Hors-jeu: Signez ici

Enfin les fêtes terminées. Voici revenu ce doux moment de l'année où l'on peut cesser de souhaiter une bonne année à des gens dont on se fout éperdument qu'ils en connaissent une excellente ou une pourrie parce qu'on s'est juste adonnés à être au même party du jour de l'An on ne les avait jamais vus il y a une heure à peine et on ne les reverra plus jamais, où l'on peut recommencer à se réaliser dans son travail qui, comme chacun sait, est la santé, et où l'on songe que dans six mois, les journées vont se mettre à raccourcir.

Où l'on se félicite également de ne plus avoir à lire les mille chroniques sportives idiotes qui consistent à souhaiter des cadeaux idiots à nos personnalités de notre merveilleux mondeª. Même si elles non plus, on ne les connaît pas, et même si on ne comprend absolument rien à ces idioties. Genre: À Rogatien Croteau, du club de golf Saint-Rogatien: une tondeuse neuve! Ou: À Jumbo Labrosse, des Comètes de Rivière-à-la-Barbote: que son fils Tony n'ait plus honte de lui en zone neutre! Ou: À Marinette Chiasson, sympathique réceptionniste au comité des loisirs de la région 07: de rencontrer un homme qui n'a pas comme seul sujet de conversation le comité des loisirs! Ou: À moi: de continuer à être payé pour écrire des jokes plates que personne ne comprend sur du monde que personne ne connaît!

Si j'avais quand même un souhait à formuler, ce serait pour réclamer l'abolition des souhaits. Ils ne sont qu'un moyen, pas très poli, de se débarrasser. Bon, tout ce que tu désires, ça te va? O. K. bye.

Ainsi que l'abolition de la publicité en général, telle celle qui a transformé les cercles de mise en jeu en annonces au championnat mondial de hockey junior présenté en Finlande, ce qui me rappelle qu'il y a un sacré bout de temps que nous ne nous sommes entretenus du correspondant de Hors-Jeu à Helsinki, monsieur Bergeron. Alors voilà: monsieur Bergeron, si j'ai bien compris le charabia qu'il expédie épisodiquement par courrier électrique, se porte comme deux charmes mais est un peu en train de s'encroûter puisqu'il réside maintenant à Espoo, une espèce de banlieue de la capitale finlandaise (il se serait d'ailleurs mis à la cuisine et te me vous mitonne paraît-il un pâté finnois de gros calibre; un jour, si vous êtes sages, je vous refilerai la recette, il s'agit essentiellement de steak blé d'Inde patates, mais avec des trémas un peu partout).

Espoo, soit dit en passant et en dépit des apparences, n'a aucun lien de parenté avec Phil Espoosito et Tony Espoosito, qui eux cependant sont frères.

Et soit dit en repassant, quelle déception que la performance canadienne à ce championnat mondial de hockey junior. Même bourrés de

tétrathyromorphénotsanotestohémazopseudoléinocorticoéphédromatropostédomine jusqu'aux yeux, nos p'tits gars n'ont rapporté que la médaille d'argent. Contre des Américains qui, eux, ne prennent rien puisqu'on n'a jamais rien trouvé.

Abolition de la publicité en général, donc, et en particulier de celle que l'on diffuse à Global pendant les matchs de la NFL. Banque d'annonces constituée d'environ cinq messages différents, dont quatre et demi sont des autopromotions d'émissions. Nombre de diffusions de chacun à l'heure: environ 158. O. K., regarder le bulletin de nouvelles animé par Kevin Newman, c'est comme si on y était, c'est passionnant, c'est full instructif, c'est la chose la plus agréable au monde après l'orgasme multiple simultané en apesanteur en compagnie de Lisa Guerrero, mais vous n'avez pas besoin de le répéter toutes les 30 secondes. Merci.

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Dans la série «Comme on n'arrête pas le progrès, même flambant nu, et comme vous me tentez comme c'est pas possible, signez ici, ici, ici, là là et là, vous conservez la copie jaune et je garde la rose pour mes dossiers», Ava Cadell, une sexologue de Los Angeles, et Nelson Banes, propriétaire de la firme Protect Condoms inc., du Colorado, ont décidé de tirer leçon des mésaventures de Kobe Bryant. Bryant, un basketteur des Lakers de Los Angeles, fait actuellement face, je le signale au cas où vous auriez passé les sept derniers mois à jouer au paquet voleur dans son trou avec le fluffy de Tikrit, à des accusations de viol de la part d'une jeune fille de 19 ans alors que lui-même affirme que la relation était consensuelle.

Mme Cadell et M. Banes ont donc lancé, séparément, des «formulaires de consentement sexuel» à l'intention des athlètes professionnels. Il s'agit simplement de les faire signer aux promises au septième ciel, celles-ci acceptant dès lors de «participer à toute forme d'activité sexuelle autorisée par la loi» en compagnie du détenteur du formulaire et de «renoncer à toute poursuite criminelle» subséquente contre lui.

Le formulaire de M. Banes, disponible chez tous les bons fournisseurs de formulaires, se détaille 7,99 $US et est accompagné de deux préservatifs.

Si plusieurs sportifs interviewés par le magazine Sports Illustrated ont dit qu'ils utiliseraient en tout temps le «contrat», des avocats doutent de sa valeur devant un tribunal, notamment parce qu'une femme (ou un homme, hé) peut retirer son consentement à une petite séance intime à tout moment.

Et puis, s'il y a des gens qui savent bien qu'une signature au bas d'un contrat ne vaut pas tripette, ce sont bien les sportifs professionnels qui ne ratent pas une occasion de demander une renégociation, moi je trouve un peu.

jdion@ledevoir.com
1 commentaire
  • Louis Reeves-Morache - Abonné 7 janvier 2004 08 h 06

    Le saigneur des agneaux III

    Ceci est un rectificatif à ma réaction d'hier. Comme quoi les actions-réactions peuvent être rectifiées.

    Donc je stipule, en lieu et place, de Seigneur des Agneaux, le Saigneur des Agneaux III.
    Je propose donc cela à Hors-Jeu (x). Je vous laisse opter pour le poids le plus important: le mien ou celui des fans de Tolkien.

    Cordialement.