Les radicaux libres

Il faudrait être Margaret Thatcher pour se réjouir de ce qui se passe sous nos yeux et affirmer, en jubilant comme elle, qu’« il n’y a plus de société, seulement des individus ». Pardonnez que je fasse de l’histoire à grandes enjambées, mais dans ses mémoires, l’ancienne première ministre britannique parle, si j’ose dire, de la situation québécoise.

Thatcher voulait conjurer jusqu’aux souvenirs des bonheurs apportés par les progrès sociaux. Elle écrit ceci : « La racine des problèmes sociaux contemporains — dans la mesure où ils n’avaient pas leur source dans les innombrables facettes de la faiblesse humaine — tenait à ce que l’État en avait trop fait ».

Si « la société n’existait pas », ainsi qu’elle le pensait, si tout n’était conséquemment qu’individualités égoïstes, il convenait de ne pas trop se soucier du sort des plus faibles. « À mesure que croissait la richesse économique, écrit-elle encore, les individus et les organisations charitables feraient plus pour soulager les malheurs de leurs voisins. » Comme aux environs de Noël, où l’argent des puissants suffit toujours à border bien au chaud leur bonne conscience afin qu’elle ne prenne pas froid. N’y a-t-il rien de mieux à espérer que pareille charité pour contrer les inégalités ?

Le bonheur des pensées simplettes est qu’elles sont particulièrement faciles à articuler. Notre malheur est qu’elles ne sont pas toujours faciles à bousculer une fois boulonnées dans l’esprit de ceux qui ont hélas la charge d’incarner la conscience d’un État.

Chez Thatcher, on assiste au triomphe de l’individu sur la société, ou plutôt à la destruction des liens qui, dans le passé, avaient tissé les textures sociales. En Occident, cela donne corps depuis trente ans à un problème d’idéologie que l’on confond avec l’économie.

Le portrait qu’a donné de cette baronne au jour de sa mort la députée Glenda Jackson était sans doute assez juste : Thatcher a accouché d’une société mesquine qui connaissait le prix de toute chose, mais qui en ignorait la valeur.

J’en viens plus précisément au Québec. Le premier ministre Couillard est un adepte des théories de John Micklethwait et d’Adrian Wooldridge, respectivement rédacteur en chef et responsable de la section Management du magazine britannique The Economist. Leur dernier livre, The Fourth Revolution, inspire le premier ministre québécois au point où il en a recommandé la lecture à ses proches. Les deux cadres de ce magazine au service des prédateurs de la finance y débitent des prêches qui vont plus loin encore que ce modèle de l’État maigre souhaité par Thatcher et consorts. Selon eux, il ne faut plus seulement réduire la taille de l’État, mais ne lui laisser sur le dos que la peau et les os. C’est donc jusqu’à la moelle qu’on gruge désormais le Québec.

Il a fallu onze ans à Thatcher pour conduire sa contre-révolution et asseoir une domination néolibérale qui a fait école. Au Québec, le ministre des Finances, Carlos Leitão, affirme qu’en deux ans il aura atteint les objectifs qu’ils s’étaient fixés. Somme toute, Leitão fait mieux que Thatcher ! Les groupes populaires en frémissent. Les centres pour la petite enfance s’arrachent les cheveux autant que les écoles et les universités. L’agriculture ne compte pas plus désormais que la culture ou la santé. En première ligne des sacrifiés de cette austérité gonflée à l’hélium idéologique, on trouve des femmes. Même des ténors libéraux hurlent sous pareille douche froide. Mais ces reculs n’empêchent pas les paradis fiscaux de continuer de dorer l’argent volé sous prétexte que la mondialisation fait loi.

Dans ses mémoires, Margaret Thatcher ne cesse de se qualifier de « radicale ». Elle se méfie de ses proches dès lors qu’elle doute de la profondeur de leur radicalisme. La pensée économique de la dame de fer, inspirée en la matière par les idées de plomb de Friedrich Hayek et Milton Friedman, est devenue une norme aussi pour Ronald Reagan, les Bush père et fils, Tony Blair, Nicolas Sarkozy, Stephen Harper et tous ceux-là qui, comme Philippe Couillard, creusent le fossé entre les nantis et les plumés sans jamais rien dire des violences de l’ordre social qu’ils imposent.

Penser l’avenir autrement que tous ces radicaux libres n’est pas interdit. Mais l’alternative à tout cela se trouve réduite à mesure que le temps file, que les décisions se figent sans plus offrir les moyens d’en anticiper les dangers. En un mot, il n’est pas facile de s’employer à repenser l’avenir alors que tant de gens travaillent à le congédier. À mesure que ce travail de sape se poursuit, il est facile de se résigner devant les nouvelles frontières fixées par ceux qui nous imposent leur réalité dogmatique. Bien des possibles révoqués par eux demandent à être totalement réinventés.

L’effronterie de cette austérité imposée n’a pas que des conséquences désastreuses en terme de baisse de l’activité et des moyens de la relancer. Elle taille aussi à la hache dans le courage nécessaire à vraiment changer de direction et à échapper au jeu perpétuel d’élections sans options.

Le 20 janvier 1981, jour de son investiture comme président des États-Unis, Ronald Reagan affirmait que « le gouvernement n’est pas la solution à nos problèmes ; le gouvernement est le problème ». Cette phrase célèbre prend aujourd’hui un sens nouveau. Oui, il est fort possible désormais que ce type de gouvernement constitue la source des problèmes sociaux. Et c’est donc au tour de la société de douter de lui radicalement.

52 commentaires
  • Marcel Bernier - Inscrit 8 décembre 2014 04 h 11

    Excusez du peu…

    Je me retrouve, aujourd’hui, à lire le texte d’un de nos plus éminents intellectuels, qui nous amène à approfondir un enjeu crucial de notre vivre-ensemble. Et je l’en remercie profondément.
    La recette, toujours la même, est d’abord d’affaiblir les syndicats : Thatcher avec les mineurs, Reagan avec les contrôleurs aériens, Couillard avec les employés municipaux. L’effet recherché : prendre le contrôle de la bureaucratie, mais envoyer également un message clair au secteur privé que les syndicats ne sont plus à craindre.
    Par ailleurs, des critiques avisés nous rappellent que Micklethwait et Wooldridge cherchent à réinventer la roue, alors que nous savons très bien que le produit final sera rond. Nos deux auteurs anglo-saxons cèdent à la manie postmoderne de réinventer tout et n’importe quoi alors qu’il s’agit de retourner aux sources vives de nos racines. Bref, l’État, malgré ses distorsions et ses problèmes, doit persister dans son rôle de sauvegarder le bien commun et de faciliter la vie virtueuse en commun.
    Quant à la députée travailliste Glenda Jackson, quelle femme! Son discours est empreint d’une telle franchise et d’un tel engagement. Il devrait faire rougir notre petite bourgeoise de Québec solidaire.
    Et pour finir, les réflexions que suggère la lecture de votre texte m’amènent tout naturellement à conseiller fortement au député de Roberval la lecture du Portrait du colonisé d’Albert Memmi et le Discours de la servitude volontaire d’Étienne de la Boétie: il saura très agréablement se reconnaître dans son dire et dans son faire.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 8 décembre 2014 08 h 27

      Une citation très actuelle de La Boétie : "Ils ne sont grands que parce nous sommes à genoux."

    • Gilles Théberge - Abonné 8 décembre 2014 09 h 46

      Je ne veux pas en mettre plus que le «banneau» peut en contenir, mais dans l'attitude générale de Couillard et de ses compagnons, je trouve qu'il y a aussi chez ces «fiers canadiens» de forts accents d'Oikophobie et d'ethnomasochisme inquiétants.

      On sait que l'ethnomasochisme est constitué d'un ensemble d'attitudes psychologiques, ou idéologie, résultant en la tendance d’un peuple ou d’une ethnie déterminée à se dénigrer, à dénigrer sa propre histoire, sa culture et ses valeurs par rapport à celles de l’étranger, éventuellement en stigmatisant ses propres fautes historiques réelles ou supposées, et en souhaitant pratiquement sa propre dissolution.

      En ce sens, la volonté affichée de Couillard de vouloir forcer l'intégration à tout prix du Québec à la constitution fédérale est un but qui ne pourra être atteint que par l'affaiblissement significatif jusqu'à l'annihilation d'une volonté propre du Québec de s'affirmer fortement et de cheminer vers la prospérité.

      Or que nous offre le gouvernement actuel et monsieur Nadeau le montre, c'est de nier la force commune incarnée par un État fort, dans la trajectoire de la pensée de Tatcher, résultant en un affaiblissement du sentiment d'appartenance et de notre vie collective. Réduire la forme et la force de l'État est bien le premier ingrédient de la recette.

      Voilà notamment au-delà de la sémantique qui se met en place, pourquoi par exemple l'on craint tant chez ce gouvernement, l'arrivée de PKP qui exprime l'exact contraire de la pensée réductrice que drainent Couillard, ses maîtres à penser et ses fidèles.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 8 décembre 2014 13 h 10

      «à lire le texte d’un de nos plus éminents intellectuels»

      Désolé mais le texte ici est passablement caricatural en nous construisant une mise en scène ou le ciel nous tombe sur la tête pour cause de méfaits de quelques idéologies aux allures quasi sataniques. Il en ressort un monde en noir et blanc. On repassera donc pour l'éminence intellectuelle !

      «qui nous amène à approfondir un enjeu crucial de notre vivre-ensemble»

      Allez, expliquer nous ce vivre-ensemble syndical qui prévoit la grande pérennité de confort économique a vie, pour ses membres, et sur le bras ''des autres''?

      Permettez, pour ma part, ce genre de ''ensemble'' a ici des contours bien enlignés sur le «moi et ma gagne», c'est a dire en mode tout fait d'individualistes regroupés en club syndical, qui réclament des exclusivités, et sur le bras des autres.

  • Robert Lauzon - Abonné 8 décembre 2014 07 h 00

    De la rigueur dans l'austérité

    Les plquistes détruisent ce que le Québec a construit depuis la révolution tranquille. Les individus ne seront plus partie de la Société car cette dernière disparaît à grands coups de coupures sauvages. Chacun se dit et arrive à maintenant croire qu'il fallait couper. Tant que les coupures ne les touchent pas directement, il fallait les faire. Pas dans ma cour!
    Le Québec est pourtant, au fin fond de nous-même, un peuple solidaire pas un ensemble d'individus disparates n'ayant aucun lien les uns avec les autres. Ne sommes-nous pas quelque chose comme un GRAND PEUPLE. Les provincialistes, qui veulent nous garder sous la fausse dépendance cnd veulent, en détruisant notre sentiment d'appartenance collectif à la société québécoise, annihiler toutes velléités de faire du Québec un pays politiquement indépendant.
    Le Québec doit ÊTRE avant qu'il puisse avoir. Le Québec mérite mieux!

    • Daniel Bérubé - Inscrit 8 décembre 2014 11 h 59

      Comme vous avez raison...

      Le temps nécessaire pour "construire" ou pour "démolir" ne se compare pas. Il est illogique de pouvoir détruire en un seul mandat ce qui prit des décenies à construire. Par contre, y aurait-il possibilité d'y trouver un outils nous permettant de mieux préparer demain ?

      Mon père était menuisier, et il disait, de par expérience, qu'un propriétaire était mieux parfois de démolir et reconstruire que d'essayer de remettre à neuf le vieux bâtiment. Je me demande si nous ne sommes pas rendu à cette étape dans notre société.

      La politique québécoise est ben maganée... faisant en sorte que quantité de personnes pouvant voter ne le font plus, n'y croyant plus... demeurant toujours sur des même bases, de vieilles idées, et essayant de refaire du neuf avec du vieux: c'est long, et ça coûte souvent plus cher que démolir et reconstruire, car comme mon père disait: la vieille maison à travailler, les plancher un peu descendu, des poutres courbées, ce qui fait que chaque matériaux pour la reffaire doit être comme "taillé sur mesure", allongeant le temps de beaucoup, et le temps c'est...de l'argent !

      Chose certaine... démolir et reconstruire, demande un temps incertain, ce que l'on pourrait appeler "l'entre-deux".

      Nous avons besoins d'idées neuves ! qui souvent ne peuvent s'adapter aux anciennes, alors pourquoi ne pas tenter de tout reffaire à neuf ?! Vous voulez des exemples ? YEN A PAS ! Comme les lignes de 750 k.v. que l'on ne voyait nulle part dans le monde, pourtant H.Q. a été le premier à le faire... car il y a toujours une premiere fois.

      Comme je lisais une phrase un jour qui disait: " Si nous voulons d'un monde différent, il nous faut d'abord rompre avec celui qui est, et accepter l'insécurité de l'entre-deux... "

      Reconnaissons aussi un point important: "C'est dans l'épreuve que naît souvent la solidarité" comme c'est dans le luxe que naît l'individualisme... que l'on se souvienne de la Pologne.

    • Guillaume Poulin - Inscrit 8 décembre 2014 18 h 28

      @Robert Lauzon

      Les Québécois, un peuple solidaire? Vous voulez rire j'espère?

      Peut-être que votre génération a eût le catholisisme pour souder les gens ensemble, mais ce ciment est disparut et aujourd'hui la société est très éclatée.

      Les fédéralistes ne parlent pas aux souverainistes.

      Les capitalistes ne parlent pas aux socialistes.

      Les investisseurs ne parlent pas aux écologistes.

      Les athées ne parlent pas aux religieux.

      Les cosmopolitains ne parlent pas aux racistes.

      Les villes prospères n'aiment pas les régions qui stagnent.

      Les payeurs de taxes n'aiment pas les BS.

      Il y a des dizaines de milliers de Québécois dans chacune des catégories que j'ai évoqué et chaque groupe essaie d'inflencer l'État à qui mieux mieux.

      Résultat : la solidarité s'effrite, les groupes se polarisent, la confiance mutuelle diminue. Or, ces ingrédients sont essentielles à une société qui tente de vivre avec un État-providence aussi prépondérant que le nôtre.

      Peut-être que vous passez un peu trop de temps à parler à des gens qui pensent exactement comme vous pour penser qu'il existe une quelconque solidarité québécoise en ce moment.

      Je suis un capitaliste fédéraliste et je déteste les écolos, comment voulez que je ressente une quelconque solidarité envers les Québécois quand je lis des chroniques absolument déconnectée de la réalité comme la présente de Nadeau ou encore quand je vois un projet de pipeline anodin être bloqué par des hippies? Tout ça me donne le goût d'aller élever ma famille ailleurs.

    • Christian Montmarquette - Abonné 9 décembre 2014 03 h 58

      «Le Québec doit ÊTRE avant qu'il puisse avoir»- Robert Lauzon

      En réaction au Devoir :

      On croirait entendre les libéraux eux-mêmes, tentant de justifier leurs politiques d'austérité!

      Le Québec «EST» déjà, et on pourrait déjà faire infiniment mieux, si nous élisions un gouvernement du peuple, pour le peuple, plutôt que des gouvernements néolibéraux comme le PQ et le PLQ qui défendent les intérêts des entreprises au détriment du bien commun et des citoyens.

      - Commençons donc administrer correctement le pays qu'on a, plutôt que de pleurer sur celui qu'on a pas, et nous serons déjà pas mal plus avancés.

      Le véritable ennemi du peuple n'est pas le fédéralisme, c'est le capitalisme. Se faire exploiter dans un pays ou dans une province ne changera que la couleur du drapeau.

      Christian Montmarquette

    • Louis-Philippe Tessier - Abonné 9 décembre 2014 06 h 49

      @M. Poulin

      Quelle sont les raisons qui vous retiennents au Québec?

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 9 décembre 2014 07 h 04

      M. Poulin, lorsque vous dites que les athées ne parlent pas aux religieux, vous dévoilez votre incompréhension totale de ce que sont l'atheïsme et le dogmatisme religieux. En effet, les athées, et les agnostiques ont osé questionner les dogmes religieux et ouvrir le débat, tandis que les adeptes des religions ont accepté l'effet paralysant qu'ont les dogmes religieux sur leurs esprits et refusent catégoriquement de discuter de leurs croyances sur une base scientifiques. C'est aussi la raison pour laquelle ils se battent becs et ongles

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 9 décembre 2014 07 h 15

      Suite de mon message précédent (@ m. Poulin)

      C'est pourquoi les adeptes de religieux se battent becs et ongles pour s'imposer sur la scène public et s'opposer à la laïcité, seule garante d'une société dans laquelle toutes les croyances religieuses sont reléguées au domaine privé. Au contraire, les adeptes religieux s'imposent partout, au moyen d'accommodements de moins en moins raisonnables et équitables envers les citoyens qui ne partagent pas leurs croyances. Maints débats ont été tenté entre prédicateurs islamiques et philosophes humanistes et scientifiques, et tous ces débats ont démontré qu'il était impossible de dissecter les croyances et de les questionner... Car n'est-ce pas justement ce qu'est un dogmes? Donc, votre énoncé devrait se lire "les religieux refusent de discuter ouvertement de leurs croyances avec les non-croyants, si ce n'est pas dans le but de convertir."

  • Pierre Gratton - Inscrit 8 décembre 2014 07 h 09

    Bon texte à lire sur la vision de l'austérité ...

    La dame de fer inspire "l"homme de fer"!

    • Ginette Cartier - Abonnée 8 décembre 2014 09 h 13

      Plutôt dire "l'homme de paille" des idéologues néolibéraux et des prédateurs financiers!

  • Denis Miron - Inscrit 8 décembre 2014 07 h 14

    «La médecine sans la justice sociale est une imposture» Pierre Vadeboncoeur



    Force est de constater que l’idéologie néolibérale ne s’embarasse guère l’esprit de principes éthiques où moraux en matière de droits de l’homme, si l’on prend note du fait que son premier laboratoire qu’on lui fournit pour mettre ses théories idéologiques à l’épreuve non pas des faits mais au service d’une classe restreinte de biens nantis dans un contexte politique particulier pour ne pas dire totalitaire dans lequel se trouva le Chili suite au renversement du gouvernement Allende, et remplacé par le sanguinaire général Pinochet reconnu coupable de crimes contre l’humanité par la Cour Pénale Internationale. En effet, les États Unies très impliqués dans ce coup d’état, ont formé des économistes chiliens à l’université de Chicago sous la direction de M. Friedman pour mettre ses théories au service des prédateurs qui allaient par la suite piller le Chili

    Lorsqu’ on interroge P. Couillard sur ses valeurs et celle du gouvernement saoudien, il répond :« C'est un contexte culturel différent du nôtre. Est-ce que la meilleure approche est le retrait ou le contact et le partage des connaissances?», demande-t-il. Il me semble qu’il confond partage et vente de connaissances, car il est fortement rémunéré pour celles-ci, comme quoi, tout s’achète dans un économie où le marché fait loi au détriment des droits de la personne. Ça prend une bonne croûte d’insensibilité à la misère du monde pour accepter un salaire en échange de son silence. J’aurais plutôt fortement tendance à partager les valeurs de Pierre Vadeboncoeur qui nous dit que :«La médecine sans la justice sociale est une imposture» L’idéologie politique est aussi une imposture lorsqu’elle ne tient pas compte des droits de la personne.

  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 8 décembre 2014 07 h 37

    Le vrai programme

    C'est à espérer qu'une portion croissante de la population réalise que les mesures d'austérité sont loin d'être temporaires ou réversibles, et qu'elles sont en fait la destruction ultime de toutes les valeurs occidentales et démocratiques, entamée dès le milieu des années 1970. La fierté d'appartenir à une nation a cédé la place à l'individualisme et au communautarisme, et cette dénationalisation a été facilitée par la politique du multiculturalisme qui a conditionné une proportion très inquiétante de Québécois et Canadiens à cultivé une haine de soi si profonde, que des jeunes de notre nation, ou ce qu'il en reste, se retourne contre elle, mais le pire, contre leurs compatriotes, en se joignant à des Fous de Dieu, tout droit sortis du Moyen-Âge. En Europe, un nombre croissant de citoyens - Français, Hollandais, Anglais, prennent conscience de l'ampleur de la destruction de tout ce qui caractérisait l'identité et les valeurs, et leur culture, et décrient la trahison de leur gouvernement. Ils se font traiter de nationalistes, de partisans d'extrême-droite, de racistes, de suprémacistes. Si ces accusations ont réussi à les faire taire dans le passé, aujourd'hui, ils ont décidé de redresser l'échine, constatant qu'ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour faire savoir au monde qu'ils existent et qu'ils n'ont pas l'intention d'assister en silence à la destruction de leurs nations et à l'étouffement de leurs cultures et valeurs.

    • Daniel Bérubé - Inscrit 8 décembre 2014 12 h 14

      Le hic, c'est que eux (partisans extrême droite), ont choisi l'épée comme outils de travail.

      D'autres sont arrivé à des résultats plus qu'intéressant de par des façons complètement inverse: la solidarité (Inde et Pologne au XXe siècle, Gandhi et Jean-Paul II).

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 8 décembre 2014 12 h 38

      Vous m'avez mal lue. Je disais que ceux qui osent critiquer les politiques d'austérité, néolibérales, et autres politiques socio-économiques sont rapidement réprimés en se faisant accuser de partisans d'extrême droite, peu importe leur allégeance politique, un moyen jusqu'à présent efficace pour faire taire ceux qui osent questionner les politiques en place, bien que la gauche comme la droite en Europe ont servi à implanter ces politiques qui défigurent l'Europe depuis une quarantaine d'années.

      Gandhi était pacifiste, mais surtout un nationaliste. Or, le nationalisme en Occident est condamné par tous les "biens-pensants", mais c'est un bien long sujet.

      Oui, effectivement, seulement si les citoyens se rallient et se dressent contre ces politiques, en une seule voix parviendront-ils à freiner la destruction en cours. Mais le problème est justement que les citoyens sont divisés, en îlots individualistes ou communautaristes.