Vote de confiance

Comme Yves Bolduc avant lui, Jacques Daoust a eu droit au vote de confiance de son patron. Un tel appui n’est pas sans renfermer un message que le ministre de l’Économie doit capter. Mais, contrairement à Yves Bolduc, Jacques Daoust a en sa faveur les compétences de l’emploi.​
 

Quelques propos maladroits que l’on peut associer à une inexpérience politicienne lui ont valu d’être la cible d’une rumeur faisant de lui le personnage central d’un prochain remaniement ministériel à Québec. Jacques Daoust a finalement eu droit au vote de confiance d’un premier ministre répondant à une opposition devenue insistante depuis vendredi. Et qui a désormais pour chef un homme féru d’économie. On peut cependant déduire de cet appui sans équivoque de Philippe Couillard un message rappelant M. Daoust à ses fonctions de ministre de l’Économie, et non plus de président d’Investissement Québec.

Les mauvaises langues ne sont pas sans faire un parallèle avec l’ex-ministre de l’Éducation. Yves Bolduc avait également eu droit à son vote de confiance en décembre dernier. Puis en février, alors qu’il était invité à réitérer son appui à son ministre, Philippe Couillard a hésité pour faire plutôt appel à la tolérance. Le ministre Bolduc démissionna quelques jours plus tard. Mais là s’arrête le jeu des comparaisons. Contrairement à Yves Bolduc qui, de toute évidence, n’avait pas sa place en Éducation, Jacques Daoust affiche toutes les compétences de l’emploi.

L’opposition faisait écho aux rumeurs plaçant Jacques Daoust au centre d’un remaniement ministériel imminent. Quelques propos maladroits et des prises de position contredites par le premier ministre devaient avoir raison de l’actuel ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations. Le Soleil évoquait aussi, vendredi, un manque de dynamisme et de proaction en matière de développement économique.

Surtout, et cela permet de remonter à l’origine des rumeurs, il est reproché à Jacques Daoust d’exercer un contrôle à ce point serré sur Investissement Québec que les demandes s’empilent sur son bureau alors que les dossiers prioritaires doivent être réacheminés vers celui de M. Couillard. Il appert qu’un différend entre celui qui a présidé Investissement Québec de 2006 à 2013 et le conseil d’administration de l’institution serait au coeur des frictions. Et que M. Daoust a été ramené plus d’une fois à son rôle de ministre, et non plus de banquier d’affaires.

Si Jacques Daoust doit défaire son emprise, on ne peut lui reprocher ses réflexes de démarcheur et de développeur qui ont constitué sa grande force au sein d’Investissement Québec. Il aurait été tout aussi actif et efficace lors de son premier Forum économique de Davos à titre de ministre.

Dialectique PKP-Couillard

 

On le dit en réaction face aux multiplications des mises à pied chez Bombardier alors qu’il a été plutôt prompt à réitérer, deux fois plutôt qu’une, l’appui du gouvernement si le manufacturier en manifestait le besoin. Même réaction immédiate lorsque la SNC a fait officiellement l’objet d’accusations de la GRC. Il était au téléphone dès que la rumeur est tombée voulant que Bombardier mette en vente sa division Transport. Le gouvernement Couillard prenait alors les devants en assurant avoir obtenu l’assurance qu’une telle opération n’aurait pas lieu.

Il lui a été reproché une certaine inertie lorsque l’annonce est venue de la vente du Cirque du Soleil à des intérêts étrangers. De grands institutionnels locaux ont pourtant envisagé une solution à la québécoise pour ensuite reculer, pris de vertige devant les attentes financières de Guy Laliberté, dit-on. Ou d’avoir facilement abdiqué devant le choix de RioTinto de retirer le nom d’Alcan du paysage montréalais. Il y a pourtant des limites à ce qu’un gouvernement s’immisce dans la gestion interne des entreprises.

« Avec plus de 68 000 emplois créés en 12 mois, je comprends que j’ai confiance dans notre ministre de l’Économie ! a répondu Philippe Couillard à l’Assemblée nationale. Et j’ai beau chercher du regard, je ne trouve personne qui lui arrive à la cheville en termes d’expérience du milieu des affaires, d’expérience financière de faire avancer les dossiers pour l’intérêt général du Québec »,a-t-on pu lire dans Le Devoir. Une expérience pratique de l’économie et du développement des affaires qui se voudra plutôt précieuse dans une dialectique PKP-Couillard.

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