La fin de la naïveté?

Le Canada est un pays où l’on peut facilement se croire hors du monde. Il existe en effet une forme d’exceptionnalisme canadien. Peut-être parce que le territoire du Canada n’a pas été touché par les deux grands conflits du XXe siècle, peut-être à cause de son isolement géographique au nord des Amériques, peut-être aussi à cause d’un certain sentiment de supériorité assez répandu dans le monde anglo-saxon et les pays riches, le Canada se croit le plus souvent à l’abri des grands courants qui déchirent le monde. Les Français et les Américains n’ont pas ce loisir.

Combien de fois celui qui arrive de l’étranger se fera-t-il répondre : « Oui, mais au Canada, ce n’est pas pareil. » Les problèmes d’intégration et d’immigration ?
« Oui, mais ici, il n’y en a pas ! » La laïcité ? « Au Québec, ce n’est pas comme en France ! » La montée de l’islamisme ? « Ben voyons, au Canada tout va bien. » Cette chronique ne suffirait pas à énumérer le nombre de fois où j’ai entendu ce genre de réponses. Comme si le Canada vivait quelque part dans une sorte de nirvana glacé au nord du 45e parallèle.

Or, si les événements tragiques qui se sont déroulés à Saint-Jean et à Ottawa démontrent une chose, c’est justement que le Canada n’est pas hors du monde. Mercredi encore, il était renversant d’entendre certains animateurs de radio redoubler de périphrases et d’acrobaties linguistiques afin d’éviter toute référence au terrorisme islamiste alors que la presse étrangère, elle, n’hésitait pas à mettre un nom sur ces attentats. Ne faut-il pas s’étonner aussi que ce soit un journal britannique, le Guardian, qui ait le premier évoqué ouvertement un échec des services de sécurité canadiens ?

Car, au fond, ce qui frappe dans le profil des deux jeunes terroristes de Saint-Jean-sur-Richelieu et d’Ottawa, c’est qu’ils n’ont pas grand-chose à voir avec un vrai « loup solitaire » comme le caporal Lortie qui avait fait irruption à l’Assemblée nationale en 1984. Nous avons depuis longtemps changé de monde. Ces attentats ressemblent au contraire comme deux gouttes d’eau à ceux commis ces dernières années par de jeunes esprits galvanisés par l’islamisme en Belgique, en France, en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

Comme Mohamed Merah, à Toulouse en 2012, Martin Couture-Rouleau et Michael Zehaf-Bibeau visaient des militaires. Comme Merah, Bibeau avait le profil d’un petit délinquant qui avait récemment trouvé sa « voie » dans l’islamisme. Comme les responsables des attentats de Boston, de Toulouse et de Bruxelles, ces jeunes extrémistes ne semblent pas avoir été embrigadés dans une organisation centralisée et bien organisée. Attirés par le djihad en Syrie, ils se sont mobilisés spontanément après avoir été soumis à la propagande d’imans radicaux dans des mosquées et sur Internet.

 

Depuis le 11-Septembre, les djihadistes ont changé de profil. Comme l’explique le spécialiste français du monde arabe Gilles Kepel, la troisième génération du djihad est « non pyramidale » et passe essentiellement par Internet. Non seulement les Merah, Bibeau, Rouleau, Tsarnaev et autres Nemmouche se radicalisent-ils en écoutant des prêches antisémites et intégristes sur la Toile, mais c’est aussi par là qu’ils deviennent de petits héros et conquièrent leurs 15 minutes de gloire afin de passer à la postérité.

L’exemple de la plupart de ces jeunes vient démentir le discours de ces bonnes âmes antiracistes qui ne voient dans le terrorisme que le résultat de la misère matérielle ou l’oeuvre d’un fou. On sait depuis le 11-Septembre que le terrorisme islamiste attire souvent des jeunes issus de la classe moyenne, sinon de milieux favorisés, et souvent instruits. On l’avait découvert à Londres en 2005. Chez nous, Michael Zehaf-Bibeau était le fils d’une fonctionnaire fédérale et d’un commerçant libyen qui gagnaient bien leur vie. Il avait fréquenté l’école privée. À Boston, les frères Tsarnaev ne vivaient pas non plus dans la misère et avaient étudié à l’université.

Or, ce qui distingue le Canada si on le compare aux autres pays où de tels attentats ont été commis, c’est une certaine indifférence à l’égard de la poussée intégriste pourtant historique qui caractérise le monde musulman. Le Canada reste en effet un des rares pays occidentaux où le multiculturalisme conserve encore ses lettres de noblesse. En son nom, combien de Québécois se taisent ou haussent les épaules devant la montée de l’intégrisme et la prolifération du voile islamique de peur de « stigmatiser » quelqu’un ? Aurait-on les mêmes réserves si les « bérets blancs » se multipliaient dans nos écoles ? Quant à ceux qui osent s’exprimer, ils se font vite traiter de racistes.

Le Québec aime se rêver en pays pacifique immunisé depuis toujours contre la violence. Il y a pourtant une grande part de mythe dans cette idée. De Polytechnique à l’attentat de Saint-Jean en passant par octobre 1970, le Québec a connu plus que sa part de violence. S’il y a un aspect positif malgré tout dans le drame que nous avons vécu depuis quelques jours, c’est peut-être qu’il annonce la fin d’une certaine naïveté.


 
71 commentaires
  • Cyr Guillaume - Inscrit 24 octobre 2014 01 h 23

    Enfin!

    Il était temps que quelqu'un le dise ! Le multiculturalisme à échoué ici au Québec, et au canada! Bravo M.Rioux!

    • Sébastien Boisvert - Inscrit 24 octobre 2014 08 h 16

      Les explications de nature psychologiques sont ici davantage utiles que celles relevant de la sociologie ou de la philosophie politique.

      L'individualisme contemporain est la toile de fond. Il est présent dans des pays qui n'ont pas adopté le multiculturalisme comme politique d'intégration.

      Pour agir efficacement, il faut parler à son jeune. Ne pas le laisser seul devant son ordinateur toute la journée!

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 24 octobre 2014 08 h 55

      Changement d'optique, monsieur Boisvert. Autrefois, des idéologies politico-religieuses comme l'islamisme, se répandaient dans les régions géographiques où ils naissaient. Maintenant, grâce à Internet, ils recrutent des adeptes partout dans le monde.

    • André Chevalier - Abonné 24 octobre 2014 09 h 39

      @Sébastien Boisvert

      Je ne saisis pas le rapport que vous faites entre l'individualisme et le rejet du multiculturalisme.

      S'il y en a un, au contraire de vous, je le vois dans le triomphe de l'individualisme outrancier de celui qui proclame son droit d'étaler dans l'espace public ses habitudes et convictions intimes sans tenir compte du malaise qu'il peut causer dans son entourage.

    • Jean Richard - Abonné 24 octobre 2014 10 h 03

      Le multiculturalisme, encore et encore, sans savoir ce que ça veut dire, sans être capable de le définir. Si un dictionnaire se risquait à rassembler toutes les définitions qu'on lui a donné, ça s'étendrait sur plusieurs pages.

      Le contraire du multiculturalisme serait-il l'uniculturalisme ? Si oui, il faut supposer que l'uniculturalisme impose l'intégration et dans ce cas, quel modèle d'intégration allons-nous retenir, l'assimilation de l'étranger au natif, ou le métissage où des éléments de chacune des cultures en présence sont mis ensemble ?

      Si le multiculturalisme a échoué au Québec et au Canada, c'est donc que l'uniculturalisme serait en train de s'imposer. Or, comme le Québec a refusé de sortir du Canada et comme le Canada est culturellement le 51e état américain, prêcher l'uniculturalisme, c'est opter pour l'assimilation. Faut-il rappeler que Trudeau n'a pas fait l'unanimité chez les anglophones car chez ces derniers, ceux qui rêvent d'uniculturalisme et partant d'unilinguisme sont encore très nombreux. Et depuis quelques années, ils ne cessent de marquer des points car l'assimilation francophone est loin d'appartenir au passé.

      L'uniculturalisme canadien n'est pas celui du métissage, mais celui de l'assimilation, culture anglosaxonne dominante exige. Au Québec, il y a un métissage linguistique (le franglais). Ce métissage n'existe pas dans le ROC (l'anglais n'emprunte plus au français depuis au moins trois siècles). L'approche anglocanadienne, celle de l'assimilation, finira par s'imposer. Le Québec va continuer son intégration à la culture dominante et redeviendra une province comme les autres. Le Québec ne pourra pas mettre en échec l'uniculturalisme (qui sous-entend l'unilinguisme) canadien. Il s'intègrera et partagera la langue et la culture communes. Et le multiculturalisme aura échoué... Le Canada réservera au français le sort que la France a jadis réservé au breton, à l'occitan (et à toute ses variantes) et autres langues régionales.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 24 octobre 2014 10 h 12

      En effet, M. Boisvert. Aussi bien l'événement de Saint-Jean-Sur-Richelieu que celui d'Ottawa soulignent surtout l'importance de consacrer plus de ressources pour prévenir le «décrochage social» et la maladie mentale, et fournir une bouée de sauvetage à ceux et celles dont la vie a pris un mauvais tournant.

      Ces événements nous rappellent de l'importance de militer pour une société faisant preuve de plus de compassion et d'empathie. Or depuis le milieu des années '90, nos gouvernements successifs ont au contraire oeuvré au démantèlement de la sécurité sociale et valorisé le libéralisme économique et la «responsabilité individuelle». Et c'est depuis cette même époque et en parallèle qu'a été développé le discours sécuritaire voyant dans la figure de l'étranger une menace pour la Nation. Lorsque les institutions sont démantelées, c'est la peur de ceux et celles qui ne se conforment pas à la norme qui se substitue comme élément de cohésion sociale.

      Vouloir trouver des réponses aussi faciles qu'abstraites, comme «le multiculturalisme» pour expliquer tous les maux, c'est un peu une façon de ne pas réfléchir aux causes. C'est de la paresse intellectuelle.

    • Cyril Dionne - Abonné 24 octobre 2014 18 h 37

      Faut-il en fumer du bon pour attribuer le « décrochage social » et la maladie mentale au deux derniers attentats terroristes ? La donne a changé et nos djihadistes favoris maintenant recrutent parmi les esprits faibles de l'Occident pour contaminer nos sociétés basées sur la raison et l'État de droit. Et il y a eu deux actes terroristes commis au nom d'un islam fasciste et fanatique dans l'espace de trois jours. Combien en faut-il d'autres avant que nos multiculturalistes commencent à admettre la réalité qui défile devant eux ? Évidemment, dans un pays multiculturaliste anglophone, les crimes commis au nom de la religion ne sont que des actes perpétrés par des malades mentaux.

      Et le multiculturalisme franco n'est pas plus acceptable que celui anglophone. Qu'on soit d'accord ou en désaccord avec cette philosophie néolibéraliste qu'est le multiculturalisme, le fait demeure que se sont des gens qui ont subi un lavage de cerveau religieux islamique qui ont commis ces crimes. "Connect the dots" comme on dit en bon américain, et vous allez découvrir la source du mal.

      Et je suis d'accord avec M. Chevalier pour dire que c'est le multiculturalisme qui prône le triomphe de l'individualisme et est la négation du vivre ensemble. Et nous avons devant nous la preuve de l'échec incontesté d'une politique sociale qui existe virtuellement dans l'imaginaire des gens qui portent des lunettes roses 24 heures sur 24.

    • Michel Coron - Inscrit 24 octobre 2014 22 h 13

      Ce qui étonne et qui détonne dans cet affaire de soi-disant terrorisme, c'est de voir M. Couillard, la main sur le coeur, condamner la violence alors quil met la hache dans les programmes visant justement à prévenir ce type d'acting-out chez des individus prêt à mourir pour une cause uils ignorent. Les imams dont on fait état ici sont-ils eux-mêmes des gens équilibrés au plan santé mentale ? Sil fallait qu'un seul de nos curés empruntent un tel dicours guerrier, il aurait tôt fait d'être mis au pilori.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 25 octobre 2014 11 h 55

      Guillaume Cyr dit:

      «c'est le multiculturalisme qui prône le triomphe de l'individualisme»

      C'est drôle, mais je pensais que ce dont on accusait le multiculturalisme c'était d'être une idéologie communautariste. Maintenant, c'est de prôner l'individualisme.

      Vous ne me convaincrez pas avec un argumentaire qui repose sur le flou des termes que vous employez, flou qui vous permet de leur faire dire tout et n'importe-quoi et d'apporter quelques réponses simples et binaires à tous vos questionnements. Vous semblez attribuer tous les problèmes à quelques mots qui ont pour vous un sens tellement large et abstrait, que c'est la seule chose qui vous permet de leur attribuer la cause de tous les problèmes.

      Cette pensée qui repose sur quelques concepts complètement abstraits se rapproche plus de la pensée religieuse qui requiert la foi, que d'une démarche ancrée dans le raisonnement.

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 24 octobre 2014 01 h 37

    Un débat à reprendre

    Le débat sur la Charte de la laicité devra être repris un jour ou l'autre.

    L’intrusion de la religion dans le et la politique est le plus grave problème de l’Islam. Des islamistes veulent prendre le contrôle de l’Europe et y instaurer la charia. Voir par exemple ce cas d’un conseiller communal élu en Belgique : http://www.youtube.com/embed/aNWeLZARCUI?feature=p

    Nous ne voulons pas de ce genre de chose ici au Québec. L’insistance de groupes communautaristes qui veulent continuer à vivre comme dans leur pays d’origine et qui ont de la difficulté à accepter une meilleure intégration nous montre que l’inquiétude de la majorité francophone du Québec est fondée. Les débordements du multiculturalisme sont la conséquence des débordements d’une immigration non intégrée.

    Quant au port du voile, il est devenu un combat politique lié à l'islamisation qui est en marche dans plusieurs pays d'Europe et même de pays musulmans ( car l'islam n'est pas qu'une religion, c'est aussi un système politique).

    L’islamisation, c’est "Rester pur" et ne pas se mélanger "aux autres" . Tout est mis en place pour se séparer et "se reconnaître". Le vêtement devient très visible pour "marquer la différence" et dresser des frontières symboliques qui séparent croyants et non-croyants.

    L’Islam est peu religieux ( 10 % de pratiquants), mais très politique et surtout culturel.

    Alors permettre des accommodements supposément religieux, ce serait permettre des accommodements politiques et culturels. Pas question.
    Le voile n'est pas anodin: il a une signification politique évidente.

    Il nous faut une Charte de la laïcité pour que cessent les dérives associées aux manifestations de la religion dans l’espace public. Avec la religion à la maison, la vie en société sera plus simple et moins encline aux antagonismes.

    Laisser les islamistes infiltrer impunément les organismes publics, c’est comme se mettre la main dans le tordeur. Il faut y mettre le holà !

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 24 octobre 2014 07 h 26

      Monsieur Saint-Arnaud. entre M. Rioux et vous, tout est dit. À quand le virage vers le 21e siècle?

    • Carole Minguy - Inscrite 24 octobre 2014 08 h 21

      Je suis pleinement d'accord avec vous. Qu'on cesse de se cacher derrière le multiculturalisme et de se voiler la face. Sans jeux de mots...

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 24 octobre 2014 10 h 16

      Pourriez-vous m'éclairer et m'expliquer concrètement en quoi la charte eut eu un QUELCONQUE impact sur ces individus? C'est difficile à avaler, surtout lorsque l'on considère que le pays dont les politiques ont servi de modèle pour la charte du PQ a de beaucoup plus gros problèmes de terrorisme interne, de marginalisation, de communautarisme sectaire que le Canada. Pourtant je ne considère pas le multiculturalisme canadien comme un modèle idéal, loin de là. Surtout pour ce qui est de son instrumentalisation contre les minorités francophones et autochtones. Mais en faire un espèce de bonhomme sept heures responsable de tous les maux de la société, c'est franchement naïf, et inutile en tant que grille d'analyse pour comprendre la société. À moins que l'on soit à la recherche de réponses faciles à comprendre, sans se soucier de leur véracité.

    • rabah hammachin - Inscrit 24 octobre 2014 11 h 00

      En quoi une charte sur la laïcité aurait-elle eu de l'effet sur les actions criminelles de St- Jean et d'Ottawa? Les amalgames et la pensée magique ne sont pas des remparts aux extraordinaires dangers qui nous guettent.
      Des pays ont combattu le terrorisme pendant des années, avec à la clé des dizaines de milliers de morts, d'handicapés, de déplacés et d'exilés. Pendant ce temps, les "démocraties occidentales" donnaient asile aux terroristes. On a crée un monstre.
      Donc, les mesurettes et les artifices politiciens, style charte des valeurs etc... ne seront d'aucun effet. Le combat sera rude et dur. Et ce n'est certainement pas en stigmatisant une communauté (arabe essentiellement) ou un systéme (le multiculturalisme, honni par Mr Rioux) que la bataille sera gagnée.
      Les deux assaillants de St-Jean et d'Ottawa, ne portaient ni hijab ni signe apparenté. Ils sont nés ici et sont d'ascendance québécoise.

    • Gilles Delisle - Abonné 24 octobre 2014 11 h 26

      Excellent commentaire M. St-Arnaud, et très juste!

  • Anne-Marie Courville - Abonnée 24 octobre 2014 07 h 16

    Nous sommes en guerre!

    Harper a décidé que le Canada était en guerre et les avions sont partis.
    Doit-on s'étonner que nous vivons des situations de guerre.

  • Michel Pasquier - Abonné 24 octobre 2014 07 h 22

    Nous avons un problème !

    Il est entre 6 H et 6H30 H du matin, ce 25 septembre, autoroute 401, Morrisburg, ON. Direction ouest-est.
    Avant d’entrer au Tim Horton, je vois, à travers la baie vitrée trois très corpulents individus barbus qui se prosternent, en direction du soleil levant, le postérieur en l’air au milieu du restaurant, comme s’ils étaient dans leur foyer, seuls, chez eux.
    De retour d’un long périple aux USA je me demande alors si un tel comportement serait envisageable dans ce pays. Non! Non pas parce qu’Ils se sentiraient en danger. Tout simplement Ils n’oseraient pas!
    Alors, pourquoi osent-ils chez nous? Pourquoi ce genre de provocation?
    L’Islam, où du moins une partie de l’Islam, est en mode conquête.
    Quant aux bonnes âmes qui écriront que je fais preuve d'intolérance, qu'ils aillent dans un de ces pays musulmans radicaux, qu'ils s'agenouillent dans un lieu public et fassent le signe de croix. Ce sera une expérience propre à leur déciller les yeux.

    • Guy Archambault - Inscrit 24 octobre 2014 10 h 31

      Si j'ai bien compris, M.Pasquier, vous aimeriez que nous intimidions les Musulmans comme les pays musulmans radicaux intimident les Chrétiens. Bref, que nous prenions ces pays pour modèles. Moi, au contraire, je souhaite que nous fassions exactement l'opposé de ce que font ces pays. Je souhaite que nous soyons accueillants et tolérants à l'égard des minorités, pour autant qu'elles respectent nos lois et nos valeurs. Accolez-moi l'étiquette "bonne âme": mettre une étiquette, ça évite d'avoir à penser.

    • René Bezeau - Abonné 24 octobre 2014 12 h 13

      C'est exactement avec des propos comme les vôtres que les conflits fleurissent.

    • Marie-Maude Lalande - Inscrite 24 octobre 2014 15 h 03

      M.Archambault, et si c'était une religion qui disait de se dénuder quelques fois par jour, où que tu te trouves, auriez-vous le même discours d'ouverture?

    • Anne-Marie Courville - Abonnée 24 octobre 2014 15 h 26

      La Charte de la laïcité était un bon moyen de mettre les religions à leur place. Le Québec est un était laïque et chacun peut pratiquer sa religion en privé et non chercher à étendre ses croyances dans le monde. Les religions sont à l'origine de grands malaises et sont inutiles. La morale universelle doit guider la population.

  • Sébastien Boisvert - Inscrit 24 octobre 2014 07 h 51

    Agir sérieusement et efficacement

    Nous avons maintenant plus d'informations sur les actes criminels commis à St-Jean et à Ottawa.

    1. Il est sympathique que les communautés musulmanes prennent position publiquement, mais cela n'épuise pas l'explication des loups solitaires. Internet semble être la source probante de la radicalisation.

    2. Cela a finalement peu à voir avec l'immigration. Bonne nouvelle de ce côté.

    3. Les deux individus avaient des problèmes importants. L'un avait fait faillite et perdu la garde de son enfant et l'autre avait passé des tests psychologiques pour démence, prenait régulièrement du crack et avait un dossier criminel. C'est donc sur le terrain psychologique que se joue la radicalisation.

    4. Un renforcement de la sécurité des lieux comme le Parlement est à prévoir. Également, le rôle des services secrets aussi.

    5. Finalement, le terrain d'intervention est principement psychologique et personnel. Les premiers à intervenir sont les parents et les amis. Maintenir le dialogue avec un jeune qui «se rebelle»; discuter et discuter... ne pas le laisser se refermer sur lui-même.

    6. Une distinction claire s'établit par consensus entre la radicalisation idéologique et la démarche spirituelle et religieuse. Il faudrait maintenir celle-ci et rappeler que des actes de terreur se produisent dans plusieurs pays qui ont des régimes de régulation de la croyance différents. Donc, une corrélation faible à ce niveau.

    7. Finalement, l'objectif est le maintenir la démocratie. Comme plusieurs l'ont dit, il n'est pas souhaitable que le Canada devienne comme les États-Unis. Agir en amont par opportunisme politique n'est pas porteur dans la situation actuelle.

    Bref, beaucoup de pain sur la planche!

    • André Chevalier - Abonné 24 octobre 2014 09 h 25

      «... des actes de terreur se produisent dans plusieurs pays qui ont des régime de régulation de la croyance différents», mais toujours de la même religion.
      Là, il y a une forte corrélation.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 24 octobre 2014 10 h 20

      Merci, M. Boisvert. La rationnalité de votre commentaire tranche avec le discours ambiant. L'entrevue avec M. Greenwald dans les mêmes pages du Devoir de ce matin est un complément intéressant à la réflexion sur les événements des derniers jours.

      http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-soci

    • Peter Kavanagh - Inscrit 24 octobre 2014 11 h 01

      ''Il est sympathique que les communautés musulmanes prennent position publiquement'', tout a fait vrai. Par contre, pourquoi invites-t-ils des imans comme Hamza Chaoui qui preche le coté radical et prone la Charia. Le fait de le recevoir et de l'écouter viens en contradiction avec leur déclarations.

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 24 octobre 2014 11 h 44

      «mais toujours de la même religion»

      Faux, M. Chevalier. Est-il nécessaire de rappeler la quantité d'attentats récents qui sont le fait de fanatiques ou de désaxés invoquant de multiples causes religieuses ou idéologiques? Est-il aussi nécessaire de rappeler que la pluie de bombes occidentales qui s'abat sur le Moyen-Orient depuis 15 ans ne peut que nourrir le ressentiment et l'intégrisme? Est-il aussi nécessaire de rappeler que les États-Unis et un de leurs plus proches alliés (l'Arabie Saoudite) ont systématiquement financé et encouragé les courants religieux les plus extrémistes du monde musulman depuis les années '70? - Ceux qui allaient devenir les Taliban, Al-Qaeda et même ISIS ont profité de l'entraînement, du soutien politique, militaire et financier des États-Unis. Au détriment de groupes modérés, souvent de tendance socialiste et démocrate.

      Quand l'Occident s'est affairé ainsi à fausser la donne en faveur de l'extrémisme, que vaut votre analyse, M. Chevalier?

    • Cyr Guillaume - Inscrit 25 octobre 2014 00 h 45

      Beaucoup ici semblent jouez à l'autruche, combien en faudra-t-il, pour qu'enfin vous réagissiez avec un semblant d'affirmation et de laicité?