La Cathédrale verte, un projet innovant et impressionnant

Le projet de reconversion de l’incinérateur des Carrières en jardins suspendus, proposé par l’entreprise la Cathédrale verte, est une excellente nouvelle. La planification est l’aménagement de la fameuse rampe d’accès avec, entre autres, 15potagers en bac.
Illustration: Cathédrale verte Le projet de reconversion de l’incinérateur des Carrières en jardins suspendus, proposé par l’entreprise la Cathédrale verte, est une excellente nouvelle. La planification est l’aménagement de la fameuse rampe d’accès avec, entre autres, 15potagers en bac.

Le projet de reconversion de l’incinérateur des Carrières en jardins suspendus, proposé par l’entreprise la Cathédrale verte, est une excellente nouvelle. Il est grand temps de redonner vie à cet espace massivement bétonné, élément visuel marquant du paysage montréalais avec ses cheminées. Lors de l’événement Je vois Mtl, le projet s’est intégré à celui d’un corridor vert en direction du site Outremont de l’Université de Montréal.

L’incinérateur

Friche industrielle désaffectée depuis 22 ans, l’ancien incinérateur de déchets est situé dans l’arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie sur la rue des Carrières à Montréal. Impressionnant bâtiment, il se distingue par ses deux immenses cheminées de 75 m de haut et par son imposante rampe d’accès extérieure. Par sa localisation au coeur de la ville, sa reconversion vers des technologies propres et sa végétalisation sont intelligentes et intéressantes. Qui sait… ? Le site pourrait même devenir un attrait touristique inusité !

La cathédrale verte, en plus d’être un projet, est une société par actions. Cette dernière souhaite — car elle n’a pas encore de projet concret à son actif — reconvertir des usines en technologies propres, réaménager écologiquement des sites industriels et créer de nouvelles signatures dans le paysage. Elle a été fondée par deux passionnés des technologies vertes et de l’écologie urbaine : Nicolas Vézeau, formé à l’École nationale d’administration en France et gestionnaire de portefeuille, et Jean-Baptiste Reulet, spécialiste de la vidéo 3D. Mis au défi par leurs conjointes lors d’une sortie sur le mont Royal d’aller au bout de leur idée et de réaliser un projet concret, ils ont pris trois à quatre ans avant de tout ficeler. En somme, depuis 2011, le projet de reconversion de l’incinérateur a été présenté dans différents événements, où il a suscité beaucoup d’intérêt et remporté des prix. Toutefois, c’est lors de sa présentation à Je vois Mtl, l’automne dernier, qu’il a pris un nouvel élan en s’inscrivant dans une vision plus large de corridor vert et en s’associant au Carrefour Verdir de Concertation Montréal (anciennement la CRE), à la Société de verdissement du Montréal métropolitain (Soverdi) et en créant des partenariats avec la Soder de Rosemont et Vrac environnement (Groupe d’action et de recherche en développement durable).

Le projet vert

Toujours à Je vois Mtl, les acteurs du projet se sont donné comme mission de réaliser, pour 2017, un espace de biodiversité en plein coeur de la ville en connectant, grâce à la voie ferrée, l’incinérateur des Carrières au campus d’Outremont. Ils souhaitent mobiliser tous les acteurs du milieu autour du corridor pour rendre les quartiers plus verts, plus sains et plus actifs. Les objectifs qu’ils cherchent à atteindre sont les suivants : augmenter la biodiversité, favoriser la connectivité écologique, améliorer le cadre de vie, puis offrir un milieu agréable et sécuritaire pour faciliter la mobilité active et l’activité physique. Deux mots sur la biodiversité, selon Pierre Bélec, responsable du corridor à la Soverdi, « la biodiversité est sûrement déjà intéressante à l’intérieur de l’emprise [du Canadien Pacifique], c’est plutôt auprès des propriétaires, le long de voies ferrées, qu’il y aura un travail à faire ».

Quant au verdissement de l’incinérateur, la planification est l’aménagement de la fameuse rampe d’accès avec 15 potagers en bac, l’installation de 20 écosystèmes en pots et la construction de deux pergolas végétalisées. Le tout serait irrigué par un système d’arrosage qui fonctionne avec la gravité. Au sol seraient plantées des grimpantes pour habiller les piliers et le flanc de la rampe d’accès et pour les cheminées aussi, je présume, puis des saules seraient utilisés pour la décontamination des sols.

En plus de devenir une zone verte singulière, cette métamorphose donnerait accès grâce à la rampe à l’un des points accessibles les plus hauts à l’est du mont Royal. On pourrait y observer la croix du mont Royal, la Place Ville-Marie et le Stade olympique. De plus, les deux gigantesques cheminées verdies le jour et illuminées la nuit deviendraient certainement des repères à Montréal.

Économie circulaire

Le projet inclut la reconversion de l’incinérateur en centre de traitement de déchets nouvelle génération. En bref, à partir de ces derniers seraient produits sur place des bioplastiques pour la fabrication à l’aide d’imprimantes 3D d’objets pour utilisation locale, tels que des prothèses. La reconversion a été établie selon les principes de l’économie circulaire, qui veulent que le déchet d’une industrie soit recyclé en matière première pour une autre industrie ou la même.

Nicolas Vézeau, lors de notre rencontre, affirmait que lui et son acolyte sont prêts à verdir et irriguer l’incinérateur, mais que, malgré le soutien de François Croteau, maire de Rosemont–La Petite-Patrie, de Guillaume Lavoie, conseiller de ville de la circonscription Marie-Victorin dans l’arrondissement, de Réal Ménard, maire de l’arrondissement Mercier—Hochelaga-Maisonneuve et responsable du Développement durable, de l’Environnement, des Grands Parcs et des Espaces verts à la Ville de Montréal, d’Alexandre Boulerice du NPD dans Rosemont et même du maire Denis Coderre, la demande pour un bail emphytéotique de 35 ans du bâtiment, qui appartient à la Ville, est prise dans les dédales de l’administration. Assurément que la situation demande de la conciliation, car entre autres, le terrain est utilisé par l’écocentre ; mais pour un projet aussi intéressant, il y a sûrement place pour une entente. À quand l’issue ?

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Dans la bibliothèque

La campagne
Le spectacle de la nature

Virginie Aladjidi, Caroline Pellissier
Illustrations de Emmanuelle Tchoukriel
Album documentaire
Albin Michel Jeunesse
Paris, 2015, 48 pages

Quel beau livre pour les vacances avec les enfants ! Bien documenté et superbe, il les sensibilise à la faune et la flore de la campagne tout en s’amusant. Dix séquences présentent une plante ou un animal familier tels la grenouille, le chêne, la coccinelle… Chacune est magnifiquement illustrée par des aquarelles naturalistes qui alternent les plans larges et les gros plans, accompagnés de textes clairs et concis. Également, un rabat pour chaque séquence permet de jouer à la devinette, et une page d’imagier complète l’information avec des thèmes comme l’hibernation, la chaîne alimentaire, les habitants de la mare… Ce premier ouvrage d’une nouvelle collection s’adresse aux enfants de cinq ans et plus.

Au jardin cette semaine

Au potager, l’installation d’un paillis permet de réduire le nombre d’arrosages, une tâche parfois ingrate. Jusqu’à maintenant, la pluie a été bien généreuse, mais souvent en juillet, les périodes de sécheresse sont plus fréquentes. Par ailleurs, on récolte nos légumes et fines herbes avant qu’ils soient trop matures ou montent en graines, comme la laitue, la coriandre, le fenouil… On surveille les maladies sur les plants de tomates, car les températures sont propices à leur développement. Si nécessaire, on les vaporise avec une dilution de bicarbonate de soude. Aussi, l’arrivée de la punaise terne — un petit insecte de 5 mm de long de couleur brunâtre avec un triangle caractéristique sur le dos — est à surveiller. La récolte manuelle est difficile dans son cas, car elle s’envole rapidement. Si on en voit beaucoup, on traite les plants avec un savon insecticide.

Immense succès de la campagne « Un arbre pour mon quartier »

Les Montréalais ont fait au cours de cette troisième campagne l’acquisition d’un total de 1152 arbres. Il s’agit du triple des ventes enregistrées à pareille date les années passées. Comme l’opération d’automne est en cours, il est encore possible de se procurer un arbre ou un arbre fruitier pour 25 $ ou 35 $ auprès de son écoquartier ou via le site Internet de son écoquartier. Cette efficace campagne a lieu grâce au partenariat entre le Regroupement des éco-quartiers (REQ), la Société de verdissement du Montréal métropolitain (Soverdi) et la Ville de Montréal. La date limite pour réserver son arbre est le 4 septembre 2015.
 
3 commentaires
  • Jean-Luc Malo - Abonné 28 juin 2015 12 h 13

    Une pure fumisterie

    Ce projet à l'allure innovante verte ne tient pas la route. Surprenant que ce projet soit appuyé par cette journaliste.
    C'est le genre d'affaire dont Montréal pourrait se suffire parce que ça coûte moins cher que tout démolir et construire de vrais jardins et un quartier vert. Ici, on se contente de décor vert.
    Amusant de voir ces cheminées vertes mais comme il y a un hiver à Montréal elles ne le seraient pas bien longtemps. Aussi, ces rampes désaffectées qui seraient transformées en jardins sont-elles encore sécuritaires?
    Une seule solution: dynamiter tout cela comme on l'a fait pour la carrière Miron il y a 40 ans et construire vert.
    Jean-Luc Malo
    abonné

    • Veronica Perez - Abonnée 29 juin 2015 10 h 56

      UN PROJET RÉALISTE DONT MONTRÉAL A BESOIN

      M. Malo,

      - La démolition coûterait au minimum 25 M$ (en dollars de 1993). C'est un coût qui dépasse largement la capacité de payer des Montréalais. Notre ville a des dizaines de priorités plus pressantes pour la prochaine décennie. De surcroît, en matière de faisabilité, il est impensable de démolir une bâtisse de 30 m de hauteur dont les murs ont plus d'un mètre d'épaisseur et occupant 3600 m2 au sol. La raison est fort simple : l'Incinérateur no.3 est situé dans un des quartiers les plus denses du Québec, contrairement à la Carrière Miron dont vous inspirez votre réflexion. La démolition entraînerait un vacarme, de la poussière, des milliers de trajets en camions afin de transporter hors du site les détritus. Ce serait inacceptable pour les riverains de vivre un tel chantier. Enfin, le site est déjà utilisé pour les activités de la Ville, tel l'Écocentre et la cour de voirie : il doit demeurer d'utilité publique.

      - Ce projet est appuyé par plusieurs élus montréalais des trois palliers de gouvernement. Plusieurs services de l'administration municipale ont déjà été appelé à étudier le projet. Mis à part votre questionnement concernant la sécurité de la rampe, en béton armé et conçue pour recevoir des camions de vidanges remplis à pleine capacité; quels sont les points sur lesquels vous désirez davantage d'explications?

      - Concernant de l'habillage des cheminées de plantes grimpantes; leur saison d'activité serait la même que celle des autres arbres feuillus, soit un peu plus de la moitiée de l'année. Comme on dit « ce sera déjà ça de gagné! » Toutefois, vous serez heureux d'apprendre que Cathédrale verte propose aussi de donner une impulsion à la créativité montréalaise et travaille également sur le Jardin de lumière, qui quant à lui, sera visible tout au long de l'année.
      Des lumières écologiques à faible intensité et sans émission de pollution lumineuse seront favorisées.

  • Jean-Luc Malo - Abonné 29 juin 2015 19 h 31

    Réponse à M. Vezeau

    Votre enthousiasme vert me touche mais que représente 25M $ pour la VdM dont le budget global est de 3 milliards? C'est Montréal qui l'a construit cet incinérateur, c'est donc à Montréal de le démolir. Et de toute façon, la valeur de ce grand terrain qui pourrait même être vendu est certainement voisine de 25M$. Donc, bien concoctée, une telle démolition ne coûterait rien aux citoyens.
    Tant qu'à vos craintes pour la démolition, regardez ailleurs. Vous verrez qu'on réussit à démolir de grands immeubles avec bien peu d'impact. Il y a eu beaucoup de progrès dans ces démolitions "contrôlées".
    Je continue à croire que votre projet est un écran vert et que l'on ne s'attaque pas au vrai problème.
    Jean-Luc Malo
    abonné