L’horticulture en zones froides

Le rosier « Champlain »
Photo: Lise Servant Le rosier « Champlain »

Une grande partie du territoire québécois se trouve en zones climatiques où pratiquer l’horticulture présente un certain défi, c’est le moins qu’on puisse dire. Quand même, aménager un joli coin de jardin demeure possible, et une quantité surprenante de végétaux sont adaptés aux rigueurs de ces régions. Puis… on peut toujours repousser un peu leur limite.

Les zones de rusticité

D’abord, un court rappel sur la définition d’une zone de rusticité. Elle correspond à une zone géographique dans laquelle une catégorie spécifique de plantes supporte les températures minimales hivernales de cette région.

En outre, beaucoup de villes de la Belle Province sont situées dans les zones 2 et 3 : Roberval, Saint-Félicien, Dolbeau, Alma, La Tuque, Maniwaki, Mont-Laurier, où les températures minimales hivernales varient entre –45 °C et –40 °C.

Comment défier les zones ?

On peut défier les zones de rusticité de différentes façons, car d’autres facteurs que la température influencent la rusticité d’une plante, tels l’habitat, l’épaisseur de neige et le vent. Qu’est-ce que l’habitat ? Entre autres, la zone de rusticité, mais aussi le type de sol et l’ensoleillement.

En la cultivant dans un sol adéquat, la plante développera un système racinaire important qui performera mieux et qui favorisera une croissance végétative vigoureuse. Une plante en santé se prépare et résiste mieux à l’hiver grâce aux réserves accumulées dans ses racines et ses parties aériennes.

Ensuite, dans les régions nordiques, un des avantages par rapport au Sud est le couvert de neige épais et constant tout l’hiver : la meilleure protection que puissent avoir les vivaces et les petits arbustes. Si nécessaire, pour favoriser son accumulation, on dépose des branches de pin sur les platebandes ou on installe de la clôture à neige.

Enfin, les vents froids et desséchants causent beaucoup de dommages aux arbustes et aux arbres. Pour assurer la survie des moins rustiques, on les plante dans les endroits protégés du jardin. Si on souhaite pousser plus loin l’expérience, la plantation d’un brise-vent permet la création d’un microclimat qui rend possible la culture de nombreuses plantes bien en dehors de leur zone de rusticité.

Un exemple manifeste de l’efficacité de cette technique est le jardin Les Introuvables, de Bernard Carrier, dans la région de Québec, où, en zone 4, il cultive avec beaucoup de succès un éventail de plantes peu rustiques, dont une superbe Eucomis bicolor de zone 8 !

Des arbres qui résistent

Dans un aménagement, les arbres ajoutent de la dimension, de la structure et de la pérennité. Ils servent d’habitat à la faune, améliorent la qualité de l’air, le rafraîchissent et le protègent des vents dominants. Ils ont un rôle capital.

Pour vous inspirer, voici une liste d’arbres avec de courtes descriptions. Pour plus de choix, reportez-vous à l’excellent livre de Bertrand Dumont, paru ce printemps aux éditions Multimondes, Des arbres pour les jardins paysagers.


Feuillus

Amélanchier du Canada, zone 2b. Petit arbre à floraison printanière blanche spectaculaire.

Aubépine ergot de Coq sans épine, zone 2b. Arbre de taille moyenne à l’écorce singulière. Sa floraison blanche est printanière et son parfum… particulier.

Cerisier de l’Amur « Goldspur », zone 2b. Petit arbre de port ovale à écorce dorée qui s’exfolie. Ses fleurs sont blanc crème, ses feuilles vertes foncées et ses fruits, noirs.

Lilas de Pékin « Copper Curls », zone 3b. Petit arbre singulier pour son écorce cuivrée qui s’exfolie. Ses fleurs sont blanc crème et son feuillage vert lustré.

Pommetier « Dolgo », zone 2a. Arbre de taille moyenne au port arrondi. Ses boutons sont blanc rosé, ses fleurs simples blanches et ses fruits rouge vif.

Saule à écorce jaune, zone 2b. Grand arbre remarquable pour ses jeunes branches jaune or.

Conifères

Cèdre du Canada doré, zone 2b. Conifère de taille moyenne au port pyramidal étroit et aux écailles jaune or.

Épinette bleue « Koster », zone 2b. Conifère de taille moyenne au port conique et étroit, aux jeunes pousses bleu argenté qui deviennent bleues par la suite.

Mélèze du Japon « Diane », zone 3a. Petit conifère original au port tortueux et même aux aiguilles tortueuses.

Pinus cembro « Algonquin Pillar », zone 3a. Petit conifère intéressant pour son port colonnaire aux jeunes pousses vert clair.

Des rosiers rustiques

Pour un classique de nos jardins, le rosier, il faut se tourner vers les séries Explorateur, Parkland et Prairie, conçues par Agriculture Canada, pour trouver des rosiers rustiques. Ces séries aux qualités remarquables ne sont pas greffées comme les hybrides de thé, ce qui assure une meilleure survie des plants.

Série Parkland

Rosier « Hope for Humanity », zone 3a. Son port est ouvert, sa floraison en grappe et ses fleurs rouge foncé sont légèrement parfumées.

Rosier « Morden Sunrise », zone 3a. Son port est ouvert et chaque tige porte une seule fleur parfumée aux teintes de jaune, de rose et d’abricot.

Série Explorateur

Rosier « Champlain », zone 2. Son port ressemble à un petit buisson et sa floraison forme des grappes où s’épanouissent des fleurs doubles, rouge foncé, légèrement parfumées.

Rosier « William Baffin », zone 2a. Son port grimpant apporte une autre dimension au jardin et sa floraison en grappes présente des fleurs de rose à rose foncé, légèrement parfumées.

Les arbustes pour climat hostile

Les arbustes jouent aussi un rôle important, car ils participent à donner de l’ossature et du volume à l’aménagement. De plus, au fil de l’année, ils colorent le jardin de leurs feuilles, leurs fleurs, leurs fruits, sans oublier leur écorce parfois décorative. Voici quelques exemples d’arbustes pour les zones 2 et 3.

Diervillée du Canada, zone 3. Petit arbuste au port arrondi. Ses nouvelles pousses teintées de rouge tournent au vert l’été et s’enflamment l’automne.

Potentille Mango Tango, zone 2. Arbuste compact qui se couvre tout l’été de jolies petites fleurs jaune doré teintées d’orangé et de rouge.

Rhododendron Rosy Lights, zone 3. Rhododendron au feuillage caduc. Ses fleurs en grappe d’un rose éclatant dégagent un parfum agréable.

Pin mugo Jakobsen, zone 2. Ses aiguilles courbes sont vert foncé, et sa forme dense et irrégulière lui donne un aspect original.

Dans les platebandes

La tache noire du rosier a fait son apparition au cours des derniers jours. On la reconnaît par des taches rondes et noires entourées d’un halo jaune sur la face supérieure des feuilles. Une infection importante peut provoquer une défoliation du plant et diminuer le nombre de fleurs.

Ce champignon est favorisé par des températures entre 15 et 25 °C et un feuillage qui reste humide longtemps, comme ces dernières semaines, il est donc recommandé actuellement. Il est recommandé d’appliquer un traitement préventif avec du bicarbonate de soude, du bicarbonate de potassium ou du Bioprotec, un fongicide pour les rosiers. Ces produits sont également efficaces contre l’oïdium.

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Au potager

Quand la tige de la fleur d’ail prend la forme d’un joli cou de cygne, il est temps de la récolter. Pour les tomates, les plants à croissance déterminée doivent être tuteurés solidement au fur et à mesure de leur croissance, et on élimine les gourmands à l’aisselle des feuilles.

Les plants à croissance déterminée, on les place dans des tuteurs en cerceaux. Puis, n’oubliez pas de les fertiliser. Ensuite, ayez l’oeil sur vos cucurbitacées, la chrysomèle rayée est arrivée ! La récolte manuelle s’avère la plus efficace, mais un traitement à la pyréthrine tel le Trounce peut aussi aider un peu.

Dans la bibliothèque

Champignons communs du Québec et de l’est du Canada
Raymond McNeil
Michel Quintin
2015, 448 pages


Voici le guide parfait pour tout amateur de champignons sauvages. D’abord, il permet l’identification des espèces les plus communes de nos régions et une différenciation efficace des espèces comestibles versus les vénéneuses et les mortelles. Mais, de surcroît, il familiarise le dilettante avec les principaux aspects de la mycologie, la cueillette, la consommation et la conservation. Cette édition bonifiée regroupe près de 400 espèces avec une nomenclature à jour et chacune d’elles a une fiche technique illustrée par une excellente photo. Un ouvrage remarquable.

Champignons communs du Québec et de l’est du Canada

Raymond McNeil, Michel Quintin, 2015, 448 pages