pays aux racines chrétiennes. Osons espérer que toute modification de la loi aura pour but principal de préserver notre patrimoine culturel, voire notre civilisation, qui est le fondement de ce pays où il fait si bon vivre, car ce n'est certainement pas le climat qui attire tant de gens. Il est grand temps que le pays d'accueil pose des balises et des obligations aux nouveaux arrivants, quoique les politiques multiculturalistes soient un obstacle en ce sens.

    Oui, le voile est politique, le cheval de Troie de l'islamisation. Oui, il est prosélytique et vient changer toute la dynamique social. Oui, il est l'expression du refus des valeurs, us et coutumes que partagent la vaste majorité des citoyens canadiens. Ces femmes qui choisissent de revendiquer le droit de le porter même pour être assermentées en tant que citoyennes se font porteuses de ce message on ne peut plus clair.

    Encore une fois, il faut examiner ce débat dans un contexte global, et surtout se tourner vers le vieux continent pour mieux comprendre cette mouvance bien réelle qu'est l'islamisation.

    Cela devient l'évidence même lorsqu'on apprend que le nouveau président du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU n'est nul autre que l'Arabie Saoudite qui condamne à une mort atroce tout apostat de l'islam (Ali Mohammed Al-Nimr) ou à des tortures qui provoquent inévitablement la mort (Raïf Badawi).

    Il ne s'agit pas d'une revendication de droit individuel, mais bien d'une mouvance politique.

    • Christian Montmarquette - Abonné 23 septembre 2015 09 h 17

      «Ce débat mérite d'avoir lieu dans un pays aux racines chrétiennes et valeurs occidentales.»- Jocelyne Lapierre

      Après 9 ans! de discussions sur les accommodements raisonnables et 6 mois!! de débats sur la Charte des valeurs plus un mois de débats aux élections du Québec en 2014, où le PQ a, lui aussi, malicieusement instrumentalisée le voile pour polariser le vote et faire diversions de son bilan politique et économique... Vos idées ne sont encore pas suffisamment claires et vous sentez encore le besoin d'en parler?

      À mon avis après 9 ans, les citoyens ont bien assez délibéré, et ce sont nos lâches de gouvernements qui refusent de trancher et laisse pourrir le débat dans la société.

      Christian Montmarquette

    • Jean-Marc Simard - Abonné 23 septembre 2015 09 h 30

      Selon la boussolle électorale 72 % de la population canadienne se dit contre le port du niqab lors d'une cérémonie d'assermentation...Et pourtant nos politiciens, surtout Justin Trudeau, continuent à affirmer que le droit individuel doit être protégé, conformément à l'idéologie du multiculturalisme...C'est vraiment du n'importe quoi...Que fait-on du droit collectif...Ce dernier dit non à 72 % et nos politiciens ne prennent pas position ou prennent une position erronée...Qui mène dans ce pays la démocratie populaire ou l'autocratie d'un petit groupe...Dans tout pays en santé, le droit collectif doit toujours primer sur le droit individuel...Sinon il n'y a pas de pays...Alors, politiciens, si vous n'êtes pas capable de faire respecter notre démocratie et le choix de la collectivité, cédez votre place...Votre mollesse vous récuse...

    • Louise Melançon - Abonnée 23 septembre 2015 10 h 29

      Vous avez tout à fait raison, Madame, de soutenir que c'est une mouvance politique et non une question de "droits individuels" que cette affaire... La journaliste , à mon avis, réduit la question à quelques femmes portant le niquab... et même à "cette femme paskitanaise" plutôt que de voir le problème beaucoup plus large de l'intégration d'une culture dans notre société. Que ces femmes portent ce qu'elles veulent dans leur maison ou leur cour... mais en public, et dans "la" circonstance de l'assermentation de citoyenneté, il n'en est pas question.

    • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 23 septembre 2015 11 h 31

      Le débat mérite certainement d'avoir lieu et nos politiciens doivent s'y plier. Cela dit, le prochain gouvernement n'aura pas que cette question à régler et les tribunaux n'ont pas encore soumis le port de ce vêtement à l'application des chartes des droits. Donnons-leur la chance d'intervenir. Bien que fort étudiée, il s'agit quand même seulement d'une question difficile parmi d'autres.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 23 septembre 2015 13 h 00

      Le vrai débat, c'est-à-dire, un référendum, suivi des modifications de nos lois pour refléter la volonté du peuple, n'a pas eu lieu, monsieur Montmarquette. Certes, il y a eu des débats informels dans toutes les sphères publiques et privées, mais les politiques ont fait fi de tout ce "bruit".

      De plus, les consciences commencent à peine à s'éveiller au sujet de l'islam/l'islamisme, le mondialisme, le multiculturalisme, et la propagande continue de maintenir beaucoup d'esprit dans un sommeil profond.

      Je crois que je suis assez clair dans mes idées, monsieur Montmarquette.

  • Diane Guilbault - Abonnée 23 septembre 2015 07 h 38

    Et la CEDEF?

    Les citoyens profitent des élections pour dire haut et fort qu’il y a certaines choses qui sont inacceptables et qui, comme l’interdiction du niqab, devraient être une décision politique et non judicaire. Le niqab n’est pas un vêtement, c’est une insulte faite aux femmes, une pratique misogyne contre laquelle se battent des milliers de femmes dans le monde. Le Canada a signé la Convention contre l’élimination de toutes les discriminations contre les femmes (CEDEF) mais les tribunaux et les politiciens semblent l’ignorer. Il faudra bien un jour admettre que certaines de ces « lois» religieuses sont incompatibles avec nos lois démocratiques, et normalement, les politiciens devraient privilégier ces dernières.

  • Marcel Dufour - Abonné 23 septembre 2015 07 h 51

    A LA MESURE DU DEVOIR

    Cet article est à mon avis un parfait exemple de ce que le Devoir offre de meilleur.
    Merci beaucoup.

    • Martin Richard Mouvement Action Chômage Montréal - Abonné 23 septembre 2015 09 h 23

      Bien d'accord avec vous.

    • Louise Melançon - Abonnée 23 septembre 2015 10 h 30

      Au contraire... ce qui est le mons bon....

    • Jean Jacques Roy - Abonné 23 septembre 2015 18 h 04

      Moi aussi, Monsieur Dufour, je trouve tout à fait équilibré cet article du Le Devoir. Parce qu'il a la qualité de situer la problématique dans son contexte plus large que la conjoncture électorale. C'est pourquoi il est étonnant de voir autant de commentaires, faisant abstraction de l'analyse de la journaliste, reprendre le même ton et répéter les mêmes certitudes si souvent entendues depuis les débats sur les accomodements raisonnables et le projet de Charte de Bernard Drainville.
      Pourtant, j'ai été agréablement surpris de lire un commentaire qui, me semble-t-il, permet de lire dans une perspective pragmatique ce cas du refus d'une dame qui ne veut pas se dévoiler au cours d'une fête d'allégeance au Canada. Je cite - Loraine King - Abonnée 23 septembre 2015 14 h 07 -

      " Au Canada le gouvernement n'est pas élu. Il est nommé. Le gouvernement doit présenter ses projets de loi et les faire adopter au parlement où siègent et votent les représentants élus par le peuple. La Cour ne peut rejetter du revers de la main le fait que le Canada est une démocratie et conférer à quiconque le pouvoir de gouverner par décret. Ce serait abandonner la démocratie pour retourner avant l'époque des Patriotes, avant le 'gouvernement responsable'.

      Quant au serment, personne ne conteste l'exigence qu'une femme qui porte un niqab doit se dévoiler lorsqu'elle se présente à la cérémonie d'assermentation. Elle doit présenter une carte avec photo qu'elle obtient au début du processus de citoyenneté pour confirmer son identité. Personne ne conteste cette exigence. Ce que cette femme refuse de faire c'est de se dévoiler pour une cérémonie, une jolie fête, devant une foule d'inconnus munis de caméras et de vidéos. Elle serait prête à prononcer le serment le visage découvert devant les officiers de l'état."

      Si ces faits sont exacts, on est donc loin d'une situation de "désobéissance civile"! Pas plus qu'il ne serait illégal de refuser de complètement se dévêtir dans un party de nudis