Le ridicule ne tue pas…

Et ma foi, c’est bien dommage. Si le ridicule tuait, la campagne électorale, qui doit durer 11 semaines au total, serait terminée depuis déjà un petit moment faute des principaux prétendants qui seraient tombés au champ du déshonneur. Pour ma part, je n’en peux plus depuis plusieurs jours de les entendre raconter n’importe quoi autour des millions qu’il nous faudrait, des milliards qui reviendront dans nos poches aussi bien que des déficits, des budgets équilibrés ou des baisses d’impôts la main sur le coeur. Honnêtement, devant tout ce fouillis, moi, le coeur me lève.

Le directeur du Devoir a écrit il y a quelques jours que les femmes étaient complètement absentes du débat électoral. C’est plus que vrai. Il faut le remercier de l’avoir souligné. Les trois grands candidats utilisent les femmes pour les photos seulement. C’est la mode en ce moment. Ce qu’elles auraient à dire ou à proposer ne les intéresse pas du tout. Les dossiers qui concernent les femmes n’intéressaient personne jusqu’à cette semaine quand Thomas Mulcair a parlé pour la première fois de la violence faite aux femmes et du sort des femmes autochtones disparues ou assassinées. Quelqu’un avait dû lui souffler dans l’oreille qu’il devrait se mouiller finalement. Il l’a fait une fois. Nous devrions nous en réjouir sans doute, car ce sera probablement la seule fois… et encore, sans aucun engagement.

Cette campagne électorale est la plus vide que j’aie jamais vue. Vide de sens, vide d’objectifs, vide de vision d’avenir.

Qui a parlé du réchauffement de la planète, de l’urgence d’agir et de l’effort qu’il faudra exiger de tout le monde ?

Aucun des trois grands candidats. C’est Barack Obama qui se bat tout seul sur ce sujet avec audace et courage. Il est vrai qu’il n’a plus rien à perdre car sa sortie est déjà bien en vue. Dommage que ça ne soit pas la même chose ici.

Si vous me dites que je suis la seule à en avoir assez du cirque électoral, dites-le-moi et je vais me faire soigner. Si nous sommes aussi nombreux que je le crois à avoir la nausée de n’entendre parler que d’argent, de rentrées et de dépenses, de fric et de pétrole de l’Alberta, on devrait se donner la main et former une chaîne de résistance. Il y a longtemps que ce qu’on appelait démocratie a sacré le camp de ce pays qu’on appelle le Canada.

Vous allez peut-être me répondre que c’est la même chose au Québec et vous auriez raison. Raison de plus pour qu’on vole au secours de ce qu’il nous reste de démocratique ici avant de lui faire des funérailles officielles. Il est grandement temps de nous réveiller et de reprendre en main cette formidable construction que nous appelons Québec et qu’un gouvernement élu est en train de démolir avec un sans-gêne lamentable.

Le tout-à-la-poubelle du gouvernement Couillard est devenu absolument intolérable. Les efforts de nos parents, de nos grands-parents, leurs sacrifices, leurs luttes… tout à la poubelle ? Notre avancement comme nation indestructible, notre résistance aux attaques planifiées du ROC à travers le temps, notre conquête voulue et méritée de la reconnaissance du reste du monde de nos talents, de notre littérature, de notre cinéma, de notre culture, de notre endurance… à la poubelle aussi ? Ça n’a aucun sens.

Pour l’élection fédérale, moi, j’ai trouvé ma solution. Sur la manette qui me permet de contrôler ma télévision, j’ai découvert un tout petit bouton sur lequel c’est écrit : MUTE. Chaque fois qu’il y a un politicien du Canada sur mon écran, j’appuie sur MUTE. Le bonheur que ça procure !!! Leur clouer le bec chacun leur tour et me réjouir de n’écouter que celui pour qui j’ai déjà dit que j’allais voter.

Bien sûr, nous aurions tous intérêt à surveiller de près ce qui se passe à Québec pendant que le grand cirque d’Ottawa occupe tout l’espace. Pendant que nous nous laissons distraire par les Harper, Mulcair ou Trudeau, les Couillard, Coiteux, Vallée, Blais ou Barrette, plus les autres bibittes dangereuses, nous préparent une entrée tellement indigeste que nous allons devoir nous en mêler. Les enseignants appellent au secours, les infirmières font de même, les chauffeurs de taxi n’en peuvent plus pendant que les députés récoltent des indemnités de départ sans aucune gêne et que les enfants rentrent dans des écoles dont plusieurs ne répondent même pas aux critères de propreté exigés.

Ce qui manque le plus chez tous ces grands politiciens, c’est un tout petit peu d’humilité. Ça les aiderait à trouver de meilleures solutions et ça nous permettrait de respirer par le nez. En attendant, je devine que vous allez m’écrire que c’est sur moi-même qu’il faudrait mettre un bouton MUTE. Je vous connais tellement. Mais je vous aime quand même.

Cette campagne électorale est la plus vide que j’aie jamais vue. Vide de sens, vide d’objectifs, vide de vision d’avenir.

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