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De l’eau pour l’horticulture

Depuis 2008, à Portland, dans l’Ouest américain, 50 millions ont été investis et 15 hectares de toits verts et de jardins sur les toits ont été aménagés. Le paysage de la ville en a été transformé.
Photo: Ville de Portland Depuis 2008, à Portland, dans l’Ouest américain, 50 millions ont été investis et 15 hectares de toits verts et de jardins sur les toits ont été aménagés. Le paysage de la ville en a été transformé.

L’eau, ses défis et ses utilisations, voilà le sujet du dernier Forum en environnement organisé par la Fédération interdisciplinaire de l’horticulture ornementale du Québec. Quoiqu’en abondance chez nous, il est temps d’en faire une gestion durable pour maintes raisons.

Deux conférences ont particulièrement capté notre attention. D’abord, Portland, Oregon. Portland est un modèle dans la gestion des eaux pluviales, et nous en avons eu la preuve lors de la conférence d’Ivy Dunlap, architecte du paysage qui travaille pour le Programme de gestion durable des eaux pluviales de la Ville de Portland. Né de contraintes liées aux différentes réglementations fédérales sur l’eau — Clean Water Act, Endangered Species Act, Safe Drinking Act, ainsi que des réglementations de l’État et locales —, ce programme innovateur a donné une image de marque à la municipalité.

En 2008, un important plan quinquennal, avec des objectifs clairs, a été mis sur pied par le Service de l’environnement de la Ville, et il porte d’ailleurs bien son nom : Grey to Green. Sur une période de 5 ans, 50 millions ont été investis et 15 hectares de toits verts et de jardins sur les toits ont été aménagés. De plus, on a réalisé 1500 rues vertes et planté 32 200 arbres.

L’argent a aussi servi à l’achat de terrains et à l’éradication des plantes envahissantes. En ce qui a trait aux toits verts, la Ville a un programme incitatif intéressant pour encourager les propriétaires : l’Ecoroof Incentive Program. Finalement, diverses solutions vertes ou phytotechnologies ont été mises en pratique, et du coup, le paysage de Portland en a été transformé.

Qu’est-ce qui a fait le succès de ce programme ? C’est simple, la Ville y croit et elle considère que les solutions vertes font partie des infrastructures pour la gestion des eaux de pluie. Puis, le programme, supervisé par le Bureau de l’environnement, comprend plusieurs autres services comme l’ingénierie, les relations publiques et la prévention de la pollution. Ces gens travaillent en étroite collaboration pour le développement des infrastructures vertes, le pendant des infrastructures grises. C’est rare.

Par ailleurs, le programme de gestion des eaux pluviales, surveillé de près, fait l’objet de recherches constantes. Un rapport sorti en 2010 mentionne des chiffres révélateurs de l’efficacité de ses moyens. 85 % des pluies annuelles sont gérées par une rue verte et 50 % par un toit vert. Dans un autre ordre d’idée, Mme Dunlap a souligné l’importance de sensibiliser et d’éduquer la communauté.

C’est pourquoi plusieurs dépliants sont disponibles, des visites sont organisées, des panneaux d’interprétation sont placés dans les platebandes… Elle a aussi insisté sur les liens à développer avec la communauté et des partenaires tels que Tree Canopy, pour la plantation d’arbres, entre autres.

Finalement, les infrastructures vertes encouragent la responsabilité citoyenne, rendent les rues plus sécuritaires et plus agréables et, de surcroît, créent des habitats pour les pollinisateurs et les oiseaux. Le futur pour Portland ? Les murs verts : différents projets sont en cours actuellement.

Stratégie québécoise d’économie d’eau potable

Voici quelques données éloquentes extraites de la conférence de Valentina Estrada, ingénieure au ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire, sur l’utilisation de l’eau au Québec.

Ici, les volumes d’eau produits par personne sont plus élevés de 35 % par rapport au reste du Canada et de plus de 60 % comparativement à l’Ontario, avec les conséquences suivantes : utilisation abusive de la ressource, construction inutile de nouveaux ouvrages ou surdimensionnement de ceux-ci, et hausse des coûts d’exploitation.

Au cours du printemps et de l’été, la consommation atteint des pics impressionnants dus à l’arrosage des pelouses et des jardins, mais aussi au remplissage des piscines et au lavage des voitures. À l’échelle du citoyen, comment diminuer la consommation d’eau arrosage ?

D’abord en employant les bons outils, mais aussi en arrosant de la bonne façon et au bon moment, puis en plaçant la bonne plante au bon endroit et, finalement, en redirigeant l’eau vers un baril ou un jardin de pluie.

Il existe quelques outils pratiques pour nous aider à gérer notre utilisation de l’eau : arrosageeteconomiedeau.org, le dépliant Économiser l’eau d’arrosage de la Fédération interdisciplinaire de l’horticulture ornementale (FIHOQ) et le Guide de l’eau au jardin de Lili Michaud.

À l’échelle des municipalités, de nombreuses mesures devront aussi être mises en place et les secteurs résidentiel et non résidentiel devront être sensibilisés. Quant au milieu institutionnel, il devra appliquer le Guide méthodologique d’audit de l’usage de l’eau. L’objectif du gouvernement, pour 2017, est de réduire de 20 % la quantité d’eau distribuée par personne par rapport à 2001.

L’application Branché

Branché est une application pour les technologies mobiles lancée l’année dernière par Soverdi. Elle permet d’apprendre à connaître et à reconnaître les arbres de Montréal, excepté dans Outremont et dans le Vieux-Montréal. Deux cent mille arbres de rue, surtout, mais des arbres autour des écoles, dans les parcs et les garderies sont aussi géolocalisés, puis de nouvelles données sont rentrées périodiquement.

Branché interagit avec son environnement et affiche des informations sur l’arbre devant soi. Néanmoins, ça ne fonctionne pas toujours, car certains arbres ne sont pas répertoriés, ou pour d’autres raisons que je ne saurais expliquer. On peut également y inscrire les arbres présents sur notre terrain et y ajouter les nouvelles plantations avec un message tel que : « Planté en l’honneur du dernier-né » ou « En mémoire de… », par exemple.

On peut aussi y mettre nos coups de coeur — un magnifique chêne au parc Maisonneuve ? — et y déclarer des arbres malades ou infestés. Pour les arbres non répertoriés, l’application inclut une clé d’identification qui comprend une soixantaine d’espèces.

Utilisé par près de 10 000 personnes, Branché est un outil pédagogique qui deviendra avec le temps, on le souhaite, un moyen de communication entre la Ville et les citoyens pour collaborer au mieux-être de la forêt. Conçue par Iekho, elle est disponible gratuitement sur l’App Store et sur Google Play, en anglais et en français. soverdi.org/branche.

Au jardin cette semaine

Il ne faut pas négliger le désherbage en ce moment ; si elles ne sont pas arrachées, les indésirables distribueront à tout vent leurs semences et vous donneront plus de travail au printemps prochain.

Les températures fraîches sont idéales pour les gros travaux comme la création d’une nouvelle platebande, par exemple. J’aime bien la technique du Jardinier paresseux : on dépose plusieurs épaisseurs de journaux sur la pelouse, on ajoute une bonne épaisseur de terre à jardin avec du compost et on est prêt à planter les plantes de petit format. Pour les formats plus gros, mieux vaut attendre au printemps prochain, quand la pelouse sera morte.

Dans la bibliothèque

Encyclopédie des orchidées
Frank Röllke
Solar, 192 pages

Cette encyclopédie grand public sur les orchidées permet de découvrir leur histoire unique ainsi que leurs spécificités fascinantes. Les informations sur la culture sont claires et les différents paramètres à maîtriser sont bien expliqués. Les sections « Côté pratique » sont bien, car elles touchent le sujet étape par étape et facilitent la compréhension : le rempotage, la culture sur plaque, l’arrosage et la vaporisation, les petits soins au fil des mois et la multiplication. Les tableaux sur les maladies et parasites, les erreurs culturales et l’entretien mois par mois permettent rapidement de trouver les renseignements. Puis, 200 fiches signalétiques vous aideront à cultiver une panoplie d’orchidées plus originales les unes que les autres.

Saviez-vous qu’on retrouve des orchidées partout sur le globe, sauf dans les déserts et les deux pôles ? Et quelles sont les fleurs les plus évoluées du monde végétal ?
Portland, 575 000 habitants, 2 millions avec la banlieue. 940 mm de pluie par année. Les bruines sont courantes, sauf en été, où le temps est sec.

Montréal, 1 649 515 habitants, 4 millions avec la banlieue. 1000 mm de précipitations annuellement, réparties assez également pendant toute l’année.

Pour plus d’information à propos de Grey to Green : bit.ly/1DxwTrq