Ma liste d’épicerie de douze produits québécois d’exception

Gagnante de plusieurs prix, la Fromagerie du Presbytère s’inscrit comme un modèle pour tous les artisans fromagers du Québec.
Photo: Martin Savoie Gagnante de plusieurs prix, la Fromagerie du Presbytère s’inscrit comme un modèle pour tous les artisans fromagers du Québec.

Les fromages Louis d’or et Bleu du Presbytère

Cette fromagerie d’exception rafle tous les prix d’année en année dans les plus grands concours internationaux et peut concurrencer n’importe quel fromage sur la planète gourmande. Des produits biologiques au lait cru fabriqués selon la grande tradition fromagère et avec une constance sans équivoque.

La Fromagerie du Presbytère est un modèle pour tous les artisans fromagers du Québec et prouve comment notre patrimoine fromager est devenu au fil du temps un exemple pour les autres provinces canadiennes.

Fromagerie du Presbytère, 222, rue Principale, Sainte-Élizabeth-de-Warwick

 

Les bières de la microbrasserie Archibald

Quoi qu’en pensent les grandes brasseries, nos microbrasseries québécoises ont un foutu talent. Chaque année, pour ne pas dire chaque mois, il en pousse de nouvelles.

Elles offrent des saveurs uniques, comme chez Archibald, où on peut apprécier des bières bien faites mélangeant le côté brassicole traditionnel avec la richesse des saveurs d’ici.

Après dix ans de travail soutenu, l’entreprise est présente un peu partout, y compris avec des restaurants comme celui de l’aéroport Montréal-Trudeau. Elle sait montrer de l’originalité autant dans la présentation que dans sa philosophie à l’égard des consommateurs.

Archibald, 1530, avenue des Affaires, Québec

Le porc de Gaspor

J’ai déjà maintes fois parlé de cette maison qui respecte autant le traitement des animaux que les clients. Elle élève, dans les Laurentides, de jeunes porcs de lait à la qualité incomparable au Québec.

Des porcs à la chair ferme et goûteuse, autant dans la longe que dans le jambon. Pas de fonte à la cuisson : on a l’impression de retrouver des saveurs que l’on croyait disparues. Voilà un produit unique dont les industriels de la charcuterie devraient s’inspirer.

Fermes Gaspor, Saint-Canut, 215, boulevard Maisonneuve, Saint-Jérôme

Le pain de seigle noir du Pain dans les voiles

Après avoir fabriqué l’une des meilleures baguettes du Québec, les boulangers du Pain dans les voiles réussissent à travailler le seigle noir malgré sa difficulté panifiable.

Leur miche de seigle noir est la meilleure qui est produite avec ce que jadis on appelait le blé noir. Nature et sans ajout de sucre ou de caramel, ça goûte le ciel, surtout si on a la chance d’avoir du beurre frais de Compton à tartiner et des huîtres de Christian Vigneau, des Îles-de-la-Madeleine.

Le pain dans les voiles, 357, rue de Castelnau, Montréal ; aussi à Mont-Saint-Hilaire

Les produits de la forêt boréale Origina

Les forestiers et cueilleurs de la région du Saguenay ramassent différentes plantes, herbes et racines issues de cette réserve mondiale qu’est la forêt boréale, pour les commercialiser sous la marque d’Origina.

Le poivre des dunes, la racine de céleri sauvage, le thé du Labrador ou encore la gadelle sauvage font partie d’une multitude de produits offerts aux épicuriens et amateurs de produits forestiers. On les retrouve dans les épiceries spécialisées ou à la coopérative même.

Coopérative forestière de Girardville (Origina), 3103, rte Industrielle, Girardville

Le sirop d’érable de la famille Pollender

À sa cabane du Pic-Bois, dans les Cantons-de-l’Est, André Pollender chouchoute ses érables à sucre, dont certains sont plusieurs fois centenaires. Il produit en petites quantités un sirop couleur or d’une finesse et d’un parfum uniques.

Du coup, on s’arrache son produit, avec lequel il gagne des prix, mais qu’il réserve d’abord pour sa cabane, prise d’assaut durant la saison des sucres et souvent bien après.

Ce sirop d’exception n’a rien à voir avec un sirop banal et montre à quel point les érables à sucre et le travail d’artisan témoignent de la grandeur d’un produit.

Cabane à sucre du Pic-Bois, 1468, chemin Gaspé, Brigham

Le maïs de Robert Savaria

Sauvons ce maïs unique produit par la famille Savaria, qui perdra la concession des îles de Boucherville en 2017 au profit de la SEPAQ. Une erreur que celle d’éliminer des cultivateurs comme Robert Savaria pour le tourisme, alors que les deux parties auraient très bien pu collaborer.

Savaria, qui cultive sur les îles de Boucherville un maïs jaune sucré à la perfection, mais aussi un maïs deux couleurs tout aussi bon, espère encore qu’un compromis soit possible. Après le maïs de Neuville et celui de la famille Daigneault, il faut goûter celui de Savaria, qu’on attend dès l’arrivée de l’été et jusqu’au premier gel.

Ferme Savaria, kiosque sur la rue de Montbrun, au carrefour de la route 132, Boucherville

Le lait entier de la laiterie Chagnon

Ce n’est pas le côté vintage du contenant qui m’attire, bien que je ne déteste pas voir mon lait dans une bouteille de verre, mais la qualité de ce lait entier à 3,8 % de matières grasses développé par cette laiterie de Waterloo.

De la crème en surface, un lait qui goûte mon enfance et qui me fait redécouvrir les saveurs gustatives de ce produit unique. Quel dommage qu’on ne le retrouve pas partout, mais c’est un début.

Laiterie Chagnon, 550, rue Lewis Ouest, Waterloo

Le beurre jaune de la beurrerie du patrimoine

On parle ici de vrai beurre, qui goûte le beurre et non un produit industriel. Il provient d’un seul troupeau de la ferme Groleau où on récupère la crème du lait pour la baratter selon la tradition des grandes beurreries françaises de Bretagne et de Normandie.

Un beurre jaune naturel issu des foins d’été, fin et délicatement salé. Une pure merveille de goût et de plaisir.

Beurrerie du Patrimoine, 225, ch. Cochrane, Compton

Les huîtres de La Moule du large

La première fois que j’ai eu l’occasion de savourer les huîtres de Christian Vigneau, j’ai tout de suite eu un coup de coeur pour la finesse de ses mollusques cultivés en eau froide et profonde aux Îles-de-la-Madeleine.

Iodées, légèrement salées et vraiment savoureuses, les huîtres et les moules de M. Vigneau sont sans aucun doute à découvrir au Québec.

La Moule du large, 26, chemin du Quai, Havre-aux-Maisons, Îles-de-la-Madeleine

Les pommes de terre de la famille Rémillard

Cette famille de cultivateurs provenant des terres noires de la région de Valleyfield produit durant la saison estivale des légumes que s’arrachent les amateurs : carottes boules ou salsifis noirs, des légumes rares comme les crosnes, mais aussi, en fin de saison, des variétés de pommes de terre comme la Charlotte ou la ratte…

Mais de grâce, essayez la Belle de Fontenay, qui est à point dès la fin de septembre. Cuisson entière, beurre frais et fleur de sel, le petit Jésus en culotte de velours.

Jacques et Diane Rémillard, marché Jean-Talon, Montréal

Le cerf de Boileau

Aucun doute, il s’agit du meilleur gibier d’élevage qu’on puisse trouver au Québec. Mis en vedette grâce à la restauration, le public a découvert ce gibier de grande qualité que Denis Ferrer continue à faire valoir près de Montebello. Un produit élevé en liberté en respectant l’alimentation des cervidés. Le résultat est probant et c’est le meilleur gibier d’élevage d’Amérique du Nord.

Cerf de Boileau, 571, rang Sainte-Julie Est, Saint-André-Avellin

Dans la bibliothèque

Où mangent les chefs 
Éditions Phaidon
Londres, 2015, 975 pages


Une véritable bible qui présente les restaurants où mangent 600 chefs du monde entier. Ainsi, partout sur les cinq continents, on découvre les endroits privilégiés des meilleurs chefs de la planète, y compris Montréal. On y trouvera quelques surprises.

Découverte

Hommage à un chef

Impliqué dans de nombreuses causes sociales, dont le cancer et les services pour enfants, le talentueux chef Olivier Perret, du Sofitel à Montréal, contribue au succès incontestable de la restauration de ce grand hôtel du centre-ville. Il se distingue encore une fois avec son nouveau menu santé et la mise en valeur des petits producteurs agroalimentaires québécois. Le chef représentera prochainement le Québec à Lyon, où il défendra les couleurs de l’érable, et lors d’un grand repas à Vancouver, fin septembre, pour Tourisme Montréal.

Où mangent les chefs

Éditions Phaidon, Londres, 2015, 975 pages