Les docteurs et leur «trip» de pouvoir

Tout le monde sait ça d’instinct. Sauf quelques fins finauds qui pensent s’en tirer en multipliant les déclarations jour après jour, disant souvent n’importe quoi comme pour remplir le silence et convaincus qu’ils sont, sans aucun doute, que ce qui sort de leur bouche est un trésor en or ciselé. Ce sont les pires politiciens, arrogants et satisfaits d’eux-mêmes en tout temps. Ils auraient tout intérêt à cesser de déranger tout le monde en créant de l’inquiétude, de l’angoisse même, et en se peinturant eux-mêmes dans le coin tout en ajoutant une couche de mauvaise volonté chaque fois qu’ils prennent la parole.

Je ne veux pas m’acharner sur le cas du Dr Bolduc, ministre de l’Éducation, qui ne cesse de creuser sa tombe chaque fois qu’il formule une opinion. Il tire de façon soutenue sur tout ce qui aurait la tentation de bouger autour de lui parce qu’il a la certitude de détenir toute la vérité, tout le temps. Interpellé, il se tient droit comme un i, et sans rire, vous débite une suite de petites phrases, souvent mal articulées et sans aucun véritable lien avec le sujet discuté. Qu’importe. Avec lui, si vous ne comprenez rien à ce qu’il vous raconte, c’est quand même lui qui a raison. Il en est convaincu.

Le bon docteur Barrette, lui, fait plutôt penser à l’éléphant dans la boutique de porcelaine. Convaincu qu’à lui tout seul il pourra faire fonctionner les services de santé du Québec, il n’y va pas de main morte. Il fonce dans le tas sans égard aux dégâts que ses mouvements vont causer et sans hésiter à détruire de précieuses porcelaines irremplaçables parce qu’il faut que le monde se tasse pour que l’éléphant crie victoire. On cherche à l’arrêter. On voudrait l’obliger à se mouvoir avec délicatesse pour sauver ce qu’il y a de plus beau dans la boutique, mais il ne veut pas en entendre parler. Il piétine, il vide les comptoirs, il refuse d’examiner attentivement chaque pièce précieuse portée à son attention. Il fonce dans le tas et ne se reposera que quand toute la boutique aura été détruite. Alors le docteur criera victoire et il ne restera plus rien de ce que nous avions construit. Il y a eu la tour de Babel. Il nous restera la tour de Barrette.

Le troisième docteur, lui, devenu premier ministre du Québec, a mis plus de temps à se révéler sous son véritable jour. Son long cheminement vers le pouvoir révèle un homme changeant qui s’est engagé dans beaucoup de petits chemins mal balisés où il ne semble pas avoir trouvé ce qu’il cherchait et qu’il a quittés, pratiquement sans se retourner, quand son impatience a pris le dessus. Personne ne sait exactement qui il est. Fidèle en amitié ? Ça dépend. A-t-il de vrais amis seulement ?

Cet homme que nous souhaiterions éclairé et éclairant change d’idée plus souvent qu’à son tour. Il lui arrive même d’affirmer et de nier ce qui pourrait être une de ses convictions dans la même respiration et dans la même phrase. Il semble avoir un côté « soumis » qui paraît inquiétant dans le poste qu’il occupe. On a beau vouloir vivre en harmonie, on n’a pas le droit, comme premier ministre, de renoncer à ce que nous sommes collectivement, à trahir l’héritage de notre langue et à parler l’anglais en Islande au nom des Québécois. Il doit représenter notre culture qui n’a pas attendu son arrivée pour se développer à travers le monde. Il ne doit jamais oublier notre profond désir de jouer notre rôle de nation sur le plan international. C’est ce que son poste signifie. Équilibrer le budget vient après.

On dit de lui qu’il est heureux sur un lac, à la pêche. Ce qui, logiquement, devrait en faire un défenseur de la nature québécoise, à moins qu’il ne tienne qu’à un seul lac, le sien. Autrement, il aurait déjà pris à sa charge la défense de notre fleuve pour qu’on ne puisse jamais en faire un égout collecteur du pétrole de l’Ouest. Il n’a peut-être jamais pêché sur le fleuve ? Autrement, il serait à Sorel ou à Cacouna ou partout ailleurs où on a besoin de son soutien.

Ils sont trois à mener le bal, mais il y en a d’autres. Il y a les arrogants de service à qui une victoire avec une majorité forte permet tous les excès. Il y a les « applaudisseurs » essentiels au spectacle. Il y a ceux qui cherchent les caméras de l’oeil et ceux qui ne savent pas ce qu’ils font là. Et puis, bien sûr, il y a les incompétents. Il y en a toujours quelques-uns.

Pour être honnête, je devrais faire la même analyse en parlant des partis d’opposition, ou de ceux d’Ottawa, car tous les partis sont faits à la même image. Je le ferai un jour. Promis.

36 commentaires
  • Hélène Gervais - Abonnée 7 novembre 2014 07 h 21

    Même avec le Parti Québécois?

    Vous faites une bonne analyse, Mme Payette, mais c'est la même problématique au PQ. Alors quand serez-vous assez vraie pour la faire?

    • Christian Montmarquette - Abonné 7 novembre 2014 09 h 44

      Je vous donne «100%» raison là-dessus Madame Gervais, car c'est bel et bien le Parti québécois qui a ouvert la porte au démentèlement de notre système de santé par la mise à la retraite anticipée de 4000 infirmière et 1500 médecins et qui n'avait «aucun regret» de l'avoir fait, plutôt que de taxer les banques et les grandes entreprises à leur juste part.

    • Hélène Paulette - Abonnée 7 novembre 2014 12 h 05

      Tout à fait, le PQ sous les ordres de Lucien B. transfuge du Parti Conservateur via le Bloc...Et Marois qui sauvait les meubles en envoyant les cancéreux aux "États"...Tout en étant critiquée pour le faire... Ah! l'opinion publique!

    • Christian Montmarquette - Abonné 7 novembre 2014 13 h 37

      À Hélène Paulette,

      Si je suis en partie d'accord avec votre commentaire au sujet de Lucien Bouchard, je le suis moins au sujet de Pauline Marois qui déclaré publiquement en 2008, qu'elle referait exactement la même chose.

      Source : «Pauline Marois n'a pas de regret» - Radio-Canada, Mise à jour le lundi 17 novembre 2008

    • Alain Brunet - Abonné 7 novembre 2014 14 h 11

      Cher Canadiens, nous ça fait longtemps que nous savons que Lucien B avait un mandat, je dois dire qu'il a réussit.
      Il a coulé le référendum de 95 et après il a éloigné le PQ de ses oreintation de gauche naturelles.
      Une belle shot du fédéral, aprés Chrétien nous a envoyé un autre conservateur John Charest pour continuer le mandat
      Tout dans la sauce des commandites

    • Sylvain Auclair - Abonné 7 novembre 2014 15 h 41

      Monsieur Marquette,
      On parlait des problèmes insolubles du système de santé bien avant que M. Bouchard ne propose une retraite anticipée à certains praticiens. Relisez les anciennes manchettes.

      Et, de toute manière, ces gens seraient partis depuis déjà des années et des années. Et ont été remplacés, si l'on peut dire.

    • Guy Desjardins - Inscrit 8 novembre 2014 11 h 54

      Je suis entièrement d'accord avec votre commentaire. Vous ne ferez jamais admettre à un ou une Péquiste qu'ls ont faient une erreur de jugement. Aussi bien qu'à un Libéral. Les bons coups seront toujours pour le parti au pouvoir et les mauvais coups seront la faute du parti politique qui était avant eux. Comme disait mon grand-père: "Mettez les tous dans une poche et le premier qui sort est l'image de l'autre". Ce qui est le plus choquant, aucunes pénalisations pour leurs prises de positions doûteuses. Toujours le CONtribuable qui paie les erreurs et eux se "pettent" les bretelles en nous faisant accroire qu'ils ont travaillés pour notre...bien.

  • François Dorion - Inscrit 7 novembre 2014 07 h 22

    Vous pourriez en rajouter

    la question du pouvoir n'est pas tout; il faut penser à ces marchands de coton qui rendent malades les populations d'origine américaine en les habillant et couvrant de tissus auxquels elles sont allergiques, les menant parfois jusqu'au suicide. Les indiens s'habillaient de cuir; ils peuvent encore s'habiller de nylon, de polyester, de chanvre ou de lin et éviter ainsi la maladie.
    Connais-toi toi-même est un petit exercice auquel les docteurs barrette et Bolduc auraient du se livrer dans leur jeunesse; ils seraient alors peut-être plus souple et moins ifluençable.

  • Isabelle Laurin - Abonnée 7 novembre 2014 07 h 26

    L'Éléphant

    Je travaille dans le réseau de la santé. Je ne sais pas trouver les mots pour décrire qu'est-ce qui est en train de se passer. J'en suis consternée. Votre troisième paragraphe décrit exactement ce qui arrive. On fonce dans le tas et on détruit tout. C'est ce qui arrive ces jours-ci à la santé publique de Montréal. C'est odieux. Imaginez le moral de tout les professionnels de la santé en ce moment. Allons manifester le 29 novembre. C'est impératif!!!

    • Marc Davignon - Abonné 7 novembre 2014 09 h 40

      Il n'y a pas que des «professionnels» qui travaillent dans le système de la santé. Il y a aussi des «travailleurs ordinaires» qui sont très affectés par tous ces génies du système de la santé. Comment trouvez-vous cela, comme professionnel, de vous faire traité comme un incompétent? Ce sentiment est celui des «travailleurs ordinaires» qui se font «trimbaler» par les hippopotames (tous ces «cadres», grands et petits) qui croient que parce qu'ils ont fait des études à l'ENAP, sait comment faire. Voilà le problème, mais personne n'y comprend rien. Il faut réviser le cursus de l'ENAP. Il faut cesser de faire de la formation, il faut faire de l'instruction..

  • Alain Brunet - Abonné 7 novembre 2014 07 h 43

    Le malade sous la tente d'oxygène

    Mme Payette
    Qu'en tu es docteur ton rôle c'est de soigner des malades, le docteur lorsqu'on va le voir nous dit des règles de vie , pas manger telle chose, se priver de d'autres, la modération pour les plus dynamique est le summum de la vie, avant de mourrir.
    Ils nous font faire un bilan de santé, ils nous offrent le privé pour aller plus vite (notre système est tellement boiteux !nous disent-ils) prise de sang, urine, etc. et après un diagnostique. La modération, on coupe
    Alors ils nous prescrivent des pilules (les Québecois en sont les champions consommateurs), la plupart du temps au cas où.
    Le Québecois se fait dire qu'il est malade, leS médecinS le disent malade alors ils les croient (Lévesque n'a pas arrêter de dire aux Québecois "on est peut être comme un grand peuple") dans un temps passé. Le colonisé a de la difficulté à sortir de mon peuple, mais je me dis ça doit être normal, mais maudit que c'est long à comprendre
    Ils veulent nous mettre sous respirateur artificiel et ça marche nous suivons les prescriptions.
    Qu'allons-nous devenir ?
    Merci Mme Payette pour ce que vous avez fait et continuez à faire pour votre peuple

  • Louis Fortin - Abonné 7 novembre 2014 08 h 07

    rire jaune

    Merci Mme Payette pour cette description aussi juste qu'imagée.
    Mais voilà, après avoir souri un bon coup, mon café matinal a retrouvé son goût amer face à toute les abérations commises par nos polititiens.