Fonds d'investissement: Obsédé par les frais de gestion?

Les frais de gestion constituent sans contredit un point sensible pour plusieurs investisseurs. Et ce qui peut paraître le plus frustrant est de devoir débourser des frais au cours d'une période où un fonds ne dégage pas de rendements positifs. Voilà où la rémunération à la performance peut apparaître comme une solution intéressante.

Prenons le fonds BluMont Hirsch performance, dont les frais de gestion de base s'établissent à seulement 0,6 %. Ce minimum suffit à peine à couvrir les frais fixes tels que le courtage, les services juridiques et comptables. Le gestionnaire devient alors un partenaire et non un vendeur de services. En effet, si le fonds génère un rendement négatif, la commission touchée par la firme BluMont est inexistante, et l'investisseur minimise du même coup ses pertes. De plus, l'investisseur devra récupérer ses pertes avant de verser des frais de gestion reliés à la performance. Pour garder les frais de gestion les plus bas possible, le promoteur ne publie la valeur des parts qu'une fois par semaine. L'achat et la vente ne sont donc possibles qu'hebdomadairement, ce qui à mon avis ne devrait pas constituer un élément négatif pour l'investisseur.

Mais il faut se rappeler que les frais de gestion ne sont pas le facteur principal à considérer pour sélectionner un fonds. L'analyse de la qualité du gestionnaire et sa feuille de route demeurent la pierre angulaire d'une bonne sélection.

Une gestionnaire reconnue

Avec un nom comme BluMont Hirsch performance, la firme BluMont a voulu mettre en évidence la présence de Veronika Hirsch. Cette gestionnaire est très connue dans l'industrie pour ses passages marqués chez Prudential, une firme maintenant appelée Mackenzie, et chez AGF ainsi que pour sa courte présence chez Fidelity. Dans ce dernier cas, non seulement le passage de Mme Hirsch chez Fidelity a été très court, mais son départ a été nébuleux. Cependant, elle demeure une excellente gestionnaire qui mérite amplement la confiance des investisseurs.

L'objectif du fonds est simple : procurer une croissance à long terme du capital en investissant dans des entreprises canadiennes possédant des caractéristiques fondamentales supérieures et un potentiel de croissance élevé.

Le fonds s'est donné plusieurs atouts comparativement aux fonds d'actions traditionnels. Ainsi, la gestionnaire peut mettre à contribution certaines stratégies particulières comme l'effet de levier, mais dans une proportion maximale de 1,5 pour 1. L'utilisation de la stratégie de couverture permet également de limiter le risque associé aux différentes positions des actions.

Le fonds obtient un époustouflant rendement annualisé de 25,8 % sur cinq ans, alors que la médiane de cette catégorie est seulement de 6,0 %. C'est un fonds de premier quartile sans interruption. Les deux dernières années n'ont même pas affecté la performance du gestionnaire. Les rendements s'élèvent à 20,2 % pour 2001 et à 10,1 % pour 2002. Depuis le début de l'année, la montée s'établit à pas moins de 30 %.

Trop beau?

Les rendements sont au rendez-vous et les frais de gestion, minimes : trop beau pour être vrai? En fait, le seul hic vient de la taille de l'investissement minimum qui s'élève à 150 000 $. Ce n'est donc pas ce que l'investisseur typique recherche pour la période des REER... L'actif du fonds, seulement 7,8 millions mais en hausse de 176 % depuis 12 mois, témoigne de l'étroitesse du marché auquel ce produit s'adresse.

Par rapport à l'économie canadienne, Mme Hirsch dit s'ajuster en fonction de la faiblesse du billet vert. Elle souligne que l'ampleur des surplus commerciaux et budgétaires du Canada comparativement aux autres pays du G7 et l'augmentation du prix des matières premières devraient prolonger la montée du dollar canadien au cours de 2004. Bien sûr, cet effet de mouvement des devises va, selon la gestionnaire, affecter la marge bénéficiaire des entreprises canadiennes exportatrices.

Ce fonds, en raison de son minimum exigé, ne s'adresse pas à tous les investisseurs. Cependant, compte tenu de ses performances passées et des caractéristiques associées aux frais de gestion, c'est une excellente solution de rechange pour l'investisseur sensible aux frais de gestion. Évidemment, 20 % des gains de l'investisseur qui vont au gestionnaire comme prime à la performance, ça peut sembler élevé, mais le produit parfait n'existe pas...

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L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services Financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et dans la gestion privée.