Montréal Houblonnière, le temps de la récolte

Les fondateurs de Montréal Houblonnière veulent promouvoir l’utilisation du houblon, une plante grimpante méconnue aux qualités ornementales, médicinales et brassicoles indéniables, afin d’améliorer la qualité de vie en ville.
Photo: Lise Gobeille Les fondateurs de Montréal Houblonnière veulent promouvoir l’utilisation du houblon, une plante grimpante méconnue aux qualités ornementales, médicinales et brassicoles indéniables, afin d’améliorer la qualité de vie en ville.

Comme nous sommes en pleine période de récolte du houblon, voici l’occasion de vous parler de Montréal Houblonnière, un organisme sans but lucratif créé en février dernier. Les fondateurs, trois jeunes sensibles à l’importance du verdissement et de l’approvisionnement local, se sont associés afin de promouvoir cette grimpante pour le verdissement, mais aussi fournir en houblon les microbrasseries montréalaises, en plus de concocter une bière pour le 375e anniversaire de Montréal.

L’idée de Montréal Houblonnière a germé dans la tête de Mathieu Garceau-Tremblay, porte-parole et chef brasseur chez Harricana ; de Maxime Dufresne, horticulteur ; et d’Élise Gaudry, agronome et architecte paysagiste. Ils observaient l’intérêt grandissant pour le verdissement, l’agriculture urbaine et l’émergence de nombreuses microbrasseries.

Les fondateurs veulent promouvoir l’utilisation de cette grimpante méconnue aux qualités ornementales, médicinales et brassicoles indéniables, afin d’améliorer la qualité de vie en ville. Le but est également de coordonner le maillage entre les citoyens propriétaires de houblon et les brasseurs afin de créer des bières locales et de favoriser un sentiment d’appartenance à sa brasserie, à son quartier.

Déjà, plusieurs microbrasseries ont embarqué dans l’aventure : le Brouhaha, le Réservoir, le BENELUX, Ma Brasserie, l’Isle de Garde, Les Soeurs Grises, Harricana et Les 3 Brasseurs. Aussi, de nombreux citoyens sympathiques au projet se sont mis à la culture du houblon. L’organisme a même manqué de plants ce printemps.

En plus des citoyens jardiniers participants, dont je fais partie, ils ont plusieurs partenaires majeurs tels le Jardin botanique, le Palais des congrès, le Santropol roulant, Sentier urbain et quelques écoquartiers. Du reste, comme le houblon est un élément aromatique ou amérisant, seulement de petites quantités sont nécessaires.

Par exemple, pour concevoir une bière blonde — car la quantité varie selon les types —, on a besoin de seulement 1,5 kg de houblon sec pour réaliser 800 l de bière, l’équivalent de la récolte de deux à trois plants. Selon Mathieu Garceau-Tremblay, 20 à 50 plants devraient suffire pour approvisionner une brasserie. Un nombre qui semble bien atteignable.

Le repérage

Afin de repérer facilement où se cultive le houblon, Montréal Houblonnière s’est associé à l’équipe d’agriculturemon treal.com, qui a accepté avec plaisir d’héberger la carte des houblonnières. Celle-ci permet un maillage rapide entre les microbrasseries participantes et les jardiniers producteurs.

La culture

Facile à cultiver, le houblon est une vivace grimpante de plein soleil qui se met autant en pleine terre qu’en bac. Il préfère nettement les sols drainants : donc, si vous êtes situé sur un terrain argileux, comme c’est souvent le cas à Montréal, mieux vaut le cultiver sur une butte.

Comme il grimpe, il doit être planté près d’une clôture ou d’une corde pour que sa tige volubile puisse s’enrouler. On le plante en tout temps, mais il est préférable d’éviter les canicules. Il n’est donc pas trop tard pour cette année. Montréal Houblonnière n’a plus de plants en ce moment, mais dès février prochain, il sera possible de faire sur leur site des précommandes de boutures de tiges provenant du réseau canadien Clean Plant Network.

Ces boutures produites in vitro ont l’avantage d’être exemptes de parasites et de virus. En plus, leur développement foliaire est plus rapide qu’une division de rhizome, ce qui permet une récolte au bout de deux ans au lieu de trois.

Voici quelques cultivars adaptés à notre climat et recommandés par Mathieu Garceau-Tremblay : Chinook, Cascade, Nugget et Centennial.

La récolte

La période de récolte du houblon diffère selon les variétés, les premières débutant vers la mi-août et les dernières en octobre. Les cônes sont prêts à être récoltés lorsqu’ils commencent à brunir sur les pointes, qu’ils se défont facilement et qu’ils sont collants. La matière collante, la lupuline, une résine jaunâtre sécrétée par les glandes, est le principe actif du houblon.

L’arôme du cône doit être frais et caractéristique de la variété, ne doit pas sentir l’oignon, l’ail ou « le petit pied ». Quant à la texture, elle doit être souple et ne doit surtout pas ressembler à celle du papier journal.

Puis, ce qui est bien important : trois jours de beau temps doivent précéder la récolte. Pour le séchage, on place les cônes sur une moustiquaire à l’abri de la lumière, dans un endroit aéré avec ou sans ventilateur. Une fois secs, on les compacte et les congèle sous vide.

Conférence sur le houblon urbain

Pour rencontrer les gens de Montréal Houblonnière et découvrir l’histoire et les propriétés médicinales, brassicoles et horticoles du houblon, ne manquez pas la conférence gratuite qu’ils donneront le 27 septembre à 11 h, à la place Émilie-Gamelin de Montréal.

 

Le tomographe

L’automne est une saison où, naturellement, on s’attarde à nos arbres. Il existe un instrument peu connu et intéressant à découvrir : inventé en Allemagne, le tomographe permet de connaître la condition structurale interne d’un arbre à l’aide de capteurs d’ondes sonores.

Son intérêt particulier est de donner une image précise, en couleur, du degré de dégradation du bois. Selon le nombre de lectures prises, l’image peut être en 2D ou en 3D, et on peut même reproduire l’entièreté d’un tronc en 3D si on le souhaite.

Sa lecture permet de comprendre facilement la situation à l’intérieur de l’arbre, car en un coup d’oeil, on perçoit où est le vide avec le bleu, le bois dégradé avec le rose, et le bois sain avec le brun clair et le brun foncé.

Néanmoins, une interprétation des données par un expert est essentielle pour évaluer correctement chaque cas. L’image est obtenue par une méthode peu envahissante pour l’arbre : on plante à l’endroit choisi des clous stérilisés sur la circonférence de l’arbre ; ensuite, à l’aide d’un compas électronique, on établit la forme de son tronc, puis on connecte les capteurs aux clous et on frappe sur chacun cinq fois.

Chaque fois, l’ordinateur enregistre les ondes, et c’est le regroupement de toutes ces données qui donne l’image. Toutefois, vu que le coût minimum pour une évaluation avec un rapport est de 500 $, cet appareil sert surtout pour des cas particuliers tels des arbres patrimoniaux, des arbres rares et exceptionnels, des arbres vedettes, ou pour des expertises à des fins légales.

Cet instrument est rare au Québec : l’Université Laval, Hydro-Québec et Nadeau Foresterie Urbaine inc. seuls en détiennent un.

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Au jardin cette semaine

Vous me demandez souvent si on doit ou non mettre un enduit après avoir taillé des branches de gros diamètre sur un arbre. Voici la réponse de Luc Nadeau, ingénieur forestier : « Non, absolument pas, même si les enduits sont encore vendus dans les jardineries et ailleurs. Le Braco, le vernis laque ou tout autre produit sont totalement inutiles pour aider l’arbre à cicatriser. Au contraire, comme il peut se faire de l’humidité sous l’enduit, celui-ci crée des conditions propices au développement de maladies. L’arbre a la capacité de se protéger lui-même en se compartimentant au niveau de la coupe. »

Bientôt surviendront les premières gelées, et plusieurs plantes à rhizome non rustiques ont besoin de ces dernières pour terminer leur cycle végétatif et emmagasiner des réserves dans leurs racines avant d’être entreposées dans un endroit frais et sec pour l’hiver.

Aussitôt qu’elles se seront manifestées, vous pourrez rentrer bégonia tubéreux, canna, Colocasia, dahlia (notre photo), glaïeul… Pour plus d’information à ce propos, rendez-vous à l’adresse http://lesbeauxjardins.com/jardinons/annuelles/conserverbulbes.htm.

Chants d'automne

Pour les amateurs d’art floral japonais, l’ikebana (un exemple en photo ci-contre), l’école Koryu Shotoukai de Mme Tanaka Kazuko présente l’exposition annuelle de ses élèves. Un plaisir pour les yeux et l’esprit, l’exposition a lieu dans le cadre des Journées de la culture, les samedi 26 et dimanche 27 septembre, de 13 h à 17 h, à la chapelle du Bon-Pasteur : 110, rue Sherbrooke Est à Montréal.

Si vous souhaitez joindre musique et art floral, un concert de Taiko, mot japonais qui signifie « tambour », sera présenté dimanche à 13 h 30. Entrée libre.