Une retraite, deux réalités (bis)

La semaine dernière, la perception des travailleurs était opposée à celle des retraités. Cette semaine, le débat place les baby-boomers face à leurs enfants. Une retraite, deux réalités (bis).

Les sondages se suivent… Dans celui sur l’autonomie financière réalisé pour RBC, on peut lire que 72 % des jeunes Canadiens de 18 à 34 ans estimaient qu’ils devaient assurer la retraite de leurs parents baby-boomers. Mais ces derniers refusent, 76 % disant qu’ils ne veulent pas de cette aide.

Cette confrontation cache toutefois une mauvaise préparation face aux besoins à la retraite. Ainsi, « le point de vue des membres de la génération plus âgée peut s’expliquer en partie par leur conviction que la génération de leurs enfants subit davantage de pressions financières (61 %) et est moins bien préparée pour la retraite (59 %) », peut-on lire. N’empêche, 37 % des baby-boomers ayant déterminé le montant qu’il leur faudra estiment être un peu en retard, voire bien loin du montant cible d’épargne-retraite qu’ils avaient prévu.

Concernant le REER, ils ne sont plus que 36 % parmi les 18-34 ans à déclarer détenir un régime enregistré d’épargne-retraite. Il s’agit du résultat le plus bas en une décennie, soutient la Banque Royale, alors que 67 % des 50-69 ans se disent détenteurs d’un tel régime. Le sondage évoque l’existence d’autres options, tel le compte d’épargne libre d’impôt (CELI), pour expliquer cette réalité.

Moins de cotisants

Dans un autre sondage, réalisé cette fois par Gestion de patrimoine TD, il ressort que plus de la moitié des Québécois de 18 à 64 ans ne cotisent pas à un REER, et seulement le quart de ceux qui le font y cotise régulièrement.

Ce n’est pas la manne ! D’autant que l’Institut Info-Patrimoine BMO nous apprend que 40 % des retraités actuels ont pris leur retraite à une date qu’ils n’avaient pas prévue. De ce nombre :

n 29 % ont été forcés de prendre leur retraite plus tôt qu’ils ne l’avaient prévu, pour des motifs tels que des problèmes de santé ou une perte d’emploi ;

n 11 % ont dû retarder la date prévue pour leur retraite pour des raisons telles que la nécessité d’épargner davantage ou le fait de ne pas être suffisamment préparé à la retraite.

Selon les résultats du rapport de la Banque de Montréal, 40 % des retraités ne disposent pas d’un régime de pension d’employeur. Chez les 60 % qui en ont un, 25 % profitent d’un régime à cotisations déterminées et 21 % d’un régime à prestations déterminées, les autres ne sachant pas de que tel type de régime ils bénéficient.

En ce qui concerne le moment idéal pour commencer à accumuler son épargne-retraite, 72 % des répondants ont déclaré qu’ils auraient dû commencer à épargner alors qu’ils étaient âgés de 30 ans et moins.

L’importance de cotiser tôt

Voici un petit extrait d’un article publié dans le magazine spécialisé Conseiller sur l’effet de cotiser à son REER tôt dans la vie.

À la procrastination, les conseillers financiers opposent la magie du rendement composé. Les cotisations tardives ne rattrapent jamais l’absence de cotisations hâtives.

Paul Guérin, conseiller en sécurité financière et associé au cabinet Talbot, Olivier, Côté et associés propose l’illustration suivante : Jean cotise de 20 à 31 ans, au rythme de 2500 $ par année à un taux de rendement de 6 %. Pierre cotise de 32 à 65 ans, au même rythme et au même taux. À 65 ans, Jean aura 324 160 $ dans son REER et Pierre, 276 087 $.

Jean aura cotisé au total 30 000 $ et Pierre, 85 000 $, soit une croissance du capital de 981 % pour Jean, contre 225 % pour Pierre.

Au demeurant, on pourra conserver la déduction fiscale (en partie ou en totalité) pour une année future si le taux marginal est trop faible ou s’il y a risque de perdre des crédits d’impôt non remboursables, souligne Conseiller.

Cotiser à son REER

Valeur à 65 ans Jean : 324 160 $. Pierre : 276 087 $

Cotisation totale Jean: 30 000 $. Pierre: 85 000 $

Croissance du capital Jean: 981 %. Pierre: 225 %