Long-courrier

Dans le centre de la ville de Vérone, en Italie, un visiteur prend une photo du balcon de Juliette Capulet. Et son Roméo ?
Photo: Maurizio Lapira Agence France-Presse Dans le centre de la ville de Vérone, en Italie, un visiteur prend une photo du balcon de Juliette Capulet. Et son Roméo ?

Paris au mois d’août

« J’ai souvent entendu dire que le mois d’août est le meilleur pour visiter la capitale française en été. Qu’en pensez-vous ? Connaissez-vous des endroits de prédilection pour savourer Paris ? »

Jeanne Orbit, Montréal

Paris au mois d’août se dessine pour les amoureux. Surtout quand on est touriste, alors que beaucoup de Parisiens, eux, sont en vacances. C’est vrai que le boulanger et le boucher du coin le seront aussi… Le matin, c’est l’apothéose du sans-bruit. Pas de bouchons de circulation. Les voitures défilent et les cyclomoteurs se dérobent dans des rues devenues presque piétonnes.

Les fraises se jettent des regards sucrés dans les marchés et les charcutailles rivalisent d’ampleur pour des sandwichs variés. Les bouquinistes préparent leurs antres de célébrités. Les dessins de poulbots égarés ou les déliés de Notre-Dame sont prêts. Il suffit de se promener. Les touristes défilent à coups de « Ah ! » démonstratifs. Et c’est tant mieux. Ce sont encore les seuls qui déclinent des formes de brouhaha admiratif.

Les parcs, les avenues, les ruelles, les placettes, les fontaines qui éclaboussent, les stations de métro presque désertes, les chevaux qui rechignent de la tête, les pavés qui respirent un peu… Au mois d’août, Paris exploite sa dignité.

Vérone : la vie devant soi

« Des amis nous ont conseillé de voir Vérone et de ne faire qu’un arrêt à Venise. Pensez-vous que la formule est bonne ? Et quelles sont les étapes intéressantes à Vérone ? »

Madeline Grimpaud

Vérone se regarde alors que Venise se respire… même si les canaux vénitiens sont irrespirables. Les ruelles de Vérone s’ouvrent à la sensibilité. Venise n’a que de l’eau pour témoin, alors que Vérone n’a que de la pierre pour soutien.

Vérone, ce ne sont que des ruelles en pierre. Venise, ce sont des canaux animés que bordent des ruelles à numéros.

Autre différence : Vérone est moins chère. Le cuir, les manteaux, les chaussures… Tout est à moitié prix, à l’année, comparé à Venise. Les restos sont plus abordables, mais les hôtels sont presque au même tarif.

Pour en finir avec Roméo et Juliette, le vrai balcon de Juju se trouve à une trentaine de kilomètres de la ville. Un peu plus loin, à quelques encablures de Vicenza : Montecchio Maggiore, petite ville industrielle sans importance. Un panneau surgit : châteaux de Roméo et de Juliette. Ils sont tout en haut. Et en ruines.

Quelques lacets plus tard et après plusieurs klaxons inquisiteurs des locaux le midi, je me suis retrouvé devant les deux châteaux. Un pour les Capulet et l’autre pour les Montaigu, éloignés de quelque 200 mètres et séparés par des champs et des broussailles que viennent ruminer quelques cabris en rut. Celui de Vérone est une véritable reproduction made in China.

Oui, en dehors de ce piège romantico-lyrique, Vérone est une ville très agréable où déambuler.

Quelques points de repère : les arènes (à visiter le jour et à écouter la nuit) ; la piazza del Erbe (place centrale où, à l’ombre des parasols, on trouve sandwichs et boissons, spécialités locales, champignons sauvages et primeurs ; commerces et cafés entourent le tout) ; la piazza dei Signori (bordée par les palais des Scaligeri avec arcades Renaissance et colonnades en pierre gravées) ; les tombes des Scaligeri ; la statue de Dante (moins légendaire que le couple amoureux, mais plus importante dans la vie de tous les jours) ; le palazzo Maffei (édifice du XVIIe siècle avec une balustrade remplie de dieux et de déesses), la colonne di San Marco (surplombée du lion de Saint-Marc, symbole de la domination vénitienne) ; la via Sottoriva (longée de maisons médiévales ornées d’arcades) ; San Zeno Maggiore (la plus belle église romane d’Italie du Nord) ; le Duomo ; le Musée archéologique (un funiculaire vous transporte du théâtre romain au monastère transformé en musée).

Adresses sympas. Pour les restos à Vérone… Il Desco, dans un décor du XVIe siècle avec risotto de langouste, veau au gingembre et un menu degustazionne qui n’est pas un piège. 50 $ par personne, avant les vins (045 59 53 58). Bottega del vino : comme son nom l’indique, c’est l’endroit des vins. Plus de 800 en cave, avec antipasti à l’avenant et linguine à l’esturgeon. 50 $ par personne incluant les vins.

Lettre de la Thaïlande

« J’habite dans un petit village au nord de la Thaïlande depuis huit mois. Je profite de l’année sabbatique que le gouvernement permet à ses citoyens une fois tous les sept ans. Je termine le manuscrit de mon prochain livre, le 18e. J’ai des voisins d’une grande simplicité. Ils vivent des produits de la pêche de leur petit lac.

« Récemment, j’ai vécu une expérience émouvante. J’en ai fait part à ma famille et à mes amis. Deux de vos lecteurs m’ont suggéré de vous envoyer le texte. Le voici…

« Une cérémonie familiale très émouvante. La mama est alitée depuis plus de quatre mois. Étendue sur son lit, elle ne bouge pas. Il y a deux semaines, se sentant mourir, elle a demandé la présence de toute sa famille. Tous sont venus la voir.

« Hier, une invitation a été lancée pour une cérémonie religieuse. Ses quatre fils, ses deux filles, les gendres, les brus, les neveux, les nièces, les petits-enfants, tous étaient là. Une vingtaine de personnes. Assis par terre ou agenouillés au pied du lit de la mama, ils ont fait une prière à haute voix.

« Puis, chacun à tour de rôle est venu laver les pieds de la mama. Avec une petite louche, on verse de l’eau sur ses pieds tout en les massant légèrement. J’avoue que j’étais très ému quand j’ai posé le geste. Cela me rappelait la cérémonie du lavement des pieds que le pape fait une fois par année, le Jeudi saint.

« Cette cérémonie se rapproche du sacrement de l’extrême-onction pratiqué autrefois. La nièce m’expliquait que cette coutume a pour but de donner un regain de vie à la mama ou un coup de pouce pour le grand départ. Tout le long de la cérémonie, la mama avait les mains jointes comme dans une prière. Elle était bien consciente.

« Au départ, quand je l’ai saluée, elle m’a fait un grand sourire. Je lui rends visite tous les jours. On s’aime bien, tous les deux. »

Jacques Laurin, écrivain, philosophe, historien

L’Iran à découvrir

Avec les récents éléments qui donnent l’Iran un peu plus ouvert qu’auparavant, de nombreux touristes, pour la plupart européens, déferlent sur Téhéran dans le but de découvrir ce qu’était la Perse.

Mais certaines règles existent toujours. Par exemple, pour une femme, il est conseillé de porter un voile. Quant aux guides, certains parlent parfaitement la langue de Nelligan, mais ils sont souvent accompagnés par des commissaires de l’État.

Un coran, un tchador blanc, un petit tapis, un chapelet, le tout enveloppé dans un pan de tissu et gardé à portée de la main : voilà ce qu’on trouve dans chaque chambre d’hôtel et dans chaque maison.

De Téhéran à Persepolis en passant par Shiraz, le monde perse est à découvrir. Les touristes sont d’ailleurs plus intéressés pas les origines de la Perse que par l’Iran d’aujourd’hui.

Des guides

Lonely Planet propose quatre nouveaux guides… Reykjavik en quelques jours. Le titre dit vrai car la capitale islandaise ne mérite pas beaucoup plus de temps.

La ville se vit surtout la nuit, avec une multitude de bars un peu décalés, et les habitants sont très accueillants. Musées intéressants, volcans situés pas très loin, bains surprenants et lieu de départ vers des paysages naturels attachantes

L’essentiel de la Californie, ou comment dériver dans des lieux connus et moins connus. La Finlande et L’Islande sont des destinations moins connues mais qui offrent, à travers ces guides, de découvrir des lieux intéressants.

Vos suggestions, vos bonnes adresses, découvertes, souvenirs de voyage : lkiefer@lede voir.com.

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