Nos valeurs

Malgré ses protestations, Gilles Duceppe n’avait pas l’air mécontent de se lancer à l’eau dimanche dernier. On sentait son envie de mordre dans l’os — 78 jours de campagne ininterrompus — le plaisir toujours renouvelé de marteler « nos convictions, nos intérêts, nos valeurs ». Visiblement, le doyen des chefs de parti a du métier, du talent et une forme physique bien au-dessus de ceux du sexagénaire moyen. Mais, bon. Le retour-surprise de l’ex-député de Laurier–Sainte-Marie force un réexamen de l’évolution du Bloc québécois qu’autrement on se serait contenté d’ignorer.

D’abord, le Bloc du début et le Bloc d’aujourd’hui ne sont pas du tout la même paire de manches. Imaginé dans le tumulte politique, l’échec de lac Meech en juin 1990, et conçu « pour ne pas durer », le parti de Lucien Bouchard était une espèce d’arme blanche devant préparer l’accession à la souveraineté. Advenant l’échec référendaire, il devait durer au maximum trois ou quatre ans de plus. Gilles Duceppe prend les commandes à peu près au moment où il aurait fallu penser plier bagage, une perspective qui n’emballe aucun nouveau chef. En plus, 1997 est une année électorale : la hantise vis-à-vis de Jean Chrétien et de sa « loi sur la clarté » font le reste. À partir de ce moment, la défense des « intérêts du Québec » devient la nouvelle raison d’être du Bloc. La machette rutilante de la souveraineté se transforme, sans trop qu’on y pense, en espèce de marteau de la spécificité québécoise. « Pourquoi renoncer à ce que nous sommes ? » comme disait, encore dimanche dernier, le lider maximo du Bloc.

Pour peu réfléchie qu’ait été cette transformation, portée d’année en année par une crise politique après l’autre, elle comporte un volet intellectuel important : l’institutionnalisation d’un parti indépendantiste à Ottawa envoie aussi le message que l’indépendance, loin d’être inévitable, n’est peut-être même pas nécessaire. De la même façon que le mouvement souverainiste a eu comme effet pervers de nous donner l’indépendance d’esprit, la liberté d’être et d’exprimer qui nous sommes, mais sans passer par un siège aux Nations unies, la présence continue du Bloc à Ottawa est une façon d’encourager ad nauseamle beurre et l’argent du beurre. Rappelons que 70 % de ceux qui ont voté « oui » en 1980 et 63 % des souverainistes de 1995 espéraient « demeurer une province canadienne ».

Ce que je dis, c’est que la tendance à s’en tenir aux préliminaires, sans jamais aller jusqu’au bout, est un travers québécois que le mouvement souverainiste de la première heure a reproduit plus ou moins consciemment. En se présentant à Ottawa, plutôt qu’à Québec où doit forcément se faire l’indépendance, Gilles Duceppe, malgré toutes ses qualités, encourage ce travers. De plus, pour justifier cet excentrique détour, il doit sans cesse raviver le spectre du méchant Ottawa, indifférent à notre sort ou, pire, complotant dans notre dos. Alors que peu de Québécois se voient aujourd’hui comme des porteurs d’eau, le Bloc continue à dandiner le fretin mort de notre humiliation constante. Quand est-ce que ça va finir ? Dieu sait que le mouvement souverainiste mérite mieux, une raison d’être moins cheap et des arguments plus vigoureux, ancrés dans la réalité d’aujourd’hui.

Sans minimiser les différences culturelles qui séparent le Québec du Canada, qu’elles sont, au fait, les valeurs, les intérêts, voire les convictions qui nous sont propres ? Outre bien entendu la question de la langue, de la survie culturelle ou encore, de la souveraineté — qui, je le répète, se règlent à Québec et non à Ottawa. L’environnement ? La justice sociale ? L’immigration ? Le développement économique ? La sécurité ? Selon que vous êtes à droite ou à gauche du spectre politique, vous trouverez chaussure à votre pied sur toutes ces questions dans l’un ou l’autre parti fédéral. La leçon des dernières élections n’a-t-elle pas précisément été le remplacement de la vieille tension fédéraliste-souverainiste par une dynamique gauche-droite ? Stephen Harper et son conservatisme radical obligent. Tant qu’à ne pas faire l’indépendance, se sont dit bon nombre de Québécois, aussi bien s’investir dans le pays de façon utile. Comme par hasard, le choix des Québécois a privilégié le parti, le NPD, dont les valeurs sont à peu près exactement — mise à part la question de l’indépendance — celles du Bloc.

M. Duceppe peut toujours croire que les Québécois ont simplement craqué pour les beaux yeux de Jack Layton. À mon avis, c’est une erreur de jugement qui aujourd’hui se conjugue à une erreur de parcours.

77 commentaires
  • Diane Gélinas - Abonnée 5 août 2015 01 h 22

    NPD 2011 vs Bloc Québécois 2015

    La différence fondamentale est la suivante :

    Un-e bloquiste parle au nom du Québec à Ottawa;
    Un-e néo-démocrate québécois-e parle au nom du NPD et du ROC au Québec.

    En 2011, le Québec était sous le joug des Libéraux depuis 2003 : le Bloc n'avait d'autre choix que de veiller aux intérêts du Québec à Ottawa; la population n'en sentait plus la pertinence... le PQ ayant même été relégué temporairement au rang de deuxième opposition à Québec. Le Québec a voté NPD car le vent soufflait à contre-courant de l'indépendance.

    Toutefois, le nouvel essor de l'option indépendantiste depuis l'arrivée de Pierre-Karl Péladeau au PQ justifie qu'en 2015, la population retrouve son enthousiasme, ressente cet élan positif et mette tout en oeuvre pour élire une forte équipe du Bloc Québécois qui saura déjouer les plans pernicieux d'Ottawa, tout en s'assurant de précieux alliés lors des prochaines élections québécoises.

    • Raymond Labelle - Abonné 5 août 2015 10 h 11

      Autres distinctions: le NPD en 2015 a des chances de former le gouvernement s'il a l'appui du Québec. Ça fait encore plus longtemps que les Conservateurs font leur travail. Si le NPD n'a pas l'appui du Québec, on peut se retrouver avec un gouvernement conservateur.

      Même de votre point de vue, il faut considérer ceci: le NPD reconnaît le droit à l'autodétermination du Québec, et reconnaîtrait un référendum où plus de 50% de la population aurait voté oui. Quant au gouvernement Harper, je ne suis pas sûr de comment il réagirait, mais on peut raisonnablement croire qu'il serait beaucoup plus dur.

      Même s'il y a 50 députés du Bloc, si les Conservateurs sont au pouvoir... au mieux vous aurez le plaisir d'entendre des discours nationalistes à la Chambre des Communes. Mieux vaut avoir un gouvernement fédéral qui reconnaît le droit à l’autodétermination du Québec.

      Réfléchissez bien avant de remettre les Conservateurs au pouvoir...

    • Raymond Labelle - Abonné 5 août 2015 10 h 12

      Plus fondamentalement, nous sommes en régime fédéral, qu'on le veuille ou non. Dans une élection fédérale qui vise à déterminer quel sera le gouvernement fédéral qui administrera la juridiction fédérale, il semble plus logique de choisir parmi les partis qui font des propositions de gouvernement, celui dont le programme de gouvernement nous convient le mieux. Autrement, c'est du détournement de démocratie.

      Le Bloc n’a pas de programme de gouvernement et n’a à offrir qu’une hypothétique capacité de nuisance. De plus, sa « défense des intérêts du Québec » pour justifier son existence le met dans une position délicate lorsque le PQ n’est pas au pouvoir à Québec. Ainsi, par exemple, le Bloc avait défendu avec régularité et constance l’idée que l’amiante était un produit sécuritaire quand le gouvernement Charest favorisait son exploitation au Québec.

    • Marc Langlais - Inscrit 5 août 2015 12 h 17

      PKP et un nouvel essor? On voudrait bien nous le faire croire. Désolé, je n'adhère pas!!

    • Sylvain Auclair - Abonné 5 août 2015 14 h 12

      Monsieur Labelle, le NPD peut pêtre au pouvoir même s'il a nmoins de députés que le parti Harper. Il lui suffit de l'appui des autres partis d'opposition.

    • Raymond Labelle - Abonné 5 août 2015 15 h 25

      À M. Auclair.

      Théoriquement, dans le cas où les trois autres partis auraient plus de sièges que les conservateurs, une coalition de ces trois partis est possible mais sa réalisation est difficile et comporte un grand risque d'échec. Et il ne serait pas nécessaire pour en arriver à ce résultat incertain si on a, par exemple, 50 députés du NPD plutôt que du Bloc au Québec.

      On a vu comment les choses ont tourné lors de la dernière tentative de coalition: prorogation (acceptée par la Michaëlle Jean contre la volonté du Parlement), trahison de la coalition par le PLC, etc. Ça n'a pas marché.

      Un obstacle est que notre système est conçu pour que le pouvoir soit tout d'abord offert au parti qui a obtenu le plus de sièges - c'est perçu comme dans notre tradition. Il y a un précédent de coalition, mais un lourd fardeau de preuve repose sur les épaules de la possible coalition.

      Cette difficulté, déjà grande, devient encore plus grande si une coalition PLC/NPD a besoin de l'appui du Bloc. Le Bloc ne peut participer officiellement et une coalition qui serait au pouvoir grâce à l'appui du Bloc pose des problèmes politiques difficiles aux autres partis face au ROC.

      Sans compter le facteur qu'il est moins difficile de négocier à deux qu'à trois.

    • Loraine King - Abonnée 5 août 2015 17 h 11

      Monsieur Labelle, on ne peut supposer de l'issu d'un vote qui n'a jamais eu lieu. La prorogation fut consentie par Madame Jean à un gouvernement qui avait la confiance de la chambre.

      Le pouvoir n'est pas offert, il s'exerce. Un gouvernement demeure en place tant qu'il ne démissionne pas. Des précédents il y en a, au RU et ici : lors de l'élection du 29 octobre 1925 les Conservateurs d'Arthur Meighen remportent plus de sièges (116) que les Libéraux (101) du premier ministre Mackenzie-King lui-même défait dans son comté. King refuse de remettre la démission de son gouvernement. Il reçoit aux communes l'appui des Progressistes (28 sièges). Ceci n'était pas une coalition mais un gouvernement minoritaire. Fin juin 1926 King demande la dissolution et Byng refuse (affaire King-Byng).

      Si un gouvernement ne démissionne pas alors qu'il a clairement perdu la confiance de la chambre le GG peut exercer ses pouvoirs constitutionnels et refuser d'agir selon les conseils du gouvernement.

    • Raymond Labelle - Abonné 6 août 2015 01 h 12

      À Mme King. Le gouvernement conservateur avait perdu la confiance de la Chambre.

    • Raymond Labelle - Abonné 6 août 2015 01 h 19

      À Mme King.

      "Si un gouvernement ne démissionne pas alors qu'il a clairement perdu la confiance de la chambre le GG peut exercer ses pouvoirs constitutionnels et refuser d'agir selon les conseils du gouvernement."

      Harper avait demandé la prorogation pour éviter le vote de non-confiance qui devait avoir lieu, suite à une entente formelle entre les trois autres partis (BQ, PLC, NPD), qui avait été rendue publique, ainsi que la volonté de ces trois partis de présenter leur proposition de coalition à la GG. Ce vote de non-confiance devait mener au gouvernement de coalition.

      C'est cette prorogation que Mme Jean avait accordée à Harper et, on peut le dire, contre la volonté de la Chambre des Communes.

    • Raymond Labelle - Abonné 6 août 2015 07 h 00

      À Mme King,

      « (…) on ne peut supposer de l'issu d'un vote qui n'a jamais eu lieu. La prorogation fut consentie par Madame Jean à un gouvernement qui avait la confiance de la chambre. »

      Pour être un peu plus précis que dans mon intervention antérieure. Le Bloc, le PLC et le NPD s’étaient entendu de façon formelle, par écrit, dans un document signé, sur la création d’un gouvernement de coalition formé par le PLC et le NPD et ayant l’appui du Bloc.

      Les trois partis avaient rendu publique l’existence de cette entente et leur volonté de former un nouveau gouvernement en demandant à la GG d’accepter la formation de ce nouveau gouvernement.

      La première étape prévue et rendue publique pour ce changement de gouvernement était le renversement du gouvernement par un vote de non-confiance à la Chambre des Communes.

      C’est précisément et clairement pour éviter ce vote de non-confiance que Harper avait demandé la prorogation de la Chambre.

      L’issue de ce vote de non-confiance ne faisait aucun doute, étant donné l’entente formelle entre les trois partis qui alors constituaient la majorité de la Chambre.

      Dans ce contexte, il est tout à fait clair que Mme Jean a prorogé le Parlement contre la volonté du Parlement.

    • Loraine King - Abonnée 6 août 2015 14 h 44

      Monsieur Labelle, le parlement exprime sa volonté par des votes par appel nominal, tenus publiquement et enregistrés par des greffiers. Du point de vue constitutionnel, un parti politique celà n'existe même pas. Ce sont des organisations privées. Des documents fournis par des chefs de partis ne remplacent pas le vote des élus du peuple dans l'enceinte d'un parlement.

      Pour perdre la confiance de la chambre, il faut un vote par appel nominal contre le gouvernement, formulé en tant que tel, ou un vote contre le budget présenté par le gouvernement ou sur le discours du trône qui présente l'ensemble de l'agenda législatif.

      Madame Jean ne pouvait pas refuser la demande de M. Harper tant que le gouvernement n'avait pas perdu la confiance de la chambre. Comme vous l'écrivez, le vote n'avait pas eu lieu quand Harper s'est présenté devant le GG. J'ai été témoin du vote contre le budget qui a mit un terme au gouvernement Clark, et personne n'avait averti les médias d'avance. Quand on veut retirer la confiance de la chambre au gouvernement on vote contre. On envoit pas des chefs de partis devant les médias et des lettres au GG.

      La reine n'est pas là pour ré-écrire les règles parlementaires ou la constitution. C'est ce que Madame Jean aurait fait en acceptant d'agir selon des documents rédigés par les chefs de partis. Même si ces documents portaient la signature des députés, ils ne peuvent remplacer un vote par appel nominal. Imaginez si un député dévoilait avoir été contraint de signer !

      Par contre, Madame Jean avait poser une condition à M. Harper, une date avant laquelle le gouvenement devait présenter un nouveau discours du trône. Je crois que ce fut une première dans les anales du parlementarisme de type Westminster.

    • Raymond Labelle - Abonné 6 août 2015 16 h 49

      À Mme King.

      Que la/le GG accepte la prorogation dans l'unique but de soustraire l'exécutif à un vote de non-confiance lorsque la majorité du Parlement a exprimé sa volonté de procéder est une entorse claire à la volonté du Parlement et donc, au principe constitutionnel fondamental de la souveraineté du Parlement.

      C'est ne pas appliquer ce principe fondamental, comme l'a fait Mme Jean, qui constitue une "réécriture" de ce principe non-écrit de notre Constitution de type britannique.

      Je ne dis pas que le document se substitue au vote de non-confiance; je dis qu'il était clair que la majorité du Parlement voulait procéder au vote de non-confiance et ne voulait pas qu’une prorogation vienne contrer cette volonté.

    • Loraine King - Abonnée 6 août 2015 16 h 55

      J'aimerais ajouter, Monsieur Labelle, que Madame Jean qui connaissait bien les circonstances de la demande de prorogation, l'avait acceptée non pas sous une mais sous deux conditions, selon Russell, le constitutionaliste qui l'a conseillé : le retour du parlement pour la fin janvier et que le gouvernement présente immédiatement un nouveau budget, donc un vote qui confirme la confiance de la chambre envers le gouvernement.

      Ce système démocratique ne s'appelle pas monarchie constitutionnelle pour rien. La monarchie ne joue, et ne peut jouer, qu'un rôle constitutionnel. Accepter des documents des chefs de partis pour déloger un gouvernement ce n'est pas dans les règles démocratiques d'une démocratie qui reconnaît la suprémacie du parlement.

    • Raymond Labelle - Abonné 7 août 2015 10 h 22

      À Mme King,

      Entendons-nous pour diverger.

      Vous êtes d’avis que les conditions posées par Mme Jean à la prorogation font en sorte que d’accorder cette prorogation conditionnelle respectait le principe de la responsabilité ministérielle. Il s’agit du principe selon lequel l’exécutif est responsable devant le Parlement (modalité de la souveraineté du Parlement).

      Je maintiens que la GG ne pouvait accepter cette prorogation, même en l’assortissant de conditions, sans bafouer le principe de la responsabilité ministérielle, car le seul et unique motif de cette demande de prorogation était d'empêcher le Parlement de voter sur une motion de défiance au moment déjà prévu à l’horaire parlementaire.

      Cette demande de prorogation est l’une des manifestations du mépris du gouvernement Harper envers les institutions démocratiques.

  • Gérard Raymond - Abonné 5 août 2015 04 h 56

    Des valeurs différentes par dizaines

    Si vous preniez le temps de dresser la liste de ce qui différencie les Québécois des Canadiens, ce que j'ai fait, madame Pelletier, vous noteriez alors une bonne cinquantaine d'éléments de distinction.

    • Raymond Labelle - Abonné 5 août 2015 10 h 19

      M. Montmarquette, en réaction à un autre article, avait rappelé ceci:

      "Durant les quatre dernières années, le NPD a lutté avec acharnement contre les politiques conservatrices telles que :

      L'abolition des services à Postes Canada
      Le saccage de l'assurance-emploi
      Les compressions à Radio-Canada et dans la sécurité ferroviaire,
      La fin de la protection des lacs et des rivières,
      Le port de Cacouna
      Le musellement des scientifiques
      Le projet de loi C-51
      La diminution et suppression des subventions aux organismes de défenses des droits et libertés, droits des Autochtones, droits des femmes.
      La diminution et suppression des subventions aux groupes écologistes et aux mouvements de coopération internationale.
      La politique guerrière de Stephen Harper
      Les politiques économique et sociale régressives
      Les actes antisyndicaux et antitravailleurs
      L'atteinte à notre démocratie en discréditant nos institutions démocratiques et leur loi électorale.

      De même que la dégradation de l'image du Canada à l'internationale en se retirant du protocole de Kyoto, en mettant fin à son rôle de maintien de la paix."

      Laissons les lecteurs juger si cela correspond ou non à leurs valeurs.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 5 août 2015 11 h 00

      @ M. Labelle

      M. Montmarquette est un partisan de Québec Solidaire, soi-disant indépendantiste. Et, en même temps, fédéraliste avec le NPD.

      C'est ce qu'on appelle de la confusion!

      Voter NPD, c'est voter pour le parti fédéraliste le plus centralisateur; soit le contraire absolu des valeurs québécoises.

    • Raymond Labelle - Abonné 5 août 2015 15 h 33

      À M. Grandchamp,

      On peut faire abstraction de l'affiliation politique de M. Montmarquette: sa représentation du travail du NPD pendant les quatre dernières années est exacte.

      C'est au regard du travail et des positions du NPD que l'on doit voir si le programme de gouvernement fédéral qu'il propose dans le cadre de cette élection pour choisir un gouvernement fédéral nous convient.

    • Christian Montmarquette - Abonné 5 août 2015 19 h 30


      «M. Montmarquette est un partisan de Québec Solidaire, soi-disant indépendantiste. Et, en même temps, fédéraliste avec le NPD.»- Pierre Grandchamp

      Ça me fait bien rire moi, des souverainistes qui se présentent aux élections fédérales, en doutant des convictions souverainistes des autres!

      - Qu'est -ce que le Bloc fout à Ottawa à part renforcer l'idée d'un Québec fort dans un Canada uni?

      Sachez qu'on commence à en avoir soupé de vos petites remontrances de «pureté souverainiste». Surtout quand on sait que Québec Solidaire est «le seul» parti de l'Assemblée nationale à garantir un référendum dans un premier mandat, et que le PQ n'a même plus de référendum à son programme depuis plus de 20 ans et y compris avec Péladeau à sa direction!

      Québec Solidaire n'a «aucune» leçon d'indépendance à recevoir de qui que ce soit!

      Christian Montmarquette

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 5 août 2015 06 h 04

    D'accord ?

    Je ne suis pas d'accord et je l'ai déjà exprimer.

    PL

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 5 août 2015 08 h 41

      Que vous, Pierre, ne soyez pas d'accord avec le propos de madame Pelletier, c'est déjà ça de pris. Mais ne vous (nous) privez pas de nous dire pourquoi, même si vous aurez l'impression de simplement vous répéter.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 6 août 2015 04 h 52

      «Mais ne vous (nous) privez pas de nous dire pourquoi, même si vous aurez l'impression de simplement vous répéter.»

      J'ai 79 jours pour le faire. En attendant, je réexamine la situation afin de m'assurer que ma position est toujours valable. Me remettre en question me tient à l'affut. En attendant, je vous lis vous.

      Bonne journée.

      PL

  • Pierre Grandchamp - Abonné 5 août 2015 06 h 39

    Les NPD et nos valeurs

    Où était le NPD lors de l'infâmie de 1982? Où était le NPD fédéral et les NPD provinciaux, en 1990, au moment où le Canada anglais reniera sa parole et sa signature à Meech?

    Où étaient Mulcair et ses poteaux québécois lors de l'appui fédéral au projet hydro électrique de Newfoundland, il n'y a pas si longtemps? Ils étaient avec les conservateurs c.à.d. contre l'avis unanime de notre Assemblée nationale.

    Où se situent Mulcair et les siens dans la projet pétrolier Énergie Est?

    Où se situait l'ex-président Mulcair d'Alliance Québec? Contre la loi 101!

    Le NPD a toujours été le parti fédéraliste le plus centralisateur et, en cela, au détriment des valeurs québécoises.

    • Loraine King - Abonnée 5 août 2015 12 h 26

      Le NPD, le Parti libéral du Canada et le Parti progressiste conservateur du Canada ont tous appuyé Meech Lake.

      Le Reform Party et le Parti Québécois se sont opposés à Meech.

    • Daniel Bérubé - Inscrit 5 août 2015 12 h 51

      N'es-ce pas un peu trop demander, au NPD, d'être plus défendeur, voir "indépendantiste" que le bloc ?

      Le bloc nous a habituer à voir défendre les valeurs UNIQUEMENT du Québec, corps et âme, pour ne pas dire "bec et ongle"; alors il est normal sous cet angle, que de ne pas voir le NPD défendre sur tout les points le Québec et soutenir de façon presque invisible les valeurs des autres provinces vous semble innaceptable. Pourquoi si le Québec tient tant à l'indépendance, ne cesse-t-il pas de perdre son temps à Ottawa et ne va-t-il pas pousser la chose à l'organisation des Nations Unis ? S'attendrait-il à ce qu'Ottawa à lui seul accepte du jour au lendemain de voir le Canada séparé par "un autre pays" ? Sauf les USA, avec (Alaska), je n'en vois pas beaucoup d'autres. Es-ce que le Canada accepterait de se faire "séparer" de la même façon ? J'en doute... et comme il était dit plus haut, si l'élection du bloc amène Harper à reprendre le pouvoir, je ne compte pas tellement sur lui pour accorder au Québec le droit du 50% + 1 advenant un référendum...

      Remarquez bien, par contre, que ma décision à savoir pour qui je vais voter est toujours à l'étude...car il y a encore plusieurs jours d'ici le 19 octobre, car une anguille sous roche à encore le temps de sortir...

      Je met mon casque de sécurité, allez-y !

  • Jean Lapointe - Abonné 5 août 2015 08 h 03

    L'indépendance est au contraire indispensable

    «Sans minimiser les différences culturelles qui séparent le Québec du Canada, qu’elles (sic) sont, au fait, les valeurs, les intérêts, voire les convictions qui nous sont propres ?» (Francine Pelletier)

    Nous sommes chacun et chacune d'entre nous différents de nos voisins et de nos voisines. Nous sommes nous et nous savons que nous sommes uniques. Nous sommes les seuls à être ce que nous sommes et nous visons donc à vivre notre vie comme nous l'entendons.

    Nous partageons chacun de nous les mêmes valeurs, les même intérêts, les mêmes convictions que bien d'autres personnes mais nous tenons je pense la plupart d'entre nous à le faire chacun et chacune à notre façon parce que nous voulons vivre notre propre vie et non pas vivre dans l'ombre d'autres que nous.

    Les souverainistes québécois, dont je suis, voient aussi les choses de la même façon en ce qui concerne la nation québécoise.

    Nous sommes bien conscients d'avoir des valeurs, des intérêts, des convictions qu'ont aussi bien d'autres habitants de ce grand territoire qu'est le Canada mais nous avons le sentiment de les vivre à notre façon et donc de façon différente parce que nous nous savons et nous sentons distincts d'eux à cause de ce que l'histoire a fait de nous.

    Par contre, dans l'état actuel des choses, nous constatons que nous n'avons pas la possibilité de faire bien des choses de la façon dont nous aimerions pouvoir le faire parce que nous nous n'avons pas les coudées franches pour le faire à cause de l'actuelle constitution canadienne.

    Il est vrai je pense que «le mouvement souverainiste a eu comme effet pervers (sic) de nous donner l’indépendance d’esprit, la liberté d’être et d’exprimer qui nous sommes.»

    Mais maintenant ce sont les structures politiques qu'il faudrait changer pour que nous puissions mettre en oeuvre ces nouveaux acquis mais, comme le reste du Canada ne veut pas en entendre parler, nous n'avons d'autre choix que de viser l'indépendance de notre Etat.