Les fruits de l’indifférence

Le 16 novembre 1885, la pendaison de leur « frère » Louis Riel dans la lointaine Saskatchewan avait poussé 50 000 Montréalais en colère à envahir le Champ-de-Mars. En population, cela équivaudrait aujourd’hui à une manifestation d’un million de personnes.

Malgré ce qui a été perçu comme une véritable trahison du pacte que les Canadiens français croyaient avoir signé en 1867, les générations suivantes ont continué à voir le Canada comme leur patrie et à espérer l’aménagement d’un modus vivendi mutuellement acceptable pour les deux « peuples fondateurs ».

Petit à petit, cet espoir a fait place à la désillusion, puis à l’indifférence. Une majorité des Québécois en sont presque arrivés au point de s’intéresser autant à l’actualité française ou américaine qu’à ce qui se passe dans le reste du pays. Même le combat mené sans relâche par les descendants de Riel pour récupérer les droits dont on les a privés ne soulève plus qu’un intérêt très limité.

« Nous observons la lente séparation de facto du Québec du reste du pays émotivement, spirituellement et intellectuellement », s’alarmait il y a déjà quelques années cet inlassable défenseur de l’unité canadienne qu’était Peter White, qui se désolait de l’absence de toute tentative de rapprochement après le référendum de 1995.

Au même moment, le sénateur Jean-Claude Rivest, vétéran des grandes manoeuvres constitutionnelles de Robert Bourassa, déplorait l’« effacement » du Québec de l’espace politique canadien, dont il avait longtemps dicté l’ordre du jour. Les « deux solitudes » étaient sorties du radar l’une de l’autre. Les antagonismes du passé permettaient à tout le moins de maintenir le contact.

 

Après l’accord du lac Meech, les Québécois avaient ressenti un véritable sentiment de rejet qui, malgré tous les efforts de M. Bourassa pour gagner du temps et faire baisser la fièvre nationaliste, était venu à un cheveu de les pousser à claquer la porte. Si ce rejet a été si cruellement ressenti à l’époque, c’est qu’il heurtait un désir de réconciliation encore vivace chez plusieurs.

Certes, la souveraineté connaît présentement un creux de vague, notamment chez la jeune génération, mais on ne sent pas pour autant une quelconque envie de revenir à des relations plus intenses avec le Canada. Au contraire, cet éloignement progressif sans rupture brutale semble correspondre le mieux à l’état d’esprit ambiant.

Jean-François Lisée a longtemps défendu l’idée qu’à force de se sentir de moins en moins Canadiens, les Québécois seraient de moins en moins attachés au Canada et, conséquemment, se montreraient plus ouverts à la souveraineté.

Miser sur la transformation du sentiment identitaire exige cependant de la patience. Or, ce sont plutôt les « pressés » qui tiennent actuellement le haut du pavé au PQ. Dans cette course au référendum le plus rapidement possible, le candidat qui prêcherait les vertus de la patience risquerait d’être taxé de tiédeur ou de défaitisme, comme l’a bien compris Bernard Drainville. Faire valoir qu’une fleur ne pousse pas plus vite parce qu’on tire dessus, comme Claude Morin se plaisait à le répéter, serait très mal vu par les temps qui courent, même si les lois de la nature sont difficilement contestables.

 

Si l’indifférence face au Canada tarde à produire ses fruits, les fédéralistes auraient bien tort d’en conclure que la cause est entendue. Le premier ministre Couillard peut toujours faire ses choux gras du « radicalisme » qu’il reproche aux péquistes, mais l’avenir ne semble guère plus prometteur pour le fédéralisme tout aussi radical que lui-même professe.

Alors qu’à Ottawa, on s’affaire déjà à la préparation des festivités commémoratives du 150e anniversaire de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, M. Couillard n’évoque plus jamais son projet de faire coïncider l’événement avec le retour du Québec dans le giron constitutionnel canadien.

S’il y a peu d’appétit pour une réouverture du dossier au Canada anglais, il n’y en a pas davantage au Québec. La grande affection que le premier ministre éprouve pour le Canada est d’autant moins contagieuse que ce dernier ne manque aucune occasion de démontrer qu’elle n’est pas réciproque.

Le PLQ peut faire élire un gouvernement majoritaire avec 40 % du vote, mais il aurait beaucoup de mal à gagner un référendum sur un projet de constitution auquel s’opposeraient aussi bien la CAQ que le PQ et Québec solidaire. Si les souverainistes ne peuvent pas s’offrir le luxe de perdre un autre référendum, les fédéralistes le peuvent-ils davantage ?

Le problème est qu’avec le passage des années, l’indifférence que le Canada inspire à un nombre grandissant de Québécois ne cesse d’augmenter.

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64 commentaires
  • Normand Bélair-Plessis - Inscrit 17 février 2015 00 h 23

    et...?

    Après tout l'énumération fait, que reste - il?
    On le sait, pourtant, que politiquement, économiquement et socialement, il n'a pas de place pour les gens du Québec dans l'autre pays nommé canada.
    Et pourtant, on y reste. Pour nous voir disparaître? Pour constater notre "minorisation" continuelle en restant au sein de l'autre pays?
    Oui, vous l'avez bien dit, l 'indifférence. ...eu un grand manque de confiance dans la vie!

    ...

    • Daniel Bérubé - Abonné 17 février 2015 12 h 17

      Indifférence ? ou...

      Le Québec a connu un jour ce qui fut appellé révolution tranquille... qui donna de très bon fruits, et ce sans les endommagés. Pourquoi ne pourrait-il pas y avoir une forme de... "séparation tranquille" ? c.à.d. sans sortir les armes et les cannnons ? Peut-être plus lente, mais moins agressive, et où il demeure difficile pour l'autre partie (canada), de sortir les grandes armes devant l'internationnal pour s'attaquer a un peuple non armé, et ce sans verser de sang (ou le moins possible, car il y toujours des exeptions)...

      Agir trop vite est souvent nid à erreurs, qui parfois sont attendu par l'adversaire pour justifier certains de ses actes. Tourner sa langue sept fois avant de parler évite parfois bien des paroles irréfléchies. Pourquoi en serait-il autrement dans les agirs ?

    • Jacques Cameron - Inscrit 17 février 2015 13 h 08

      Bien dit M. Bérubé, en effet le temps défait ce qu'on fait sans lui.

  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 17 février 2015 02 h 57

    " French Canadian"!

    J'ai voyagé et travaillé pendant 4 ans surtout en Europe, seule. Quand on m'interrogeait sur mon origine, au début, je répondais Québec. Lassée de me faire répondre:"What?" , "Where?" J'ai pris l'habitude de répondre que j'étais " French Canadian" et par magie, tu te fais en claquant des doigts un tas d'amis. " Ton Front est ceint de Fleurons Glorieux"...

    Dans les Alpes, je bossais dans un bled, et les curieux des villages avoisinant de se ruer au pub pour voir l'étrangere, pendant ces 4 mois, je me suis fait nommer par tous " la Canadienne de Flumet".

    En plus de la traversée du Canada sur le pouce ou un défilé de Canadiens anglais qui nous prêtaient Main Forte, nous invitaient à camper dans leur sous-sol, et au travers du trajet qui laisse place à la conversation, les voir très curieux et enthousiastes à mieux connaître leurs compatriotes Francophones; et pour avoir passé dans le Monde d'Excellentes Soirées avec des Canadiens, dont les mœurs étaient plus telles aux miennes que celles de la plupart des québécois qu'il m'ait été échu par le sort de rencontrer en voyage. Pour ma plus Grande Amie d'enfance qui a toujours vécu à Toronto et qui parle parfaitement Français.

    Surtout que depuis mon retour, je constate que sur plus de 50 peuples rencontrés, hormis les "British", les québécois sont le seul à qui je ne plais pas du tout et qui me méprise. Disons que si je me faisais plaquer, je serais Dramatiquement Seule, ici.

    alors oui, je sais que c'est ici une Honte, mais je me sens plus Canadienne que québécoise. A 19 ans j'etais Québécoise, mais le Québec ne m'a plus jamais ouvert les bras revenue la tête chargée d'"Idées Nouvelles". Je suis devenue une Exclue qui a mangé son lot de Gifles et qui ne peut plus encaisser.

    Ne me dites pas de retourner à Flumet ou dans l'Ouest, je n'ai pas les papiers pour la France, je dois parler dans ma langue maternelle au quotidien, et il y a mon chum, que j'ai persuadé être un Authentique " Canadien-Français".

    • Yves Côté - Abonné 17 février 2015 08 h 44

      Madame Bouchard, en toute sympathie pour votre franchise, que dire ?
      Que dire ?, moi le presque-vieux Québécois qui habite depuis 20 ans en France, dans une commune à peine plus populeuse et passablement moins commerçante que Flumet (je viens de vérifier sur internet), sinon que je n'ai jamais pensé que celle-ci puisse être un "bled" et qu'il me semble bien qu'en compréhension, tout est pour l'instant, pas mal mêlé pour vous...
      Vous avez parfaitement le droit de vous sentir "plus Canadienne que québécoise (sic)" mais alors, il vous faudra adopter l'ensemble des idées préconçues canadiennes qui courent sur nous depuis deux siècles et demi, sans n'avoir pas changées...
      Et je crains alors que face à quelques-unes, à l'idée qu'elles puissent concerner les gens qui vous auront été proches depuis votre naissance, parents, grands-parents tantes, oncles, et les autres dont vous apprenez la vie dans les livres d'histoire (du moins je l'espère), vous vous raidissiez passablement le gorgoton avant de les avaler et les faire vôtres.
      Et cela, parce que vous me semblez avoir passablement de caractère.
      Alors donc, à chacun son chemin individuel...
      Et je vous donne rendez-vous dans, disons, vingt ans. Juste pour voir si vos enfants parleront encore le français au quotidien...
      Rendez-vous pris ?
      Merci Madame de m'avoir lu.

    • Pierre Vincent - Inscrit 17 février 2015 09 h 04

      Mme Bouchard, votre belle histoire est vraiment triste, au fond. Si vous aviez tant d'affinités avec les voyageurs canadiens que vous avez rencontrés à l'étranger, c'est que justement, ils étaient des voyageurs à l'étranger, tout comme vous. Vous aviez cela en commun, bien plus que d'être d'abord canadiens, évidemment. Et pour ce qui est du tourisme dans l'Ouest du pays, c'est bien normal, les gens sont généralement accueillants avec les touristes. Le seul pays que j'ai visité où les gens ne sont pas accueillants, c'est la Suisse, et Dieu sait combien de Suisses ont été bien accueillis au Québec et vivent parmi nous...

    • Serge Morin - Inscrit 17 février 2015 09 h 34

      Quel mepris
      Quelle in conscience
      Vous êtes aveuglée
      Et vous nous detestez
      Il y a des gens qui vous aimes ailleurs........

    • Réjean Guay - Inscrit 17 février 2015 09 h 35

      Va pour votre fierté retrouvée , mais votre 3è paragraphe est difficile
      à lire , car votre syntaxe est boiteuse ; de plus , la manie des majuscules inutiles agace . Vous me semblez perdue dans votre identité ?
      On sent chez vous une amertume affirmée contre le Québec . C'est dommage pour vous . Autrement dit , vous vous détournez de votre mère , parce que vous croyez qu'elle ne vous aime pas ? Et vous trouvez
      le bras canadien du père plus chaleureux ? Quelle tristesse !

    • Yvon Giasson - Abonné 17 février 2015 09 h 58

      Je vous souhaite de sortir de votre "je", madame, et de jeter un regard, même furtif, à l'état du peuple auquel, que vous le vouliez ou non, vous appartenez.
      Si vous daignez tant soit peu ouvrir vos oeillères, vous constaterez que votre expérience personnelle n'a rien à voir avec la situation politique que vit ce coin de pays appelé Québec, où vous avez décidé enfin de déposer vos valises après vos si "enrichissants" voyages...à l'étranger...

    • Jacques Cameron - Inscrit 17 février 2015 10 h 30

      Pauvre vous, vous êtes coincée entre l'arbre et l'écorce, en vous accrochant au passé. Même le parlement fédéral reconnait maintenant, si ce n'est que du bout des lèvres et à contrecoeur , un Québec société distincte... pour la simple raison que nous sommes majoritaire sur ce territoire et il est normal de se sentir plus à l'aise en s'identifiant majoritaire que minoritaire dans le Canada et feuille au vent dans l'immense Amérique anglophone. Mais si vous tenez absolument à être French Canadian vous pouvez vous intaller dans le ROC, en Ontario disons, et moins souffrir sinon de l'indifférence de vos nouveaux compatriotes.
      Mais ne réfléchissez pas davantage car vous allez finir par comprendre qu'un English Canadian ça n'existe pas non plus, ce sont des British Americans qui se cachent sous cette appellation. Oui, c'est en refusant de reconnaitre les deux peuples fondateurs et en persistant à voir le Québec comme une Province anglaise qui parle français (malheureusement), qu'ils ont trahit le Canada et encouragé les French Canadians du Québec à se replier sur et à s'identifier à leur majorité territoriale. Et, à vouloir tout le gâteau, il sont à perdre un gros morceau et, à défaut de se séparer, à faire chambre à part, sans possibilité d'un éventuel coït!
      Les Québécois ne vous rejettent pas, c'est vous qui les rejettez.Mais vous avez en fait une autre option: Vous identifiez, comme tant d'autres, Québécoise fédéraliste ici et comme French Canadian ou Canadienne aux étrangers qui ne connaissent pas notre histoire.
      Sincèrement, bonne chance!

    • Robert Raymond - Inscrit 17 février 2015 11 h 01

      C'est vrai que les Canadiens-Anglais aiment bien les French-Canadians. Par contre je sais qu'ils n'aiment pas beaucoup les Québécois Francophones. Peut-être êtes-vous revenue de vos voyages la tête un peu trop gonflée d'idées nouvelles pour que votre entourage Québécois désirent en apprendre davantage.
      Pour ce qui est de l'image ''Québec'' non connue des étrangers Européens, ce problème se réglera lorsque nous nous représenterons nous-mêmes plutôt que par le Canadian ministère des affaires étrangères, unilingue anglophone.

    • Raymond Turgeon - Inscrit 17 février 2015 11 h 10

      Vous associez malencontreusement votre détresse bien légitime au Québec.
      Et vous semblez confondre l'humanité et le patriotiste/nationalisme. Les humains sont des humains partout sur la planète. Qui dit que vous n'auriez pas connu le même sort ailleurs?
      Pour moi, la notion de Canadien français se traduit en francophones hors Québec, car la fédération canadienne n'a jamais respecté notre nation. Je ne me reconnaîs aucune affinité avec le Canada qui est un pays très chouette, comme bien d'autres.
      Cependant, rien ni personne ne vous empêche d'être ce que vous voulez être.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 17 février 2015 16 h 06

      Au fond c'est la triste histoire de devoir renoncer à son identité pour se conformer à l'image souhaitée par le Canada.

      Être reconnue pour autre chose faute d'avoir été reconnue comme Québécoise.

    • Gaëtan Faubert - Inscrit 17 février 2015 19 h 46

      Tenez, Catherine, il y a des élections canadiennes qui s'annoncent pour vous inviter à offrir vos services dans un parti politique que vous aimeriez peut-être représenter, qui sait, vous constateriez combien les québécois de souche vous aiment davantage que vous ne le croyez.

    • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 17 février 2015 23 h 28

      M. Côté, nul Canadien avec qui j'ai discuté n'avait d'idees préconçues contre moi. Et j'ai tout perdu pour faire un bac en Lettres Françaises par passion, je suis déjà belle-maman et extrêmement Vigilente sur le langage de mon Beau-Fils, et si j'ai un jour des enfants, je prends le pari d'en faire des 1ers de classe en Français. A dans 20 ans!

      M. Vincent, lorsque je rencontrais des Canadiens, c'étaient mes semblables au milieu d'un Univers extrêmement éclectique et J'ai viré de grosses cuites patriotiques avec ces inconnus, qui étaient comme des frères là pour me sortir de mon Dépaysement le temps d'une soirée.

      M. Morin, c'est justement Avec ce genre de déduction que je me suis fait tant d'ennemis très violents au Québec. Ce n'est pas car je n'arrive pas à m'identifier à un groupe que je le méprise et le déteste. Mais si le groupe s'acharne sur moi, même si je suis Gentille, pour ma Différence, il se peut que sans les haïr, j'aille du mal à les chérir. J'écoute trop la télé québécoise pour qu'on puisse me taxer de nous haïr. Si c'était la Culture qui me déplaisait, je ne la'endurerais pas autant dans mon quotidien.

      M. Guay, j'ai une monomanie des Majuscules et des Guillemets. Je sais que c'est contraire à l'Étiquette, mais ils sont de bons outils pour ajouter du contenu sémantique sans utiliser mes 2000 précieux caractères. Vous avez absolument bien saisi mon propos, c'est de l'amertume que je ressens et je me réfugie dans l'ouverture d'esprit des canadiens pour avoir une Mére Patrie m'aimant telle que je suis, avec mes " idées nouvelles". Et c'est Triste, en effet.

      M.Giasson, je sais que les "Bien-Pensants" Déconseill e le "Je" dans un discours, mais J'y demeurerai abonnée. "Toutes nos Connaissances nous proviennent de nos sens" et je préfère parler de ce que je connais. Je ne parle pas au nom de la Majorité, je ne suis jamais des statistiques. Je sais très bien que mon expérience ne rejoins personne, mais c'était simplement un témoignage-perso.

    • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 18 février 2015 00 h 41

      M.Cameron, je préfère mon chum aux Communautés de Francophones qui ne s'integrent pas dans le reste du Canada. Je me fais toujours seriner que les anglais ont des préjugés sur nous, mais les traiter de "British Américan" en est un gros. Peut-être que Stéphane se prend pour Bush en ce moment, mais 62% de la pop du Qc appuie ses " altercations" en Irak. Et l'Angleterre est une société matriarcale qui s'apparente plus au Qc, qu'au Canada-Anglais, beaucoup plus patriarcaux que nous. Je me suis fait ostracisée à tous mes emplois et de l'Université car j'étais "Différente". J'ai appris à prendre mon trou, être gentille, rien à y faire, même tres ouverte à créer des liens, c'est moi qui fait parler tout le monde dans mon dos et qu'on envoie dîner toute seule à 2 h30.

      M. Raymond, vous avez mis le doigt sur le bobo. Généralité: en France, quand untel n'ayant pas voyagé rencontre un Aventurier, il est Avide d'infos. Il pose moult questions et écoute avec Joie. Ici, ceux qui n'ont pas sorti qui rencontre un nomade se disent: Ah non, il ne va pas la ramener avec ses " enrichissants voyages"!... Voyez par exemple la conclusion de M.Giasson, ci-dessus. Mais j'ai fini par allumé et ne plus partager mes voyages et mes " Idées Nouvelles", mais le simple fait de chanter en travaillant et toujours sourire sans piper mot était déjà un facteur d'ostracisation suffisant la ou je me suis posée, au Québec.

      M.Turgeon, j'étais crainte par les " British", il y a sans doute d'autres peuples qui me réserveraient le même sort, mais au Canada, j!etais une " sœur", et en France, une " Star". Pour le reste, je me sentais exactement comme vous avant de faire tous ces voyages qui m'ont "Déraisonnée".

      M.Bouteux, à l'International je préfère être reconnue comme venant du Canada que du Québec, car tous les peuples admirent hautement le Canada et c'est un passeport pour créer des liens incroyable.

      M.Faubert, je suis malheureusement une noire brebis, pas un Berger.

  • Gaston Bourdages - Abonné 17 février 2015 03 h 08

    Que je (eh oui! Encore en «je») me reconnais donc...

    ....dans votre très beau «papier» monsieur David ! «P'tit cu.» du Bas Saint-Laurent, né dans le même patelin que feu notre grand, petit de taille, monsieur Lévesque, les fibres canadiennes m'échappent. Où sont-elles passées ? L'usure d'un temps ? Je saisis très bien l'esprit des lettres «ROC» lorsque, les yeux fermés, je me fais l'image du Canada. Pour moi, un «pays» étranger...à ma culture et à certaines de mes valeurs fleurdelysées.
    Gaston Bourdages,
    Auteur,
    http://unpublic.gastonbourdages.com

  • François Ricard - Inscrit 17 février 2015 05 h 32

    Trahison du pacte fédéral

    En 1867, on a opéré un partage de la fonction législative entre deux ordres de gouvernement autonomes ou souverains chacun dans leurs sphères de compétence exclusive. Jusqu’en 1949, le Comité judiciaire du Conseil privé de Londres en a supervisé le fonctionnement de façon relativement neutre. Son principe directeur était le principe fédératif. Il assurait une adaptation du pacte fédératif qui respectait la volonté fédérative des concepteurs de la constitution.
    Depuis, c’est la Cour suprême qui a pris la relève. Son principe directeur est l’efficacité. Ce besoin d’efficacité réclame une centralisation de plus en plus poussée. Et comme le disait Maurice Duplessis, «la Cour suprême est comme la tour de Pise; elle penche toujours du même bord.»
    L’affaiblissement du principe fédératif comme principe directeur de l’état répond aux attentes et aux valeurs dominantes dans la société canadienne en faveur de la centralisation des pouvoirs au détriment des droits de la minorité québécoise francophone.
    Le Canada cherche de plu en plus à devenir un pays unitaire.
    Ou bien le Québec y souscrit d'emblée en s'y assimilant ou il devient indépendant.
    Et une fleur ne pousse peut-être pas plus vite si on tire dessus, il demeure important de l'arroser et de la nourrir. Ce que le PQ n'a pas fait depuis 1995.

    • Yves Côté - Abonné 17 février 2015 08 h 48

      Monsieur Ricard, votre logique est aussi précise que si vous aviez usé d'un scalpel pour analyser les choses confuses et d'un fil de soie pour les réassembler à l'endroit.
      Je vous remercie saprement de votre "dextérité" intellectuelle...

    • Jacques Cameron - Inscrit 17 février 2015 10 h 42

      Un excellent résumé de la situation, chapeau. J'ajouterais, qu'en effet le P.Q. n'a pas trop bien arroser la plante, mais lorsqu'il le fait c'est pour revenir à l'éternel et perdant plan A référendaire. Que penseriez-vous d'un plan B qui avancerait pas à pas plutôt que de tourner en rond? Car le temps défait ce qu'on fait sans lui.

    • Victor Beauchesne - Inscrit 18 février 2015 07 h 13

      Quiconque a vécu dans un vrai pays unitaire, disons la France ou l'Angleterre, sait que le Canada est aux antipodes de ce système. Votre complainte est fausse. Vous avez droit à votre opinion et vous pouvez ne pas aimer notre appartenance au Canada pour de multiples raisons. Mais lorsque vous sortez l'argument du pays unitaire votre argument sonne faux.

      Par exemple, je paie deux fois plus de taxe de vente à Québec qu'à Ottawa et cela sur tous mes achats. Depuis au moins 10 ans mes impôts québécois sont au moins 150 % de plus que ceux que j'envoie à Ottawa. En Angleterre et en France, les contribuables envoient tous leurs impôts et TVA à Londres et à Paris.

      La seule tentative de centralisation depuis 9 ans de règne conservateur fut celle de l'autorité des marchés financiers et devinez quoi ? Elle fut stoppée par la cour suprême que vous vilipendez.

      Vous parlez d,affaiblissement du principe fédératif, des exemples s.v.p.

  • Luc Archambault - Abonné 17 février 2015 05 h 45

    Le NON jamais exprimé, s'exprime ! Démocratie 101

    Si la minorité activiste radicale canadianisatrice est incapable d'obtenir un OUI référnedaire pour les Actes constituants du Canada, c'est donc un NON à ces Actes constituant. Ce NON inexprimé suffit à cet État démocratiquement illégitime pour qu'il s'impose au Québec par-dessus la tête constituante des Québécois,es.

    Pourquoi donc devons-nous encore tolérer que s'impose cet État illégitime sans OUI ? Pourquoi cet État indigne pourrait-il lui s'appliquer alors que l'État sans OUI du Québec ne le peut pas ? Parce qu'il suffit que la question n'ait jamais été posée.

    On peut comprendre que la minorité activiste canadian ne l'aie pas posée... mais pourquoi les souverainistes tolèrent-ils qu'elles ne l'aient pas été, qu'elle ne le soit pas... ? Ce qui se trouve à nier la primauté démocratique de la souveraineté du Peuple. Ce qui est en irréconciliable avec le fait de mettre de l'avant la souveraineté de l'État du Peuple.

    Il faut se decider à s'en remettre aux voix du Peuple non seulement quant à l'État à venir, mais aussi quant à l'État présent, qui s'impose sans OUI. Cet État illégitime peut s'imposer par défaut ne n'avoir pas poser la question. On peut corriger le défaut.

    On donne l'occasion au Peuple de Proclamer par référendum invalide au Québec tout État, qui, tel l'État illégitime du Canada, n'a pas obtenu pour ses Actes constituant le clair OUI référendaire des Québécois,es. Ce qui fait s'effondrer à la face du monde libre l'État illégitime du Canada actuel. Dans la foulée, lors d'un référendum à doubles questions constituantes, les Québécois,es disent OUI à la Constitution primordiale de la République démocratique du Peuple Souverain du Québec.

    Démocratie 101 - http://democratie101.unblog.fr/

    • Yvon Marcel - Inscrit 17 février 2015 14 h 25

      C'est une belle approche M. Archambault. Le Canada tel qu'on le connaît a été constitué par l'Acte d'Union de 1840, après le rapport Durham et après l'écrasement de la révolution des Patriotes. L'Acte de 1867 ne visait qu'a répartir la souveraineté entre un Parlement central et les «Provinces» et a admettre de nouvelles «Provinces» dans l'Acte de l'Amérique du Nord Brittanique (AANB). Quant à la nouvelle constitution de 1982, elle s'est faite sans l'accord du Québec (qui constitue de facto le foyer national du peuple canadien-français).

      Comme nous le constatons tous, jamais le peuple n'a choisi d'adhérer à une quelconque Union ou constitution, que par le biais de leurs représentants élus, sans véritable choix. Il s'agit certes d'un acte foncièrement anti-démocratique.

      Ce qui n'a pas empêché le Québec de respecter la nouvelle constitution et de respecter les décisions et arrêts de cours de justice sur les aspects constitutionnels du Canada.

      Je suis contre la stratégie de se peindre dans le coin de nouveau en proposant un 3e référendum sur une indépendance politique du Québec.

      Voulons-nous continuer à vivre dans le «Canada» actuel sans aucun espoir de renouveau, sauf celui de mourir éventuellement «à petit-feu»?
      Nous devrions avoir le courage de poser cette question par référendum.

    • Victor Beauchesne - Inscrit 18 février 2015 07 h 22

      Ce sont les souverainistes qui veulent mettre fin au régime politique existant et donc c'est à eux qui incombe le fardeau de la preuve. Le peuple n'a pas à voter sur le système existant.

      J'ai hâte que les représentants souverainistes tentent de négocier la future question référendaire avec Ottawa ( comme le souhaite de nombreux représentants suite à l'exemple écossais). La question risque d'être courte et claire ( voulez-vous que le Québec devienne un pays indépendant , oui ou non ?) ne vous en déplaise. Jamais on n'acceptera le genre de question alambiquée de 1995 ou celle que vous semblez suggérer, disons : Voulez-vous que le Québec devienne un pays riche et indépendant ou qu'il demeure un province pauvre et misérable à l'intérieur du Canada ou les Anglais dominent ?

    • Lise Bélanger - Abonnée 18 février 2015 09 h 06

      Votre propos est très intéressant.

      En 1982, il ne s'agissait pas de créer un pays mais d'améliorer ou modifier ses actes constitutifs en autre, par le rapatriement de ses pouvoirs de modifications face à la Couronne britanique.

      Il ne s'agissait pas d'annuler 1867 mais de le modifier.

      Est-ce que le fait de na pas adhérer à cette nouvelle constitution veut dire que le Québec n'est plus partie prenante au pacte fédératif?

      Si on n'adopte pas la nouvelle constitution d'un pays en sommes-nous toujours partie?

      Notre représentant est le gouverneur général provincial dans cette confédération.

      C'est à lui, tant que le Québec fait partie de cette monarchie britanique, qu'il faut dire que nous sortons du Canada.

      En théorie, si le Québec n'avait pas entériner par ses gestes, tacitement, la nouvelle Constitution de 1982, il me semble que l'on pourrait être indépendant en destituant le gouverneur général soit en n'étant plus partie de la Couronne britanique. Autrement dit, on aurait pu négocier notre indépendance avec l'Angleterre.

      Aucune mesure n'avait été prévue pour l'exclusion d'une province en 1867 et pas plus en 1982.

      La constitution de 1867 est toujours en vigueur mais avec modifications, en autre l'ajout de la Charte des droits et libertés.

      Il me semble que ne pas adhérer à la nouvelle Constitution équivaut à ne plus être partie de la première de 1867.


      Mais comme le Québec a tacitement entériner cette constitution de 1982, seule une déclaration d'indépendance, une révolution pourra nous rendre autonome et bien sur à ce moment là, le gouverneur général n'a plus aucune pertinence.

    • Luc Archambault - Abonné 18 février 2015 13 h 22

      @ Victor Beauchesne. Le fardeau de la preuve démocratique incombe à chaque État qui s'applique au territoire national de chaque Peuple. Tous les États doivent respecter la même règle, à savoir, obtenir le clair OUI référendaire des Québécois,es.

      En vertu de quel principe, de quelle légitimité l'État présent actuel serait-il autorisé lui, à ne pas respecter cette règle qui doit prévaloir, à savoir disposer d'Actes constituants approuvés par Le Peuple ?

    • Luc Archambault - Abonné 18 février 2015 13 h 27

      Les activistes canadianisateurs se sont toujours bien gardés de mettre aux voix les Actes constituants qui se sont imposés au Québec depuis la Conquête.

      En 1982, il était expressément écrit dans la loi référendaire que le résultat référendaire portant sur la Constitution dite de Charlottetown ne pouvait en aucun cas porter sur la Constitution de 1982, et ne pouvait en aucun cas l'annuler.

      Le NON à Charlottetown était un NON à Charlottetown, non pas un NON à la Constitution de 1982. Ce NON n'était pas non plus un OUI ni à l'État souverain ni à la Consitution de 1982.

      L'État illégitime Canadian actuel s'impose par défaut même s'il n'a pas le OUI du Peuple Souverain du Québec. Il faut corriger le défaut, il faut appeler Le Peuple à l'invalider, comme tout État qui n'a pas le OUI des Québécois,es. Ce qui oblige tous les États à respecter la même règle.