Le jardin de pluie

Un jardin de pluie s’intègre sur une lègère dépression ou sur une cuvette qu’on creuse. Cela permet un meilleur écoulement des eaux, comme ici, le jardin de pluie des Habitations Jeanne-Mance, à Montréal, qui recueille l’eau du stationnement.
Photo: Lise Gobeille Un jardin de pluie s’intègre sur une lègère dépression ou sur une cuvette qu’on creuse. Cela permet un meilleur écoulement des eaux, comme ici, le jardin de pluie des Habitations Jeanne-Mance, à Montréal, qui recueille l’eau du stationnement.

Original et requérant moins d’entretien que les autres, le jardin de pluie recueille directement l’eau de pluie des bâtiments et des surfaces imperméables sur notre propriété. Mais aussi, il joue un rôle important pour l’environnement, car il évite que les polluants dans l’eau de ruissellement se retrouvent dans le réseau municipal d’égouts pluviaux.

Facile à concevoir, il consiste en une platebande classique avec une légère dépression permettant l’accumulation temporaire des eaux pluviales qui y sont dirigées. L’eau retenue est en partie absorbée et transpirée par les plantes et en partie retournée à la nappe phréatique.

Quant aux polluants tels que les sels de déglaçage, les huiles et les métaux lourds, ils sont dégradés par les plantes et les micro-organismes. Les jardins de pluie sont en fait de petits bassins de biorétention qui aident à la protection de nos cours d’eau et de nos habitats aquatiques. Plus ils sont nombreux dans une communauté, plus le système devient efficace.

Ils sont encore peu courants au Québec, mais on peut espérer un changement car plusieurs municipalités obligent maintenant le débranchement des gouttières du réseau municipal des égouts pluviaux, sous peine d’amende. Cela afin de diminuer la surcharge des stations d’épuration et de protéger l’environnement.

Pour l’amateur d’horticulture et l’environnementaliste, ce règlement devient une occasion de faire sa petite part et de créer un nouveau jardin. Toutefois, du soutien sous forme de subvention ou de déduction de taxes foncières de la part de nos municipalités, comme c’est le cas aux États-Unis, encouragerait sûrement plus de gens à se lancer dans une telle réalisation.

Bien choisir l’emplacement

Essentiellement, on recherche une légère dépression sur les voies naturelles d’écoulement pour l’emplacement. Si elle n’existe pas et que le terrain est plat, on creuse simplement une cuvette. Toutefois, sur un terrain en pente, le travail est plus compliqué et ardu, car dans tous les cas, le jardin doit être de niveau. Une fois l’endroit fixé, on doit s’assurer que l’eau s’infiltre bien dans le sol avant de commencer les travaux.

L’eau ne doit pas rester plus de deux jours dans le lit de la platebande, notamment pour que notre jardin ne devienne pas un espace pour la reproduction des moustiques. Les sols sableux sont très perméables, tandis que les sols limoneux le sont passablement, mais les argiles, beaucoup moins.

Afin de vérifier la perméabilité du terrain, il y a un test tout simple. On creuse un trou, qu’on remplit d’une quantité d’eau précise, et on observe le temps d’absorption. Si l’eau ne s’infiltre pas assez rapidement, il est possible d’y remédier. On enlève alors les vingt premiers centimètres, on ameublit le sous-sol et, au besoin, on peut mettre un drain perforé. On comble ensuite l’espace avec un mélange poreux.

Sur le plan de la lumière, les plantes conviennent toutes ; toutefois, à l’ombre, le choix sera plus limité. Un dernier facteur important : le jardin doit être situé au moins à quatre mètres de la maison afin d’éviter tout problème d’humidité.

Profondeur, dimension et forme

Pour déterminer la dimension et la profondeur optimale du jardin, on doit évaluer l’aire de captage de l’eau de pluie et le taux d’infiltration du sol à l’aide d’une méthode de calcul. Toutefois, il ne faut pas s’arrêter au chiffre obtenu, car on peut toujours adapter la dimension du jardin en fonction de l’espace disponible, de notre budget et du temps que l’on souhaite y consacrer.

De plus, on peut réduire sa circonférence en augmentant sa profondeur, en diminuant l’aire de captage ou en créant plus d’un jardin. Quant à la forme, elle doit être 1,5 fois plus longue que large pour recevoir l’eau efficacement. L’ovale et le haricot sont les formes les plus communes, mais rien n’empêche d’en choisir d’autres.

Puis, afin d’éviter les débordements désagréables, il est recommandé de créer une petite butte sur le contour arrière du jardin, qui permet de retenir les pluies abondantes et soudaines. Pour la méthode de calcul de la dimension et de la profondeur, consultez le site de la Société canadienne d’hypothèques et de logement en recherchant « jardin pluvial » et « SCHL » sur le Web.

Les végétaux

Les végétaux indigènes sont mon premier choix pour ce type d’aménagement. Toutefois, si vous préférez des hybrides, c’est parfait également. L’important est de sélectionner des plantes qui tolèrent les conditions humides, mais aussi les conditions plus sèches, car il y en aura.

Puis, comme pour tout jardin, on doit tenir compte des périodes de floraison, des couleurs et des hauteurs afin qu’il soit beau tout au long de la saison. Il serait trop long de dresser une liste de plantes appropriées, car elles sont nombreuses. Je vous suggère donc le Répertoire des végétaux recommandés pour la végétalisation des bandes riveraines du Québec, que vous trouverez sur le Web.

Les végétaux qui y sont conseillés conviennent pleinement, mais renseignez-vous également auprès des spécialistes de votre région.

Au jardin cette semaine

Amateurs de bulbes, si vous avez envie de jolies floraisons d’automne, il est encore temps de planter le colchique, qui ressemble au crocus, mais avec une fleur plus grosse. Toutefois, on trouve ces petits bulbes uniquement dans les jardineries spécialisées.

En fin de saison, parfois, on est portés à relâcher un peu l’arrosage, mais il ne faut surtout pas, car, bien entretenues, les plantes seront belles encore plusieurs semaines.

Si vous souhaitez donner un air d’automne à votre jardin, plantez des vivaces à floraison automnale telles que les graminées, les asters et les cimicifugas, ou des choux décoratifs annuels (notre photo). Ainsi, on prolonge le plaisir.

Même si on peut planter en tout temps les arbres en pot, les températures plus fraîches de la fin de l’été diminuent le stress de la transplantation. Jusqu’au début d’octobre, c’est une période propice, mais le plus tôt est le mieux, car les arbres auront plus de temps pour bien s’enraciner avant le froid.

 

Dans la bibliothèque

Faire pousser des graines germées
Rita Galchus
Broquet
2015,160 pages


Beau, clair et simple, ce guide pour faire pousser ses graines germées donne envie de s’y mettre immédiatement. La première partie explique les trois types de germoirs et présente la panoplie surprenante de graines qui peuvent être germées.

Dans la deuxième partie, les spécificités de la germination de chaque groupe sont détaillées, car les légumineuses ne germent pas comme les céréales, et les pousses feuillées ne germent pas comme les mucilagineuses.

Y sont donnés également des trucs pour bien réussir la culture, les bonnes pratiques d’hygiène et les problèmes les plus fréquents. On y trouve quelques recettes et des sites Web. Riche de nombreuses années d’expérience, l’auteure, Rita Galchaus, a découvert la germination des graines en 1986 lors d’un cours à la boutique The Sprout House, dans l’État de New York, qu’elle a d’ailleurs acquise en 2000.

Faire pousser ses graines germées

Rita Galchus, Broquet, Montréal, 2015, 160 pages