Fonds d'investissement: Résolutions financières

Janvier 2004: l'attitude des investisseurs diffère grandement de celle qu'ils affichaient à pareille date l'an dernier. Une certaine confiance dans le marché des actions est réapparue. Et plusieurs indices nous permettent d'être confiants quant à l'année qui vient. Les taux d'intérêt bas combinés à l'amélioration de la situation économique américaine devraient favoriser l'expansion des entreprises canadiennes. Profitons donc de cette conjoncture pour prendre quelques résolutions pratiques qui pourraient nous aider en cette période de marché haussier.

Réparti ou éparpillé

Nombreux sont les investisseurs qui confondent les notions de répartition et d'éparpillement. Je pense ici à ceux qui font appel à deux ou trois courtiers ou qui ont des comptes bancaires dans trois ou quatre succursales afin de «diversifier» leurs placements. À moins d'avoir des millions à investir, et encore, une telle situation se révèle souvent un véritable fouillis et ne représente aucun avantage, sauf une difficulté supplémentaire à bien suivre ses actifs.

Faire appel à trop de courtiers peut s'apparenter à la consultation de plusieurs dentistes. À moins d'avoir de sérieux problèmes de denture nécessitant l'intervention de médecins spécialisés, la consultation d'un seul dentiste qui connaît bien votre dossier est de loin préférable. Un bon conseiller... un bon dentiste qui connaîtra bien votre situation personnelle, c'est plus que suffisant.

D'ailleurs, la gestion privée s'avère une solution intéressante pour ceux dont les sommes accumulées pour la retraite atteignent un montant important, plus de 250 000 $. Au-delà des avantages provenant des frais de gestion moins élevés et de la déductibilité d'impôt de ceux-ci, la gestion privée permet d'adapter le mieux possible le contenu de votre portefeuille à vos propres besoins.

Ne pas attendre le 1er mars pour cotiser

Chaque année, les courtiers répètent le même conseil: n'attentez pas la date limite avant de cotiser à votre REER. La dernière journée pour cotiser est le 1er mars 2004 pour l'année d'imposition 2003. Évidemment, en attendant le plus tard possible, l'investisseur laisse filer d'éventuelles appréciations du marché.

La situation idéale pour la grande majorité des épargnants serait la cotisation au REER par prélèvement automatique. La formule, qui consiste à cotiser par petits montants, diminue le risque par rapport à un investissement d'un seul bloc. Les familles de fonds offrent maintenant presque toutes de tels programmes.

Considérer les prêts REER

Pour les investisseurs qui n'ont pas été en mesure de contribuer en raison d'obligations financières et qui désirent maximiser leur cotisation annuelle, les prêts REER peuvent constituer une solution intéressante. Les prêts REER servent également à «rattraper» les droits de cotisation REER non utilisés. En ce qui concerne cette dernière stratégie, le remboursement de l'emprunt s'échelonne sur plusieurs années.

Le recours au prêt REER est d'ailleurs intéressant dans cet environnement de taux d'intérêt bas que nous connaissons présentement. Les familles de fonds comme AGF, AIC, Dynamique, Mackenzie, Manuvie et Standard Life offrent toutes des programmes de prêt REER. AGF, en particulier, a conçu un programme de prêt très intéressant: pour les demandes en ligne, l'intérêt à payer équivaut au taux préférentiel.

Évidemment, le remboursement d'impôt issu de ce prêt devrait servir à remettre immédiatement le prêt et non pas être utilisé pour se payer le dernier modèle de téléviseur à écran plat... Certains investisseurs trouvent également avantageux de se servir du remboursement afin de payer les dettes à taux d'intérêt élevés, comme celles des cartes de crédit. Mais dans tous les cas, le remboursement doit se faire sur une période maximale de 12 à 18 mois. Sinon, cotisez moins.

Revoir ses stratégies de placement

Le début de l'année constitue aussi un bon moment pour revoir ses stratégies de placement. Est-ce que votre situation financière a évolué? Est-ce que vos objectifs de placement ont changé? Entrevoyez-vous un achat important d'ici quelques années? Est-ce que les raisons principales qui sous-tendent vos décisions d'investissement demeurent les mêmes? Tels sont des exemples de questions essentielles qu'un investisseur doit se poser au moins une fois par année.

Le marché boursier canadien a augmenté de près de 25 % en 2003: des chiffres impressionnants. Mais demeurons réalistes par rapport à l'année en cours: la répétition d'une telle montée est, disons-le, plutôt improbable. Mais garder le cap, suivre son plan d'investissement personnel demeure toujours la voie à suivre.

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L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et dans la gestion.