Long-courrier

Cette semaine, je prends congé du courrier de lecteurs. Je m’accorde quelques jours plus tranquilles pour rattraper le retard que j’accuse quant à vos questions. Au menu : clins d’oeil, adresses, légendes et quidams qui voyagent sans valises. Est-ce raisonnable ?

À suivre

Transat a lancé le Tour de France pour tout le monde. C’est en fait des forfaits par ville.

Le reste peut se faire en vélo, à pied, à cheval. Des forfaits de 7 ou 8 jours, avec ou sans repas. Avec ou sans cuisinette.

Paris, Nice, Bordeaux, Marseille sont sur les rangs et circuits en Alsace. Vacances Transat : connexions@transat.com

L’annonce folle

Chaque semaine, je reçois des tonnes de messages ou d’annonces qui sont un peu toujours les mêmes. Réductions au Mexique, sur un vol, une croisière, des fruits au Salvador, des poulets au Costa Rica, etc. Je les lis, mais je ne vous les transmets presque jamais. Par contre, celle-ci, je m’amuse à vous la publier. En voici le titre : Île pour vous à petit prix. Une île déserte en plein centre des Caraïbes. Cela part bien. Pas de voisins et une villa juste pour les demandeurs. Un bateau sur place, sans voile, mais à moteur. Repas non compris. Draps fournis, ventilateurs et air conditionné. Service de concierge. Prix par jour : de 2000 à 3000 $ selon la saison. Une aubaine ! Tobago Cays Marine Park. Erika’s Marine Services.

De belles mais dangereuses plages

La vision de plages idylliques et ensoleillées fait toujours la une des brochures et des pubs sur maintes destinations.

Selon le site About Travel, on évoque les plages qui sont belles, mais qui attirent les requins. Requins marins ou de plage comme au Brésil, à Copacabana. On s’étonne toujours à Copacabana que les locaux soient très déshabillés, avec un seul peigne coincé dans le Speedo, sans argent ou carte de crédit coincés entre la fesse gauche et le nombril.

Raja Ampat en Indonésie (soleil), Gansbaai en Afrique du Sud (requins), Queensland en Australie (méduses), Kilauea à Hawaii (volcans) et Chowpatty Beach en Inde (pollution) sont les nommés.

À Paris, le Wi-fi sans fil sur commande

Depuis quelques semaines, Paris et l’Île-de-France se prêtent à un nouveau service. Le Wi-Fi sans fil disponible partout, en dehors des hôtels, restos, etc. où on peut recevoir le signal. Moyennant un coût de 7,90 euros par jour, la location de ce boîtier offre une connexion haut débit de 4G, sécurisée, dans n’importe quel endroit de la capitale. Le dispositif assure une autonomie de 6 heures et peut alimenter jusqu’à 10 appareils connectés simultanément. À se procurer dans les bureaux de tourisme, aux Galeries Lafayette, dans les aéroports ou gare. Cela fait un peu cher le sans-fil, en direct d’un quartier oublié ou d’un monument qui ne se rappelle pas.

Cris de cochons

Tous les étés, le village de Trie-sur-Baïse, dans le sud-ouest de la France, est le rendez-vous du concours international du cri de cochon, à travers la Pourcailhade, fête consacrée entièrement au porc et à ses dérivés. Sous la halle du marché, on installe une estrade où viennent concourir, du monde entier, en équipe ou en solo, tous les imitateurs du fameux cri de cochon. Les figures sont imposées, car dans chaque show, on doit retrouver les sons de l’accouplement, de la naissance, de la mise en bouffe et de la mort… Les juges sont vétérinaires, éleveurs ou, au pire, un peu cochons. Concours de T-shirts à l’effigie porcine, courses de cochons, buffets sur fond de charcutailles et vins de pays à volonté. Surréaliste… le deuxième dimanche d’août.

Pour s’inscrire ou en savoir plus, téléphonez au 011 33 5 6235-5088.

Le chic village

À quelques encablures de Milan, le village de Cassinetta di Lugagnano est un village comme les autres, sauf qu’un moulin du XIIe siècle fait un peu désordre dans le décor… À l’intérieur, des centaines de rouleaux de tissu de Maton Sargeant, fournisseur officiel depuis des décennies des marques Armani et Bulgari… Récemment, Rosanna Armani y est venue apporter un stock important de drapages pouvant faire figure de recouvrement aussi bien pour le lit que pour entourer des meubles jugés un peu fades. Le meunier est donc devenu consultant en décoration intérieure et parle 5 langues… Impossible de mal acheter et heureusement, car le chic tissu a son prix… Maton Sargeant. 23-25 Via Pace à Cassinetta Tél. : 011 39 02 9459-9905.

Verdi, vidi, vici

Dans le village de Busseto, à quelques lieux de Parme, on est chaque année le porte-voix d’une certaine idée de l’Opéra.

On chantera sous les arcades romanes, on ira à l’opéra sur la place du village ou on poussera un peu plus loin vers Roncole Verdi, lieu de naissance de Giuseppe pour assister à Aïda dans un champ de tournesols et où, à l’entracte, on sert du prosciutto melone avec du vin de Toscane. C’est ce qu’on appelle l’art populaire. Pour loger à Bussetto, l’hôtel I Due Foscari, propriété kitscho-médiévale, tenue par un fils de ténor qui a baptisé chaque chambre du nom des opéras de Verdi, avec des reproductions de Giuseppe dans les sombres couloirs. Avant d’aller dormir, le maître d’hôtel et également baryton peut vous faire tout le menu a capella… C’est long, mais c’est bon. I Due Foscari. Piazza Carlo Rossi 15. À partir de 90 $ la nuit.

Tél. : 011 39 05 2493-0039.

La chouette ambitieuse à Cuba

Il y a longtemps, très, très longtemps à Cuba, alors que les humains ne vivaient pas encore sur cette terre, les premiers animaux commençaient à s’organiser entre eux.

La montagne de la Sierra Maestra était encore toute chaude.

Les tout premiers rossignols venaient de naître dans la vallée de Vinales, et Varedero voyait ses premières mouettes.

Il y avait des chats à Pinar del Rio et des milliers de chevaux à Santiago de Cuba.

Les grenouilles de Santa Clara apprenaient à nager et les lapins de Cienfuegos à courir. Tout était nouveau et il ne manquait presque rien. Il y avait même des palmiers et de la canne à sucre.

Tout était là, à Cuba, mais le soleil n’avait pas encore fait son apparition et tout était plongé dans la plus noire des nuits.

Juste de légers clairs de lune. Pour aider les autres animaux, une chouette appelée Clara se mit à frapper à tous les arbres, les terriers, les nids, les bosquets. Quand elle eut rassemblé tout le monde, elle leur a demandé de crier : « Lumières, lumières ! » Et le soleil apparut pour toujours.

République dominicaine

Dans les Montagnes, du côté de Constanza, j’ai connu une féminité qu’on appelle la Ciguapa.

La Ciguapa attire les hommes pour assurer sa descendance. Et ensuite pour les violer et les tuer. Rien ne peut d’ailleurs décrire ce que l’homme subit pendant sa funeste rencontre.

C’est un animal d’une espèce indéfinie qui va où les hommes font du feu pour se réchauffer. Elle se pose à la lisière de la forêt, avec ses grands cheveux qui lui cachent le corps et elle chante, comme une sirène… Son truc ; imiter le bruit de la colombe et avoir les pieds à l’envers, munis de grandes griffes. De sorte que lorsqu’on croit l’apercevoir de dos, c’est le devant qui nous saute dessus. Pour ne pas succomber, il faut l’attaquer avec un chien au palais noir avec en sus, à chaque patte, la bagatelle de 100 doigts. Comme ce chien n’existe pratiquement pas, il nous reste à ne pas nous laisser aller au chant de cette sirène roucoulante. Ce jour-là, je croisais plusieurs chiens dont je regardais discrètement le bout des ergots et mes tympans étaient suspicieux à toute allusion vocale pouvant ressembler à un vulgaire pigeon.

Vous souriez ? Et pourtant dans ces montagnes, les hommes ne vont jamais seuls dans la forêt. Pour la chasse au cochon sauvage, ils sont une bonne dizaine à s’imbiber de rhum, l’épieu à la main. Ce sera le cochon ou… la Ciguapa.

À lire

Voyager sans bagages était mon but quand j’étais plus jeune. Je m’armais simplement d’un petit sac que je remplissais du nécessaire. Et tout se déroulait assez bien. Sauf qu’un jour en Inde, je suis tombé sur un vieux monsieur très savant à qui je racontais mon obsession de voyager sans bagages. Il me conseilla avant de continuer de lire un bouquin d’Anouilh, Le voyageur sans bagages. On y parle d’amnésie et d’un retour à la normale qui n’est pas très drôle. Il m’a dit que je frisais peut-être l’amnésie. Mon sac devint alors plus gros, une valise vint prendre aussi le chemin de mes partances. C’est ainsi que je voyage maintenant avec bagages, sans plus.

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